‹ Institutions géologiquesChapitre 52 sur 203 · LIVRE y. CHAF. LU. lj · texte numérisé non relu

LIVRE y. CHAF. LU. lj

développant dans quelque partie du globe par une certaine combinaison de circonstances ainsi que j^aurai occasion de le dire : mais qu^après sa coueolidation^ une masse de matière aussi considfe* rable que ceUe qui forme une chaîne de mon-* tegnes ^ soit soulevée et mise bors de sa position originaire sans quUl en résulte une violente séparation et un renversement confus de ses couches,i ïstlsL me paroît un phénomène qui surpasse lea Forces connues de notre planète et leur manière dTagir. Il serait inutile de dire que de nombreux aoulevemens et écroulemens se sont répétés plu<* Murs fois et sur difFérens points ^ puisque Tuni-^ Formité de la direction et de Finclinaison de C{aelques couches dans Tétendue totale ou partielle 4' une même chaîne i, montre que chacune déciles a été formée , pour ainsi dire ^ d^un seul jet. Ébdi a observé que dans la chaîne des Alpes, toutes les espèces de roches primitives ^ sans exception i, sont, disposées par couches et par bancs très-distincts I) qui ont constamment leur direction de Touest-^ud-ouest à Test-nord-est ^ de sorte qae dans tout le système des couches ^ on ne voit nulle part le moindre désordre local ou dé-* placement irréguiier , tandis qu^au contraire on remarque partout; une certaine uniformité qu^on ne saiirâit concilier avec F hypothèse des boule<^ versemens et des révolutions.

% 366« Au premier. aspect 7 les grandes chaînes de montagnes ne présentent' que Timage du dk* soixlre et de .la confusion.. On y voit des pics 8 aigus d^une hauteur inaccessible ^ d^ènormes py- p ramides • décharnées ^ des pentes si rapides qpx |dj la neige même ne peut s^ y soutenir et où kfjufc^ racines des arbrisseaux retiennent à peine vm je peu de terre végétale ; les vallées y sont encaîi» m •èes par c^Hmmenses escarpemens. Tel est le ti*re bleau que Dolomieu fait des Alpes. Mais toutes «a désordre n* existe qu'à la superficie v il est Tou- | vrage de la décomposition et de ces immeDMJKl massés de glace ^ qui ^ quand elles se détachent iL des lieux où elles se sont formées et se précipitent K^ dans les vallées^ renversent par lem* énorme poîd^ ^ détruisent et entraînent au loin tout ce qu'éUss \^ rencontrent^ et font que la montagne prend un ir tout autre aspect. Cette difformité superficiells fn'empêchera pourtant pas de reconnoître la po- 1 sition et la direction des couches qui s'étendent ig quelquefois bien loin. Je ne puis donc. me per* ^ suader que les couches inclinées ou • verticales ^ des montagnes aient pris leur position actuelle tS postérieurement à leur consolidation ^ que dans i^ l'origine elles, aient été horizontales ^ eti que les ^ révolutions etbouleversemens qu'a subis le globe ^ y aient changé oette position originaire. A la yè* ^ rite telle a été l'opinion de Saussure dont' Vmjêt m torité a entraîné beaucoup de géologues ; mais m

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cette opinion me semble contredite par Tobservation que dans ces cohches inclinées où verticales, on ne voit souvent^ pendant des espaces asse^ étendus^ aucune rupture, tandis qu^on y aperçoit quelquefois des sinuosités et des courbures sans aucune interruption; et certes je ne crois pas qu^il soit possible de changer la position d*un corps durci et consolidé , et de lui faire prendre des plis et des courbures , sans en rompre les parties ( Voy. §.*' a43 et 3aa ).

§ 367. Saussure fut induit à embrasser Thypothèse du renversement des montagnes par une observation quMl fit dans la Yalorsina où Ton "voit une montagne qui a pour base un granit gris en couches inclinées sous un angle de 60 degrés. Parmi les roches primitives et secondaires, il y a des couches verticales d'un schiste qui renferme beaucoup de cailloux ou fragmens erratiques de roches primitives , les uns angulaires, les autres arrondis , de diverses grosseurs, savoir , depuis la grosseur d'un grain de sable jusqu'à celle de la tête ( Voy. Voyages dans les Alpes , § 688 et suiv. ). Saussure regarda comme imposable et absurde de supposer que de pareilles couches de poudingue se fussent formées dans la position verticale où elles se trouvent, et il pensa qu'il était plus probable de concevoir leur formation comme ayant eu lieu dans une poiidon horizontale , et de , conclure de là leur

redressement après qu^elIes se furent endurciee. Au-dessus des couches de poudingue sont des couches d^ ardoise , d^arénaire ^ etc. ^ qui conservent la même position verticaie ^ d*où ce sa- .vant naturaliste tira la conséquence que Tenti^ masse de la. montagne^ élevée de 1181 toiseï, au-dessus du niveau de la tner ^ a été redressée j^g par la même révolution , c'est-à-dire , que eediç révolution a donné une position verticale à touf \x tes les couches qui étaient ori^nairement hoijr \sê zontales ; qu'ensuite comme toutes les couches ont pris à peu près la même position que k« poudingues ^ qui font partie de la montagne et ont indubitablement subi un semblable change- L ment de position ^ il y a lieu de croire que daus U Forigine la position de toutes les parties de la )^ montagne était la méme^ et que postérieurement ^ la même cause a produit leur changement ; et ^ qu'enfin en observant les couches de poudingue ^ qui s'élèvent sur la base granitique de la mon- -^ tagne ^ on ne peut douter que son entière masse ^ n'ait éprouvé un pareil renversement. i

§ 368. Mais d'abord on doit réfléchir que si la direction des couches de poudingue est la même ^ que celle des couches granitiques^ l'inclinaison des ^ premières est très-différente de celle defs secondes ^ comme Saussure le dit lui-même dans le § 691. y L'inclinaison des couches des roches granitiques ^ est de 60 degrés, et Jes* couches du schistç qui i

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