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CHAPITRE L

Réflexions sur les roches de transition,

§ 304. Depuis long-temps les naturalistes ayaient distingué deux principales classes de substances pierreuses ^ savoir , la classe des primitii^s ^ qui ne présentent aucune trace de corps organiques, et ne contiennent aucun fragment d^aûtres roches transportées; et celle des secondaires^ qui offirent dès impressions et des vestiges de substanices organiques soit animales , soit végétales , on renferment des fragmens d* autres pierres plus anciennes : mais les savans minéralogistes allemands ^ après le célèbre Werner, ont cru nécessmire d'établir une troisième classe intermédiaire à laquelle ils ont donné le nom de transition^ parce que les roches qui lui appartiennent , forment , pour ainsi dire, le passage des primitives aux secondaires. On a pensé qu^il est important de distinguer cette troisième classe de roches , des deux autres, parce qu^elle abonde en substances métalliques , et que , quand elle se rencontre dans quelque partie du globe , associée aux roches primitives et secondaires, elle a son gisement au milieu déciles. Gomme Ton a fait et que ji'on fait encore en géologie , un grand abus, de

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cette expression , passage ou transition , il me paroît nécessaire d'en rectifier la signification ^ et pour m' expliquer avec plus de clarté, je citerai un exemple, choisissant entr^autres celui du pas* sage du granit à la pierre coquillière. Ce prétendu passage observé par M/ De Drée à Châ« teauneuf près de la Ghayette , en Bretagne , a tbk ensuite vérifié par Dolomieu et Cordier. Voici • Findication qu^en a donnée ce dernier dans ses Observations sur les substances minérales dites en masse: ck Le granité de Châteauneuf est à très- » gros grains , à peu près des mêmes couleurs » et presque aussi beau que le granité de Syèiie » en Egypte. Il était sùpei^ficiellement desagrégé, » lorsque la matière calcaire a été déposée par- » dessus. Non-seule^lent cette matière a pénétré » josqu^au vif de la roche granitique , en sUn- ' sinuant à travers les débris, mais encore elle » $ embrassé des cristaux isolés qui ont été fa- » cilement soulevés à une petite distance ^ à » raison de la densité du liquide formant le dé- » pôt. La jonction confuse des deux terrains se » fait donc par une roche mixte accidentelle de » plusieurs décimètres d* épaisseur , qui, dans sa 9 partie inférieure , est composée de granité à » ciment de chaux carbonatée plus oti moins » visible, et dans sa partie supérieure d'un su- » perbe^porphyre calcaire à g|*os grains de quarte » gris et de mica jaoir , et ^ grands cristaux

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» de feld-spath d^un rouge de chair très-éclatant. » D^ailleurs le calcaire est d'un beau grisâtre 9 ou d'un grjs de famée ^ écailleux à écailles y> spathiqued ^f et s' approchant de la structure ir Compacte. ïl contient des rognons de silex 9 roux ( faverstein ) ^ et dans le prolongement de ^ sa formation^ qui est très-étendue, de» gri- 3» phites , deef èritroquës ett des astroïtes. » Le prétendu passage n'est donc -autre chose qa*une conjonction accidentelle de roches qui différant dans leur nature, dans ledr origine et dans Tépoque de leur formation , . se trouvent réunies et coexistent dans le ^ même lieu, et dont les parties par une èoiubiliaison particulière de circodstan*ces , se sont mêlées ensemMe près de la ligne

dé leur contact.

§ 3o6. Si nous réfléchissons sur cet objet, nous nous convaincrons que la nature ne fait pas de passages oil de transitions, et que -chacun de ses produits a sa manière propre et par^ ticitlière d^ exister. Si une substance soit en se combinant avec un nouveau principe , soit en perdant quelqu'un* des siens , soit enfin par un changement survenu dans leur disposition, prend un aspect différent , et acquiert divers traits de ressembknce a,vec d'autres substances , nous la pourrons considérer comme passée d'un état à uW autre ritoâis si l'on analyse avec soin Fidéc de ce passage ,; oh verra qu'il n'est autte chose

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qu^un ehangeiliettt d^état^ et que r cette substance ^ après la modification qu'elle a subie ^ est diffikrente de ce qu'elle était auparavant^ bien que souvent elle coexiste avec la même roche à laquelle elle a passé. La classe des roches de transition qu'on a voulu introduire en géologie j serait donc inutile , et Ton pourrait diviser en deux classes ^ toutes les roches qui composent la superficie terrestre^ savoir, de formation primitive et de formation postérieure. . Aux formations pri«* mitives appartiendraient, toutep les roches pri-» mordiales produites par le refroidissement du globe, lorsque le calorique se sépara de la masse terrestre ; et aux formations, postérieures devraient être attribuées toutes les autres roches sur là formation desquelles a. influé Faction de Teau. Les plus anciennes parmi celles-ci, serraient celles que les '\rernerien6 ont appelées roches de transition ; viendraient ensuite les se-* condaires produites les unes et. les autres dans la mer primitive, avec le concoure de T eau animée par la chaleur du globe et par les principes chimiques qui ne: s'étaient pas encore séparés d'elle. Si la stratification est beaucoup plus sensible dans les secondes que dans les premières, il paroit qu'on doit chercher la cause de cette différence dans l'état de la mer qui plus agitée et bouleversée i l'époque des formations plus anciennes ( Voy; § 298 ) , empêchait qu'il ne se formât des dépôts réguliers sur son fond.

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§ 3o6. Flnsienrs obeervatioos démontrent que Ic8 roches primitives sont souvent en contact Avec les secondaires^ sans qu^il y ait entr^elles aucune de ces roches qu^on a appelées de transition. Ramond dans le Voyage cui Mont Perdu ^ pag. 14^ parlant du granit qui forme le noyau de la montagne de Gumelie ^ observe que do côté du midi ^ cette roche sUntroduit sous des bancs calcaires qui constituent la cime ; et il assure avoir vu et touché ce passage / brusque des roches cristallisées aux dernières dépositions de la mer ^ indiqué par une légère fente qui soor vent se perd dans Fintimité dû contact ^ et qui seule divise des produits séparés par Tinteryalle des siècles. Karsten dans le Mémoire sur les for^, mations arénaires ( Yoy. Magasin c2ç la société des curieux de la nature , de Berlin ^ tonu i , an 1807), remarque que F arénà ire plus récente est superposée quelquefois au granit et au schiste argileux. Il est donc plusieurs cas où ces roches de passage manquent ^ et où les produits . de la formation primitive sont en contact immédiat avec ceux de la formation, secondaire. Si du reste on croyait avoir besoin d^un terme pour indiquer les roches des formations postérieures plus anciennes , c'est*àrdîre , celles qui le . plus souvent sont privées d^ empreintes de corps organiques ^ qui dans, les lieux où elles existent ont leur, gisement entre les primitives et les secondaires y

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