LIVRE VI, CHAP. LXXIX
la peau et une partie des poils. Ce fait et les autre» que nous avons rapportés clans le paragraphe précédent, démontrent que ces animaux furent surpris par les glaces' au* milieu desquelles ils périrent^ autrement leur chair se serait putréfiée (U; mais un fait • très-singulier , c'est que dans le pays d'Hanovre on a trouvé non-seulement beaucoup de cadavres d'éléphans et de rhinocéros , réunis clans une même caverne, mais en quelque sorte des familles entières de ces grands quadrupèdes Tassemblées dans une même tombe. Dans le voisinage de la caverne de Scherzfeld , au pied de' la montagne du Hartz , on a découvert les dépouilles de cinq rhinocéros fossiles,. et comme les os des éléphans et des rhinocéros sont auprès des mêmes cavernes où Ton trouve les os des ours , des tigres, etc., il paroît probable que ces divers animaux vivaient simultanément
(i) Pallas a reconnu toute la force de cette raison. Il penchait d'abord vers Thypothèse posée par Bu£Ebn , d*un changement de climat dans la Sibérie ; mais diaprés la découverte . de son rhinocéros il écrivit que cet exemple lui avait fait changer d'opinion; car il - démontre : Sub'verti senteniiam quant in priore tractationè ipse» verUimUiorem existimaveram , quâque animalia quorum wumbra in isiiscierris hodie leguntur ^ ibidem habitasse ^ sed muiato minunque ^ terrœ-- climate periisse asseritur. ( In dissertatione de reliquiis animorum exoticorum). Une grande masse de glace pourra conserver intact le corps d^un animal, mais si cet animal était mort dans un climat d^une température différente , ses chairs se seraient putréfiées dans très-peu d« temps.
dans le cœur de la Germanie , et qu'ils étaient tranquilles possesseurs de cette partie de TEurope. § 469. On reconnoît aujourd'hui trois espèce! de rhinocéros vivans (*) ^ savoir , i .° les rbino» céros asiatiques qui ont une corne sur le nez, |e adhérente à la peau et toujours courbée en arrière. Leur peau fait de gros plis ^ et forme une espèce de caparaçon : ils sont pourvus de deati incisives ; 2.^ les africains qui sont armés de deux cornes placées Tune derrière Tautre^ ils manquent de dents incisives , et ont la peau parfaitement le lidde et sans gros replis ; 3.^ ceux de Sumatra qm lioi ont deux cornes comme les africains , des denO m incisives comme les asiatiques ^ et la peau mince , li
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(l) Les anciens ont été plus à portée que les modernes, et connoltre les rhinocéros. Pline , liv. 8 , chap. ao , et StraboB liv. i6 , parlent du rhinocéros unicome ; et Pausanias, liv. Ç) décrit le rhinocéros bicorne. Le luxe des spectacles et des jeof Pl populaires rendit très-fréquent le transport de ces animaux. Pom* W pée, Auguste, Domitien , Antopin , Gordien, Héliogabale, ^^mL firent voyager les rhinocéros jusqu^à Rome. Cependant si les I anciens eurent de fréquentes occasions d* observer le rhinocéros, I leurs artistes ne représentèrent pas toujours cet animal avsc ï Inexactitude convenable. Dans la célèbre mosaïque de Palestrine, Panimal au-dessous duquel est écrit le nom rhinocéros n*a pokt de corne , et à la place de cette corne , on lui a donné dsax dents canines comme celles des sangliers. CVst ce qu*a èeét M.' Brocchi qui a examiné ce monument anticpe. On peut'doac dire que M.' Faujas a été induit en erreur par les ouvrîmes des antiquaires qu'il cite, lorsqu'il dit dans ses Essuis de géolêgUt tom. I, pag. 199, que le rhinocéros à deux cornet était rtpcésente dans cette mosuqoe.