LIVRE VI, CHAP. LXXVIIU
fait du megatherium ; mais en examinant les os qui ont tous les caractères de l'état adulte, on voit que le megalonyx devait avoir la grandeur de Tun des plus grands bœufs de la Suisse ou de la Hongrie , et être par conséquent plus petit que le megatherium. Clinton a décrit une espèce de grands quadrupèdes, laquelle vit présentement dans le nord de rAmérique, et semble exister encore dans la Tartarie, et qu'il croit être une espèce particulière d'ours. Suivant Blainville ( Voy. Journal de physique , tom. 81), les os de cet animal paroissent être analogues à ceux du megalonyx : dans ce cas , le megalonyx de Jefferson ne serait plus . une espèce perdue ; et probablement ces gros animaux dont on a parlé dans les feuilles publiques de la présente année, 6OU8 le nom de mammouth , et qui ont été vus dans les montagnes ^de la Louisiane , près de Fembouchure du Missouri, étaient des megalonyx. § 460. De Texamen non-seulement des dents, mais encore des autres os du squelette, M/ Ouvier déduit que le megatherium et le megalonyx devraient être placés dans la famille des ongui-> culés , privés de dents incisives , et qu'il faudrait par conséquent les réunir aux paresseux et aux iburmilliers. Mais M/ Faujas ne croit pas que cette place convienne au megatherium et au megalonyx, et qu'un quadrupède au moins aussi grand qu'un éléphant, d'une ossature encore plus forte, dostt
Texistence devait exiger une grande consomma^ tion ^ et auquel il faut nécessairement supposer de grands moyens d^ attaque et de défense con-^ ire les autres animaux ^ puisse être assimilé aux animaux foibles ^ indolens ^ chez lesquels! la dif-^ ficulté et la lenteur des mou veinens sont telles, qu'ils perdent un temps infini pour arriver à un arbre jdont ils doivent ronger Fécorce et manger. les feuilles. M/ Faujas est donc d'av» qu'on doit plutôt tenir le megatherium et le me^ galonyx comme en réserve , jusqu'à ce que de nouvelles découvertes ou d'autres circonstances favorables nous mettent à portée d'acquérir des idées. plus précises sur des animaux si singuliers. Quelque justes que soient les réflexions de M/ Fan* jas^ il importe de faire observer que dans toutes les classifications systématiques^ qui ne sont autre chose que des méthodes artificielles nécessaires pour aider notre mémoire, et pour que nous puissions nous recounoître dans le nombre immense des objets qui composent la nature, il existe un inconvénient bien grave , c'est celai qui oblige de lier ensemble quelques êtres trèsdifférens, parce qu'ils participent de ces caractères qui ont été pris pour base de la classification. Il est prouvé par les observations de Guvier, que le megatherium et le m^galonyx n'étaient point carnivores , mais qu'ils se nourrissaient de végétaux; que leur organisation en grand était