OO LIVRE 1JI, CHAPITRE X
La première hypothèse n'est pas sans difficulté; car il suffit qu'on aide mon ennemi à me nuire d'une manière quelconque, pour que j'aie le droit de m'en plaindre et de l'empêcher. Ainsi, il semble que la question est plutôt du ressort de la prudence politique, que de celui du droit des gens: c'est à moi, et à moi seul à juger si j'aime mieux supporter la prestation faite contre moi d'un secours limité, que de provoquer et d'avoir un ennemi de plus à combattre : ma position, mon intérêt, ma conservation peuvent seuls être mes guides dans une pareille occurrence (18): quant au droit, il me paraît incontestable.
On demande s'd faut une déclaration de guerre en forme à l'égard des alliés de mon ennemi. Je pense qu'il faut distinguer : un allié offensif est dans un véritable état hostile vis à vis de moi; son traité seul est une déclaration de guerre : je n'ai donc rien à lui annoncer, aucune précaution à prendre à son égard. Cependant, s'il n'a encore fait ni actes
DFS ALLIÉS, DES ASSOCIÉS, etc. 5l
hostiles m préparatifs indiquant son intention, la prudence veut qu'on ait avec lui une explication franche et préalable.
Quant à l'allié défensif, s'il ne fournit que les secours limités convenus dans le traité d'alliance, il dépend de moi de le considérer ou non comme mon ennemi; ainsi je suis dans l'obligation, dans ce dernier cas, de lui déclarer formellement la guerre, sinon mes actes hostiles seraient regardés comme une agression ; s'il assiste mon ennemi de toutes ses forces, c'est lui-même qui déclare la guerre, parce qu'il manifeste par là une intention directe et personnelle de me nuire.
On demande sous quel point de vue doit être envisagé un traité de subsides. Ordinairement une puissance fournit de l'argent à une autre pour l'entretien d'un certain nombre de troupes ou de bâtimens de guerre. Si un pareil arrangement est fait en temps de paix, sans condition éventuelle, il doit être considéré comme innocent, parce qu'il ne peut exister aucune partie plaignante. En temps de guerre il change de nature selon les circonstances; il prend le caractère des al-
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liances défensives, et doit être jugé d'après les mêmes principes.