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nous pouvons en trouver la raison dans cet émanations gazeuses qui devaient s'échapper de Tintérieur du globe encore chaud , avant que ces couches se fussent consolidées. Il y a des géologues qui pour expliquer ces phénomènes ^ supposent des renversemens survenus après la consolidation des montagnes. S'il arrive qu'une montagne formée de couches horizontales , s'affeiisse sur sa base et vienne à être renversée d'un côté^ les couches horizontales deviendront ou verticales ou inclinées selon les accidens du renversement, mais elles conserveront leur parallélisme , et il me paroît physiquement impossible qu^une couche de pierre dure puisse en changeant de posidon , devenir courbe ou se plier et prendre la forme ondulée sans quelque fracture» Les lits calcaires ou sablonneux qui composent la chaîne du Jura sont tellement recourbés que dans une secdon transversale de la montagne \ ils ont la figure d'une parabole (AToy. Saussure^ Voyage dans les Alpes ^ § 334)* H ^Bt donc évident que ces lits avant de prendre la position qu'ils ont maintenant, étaient mous et flexibles. § 323. Je crois cependant qu'il est nécessaire d'avertir que très-souvent les stratifications sont apparentes , superficielles et produites par la dé*« composition. Ailleurs j'ai insisté sur cet article ^ et j'ai dit que dans quelques montagnes secondaires >> on observe une certaine disposition do Tom IL S
couches sur une face , et passé un angle saillant de la montagne , une disposition différente sur la face contigue. Tai encore souvent remarqué dans les montagnes calcaires quelques lignes parallèles qui semblaient être des divisions de cou- ;] ches : mais en suivant leur direction par un cer* je tain espace , on voyait qu'elles disparoissaieot ^i et que ces couches apparentes étaient autant de ii subdivisions d'une couche plus grande qui, de ic son côté , résultait encore d'autres divisions de « la roche. Il me semble que les géologues n'ont \ pas considéré avec toute l'attention nécessaire , a la manière d'agir de la décomposition , ni les ^ modifications qu'elle peut apporter dans les apparences extérieures des roches tant primitives 4 ( Voy.N § 1 94 ) que secondaires. Cette force pro- 1 duite par l'action lente, mais continuée de la lumière, de la chaleur, de l'eau soit fluide, soit dans l'état de glace ou de vapeur, de Tair ou tranquille ou agité p^* les vents , de Télectricité et de tous ces fluides gazeux qui se répandent ou se reproduisent par le moyen de nouvelles combinaisons dans le sein de l'atmosphère , cette force , dis-je , qui n'a jamais cessé d'agir depuis que le globe s'est consolidé (et il y a bien du temps que cela est arrivé ) , mérite bien d'être examinée et calculée par le philosophe. Je regarde comme très-probable que la grande irrégu* larité qu'on observe quelquefois dans les couches
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superficielles de quelques roches^ dépende de rinègale . distribution de certains oxides métalliques ^ comme ceux de fer ^ de manganèse, etc.^ qui a eu lieu dans Tintérieur de leur masse, à Tépoque de leur formation. Les causes de décomposition précitées et spécialement Toxigène de Fatmosphère portent leur action sur ces matièrea dans la direction desquelles elles recontrent une moindre résistance ; et à mesure qu^ elles s^ avancent , elles détruisent la continvûté des parties de la roche à laquelle elles donnent un aspect de stratification. Confirmons cette conjecture par quelques observations.
§ 324. Près de Lecco sur la route qui conduit de Magianico à Chiuso, on trouve à sa gauche, une montagne calcaire coupée presque à pic , dans un très-petit espace de laquelle on observe une disposition des couches fort singulière. Les premières qu^on rencontre , sont parfiitement horizontales ; en continuant d^ aller vers Ghiuso , on les voit soulevées et posées dans une situation à angle semi-droit. Quelques-unes sont sinueuses, d^tmtres'se replient en arc dont un côté est perpendiculaire : à Thorizon. La montagne calcaire de Laveno dans la face tournée à Touest , coupée à pic et contigue à Tauberge, présente une disposition de couches verticales, parallèles , ondulées ; et la même configuration se fait remarquer dans la face qui regarde le
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sud , sans qa*on puisse reconnoître dans la montagne aucun indice de bouleversement. Le savant minéralogiste Marzari m*a communiqué la -notice suivante i) qui me paroît donner quelqiK \i
poids à ce que je viens de dire. Le Copolo de Costoia est une très-vaste carrière de pierre cal- Jy caire grossière , située à sept milles au . sud de jc Vicence , près d'un canal navigable : oa en a ^ retiré la pierre de taille employée aux construo- lei lions de Venise , Vicence , Padoue , Este , etc. ; ir et elle est abandonnée depuis long-temps. A peu tb de distance de cet endroit^ il y a deux autres { carrières de la même pierre que Ton exploite ^ maintenant pour Tusage des villes que je viens % de nommer. Observée à l'extérieur ^ la montagne X paroît stratifiée , et présente des couches hautes « et horizontales; mais dans Tintérieur des carrières^ i à l'endroit où l'excavation est récente, on ne ■voit aucune sorte de stratification laquelle ne commence à se montrer même dans l'intérieur de la montagne , que lorsque la superficie ou les parois des excavations ont été pendant quelque temps en conctat avec l'atmosphère.
§ 325. Je ne crois pas devoir passer sous silence une observation que j'ai faite sur la montagne d'Arona situéee à l'extrémité méridionale du lac Majeur. Cette montagne est divisée en deux parties , l'une itaèridionale sur laquelle on aperçoit les ruines d'une ancienne fortification;