CHAPITRE LXI
Tl fCest pas probable que les montagnes ment été produites par des bouleversemens arrivés dans le globe après sa consolidation.
% 364. Les partisans du système n^tunien nipposeot I, cûmme nous Tavons déjà dit 1, que ie globe a été. formé par diverses précipitations qui se sont opérées dans un fluide: les premières produisirent les granits ^ les porphyres ^ les gneiss et les roches feuilletées^ le calcaire primitif^ etc; après que la mer se fut débarrassée de ces subs* tances qu*elle tenait en dissolution ^ les précipitations qui succédèrent, donnèrent naissance aux roches de transition et secondaires;' puis quelques révolutions arrivées dans le globe i) dérangèrent Tordre des couches de telle manière, que les unes forent soulevéies ^ les autres renversées , et toutes mises hors de leur position originaire. La première difficulté que présente cette hypothèse , provient de Talternation que Fon observe dans les roches composant une chaîne de montagnes. Concevons dans une position horizontale, toutes les couches qui sont à présent ou inclinées ou verticales : comme les roches primitives alternent ^ntr'elles sans aucune régularité cionstante, et quç souvent
14^ INSTltUTIOVS GÉOLOGIQUES.
une de des roches se change en une autre ( Voy; chap. XXIX ) ^ la même chose deyait aussi avoir lieu dans la position horizontale ; et par condé* j quent il ne me paroft pas que Ton puisse ad^ jd mettre ces précipitations régulières et successive, |d d'abord des granits, ensuite des gneiss, des por- |^ phyres , etc. Il serait donc bien plus convenable i^ de dire que ces différentes précipitations se sont |ii< eflfectuées sans aucune régularité , et que quel- h quefois elles se sont répétées après un certaio {te temps , ce qui rend Phypothèse beaucoup plue i; compliquée et non moins dffîcile à concilier avec i Fautre hypothèse des divers menstrues ou dissolu F vans quMl est nécessaire de supposer, et qui se sont successivement séparés des eaux de la mer primitive.
§ 365. Khypothèse devient encore plus invrai- I semblable, si Ton considère Fénorme quantité de i matière qui compose une chaîne de montagnes. Que les bouleversemçns du globe aient été aussi ' considérables qu'on voudra l'imaginer, on trouvera toujours beaucoup de difficulté à concevoir : dans la nature , une force capable d'ébranler ] cette énorme masse de matière déjà consolidée, et de la déplacer sans la briser entièrement. Je s pourrai me faire une idée d'une partie de la snperficîe terrestre s'enfonçant par rècroulemeat des cavernes souterraines ; je pourrai imaginer encote une force explosive extraordinaire se