CHAPITRE XI
telle que l'avait faite Lycurgue. Ses institutions n'étaient pas perfectibles. Elles devaient se conserver dans leur sévère et exceptionnelle tyrannie. Le jour où elles faiblissaient sur un point, elles étaient condamnés à être entraînées tout entières, et à précipiter avec elles l'État.
C'est le sort des institutions factices. Le temps ne conserve que ce qui, conforme à la nature, protège et perfectionne l'homme, sans prétendre le refaire. L'homme, selon la belle expression de Plutarque, (( est l'outil de Dieu. » Il est sage pour lui de ne pas élever son ambition à faire une autre œuvre que celle pour laquelle il a été créé, et de ne jamais substituer des systèmes, quelque habilement combinés qu'ils soient, aux lois souveraines par lesquelles la Providence conduit les sociétés à leur fin.