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communicant entr* elles, mais que ces parties étaient distinctes , et formaient de très-Vastes lacs soutenus à diverses hauteurs par le moyen des chaînes des montagnes primitives; lorsque ces différentes mers vinrent à communiquer entr^elles^ en rompant les digues qui en faisaient la séparation ^ leurs courans impétueux durent opérer de très- ]grands changemens sur le sol quUls parcoururent. Dans quelques lieux y comme nous Favons déjà dit , ils durent rendre plus rapides les pentes des montagnes ^ en détachant les matières qui formaient le plan incliné de la superficie ; mais dans d^autres lieux ^ ils purent produire un effet contraire , c'est-à-dire, diminuer Tinclinaison des montagnes, et en rendre plus douce la pente, ten formant des dépôts, des matières transportées èiir les flancs et à la base de ces montagnes. La •ï'apidité et la masse de ces courans, la longueur de leur cours et les circonstances du sol déterminèrent ou Tun ou Tàutre de ces phénomènes. Il me semble donc très-probable que la, mer à diverses époques , soit descendue des hauteurs où elle était soutenue par les chaînes de montagnes , et que ses eaux se soient réunies en une masse générale dans le lit qu'elle occupe maintenant. Faisons l'application de cette hypothèse à quelques phénomènes géologiques que nous présente l'Italie.
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§ 556. Qae la mer ait autrefois couvert h h^ute cime des Alped^ c^est une vérité démontrée par les traces qa*elle y a laissées. Soïi fond te rompit en quelque endroit , et les sominkèi des Alpes restèrent à découvert. Quelque tempi après ia végétation commença à e^ établir sur cet rochers nus : les sables et les fragmens qai tonn baient des sommités de ces mêmes rochers, se rassemblaient dans le fond de la mer qui en bai'' gnait encore le dos. Les coraux ^ les zoophit» et les testacés se multiplièrent^ et leurs dépouiliet jointes aux dépositions qui s'opéraient dans cette mer, formèrent les hauts Apennins. Les eaax ê* abaissèrent pour la seconde fois , et laissèrent à découvert les parties le plus élevées et les pin tnontueuses de Tltalie. Le mouvement violent de la mer dans sa retraite , dirigé du nord au sud , ou du nord-ouest au sud-est ^ produisit un coor Tant qui charria vers le sud ou le sud-est ^ lei fragmens des Alpes , et il laissa les traces de ion passage sur la cime des monts , qui, dans bean* coup de lieux, furent couverts de puissantes coo* l< ches d^arénaire siliceuse, parsemée de particolei 1^ micacées , et dans laquelle on trouve parfois des restes de substances végétales. La mer resta quelques temps stationnairé dans cette poiitioa. Cependant les Apennins frappés des rayons du soleil , se couvrirent de plantes ; la nature orginique animale se développa, et dans le fond de
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cette mer^ il se forma de uouveUei dépositions terreuses, mêlées avec les restes des animaux marins , et avec quelques dépouilles d" animaux terrestres qui tombaient des parties voisines déjà desséchées , ou que les fleuves, y transportaient dans leurs débordemens. Un troisième écroulement du fond de la mer eut lieu, et alors ces terrains qui peu de temps auparavant formaient sont lit, restèrent à sec: de là, cette série de collines placées entre T Apennin et la mer soit Adriatique, soit Méditerranée, et qui sont d'abondans cimetières de corps organiques marins et terrestres. On peut voir ce que M,' Brocchi a écrit sur ce sujet dans la Conchyologie fossile sous" apermine. Il est donc très-probable que l'Adriatique et la Méditerranée sont descendues de la cime des Alpes dans le lit quelles occupent maintenant , à diverses époques et comme par échelons, r observerai que non-seulement aoua pouvons suivre les traces de ces divers abaissemens de la mer, en examinant les différentes substances quelle m abandonnées , mais que nous pouvons encore reconnoitre dans certains sites , les vestiges de ^es diverses stations , ou du moins nous en faire jcine idée. Dans le Novarèse , près de BorgOr Manero , est la colline dite S/ Christine, du som<met de laquelle il est facile de suivre dans ses détails et de vérifier dans son ensemble 1^ phénomène dont nous nous occupons. Si de ce point
on porte ses regards vers le Mont-Rosa qui ne déploie majestueusement ^ on reconnoîtra quatre grandes plate-formes sur lesquelles on peut coo* cevoir que la mer s^est arrêtée en descendant de la sommité des Alpes.
§ 557. A peine les mers comniencèrent-elles à communiquer entr^elles^ que le niveau de celles qui étaient lès plus élevées dut s^ abaisser , et par Une raison contraire^ celui des plus basses s^élever. Remontons par Timagination à cette époque où le détroit de Gibraltar était encore fermé , époque dont plusieurs écrivains anciens nous ont transmis la mémoire. Le niveau de la Méditerranée pouvait être beaucoup plus élevé , et lorsque la force deè eaux ou quelque violent tremblement de terre ^renversa la montagne qui dans ce lieu servait de digue à . cette mer , ses eaux se répandireut dan» rOcéan , et son niveau s^abaissa en raison de la diflférence qui existait entre les deux niveaux ^ et de l'étendue respective des deux mers. Le niveau de la Méditerranée s'abaissant , il est possible que quelque partie plus élevée de son fond
resta à découvert ('). Que si rirruption , comme
(i) Les anciens géographes ont été divisés d* opinion sur ce point. Si Pomponius-Mela avec quelques autres auteurs » i P^ tendu que TOcéan a fait irruption dans la Méditerranée , Straton, £ratosthène et Strabon ont pensé au contraire que la Méditerranée grossie par les eaux du Pont-Euxin , des Palus-Méotidet » de la mer Caspienne et du lac Aral , rompit les Colonnes d'flcrcule , et se déchargea dans l'Océan.