‹ Institutions géologiquesChapitre 127 sur 203 · LIVRE VI. CHAP. LXXXI · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAP. LXXXI

Gibraltar, se répète dans les autres endroits que nous avons indiqués. Dans la face occidentale^ près de la base , on voit quelques bancs d^une nature différente de celle de la roche calcaire dont la montagne est presque entièrement for* xnée , savoir , quelques bancs de terre ferrugineuse d'un brun-noirâtre ; un banc de quartz noir-bleuâtre, dans les fentes duquel on trouve cle très-beaux cristaux de quartz sans couleur et parfaitement transparens , le plus souvent adhéxens à la roche par Tune des faces du prisme. Mais Tobjet le plus intéressant est relui des os fossiles. Dans les fentes verticales de la roche ^ et dans quelques-unes de ses cavernes qui toutes^ ainsi qu'on le voit évidemment , ont communi* <jné avec la sommité, on trouve une concrétion calcaire d'un brun-roussâtre et ferrugineux ; sa fracture est terreuse et assez dure. C*est dans cette, substance que sont renfermés des os de différentes dimensions ^ disposés dans toutes les directions, et mêlés avec des fragmens de co* quilles de limaçons et des particules spathiques. Ces os ne présentent aucun indice de véritable pétrification , et le changement qu'ils ont pu subir^ les fait seulement ressembler aux substances qui ont été calcinées.

' § 478. Des observations faites sur un grftnd nombre d'échantillons de ces fcurieuses brèches, provenant de divers lieux de l'Europe, il résulte,

56o INSTITUTIONS GEOLOGIQUES*

1 .^ que de pareilles brèches osseuses .n'ont été produites ni dans une mer tranquille^ ni par une . ' irruption de mer ; a.® qu'eUes sont postérieures au dernier • séjour de la mer sur nos continens , puisqu'on n'y observe aucune . trace de coquilles marines^ et qu'elles ne sont point. coovertes d'autres, couches; 3.^ que les os et le» fragmens de pierre qu'elles contiennent , sont successivement tombés dans les fentes des roche^ â mesure que le ciment qui unit les divers corpS) s'y introduisait; 4.^ que presque toutes les pierres proviennent de la roche même dans les fentes ^ de laquelle les brèches se sont formées; 5.° que tous les os dont il a été possible de détennioef l'espèce , appartiennent à des animaux herbivores ^ qui forment le plus grand .nombre des animaux connus et de ceux qui existent . dans le lieu, la comme bœufs, moutons, lièvres, ânes, chevauî) ^ etc. La formation de ces î brèches est donc moderne en comparaison des grandes couches pierreuses régulières, et même de ces couches mobiles L qui contiennent des os d'animaux inconnus: malgré ^ cela, elle est très-ancienne relativement à uqus, puisque nous n'avons aucun indice qui puisse noua porter à croire que de telles brèches se forment encore aujourd'hui, et que quelques-uneS) comme celles de Corse, renferment des dépouilles d'animaux inconnus.

Page 1