LITRE VI, CHAP. LXXXV
les modifications ne eoat-elles jamais assez* considérables pour qu'il en puisse résulter un véritable changement d^espèce. Ces modifications produiront tout au plus des variétés^ puisque les^ rapports qui existent entre les os restent les mêmes, et que la forme des dents n*est point altérée d*une manière sensible. Si Ton voulait argumenter du mélange des races ^ nous observerons que la nature • a mis empêchement à ce mélange , par Taversion qu^elle a inspirée aux individus d^une «spèce pour ceux d'une autre espèce. La. pro- <3uction entre des espèces différentes ne s'effsctue €jue rarement et par accident ; et lorsque ' ces aberrations ont lieu^ les races qui en résultent, ne peuvent se perpétuer : ellé^ périssent. Les observations faites en Egypte par Géofroy-Saint- Bilaire, et la belle collection d'animaux embaumés çiu'il transporta à Paris, démontrent que- pendant :ane période de deux ou trois mille ans, les espèces animales de ce pays n^ont nullement changé. Le Seul cas dans lequel il pourrait , ce me semble, ^trriver un changement d'espèces ^ serait celui ^ù la nature de Téiément dans lequel les animaux Hont destinés à vivre et à propager, viendrait à rkanger; et encore dans ce cas, faudrait-il distinguer deux combinaisons. Si le changement est iubit et imprévu , alors il devrait y avoir non Boodification d'espèces, mais bien destruction de» ipppèces existantes, et production de. nouvelles
A<&A INSTITUTIOVS GÉOLOGIQUES.
espèces appropriées à la consdtution physkjae du nouvel élément. Imaginons un changement extraordinaire ) mab instantané dans la nature de notre atmosphère , comme aérait celui qui pourrait s^opérer dans sa pesanteur, dans sa tmr pérature, dans la qualité de ses composans oa dans leurs doses relatives , etc. ; il est certain qu^on Terrait périr ces êtres dont Torganisatioa est analogue à Tétat actuel de Tatmosphère: niaii si le changement était peu considérable, etqa*il s^effectuât par degrés insensibles , alors les ^tres organiques s^adapteraient peu à peu à ce changement , et leur organisation serait modifiée ea raison du nouvel ordre de choses. Comme }'écrivais ce-ci , f ai reçu le Mémoire lu par ML' Bendant à T Académie des Sciences, le i3 mai 18169 sur la possibilité de faire vivre des mollusques ftu* viatiles dans les eaux salées y et des mollusques marins dans les eaux douces , considérée sous le rapport de la géologie. Des belles expériences de h ce savant naturaliste, il résulte «c i.^ que les h y> mollusques fluviatiles périssent très-prompte- » ment lorsqu^on les plonge subitement de Teao » douce, dans Feau salée au degré de nos mers, » ou dans des eaux chargées de gaz acide car- » bonique, d'acides minéraux en très-petite quan- 3> tité , ou enfin dans des eaux chargées de 0,0a » de sulfate de fer; et que les mollusques ma- » xins périssent également lorsqu'on les plonge