CHAPITRE V
(( Lycurgiie abolit cette coutume, et la remplaça par celle de fouetter les enfants; de cette manière, le sang humain arrose également l'autel. La prêtresse assiste à cette cérémonie, tenant la statue entre ses bras. Si ceux qui fouettent les jeunes gens les ménagent à cause de leur beauté ou de leur rang, elle devient si pesante que la prêtresse ne peut plus la porter (1). »
Le temple d'Ilithye est peu éloigné de celui d'Orthia.
5. Sparte n'était que la réunion de cinq villes, qui formèrent de tout temps cinq quartiers distincts. Thucydide (2) signale la différence qui existait entre cette agglomération et la fusion qui avait fait à Athènes une seule ville de douze bourgades. Sparte consistait en quartiers disséminés. Polybe (3) assure « qu'elle occupait un espace circulaire irrégulièrement parsemé de monticules, ayant au levant l'Eurotas, qu'on ne peut guéer pendant une partie de l'année à cause du volume considérable de ses eaux. Une suite d'aspérités qui se rattachent au mont Ménélaion, encaissent la rive opposée du fleuve , du côté où la ville se déploie , en faisant face à l'orient d'hiver, de façon que leurs ressauts escarpés dominent le terrain compris entre Sparte et l'Eurotas (4) . »
Il y a dans la ville plusieurs collines. La plus élevée porte le nom d'Acropole. On y voit le temple d'Athéna Poliouchos ou Chalciœcos. Commencé par
(1) Pausanias, Laconie, XVI.
(4) PouQUEViLLE, Voyage de la Grèce, tome V.
Tyndare , il fut achevé longtemps après. La statue en bronze est l'ouvrage de Gitiadas, sculpteur du pays, qui composa des chants en dialecte dorien, et entre autres un hymne à Athéna (1).
« On a représenté sur le bronze plusieurs des travaux d'Hercule..., différentes actions des fils de Tyndare..., Vulcain brisant les chaînes de sa mère..., Persée allant chercher dans la Libye la tête de Méduse, et les Nymphes lui donnant le casque et la chaussure, à l'aide de laquelle il devait traverser les airs... ; la naissance d' Athéna, enfin Amphitrite et Poséidon. Tous ces ouvrages sont d'une grande dimension et, à mon avis, d'une beauté admirable (2). »
Le nom de Chalciœcos, donné à la fois à la déesse et au temple qui lui est consacré, viendrait du revêtement d'airain qui en faisait une œuvre à la fois riche et belle. D'après Suidas (3), il serait dû aux habitants de Chalcis, réfugiés à Sparte, qui le bâtirent.
Il y a , dans le même endroit , un temple d'Athéna Ergané, la laborieuse.
En allant au portique du midi, on trouve le temple de Zeus Cosmétos, devant lequel est le tombeau de Tyndare. Le portique au couchant renferme deux aigles qui portent deux Victoires, offrande de Lysandre, le vainqueur d'JEgos Potamos.
A gauche est le temple des Muses, « que les Lacédémoniens avaient érigé, parce qu'ils allaient au combat, non au son de la trompette, mais au son
(1) Pausanias, Laconie, XVI.
(2) Pausanias, Laconie, XVII.
(3) Verb. xa>vXi£i'xoç.