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Tome IL 3i

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ont été beaucoup plus considérables^ puisqu'aus | j variations de la température, il faut joindre encore celles du fluide. Ces variations dans la consdcntion physique de la mer durent produire (les changemens dans les êtres organiques destinés à vivre au milieu de cet élément. Quelques espèces auront été détruites ; d* autres auront peu à peu subi des changemens: prenons pour exemple ce qui arrive maintenant. Dans les eaux de la mer, comme dans celles des fleuves et des lacs, on voit végéter des plantes ; ces eaux sont peuplées d^ animaux; et Ton remarque quelques différences entre les genres et les espèces de ces plantes et de ces animaux. Qui ne voit que ces difiFérences ne sauraient provenir que delà nature différente du fluide dans lequel ces êtres organiques vivent et se propagent? Or si Teau de la mer primitive était d'une nature diflférente de celle de Feau de la mer actuelle, à cause d'un degré de température plus élevé et de la présence de tous les principes chimiques qui depuis s'en sont séparés, il est bien sensible qu'elle pouvait alors nourrir | des plantes et des animaux différens de ceux qn'on y voit à présent.

§ 548. Cuvier ( Voy. Discours préliminaire de l'ouvrage sur les animaux fossiles ) a pensé que la mer n'a pas toujours déposé sur son fond les mêmes substances pierreuses. Les grands bouleversemens produits par les révolutions dans k

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bassin* des mers^ étaient précèdes^ accompagnés ' et suivis de changemens dans la nature du fluide -^ et des matières qu'il tenait en dissolution. Les f mêmes animaux ne purent pas continuer de vivre B' au milieu de ces changemens ; de là vient que fleurs espèces et même leurs genres changèrent, » et que les dépouilles de ces êtres organiques que us nous trouvons fossiles, sont différentes suivant la ^ diversité des couches dans lesquelles elles furent Je ensevelies. Les coquilles des couches les plus $= anciennes ont des formes qui leur sont propres f et qui disparoissent graduellement, en sorte qu*on t ne les retrouve plus dans les couches superfîf eielles des plaines , c^est-à-dire, dans les couches I les plus récentes. Ces coquilles diffèrent dans les m espèces et souvent même dans les genres , des ^ coquilles de nos mers : au contraire les coquilles ft clés couches les plus récentes, sont le plus sour- .; vent analogues aux corps marins qui vivent dans j la mer actuelle. Guvier . conclud de là que dans ^ la nature animale, il y a eu une succession de ^ -variations correspondantes à celles de la nature chimique du fluide, et que lorsque la mer abandonna pour la dernière fois nos continens, les ^tres organiques qui Thabitaient^ n* étaient pas fort différens de ceux c[u*elle nourrit aujourd'hui. % 549. Les observations de Cuvier sont justes. On ne peut pas douter que les anciennes dépositions de la mer ne présentent des différences

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condidérables^ et que celles qui sont d^unè êpoqoe plus reculée , ne diffèrent des plus récentes. Les premières ont formé des couches solides^ compactes ^ pierreuses , inclinées plus ou moins à rhorizon; les secondes se composent le plus souvent de terrains mobiles , ou tout au plus de substances qui n^ont que la consistance du tuf, et qui sont disposées en couches horizontales. Les premières sont souvent couvertes par les secondes, ou débordent en dehors par leurs sommités; les autres sont toujours superficielles , et ne sont recouvertes que par la terre végétale oo par des matières de transport. Enfin les premières forment ordinairement des collines et même des montagnes très-élevées , tandis qu*on ne voit d^ordinaire tes secondes que dans les plaines ou dans les vallées; Il est encore certain que les corps marins qui existent dans les couches , diffèrent souvent dans leurs espèces , et quelquefois même dans leurs genres^ ce qui porte à croire que la mer a quelquefois subi Jes variations. Mais lorsque Cuvier dit que les grandes catastrophes qui produisaient des révolutions dans le lit des mers^ étaient précédées, accompagnées et suivies de changemens dans h nature du fluide et des matières que ce floide tenait en dissolution ; et qu'il assure que les changemens arrivés dans la formation des couches coquillières, n'ont pas été produits par une retraite générale et graduée de la mer, mais qu'ils

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sont Teffet de diverses irruptions et des retraitée, successives de cette mer , il me paroît qu^il réunit 80U8 un même point de vue^ quelqiies phénomènes qui n^ont point entr^eux de rapport nécessaire^ et qui appartiennent à des causes diffièrentes,

§ 55o. La mer peut changer de site sans changer de nature: d^un autre côté i, il peut survenir des changemens dans sa constitution physique^ quoiqu'elle reste dans la même position. La mer a abandonuè d'une manière rapide et violente^ plusieurs parties du continent; mais les change-^ uiens qu'on remarque dans la nature de ses cièpositions^ peuvent avoir été lents et successifs. lies variations des espèces organiques ont été produites par les changemens survenus dans la nature du fluide^ et non dans sa position. Cuvier lui'^méme reconnoît que les coquilles abandonnées par la mer^ lors de sa dernière retraite du continent^ ne diffèrent pas sensiblement de celles qu'on trouve dans la mer actuelle: or si le dernier cataclysme n*a pas été accompagné du changement des espèces organiques^ on ne voit pas pourquoi on devrait admettre dans les catastrophes précédentes y les changemens dont il a été parlé ci-dessus. . Il me paroît que ces phénomènes doivent être considérés séparément^ qu'ils n'ont point été simultanés^ et qu'ils dépendent de causes très-différentes. J'indiquerai bientôt la manière dont il semble qu'on peut reijlidre raison du passage

de la mer d*ua lieu dans on autre: il me reste donc à examiner quelles sont les causes qui peuvent avoir influé sur le changement soit des dépositions marines , soit des espèces organiquei correspondantes. Cuvier se contente de dire qo^il s^est opéré des changemens dans la nature diimique du fluide: mais quels furent ces changemens? A quelles causes doit-on les attribuer?

§ 55i. Si Ton se rappelle ce qui a été dit dans les chapitres XLTII, XLYIII^ XLIX, LXIX et LXX, il sera facile de comprendre que fantique mer devait différer de la mer actuelle sous un double rapport ; d* abord sous le rapport de la température ^ et puis sons celui de la quantité et de la qualité de quelques principes chimiques qui se réparèrent des eaux^ à mesure que la tempènn ture changeait. Les observations géologiques démontrent que la majeure partie des dépôts de gypse, de soufre et de sel appartiennent aux anciens lits de la mer. Lors donc que la constitution physique de cette mer était diflFérente, ses dépositions devaient aussi être différentes , et cette différence ne pouvait qu'influer sur les espèces organiques qui y étaient alimentées. La mer actuelle a une température déterminée , savoir , celle qui convient â la masse du globe ^ et elle contient une quantité déterminée de substances salines. Dans un fluide de cette nature , vivent et se propagent un grand nombre d*étres organiques , cétacés ,

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|>oiswn8^ coquines^ mollusques; plusieurs plantes^ comme algues^ et tout Tordre des fucus y végètent. I Supposons que la nature de ce fluide vienne à : changer y il est très- vraisemblable que ces corps organiques seront modifiés dans leurs espèces y et peut-être même dans certains de leurs genres^ et que quelques-uns seront détruits^ ne pouvant «^adapter au nouvel ordre de choses (Voy. la note du § 509). Si Ton pouvait construire une échelle qui représentât les divers degrés de tem* pérature par où notre globe a' passé ^ en com-f mençant par le plus haut degré qui pouvait S6 concilier avec Torganisation animale et végétale^ }e crois qu^on pourrait en imaginer une autre des diverses roches produites dans chacune de ces périodes ^ et des diverses espèces organiques tant végétales qu* animales^ correspondantes à ces mêmes périodes. Aux modifications dépendààted des variations de la température^ on devrait poui^ tant ajouter celles qui résultaient du changement des principes chimiques.

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