‹ Institutions géologiquesChapitre 175 sur 203 · CHAPITRE XCI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCI

Changemens qui ont eu Ueu dans le rdi^eau

de la mer.

§552. Mais comment pourron€Knou8 expliquer la présence des dépouilles des corps marins, à dei hauteurs considérables, et dans des lieux qui sont i présent très-éloignés de la mer ?. Il paroît démon* tré que la mer s^est élevée à douze ou treize mille pieds au-dessus de son niveau actuel, etquelk a séjourné à cette hauteur, pendant un temp assez long pour y laisser des générations entières de corps marins , et des dépositions qui se sont consolidées en couches. M/ Playfair a calculé que pour produire , au moyen de la retraite des eaux^ le dessèchement des parties (0 de la superficie du

(i) On a inséré dans les Annales du Muséum (T histoire natti^ relie de Paris , n.*^ Sa , un Mémoire de M.' De La-*Cépède dau lequel on suppose que tout le globe a été couvert par les eant de la mer jusqu*à la hauteiur de 65oo mètres > et que la inperficie de ces eaux s^ abaissa graduellement après que les montagnes eurent pris la forme qu^eUes ont maintenant. Cet aateur divise le temps de cet abaissement en époques déterminées i a*-* signant Soo mètres d^abaissement à chaque époque , quelle que soit sa durée. La première époque aura donc été celle où il a^y avait que la cime du Chimbora^o qui se montrait au-dessus du grand océan. Dans la seconde époque comparurent les montagnei

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globe qui sont maintenant dix aiille pieds plu« hautes que le niveau de la mer , il serait néces-» saire de faire disparoître un volume d^eau plus grand de ^o que le volume total de la .terre; et que si notre planète avait été auti*efois entièrement couverte par les eaux^ jusques aux: sommités actuellement les plus élevées de sa superficie ^ il faudrait plus que doubler le volume de Tenveloppe fluide nécessaire pour produire le premier efiPet. Il ne serait donc pas difficile de concevoir dans Tintérieur du globe ^ des espaces où la masse des eaux aurait pu se retirer (Voy. § 374 )• Mais il me paroît plus naturel pour rendre raison des phénomènes ^ et plus conforme aux anciennes traditions , de concevoir la mer primitive divisée en un nombre considérable de diverses mers ^ reposant sur des fonds ti^ès-élevés, et contenues par des chaînes de inontagnes qui

de rAméiique tituées sous la zone torride. Mais il convient cT observer que conune le Chimboraco et les antres montagnes Jes plus élevées des régions équatoriales de rAmérique , sont de» volcans où éteints ou encore actifs , leur élévation actuelle peut appartenir k des temps de beaucoup postérieurs, et même à répoqne où la mer prit le niveau qu'elle a aujourd'hui. Si touto la superficie du globe a été couverte par les eaux de la mer primitive , à F exception de quelques' parties , probablement cea parties furent les sommités les plus élevées de nos Alpes, et le haut plateau du Thibet qu'on regarde comme le berceau du genre humain, et où Ton dit qu'on trouva onginairement et dans l'état sauvage, tous les animaux devenus domestiques tant dans les pays «epentrionaux » que dan» les pays méridionaux.

en formaient Tenceiote^ Dans Fètat actuel da globe ^ la mer Caspienne et F Aral sont des men séparées cle toutes les autres ^ et il est très-probable ^uMl y ait aussi dans rintèrieiir de TÂfrique^ une autre mer qui ne communique ni avec rOcèan , ni avec la Méditerranée (i). Humboldt ( Yoy. Tableau de la nature ^ pag. 69 ) soupçonne que la mer des Antilles fut jadis une mer intérieure qui s*unit tout à coup à FOcèan. Les Set de Cuba^ de S.^ Domingue et de la Jamaïque présentent encore les restes des hautes montagnes dtï schiste micacé qui formaient Fenceinte de cette mer au nord ^ et il est à remarquer que les cimes les plus élevées de ces trois iles se trouvent dans leurs parties le plus rapprochées les unes des autres. Ost probablement ce qui sera arrivé aux mers du Japon ^ de la Chine et de Baring entre FAsie et FAmérique \^ et à la mer de Baffin dans F Amérique septentrionale. II paroît qu'on ne peut pas douter que la mer Noire n'ait été anciennement séparée de la Méditerranée^ et celle-»ci de F Océan,

(t) Comme toutes les eaux qui te rassemblent dans cet espace immense compris entre la pente méridionale de la chaîne de 1* Atlas et Taspect septentrional des montagnes de Kong , se di* rigent vers le centre de TAinque , au lien de se jeter dans les mers extérieures , il est assez vraisemblable qu*il y a ters U Centre , quelque grand bassin qui les reçoit. Cette mer intfanewt est vraisemblablement la partie restante d*une mer beancoop plus étendue , au lit de laquelle appartenait le grand désert de Shaara (Voy, Vvyage d'Aly^Bêy^ tom. 4} pag. 19).

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t § 553. Lorsqu^il s'est ouvert une communica-»

lî âon entre deux mers voisines^ une immense masse

if d^eau a changé de place. Si dans les lieux qu'elle

ija parcourus, cette masse d'eau a trouvé de»

,}: dépositions non encore consolidées et qui recôu-

^vraient les roches primitives, elle les aura trans^

Importées ailleurs , laissant à découvert et pour ainsi

^.dire, décharnées les roches sur lesquelles elle»

^ •* étaient arrêtées. Par ce principe , on peut expli-

. quer un phénomène géologique très*intéressant^

^. c^est là diversité qu'on observe sur les talus dea

• grandes chaînes de montagnes. Si Ton examine

ceOes qui se dirigent de Test à l'ouest , on voit que

. dans quelques-unes , la pente méridionale est plus

csscarpée que la septentrionale, et que dans d'au^

^ très c'est tout le contraire, ce qui se vérifie encore

^^ dans les faces orientales et occidentales des chaîne»

-,; dont la direction est du sud au tiord. Kirwan

. dans un Mémoire qui a pour titre: Sur les talus

des montagnes^ inséré dans la Bibl. brit.^ tom. i6^

et La-Métherie , tom. 4 , § 1 1 S2. et suiv. , ont

traité cet objet En rassemblant et comparant le»

faits rapportés par ces deux auteurs , il est aisé

de voir qu'on ne peut pas à cet égard établir

une règle générale. Xes monts Crapaks , ceux

qui divisent la Saxe de la Bohême, les montagne»

du Hartz, les Pyrénées, les Alpes et les montagne»

ï de la Crimée sont plus roides et plus escarpés

^ au midi , et leur pente est plus douce à l'aspect

clu nord: aa contraire les montagnes qni séparent la Silésie de la Bohême^ le Meisner et les moih tagnes de T Arménie sont escarpés du coté du nord, et sMnclinent par une pente douce à TaspectAi midi. Il en est de même des faces orientales et occidentales.

§ 554* Il me semble que ce phénomène doit être attribué à Faction de la mer qui se redruH d'une chahie de montagnes^ a escarpé le côli [ correspondant à la direction prise par la masse des eaux. Les Pyrénées sont plus escarpées dà côté de la Méditerranée ^ et les Alpes da cité de TAdriatique. Il est très-probable que lorsque la mer se retira de la* sommité du Mont-Perda, ses eaux se -Rechargèrent dans le lieu où est i présent la Méditerranée. Cette immense masse d^eau dut par son propre poids emporter toutes' les matières mobiles qui existaient sur lesâanci des montagnes^ et déchirer, pour ainsi dire^ la superficie de ces montagnes. On doit en dire de même de la mer qui se retira des Alpes, et descendit dans le lieu où est maintenant T Adriatique. La chaîne des Andes dans la partie qui de* pend du Chili) est beaucoup plus escarpée à sa face occidentale qu^au côté opposé qui regarde le lc?ant ( Voy. Molina , ffistoire naturelle du Chili) ^ et au couchant, ce vaste royaume est borné par la men

§ 555. En supposant que la mer primitive ne se composait point comme à présent^ de parties

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