LIVRE VI. CHAP. XCIII, 5ll
ce qui végétait ou vivait 8ur sa superficie. Le même effet peut encore être produit par un tremblement de terre. Uun des terribles phénomènes qu^on observa dans la Calabre^ en 178^1) époque à laquelle les tremblemens de terre dévastèrent cette malheureuse province , fut celui du mont Scilla qui tomba dans la mer ^ en souleva les eaux ^ et leur communiqua une fluctuation si violente qu*elle causa la perte de mille deux cents personnes.
§ 566. Un autre cas peut avoir lieu ^ c^est si
les cavernes que nous supposons s* être écroulées,
étaient situées sous quelque partie desséchée du
continent , mais peu distante de la mer ^ en sorte
que celle-ci ait pu y pénétrer. Alors les eaux
occupant une nouvelle extension , gagnent en
superficie ce qu'elles perdent en profondem*^
et par conséquent plusieurs bas fonds restent à
découvert Cependant cette partie desséchée du
* continent, qui s' affaissant, sera tombée dans la
mer ^ aura emporté avec elle tout ce qui existait
' à, sa superficie. Imaginons que quelque partie
'^considérable du fond de TAdriatique vienne à
^••écrouler; il pourra arriver que Venise et ses
^ lagunes resteront unies au continent : le niveau
' de la mer s'abaissera , et tout ce qui n'aura pu
^ suivre la retraite violente des eaux , se trouvant
à sec et mêlé avec la vase , s'unira aux subs-
" tances terrestres. La secousse qui accompagnera
ce phénomène, pourra faire écrouler quelque
5ia INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.
tie I) et de propageant dans les parties da continent les plus voisines de la mer ^ occasionner la chnte de quelques-unes de ces parties ^ comme nous Tavons dit au paragraphe précèdent. Mais si ce grand affaissement a lieu , non dans le fond de r Adriatique 3 mais dans cette partie de Tltalie comprise entre les Alpes et la mer^ en sorte que cette même partie devienne tout à coup plus basse que le niveau de F Adriatique^ les eaux y entreront avec impétuosité^ et se répandant sur un lit plus spacieux^ leur niveau baissera, tandis que les ruines de la partie du sol qui se sera écroulée , se trouveront submergées. Dans Vun et Fautre de ces deux cas ^ les substances terrestres devront se mêler avec les substances marines, et si quelqu'autre révolution semblable force un jour la mer à se retirer de ce Vieu, cet extraordinaire mélange pourra seul faire connoître la singulière alternation de la mer et de la terre dans une même contrée. Mais sans recourir à ces grands bouleversemens , le mélange des corps organiques terrestres avec les marins, qu'on observe dans quelques lieux , a pu être l'ouvrage des fleuves qui transportent à la mer tout ce qu'ils rencontrent sur la ligne de leur passage ; et dans les crues extraordinaires ^ les dépôts formés par ces transports ^ deviennent très-copieux (Voy. §.*' 35 1 et 35a). Le phénomène du mélange des corps organiques terrsctres