‹ Institutions géologiquesChapitre 166 sur 203 · LIVRE VI. CHAP, LXXXVn · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAP, LXXXVn

ses endroits des lacs où se rassembleront les poissons qui n^auront pas pu suivre le cours de la masse générale des eaux. SMl n^est resté aucune communication entre ces lacs et la mer ^ et si des fleuves ou des sources considérables^ d'eau ne les alimentent pas^ la seule évaporation qui B lieu pendant Tété ^ peut tellement diminuer la ^antité du fluide ^ que les rayons solaires agiront sur le fond fangeux du lac ^ et alors il se légagera de ce fond ^ beaucoup de gaz capables S'occasionner la mort des poissons qui resteront enveloppés dand la vase qu'une évaporation continuée desséchera en peu de temps.

: § 53a. Il ne sera pas. hors de propos de rap- ^rter ici un fait sur lequel j'ai écrit dans un *atre occasion. Pendant mon séjour à Naples et Jurant l'été de 1795, on répandit le bruit qu'il ^était opéré dans le marais de Lintemo^ appelé Lijonrd'hui lac de Patrîa, une grande mortalité è poissons , que l'on faisait monter à environ Ciit cents mille livres de 16 ouces. La vérifi- ^tion du fait devint un sujet de contestation ;iriclique entre le fermier du lac et le proprîé- Mre , et l'explication du phénomène ocfcupa esprit des physiciens. Quelques-uns imaginèrent itie tempête accompagnée de beaucoup de fou- Ires ; d'autres un tremblement de terre; d'autres ^nfin une mofette qui s'était dégagée du fond iu lac. J'allai le visiter deux fois^ et comparant

les récits des témoins les plus sensés et le moinf intéressés pour Tune ou Tautre des parties Kdgantes , je conjecturai qu'on pouvait évaluer h quantité de poissons morts ;, à quarante mille livres. La cause la plus simple et la plus probabfe me semble avoir été Faction des rayons solaires sur le fond fangeux du lac ^ qui ^ dans.qaekpes: endroits ^ a à peine deux pieds de profondeur. Il devait résulter de cette action , un.dévelop; peraent très-considérable de gaz hydrogène des marais ^ ^t une forte caléfaction tant de J*eaa que du fond ^ ce qui devait être d'iautant plus funeste aux poissons, qu'on avait négligé de tenir. J' ouverte la communication, du lac avec la mer^''^ et pendant une saison qui avait été encore plus, chaude qu^elle ne l'est ordinairement dans ni climat dont la température est naturellement très^ élevée. Cependant comme les cadavres des poissons exposés à Faction de l'air, se décomposent ^ promptement, il est nécessaire pour expliquer le ^ phénomèue des poissons fossiles , non-seulement |^ que leur mort ait été instantanée , mais encore r' que leurs dépouilles aient été enveloppées par une boue assez tendre pour recevoir Tempreinte et assez dense pour les défendre du contact de Pair.

§ 533. Il me semble qu'on pourrait tirer (le là quelques conjectures pour expliquer roriginc de ce singulier dépôt de poissons fossiles du Bolca.

Page 1