‹ Institutions géologiquesChapitre 60 sur 203 · LIVRE V. GHÂ?. LXIII. l · texte numérisé non relu

LIVRE V. GHÂ?. LXIII. l

pays au nord du Bengale^ la Chine septentrionale et toute la Tartarie, et s'étend jusqu^à la mer du Sud. L'Afrique est coupée par des chaîne» de montagnes entre les fleuves le Niger et le Zaïre ^ et au nord du grand désert de Sahara y par les chaînes de TAtlas . toujours dans la di^ rection de Touest à Test Dans TAmérique méridionale , suivant les observations de Humboldti les Cordilières aussi élevées que les Alpes ^ s'éteodent de Touest à Test; et la chaîne de montagnes qui coupe les États-Unis dans une longueur de deux cents lieues sur une largeur moyenne de 40 , est dirigée du sud-ouest au nord-est (0. La seule chaîne de TUral qui sépare TAsie de l'Europe , a sa direction du nord au sud ; mais cette exception est peu de chose ^ vu la généralité de tant d'autres exemples d'une directioa contraire. ITalckenaer^ bien qu'il ait soumis à une autre règle la direction des grandes chaînes de montagnes ^ reconnoît que les élévationif les plus considérables sont dirigées , en Asie , de l'ouest au nord-est; en Europe, de l'est à l'ouest; et que TAtlas qui est la plus haute chaîne qu'on connoisse en Afrique, se prolonge dans le même sens. A la vérité en Amérique , la chaîne des Andes tend du sud au nord , mais les nombreux

(i) rigaore sur quel fondement M.' de La-Métherie a avancé (Vôy. g 1145) qa*en Amérique la âirecdon dei ehaloes de moatagiaet en d« nord aa tud.

et démesurés volcans de cette partie du globe en ont pu changer l'aspect primitif. En effet , queHe immense chaîne de montagnes n'ont pas dâ produire plus de cinquante volcans dont la majeure partie ont une sphère d'activité plus grande que celle de l'Etna ! Du reste ^ dans les deux continens de l'Amérique, les chaînes de montagnes ont V comme nous l'avons déjà dit , une direction conforme à la règle générale.

§ 378. D'après beaucoup de naturalistes, il règne un certain ordre entre les roches qui composent 'les grandes chaînes de montagnes. On peut considérer ces grandes chaînes comme for^ mées de cinq bandes appuyées les unes contre les autres, et composées de trois espèces de roches dont deux de droite et de gauche sont semblables entr'elles : la première bande, qui est la centrale ou priimitive , forme Faxe de la chaîne , s'élève au-dessus des deux autves, et se compose de granit. La bande qui se rapproche le plus de celle du centre, tant d'un côté que de l'autre, est généralement formée de pierres feuilletées, comme gneiss ou granit feuilleté dans lequel prédomine'le mica , schistes, ardoises^ etc. Vient ensuite celle qui s'appuie contre les schistes , sitaée à droite et à gauche des deux chaînes' schisteuses et qui est composée de marbres salins ou colorés ou blancs à grain cristallin. A ces trois espèces de montagnes primitives sont adossées les montagnes

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secondaires dans lesquelles commencent à se montrer les corps organiques fossiles. Le Caucase qui occupe l'espace compris entre la mer Caspienne et le Pont-Euxin, est^ suivant Fallas^^ une des grandes élévations granitiques qui. existent sur le globe; il est régulièrement accompagné de ces bandes schisteuses qui recouvrent toujours les côtes des grandes chaînes , comme aussi des montagnes secondaires et tertiaires ; et si le calcaire secondaire s'étend beaucoup plus du côté du sud que du côté du nord ^ c'est parce que dans ce dernier site la chaîne .est couverte en grande partie <). de dunes sablonneuses qui s'étendent dans la plaine aride dite Steppe de Kuma.

§ ^79* Cependant la nature s'est souvent écar^ tée de cette règle générale établie par les géologues. Lorsqu'on traverse les Pyrénées pour aller de France en Espagne ^ on trouve d'abord le calcaire; ensuite on gravit des montagnes schisteuses au-dessus desquelles on rencontre le granit ; et continuant à- monter ^ on retrouve Iç calcaire sur lequel on descend . toujours jusqu'à ce qu'on arrive en Espagne. Si avec Ramond, nous plaçons l'axe des Pyrénées dans la partie granitique , cette chaîne ' nous , offrira la méipe altemation de couches <, c'est-à-dire , au centre le granit, à droite et à gauche les schistes, et puis le calcaire. Mais .^rélêvation de cette dernière espèce de roche est très-différente de celle

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établie par les géologues ^ puisque le cçilcaire ^ ^t ce qui est encore bien plus singulier , le calcaire secondaire avec des empreintes de corps inarim forme là partie la plus élevée des Pyrénées. Ébel en pariant de la structure des Alpes, observe qu'il n^y a aucune chaîne centrale en sens gêbgnostique ; qu^aucune roche ne forme exclusivement les cimes ou les pics élevés ; et qu'il n'est pas vrai, ainsi qu'on le croit communément, que les plus hautes cimes soient de granit, mais qu'elles sont indistinctement de diflR^ rentes espèces de roches, de sorte qu'on ne peut en regarder aucune comme formant la base fondamentale ou le noyau autour duquel les autres se sont adossées^ Cette opinion d'Êbel me paroit sujette à quelque exception, puisque la chaîne du Mont-Blanc qu'on doit regarder comme la chaîne centrale des Alpes , et dont la sommité est le point le plus élevé de l'Europe , est formée de cette variété de granit à laquelle le célèbre Jurine a donné le nom de protogine. En outre. Cette grande chaîne des Alpes nous présente une autre exception à la règle générale , c'est que pendant que dans le côté extérieur et septentrional des Alpes, on observe une série de montagnes calcaires d'une hauteur et d'une étendue èonsidérables , comme la chaîne du Jura , celle du Mont-Salève , etc. , dans le côté méridional, les granits et les roches primitives se montrent

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jusque dans les plaines (i); et si Ton y voit des montagnes calcaires ^ ces montagnes sont éparses et ne forment point de chaînes longues et continues ainsi que dans le côté septentrional. A la vérité on remarque^ à Taspect du midi^ quelques montagnes calcaires d^une étendue considérable , comme dans la Ligurie et dans les états de Venise ^ mais on n^en trouve pas dans les parties intermédiaires; et en entrant en Italie par le Mont-Cenis ^ par la vallée d'Aoste ^ par le Simpion , par le S.* Gothard et par le Splughen, on ne traverse point de chaînes calcaires. Que si nous jettons un coup d^ceU sur FAmérique sep* tentrionale ^ nous verrons que la formation primitive de cette contrée contient les variétés des roches primitives observées dans les montagnes d'Europe ^ mais que leur situation respective dans Tordre de sucession ^ et leur hauteur relative dans le rang des montagnes^ sont si souvent mêlées, renversées et diversifiées , qu^il est impossible d*êtablir la disposition d'une série régulière quelconque. De plus au sud-ouest des roches primi-^ tive»^ on n'a ti*ouvé ni pierre calcaire secondaire , ni aucune série d'autres roches secondaires^ à l'exception de quelque lit partiel de la plus ancienne formation de grès rouge ( Voy. les Observations dt

Maclure sur la géologie des États-Unis dt Amérique ).

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(j) Tels sont lès granits de Baveno et de Montor£uio , et le» calcôrei prilauttfil de la CiikàdogUt et d^OrnâvaMo.

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§ 38o. n suit de tous ces faits que les grandes chaînes de montagnes ne présentent point d^ordre régulier et constant dans Télévation des roches. Ces chaînes sont formées en grande .partie des substances . pierreuses auxquelles on a donné le nom de primitives; mais comme le niveau de la mer à été de 12a 1 3 mille pieds plus élevé qu^il ! ne Test à présent^ il a dû couvrir en. plusieurs \ endroits quelques parties des chaînes primitives^ : et Ton verra fréquemment une montagqe formée d'une roche .primordiale, dont la sommité et les flancs seront couverts par dés roches de transition ou même secondaires. Ce ne sera pas seulement sur les côtés des formations primitives , qu^n observera les formations postérieures «^ mais encore tousi les vastes interstices qui comme d immenses vallées séparent les hautes cimes et les chaîûes de montagnes , seront couverts par les formations postérieures* Des couches ^ de celles-ci sortent souvent çà et là les cimes des roches primitives sous la forme d'écueils où d'îles ,: ce qui démontre , ce semble , que Forigine de ces formations postériem-es doit être rapportée à Faction d'up fluide- où à la mer primitive qui couvrait jusqu^à une ceitaine hauteur les roches primitives qui formaient la partie , consolidée du. globe. Cer pendant en quelque? lieux ce revêtement a été. ou empêché par des circonstances particulières comme pouvaient être les courans , ou transporté ailleurs par des accidens postérieurs ( Voy. § ^74 )•

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