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CHAPITRE LXXVIII

Os fossiles de quadrupèdes appartenant à des genres inconnus.

§ 458. Mastodonte ^ mammifère de Simore , in^

connu de VOhio daus rAmèriqae septentrionale.

Ces trois dénominations se rapportent à un seul

genre de quadrupèdes dont on ne connoit Texis*

tence passée que par les os qu*on en trouve dans

presque toutes les parties connues du globe,

depuis la Sibérie jusqu'aux pays situés sous Téqua-

teur , et depuis le 5o.* degré de latitude boréale

jusqu'au 35/ de latitude australe. Le nom de

toastodonte que Cuvîer lui a donné , dérive de

la forme mamelonnée de la partie supérieure de

ses dents molaires qui se terminent en mamelon,

lorsqu'elles n'ont pas été usées par un longue

trituration , comme on le voit dans les individus

morts à un âge très-avancé. Humboldt a fait

une observation très-intéressante, c'est que les

os fossiles du mastodonte dans les vallées du

Mexique et du Pérou, se trouvent depuis a3o

jusqu'à 2900 mètres de hauteur au-dessus dii

niveau de la mer , et jamais dans des situations

moins élevées. Cet animal était encore pourvu

d'une trompe et de défenses d'ivoire comme

l'éléphant. Dans la collection des as fossiles de

3a4 INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.

i' Amérique septentrionale , envoyée par JeflPenon à rinstitut de France , il y avait une défense de 2 mètres , 65 centimètres ( presque 8 pieds ) de longueur ^ selon sa courbure. Avant M**" Cuvier^ on avait observé la différence qui existe entre la structure des dents molaires du mastodonte, et celles de Téléphant; mai^ les naturalistes avaient des idées aussi confuses qu^in'certaines touchant ranimai auquel ces dents pouvaient * appaitenir. L^ illustre auteur que nous venons de citer, s tellement multiplié ses observations sur cet objet ^ qu^il a établi un genre de mastodontes qui em- .brasse cinq espèces. La plus grande est celle da mastodonte de TOliio dans TAmérique septentrionale ; la seconde qui est celle de Simôre (') et d'autres contrées, est indiquée par la' dénomination de mastodonte à dents étroites ; M/ k professeur Nesti de Florence m'écrit qu'il a trouvé .la moitié du squelette de ce mastodonte dont on joe connaissait que les dents : il s'occupe à faire graver les planches relatives à la description qu'il ^ ;8e propose de publier; la troisième est celle da petit mastodonte , espèce semblable à celle de Simore^ mais plus petite d'un tiers; la quatrième est celle du mastodonte des Cordillères : le

caractère de cette espèce est d'avoir les dents

(l) Petite viHe de France, en Gascogne, près de laquelle on a .trou v^^ plusieurs .'dents fossiles de 'mastodonte mêlées arec de prétendues turquoises.

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^ intermédiaires carrées; enfin la cinquième est celle - du mastodonte dit ffumboldien t cette espèce est ' ainsi appelée en Thonneur da célèbre géologue ■ qui fut le premier qui en porta les os en Europe. Elle est semblable à la précédente par la structure des dents , mais elle est d^un tiers plus petite ( on peut voir sur ce sujet , les deux Mémoire^ de Cuvier^ insérés dans le tom. 8 des Annales du Muséum cT histoire naturelle de Paris,- savoir y sur le grand mastodonte ^ et sur les diverses dents du genre des mastodontes ). Quelques zoologues ont considéré la divei^e structure des dents comme un caractère insuffisant pour établir un nouveau genre ^ et c^est à cause ' de cela , quMls ont ra{>-' porté le mastodonte au genre des éléplhans ^ en formant seulement une nouvelle espèce à laquelle ils ont donné le nom à^ éléphant-mcLstodonté ( Voy. le tom. 5.* des Mémoires de C Académie impériale des sciences de Pétersbourg , publié en i8i5): mais une différence remarquable et constante dans la forme et dans la structure des dents ^ jointe à d'autres différences de quelques parties du crâne et des os du tronc, semble suffisante pour qu'on en puisse déduire un nouveau genre , bien que les mastodontes par leurs autres caractères aient beaucoup d'analogie avec le genre des éléphans^ La grandeur du mastodonte ne devait pas excéder celle de l'éléphant ordinaire des Indes,

3a6 INÇTITUTfONS CtOLOGIQUES.

§ /^Sg. Megoûierium ou megalonyx. Eti 1789, on transporta à Madrid les os fossiles d^un anir mal inconnu ^ déterrés aux environs de Buenos* AyreS'^ qui réunis formaient le squelette d'an quadrupède gigantesque dont Tossature était plos forte que celles de Téléphant et du rhinocéros, et avait i % pieds de longueur sur 6 de hauteur. Cet animal extraordinaire, muni de grosses griffes, diffère de tous les autres animaux connus; et en considérant la grosseur de ses os , sa stature et la force de ses membres , on pourrait le regarder , selon Texpression de M/ Faujas , comme rhercule des quadrupèdes. Ce squelette fut placé dans le cabinet du roi , à Madrid , et Ton donni à FiinimaJ le nom de megcttherium ^ c*est-à-direi animal grand. En 179S, on envoya de Lima, au même cabinet , les os d'un autre animal an»* logue au premier, et les os d'un troisième furent expédiés du Paraguai, à un religieux des Écoles pies. Les restes de cette espèce d'animaux maintenant connue , sont donc épars en divers beux de l'Amérique méridionale. Pendant qu'on trouvait dans cette partie du nouveau continent , les os du megatherium , on découvrit dans l'Amérique septentrionale, au fond d'une grotte située à la partie occidentale de la Virginie , les os d^un animal semblable auquel Jefferson donna le nom de megalonyx. Il n'a pas été possible de former un squelette entier du megalonyx^ comme on Fa

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