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CHAPITRE LXXVII

Poissons, reptiles et oiseaux.

§ 453. On peut voir dane le tom. i des Essais

géologie par M.' Faujae, un long catalogue 8 lieux qui présentent le phénomène intéressant s ichtyolithes ou poissons fossiles. Les couches histeuses ou marneuses , les ardoises et les arles bitumineuses sont ordinairement le tombeau i cette sorte de fossiles: cependant on en trouve lelquefois encore dans Tépaisseur des bancs de pierre calcaire. Tel était le poisson fossile qu^on couvrit dans les carrières de Nanterre, près

iParis, et qui a été décrit par M."" Faujas dans tom. I des Annales du Muséum d^ histoire na^ elle. Ce poisson dont on croît que Fespèce iste dans les mers du Sud, fut trouvé à dix ^cts <Je profondeur, dans la partie la plus solide &n banc de pierre .granulaire, un peu spatheuse

Qonore lorsqu- on la frappé avec un corps dur. ' plus souvent on ne voit que Tempreinte des issons; mais quelquefois les parties osseuses et itilagineuses se sont conservées. Il est à re- Birquer que dans quelques ichtyolithes, les écailles

les arêtes sont pétrifirées , et que quelquefois es sont devenues siliceuses , faisant feu au

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briquet^ comme on TobBerve dans les poissoin fossiles de Pietra-Roja ^ au royaume de Naplei. Les substances métalliques ont quelquefois pénétré les cadavres des poissons. Dans les couchei de schiste argileux et bitumineux du Rimmelsbeigi près de Mayence , on a trouvé des dépouilles (à des empreintes de poissons ^ pointillées de mtp cure sulfuré (Voy. Journal des nùnes ^ n.® H)ileï et Voigt ( Voyage minémlogique dans les mm tagnes de VAsie ) parle d*un échantillon de clul^ bon fossile du Meisner, qui présentait Fempreiaf» d^un poisson , et fut donné à M." Faujas ^ pu M/ Schafer , inspecteur des mines. Mais le pl0 célèbre dépôt de poissons fossiles qu^on connoiii^ est . celui du Mont-Bolca , près de Vérone. li comte Gazola a rendu aux naturalistes le serviit le plus signalé , en faisant connoître les prodaili ^ ^ ile cette contrée , en multipliant la circulatioi j^ des échantillons ^ et en illustrant les objets dt )i] ses recherches par la publication de Fouvr«g^ it de M.' le chanoine Volta. Diaprés les desçjriptioi» mj faites par celui-ci^ on devrait croire que plusicB* \^ espèces de ces poissons, n* ont pas leurs analo^U vi vans dans nos mers ^ mais qu'il faut les àf^\ cher dans les climats brulaps de la zone io^^\ Je HC dois pourtant pas dissimuler que M.' C^^^ en passant à Milan ^ \ m'a dit avoir fait ut»- . 7** travail sur ce sujet ^ ayant sous yeux la ^ .collection qui existe au Muséum du jardin

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tes à Paris, et qu'il pense que les poissoné les de Bolca' appartiennent à des espèces nnues dans quelque climat que ce soit.

4S4. Danç les couches terrestres soit cornes , soit terreuses , on trouve encore souvent ques restes de poissons , c'est-à-dire , de» bbres, des arêtes et des dents. Parmi ceë lîères, les bufonitès qui ressemblent à des dents oup marin ( anarchicas lupus L. ) sont trèsmunes : il en est de niéme des glossopètres mgues pétrifiées. C'est fort improprement qu'oit )nné ce nom aux dents fossiles triangulaires^ elées des siquales , telles que celles du caf" ias ^ galeus , cuniculay etc. ; et si toutes ces s ne sont pas configurées de la même ma- 3 , c'est parce qu'on compte diverses espèces quales : parmi ces dents fossiles , il y en a le qu'on ne peut comparer à aucune espèce lue. Il faut croire que les espèces de ces laux et notamment celle du carcharids^ étaient ) un temps excessivement multipliées, puisque ) l'île de Malthe , eh Toscane et dans la ibre, on en voit une prodigieuse quantité. On va dans les envircfns de Paris, une de ces :8 fossiles qui avait trois pouces et trois lignes ongueur et trois pouces de largeur: M.' De bpède calcula la grandeur de l'animal auqiiel t appartenu cette dent, et il estima qu'elle lit être de 70 pieds et 9 pouces. Dans l'île

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de Malthe et en divers lieax d^Italie où abondedt ces fossiles ^ il n^est pas rare de trouver de seoh blables dents d^une grandeur encore plus coniidérable. On peut juger par là que des animaux d^une si grande masse et d*un caractère extr^ mement féroce, devaient être aussi monstrueni que terribles.

§ 4^5. On croit communément que la pienèi dite turquoise orientale , qui est très-prècieuse el^ qu^on trouve particulièrement en Perse , aj^MO^ tient à des dents pétrifiées de poisson. Dans k» territoires de Sienne et de Plaisance ^ dit Broc» chi, on a rencontré quelque dent de squale convertie en turquoise. Le docteur Bonvonb s*est opposé à cette opinion , et a soutenu que les turquoises sont des substances pierreuses qui appartiennent au genre des opales. U est par* venu à faire des turquoises artificielles avec U calcédoine du Piémont en la colorant par to moyen de Toxide de cuivre. Nous observerons avec Klaproth , qu^il y a deux espèces de turquoises dont une semble appartenir aux os fos* siles ; il parott qae F autre doit être rapportée aux véritables pierres. La turquoise d^origine VEf certaine , qui analysée par Bouillon-Lagrange , donna phosphate de chaux 80 , carbonate de chaux 8 , phosphate de fer 2 , phosphate de mt^ gnésie 2 ^ alumine i : 5 ^ ea^ et un soupçon de manganèse ^ a les caractères d'une substance

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)Meu8e animale , et est soluble dans ]*acid[e ni-* lique sans effervescence : au contraire celle de ?erse^ qui, analysée par Jhon, donna alumine ^3 , oxide de cuivre 4 • ^1 oxide de fer 4^ eau it perte 18, manquant de phosphates, semble Itre une pierre , et est insoluble dans T acide litrique, ce qui confirme Fopinion de Bonvoisin, E«a première , c* est-à-dire , Tosseuse a reçu le feom de turquoise de la nouvelle roche, et la seconde , c'est-à-dire , la pierreuse , celui de tur^ jp^ise de la vielle roche. ( Voy. Haiiy, Traité des uuractères physiques des pierres précieuses).

§ 456. Les reptiles dont on a trouvé les dèaoùilles fossiles ou les empreintes , sont , i «^ les ^rtues. Il y a dans le bel ouvrage de M.' Faujas twr la montagne de S* Pierre de Maestricht ^ les descriptions et les figures de quelques tortues i^ssiles , trouvées dans la pierre sablonneuse-cal- Mire de cette montagne si intéressante par la ^lantité et la variété des fossiles quVUe contient. On a découvert d* autres dépouilles fossiles de ces Miimaux dans les environs de Bruxelles, de Faris^ de Glarus en Suisse , et d^Aix. Ces fossiles ap» partiennent ordinairement au genre des tortuea marines , mais d^une espèce différente de celles que * nous connoissons : fort peu se rapportent aux tortues de terre ; 2.^ les crocodiles. Fortis dans la Géologie du Vicentin., fait Ténumération <)e tous les crocodiles fossiles que les naturalistes

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connoieaaient de son temps ; mais il . y a fieu éc croire qu'on a donné ce nom à des espèce» d'animaux très-différentes. D'après les observations de Guvier, il paroît certain que les crocodiles fossiles n'appartiennent à aucune des espèces coik Bues 0), et qu'ils se rapprochent plus du gaifial où crocodile du Gange , que de celui du NiL Dans les Mémoires de PAcctdénde des sciences de-i Munich^ vol. S^ M/ De Sœibering a donné une r notice détaillée d'un squelette à peu près complet m de Crocodile trouvé en 1812 à Daitin^ à deux. JÛ lieues de Mainheim^ en Bavière, dans un schiste calcaûré mélangé d'argile , qui renferme du mnérai de fer en grains; et dans le même schiste, on remarque des ammonites et des débris de poi8soi% de vermiculites et d'insectes. Le squelette a dem

(i) n y a trois principales espèces de crocodiles vivans, i.*Ie crocodile du Nil, qui vit dans toute F Afrique. G^était andcBnement le plus connu , parce qu il était commun dans tout It cours du Nil : on ne le voit à présent que dans la haute tfffptt^ Il parvient jusqu^à 3o pieds de longueur; M.' Géoffiroy S.' Hilaire est d^avis qu*il eitistait autrefois dans le Nil une seconde espèce T de crocodile , plus petite et moins méchante , et qui était conm sous le nom, de suchos: c^est le crocodile sacré des anteun. 1 en a trouvé le squelette dans les puits à momies de la hm» Xlgypte; a.^ le crocodile du Gange dit encore ^at^ia/, il y en i^ deux espèces , savoir , le grand qui a environ ia pieds de k^ gueur , et le petit qui n'en a que deux et demi ; 3.^ le crocodBs d^ Amérique ou caiman appelé par Linné lacerta alligator qa*ss trouve dans tous les pays chauds d'Amérique : il parvient no^ ment jusqu^à ao pieds de longueur. Les différences spécifique de ces crocodiles consistent dans la configurati'oa du manean, èB mâchoires et des pieds de derrière.

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pieds ^ onze pouces et demi de long ^ et selon Tauteur précité se rapporte à une espèce de gavial très-différente du gaçial gangedcus ^ moins différente du gavial tenuiro$tns. La tête du grand animal fossile des carrières de Maestricht qu^on avait regardé comme un crocodile y semble ap^ partenir à un reptile monstrueux d*un genre par« ticulier ; 3.® le reptile volant incormu. -^On Ta trouvé fossile dans la montagne de S/ Pierre dont nous avons déjà parlé; il devait voler à la manière de la chauve-souris^ par le moyen de Texpansion membraneuse des extrémités pectordies; 4.® les serpens fossiles. Quelques anciens naturalistes sont tombés dans Terreur en prenant pour serpens pétrifiés ^ quelques espèces d^ammonites. Mais M/ Stifft ^ secrétaire des mines de Dillenburg, près de Francfort, a observé dans la grauwake de ce pays , une espèce de fossile qu^il regarde comme de? serpens pétrifiiés ( Voy. Journal des mines^ n.^ i35 )• On voit pas les figures qu'en a publiées ce savant auteur , que ces pétrifications appartiennent à un animal qui avait quelque ressemblance avec le serpent ; sa longueur était de 16 à 17 pouces sur un diamètre de 7 à 8 lignes: il est cependant difficile d^en déterminer Fespèce parce qu'il n'a pas été possible d'eâ avoir des échantillons entiers, vu la multiplicité def^ fentes de la pierre. Guvier fait mention de vertèbres de serpens dans les brèches osseuses de Cette ,

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