CHAPITRE LXXIII
Théorie de M! Wemer sur la formation des filons métailiques»
% 4^6. A priés que M/ "V^erner à parlé des Klona métalliques dans un ouvrage uniqueineDC icrit sur cette importante matière ^ ouvrage qui esc du petit nombre de ceux que son nom décore, et qui contient le fruit de vingt ans de recherchea et d^observations faites dans le pays le plus riche en mines qu^on connoisse en Europe^^ la célébrité d^.un homme si respectable pourrait faire eraiiidre d* être taxé de présomption à celui qui voudrait manifester une opinion contraire^. Sa Nouvelle théorie de la formation "des filons se réduit aux deux principes suivans: i,^ les filous ont été originairement des fentes ouvertes à leur partie supérieure ( Yoy. Théorie des filons^ g <k8' ) t» et ensuite remplies par; cette jseule partie supé*-» rieure. Donc là où il y a des filous ou métalliques ou d'autres substances diSfereutes de la roche qui les contient , nous devods concevoir des espaces originairement vides. Il est certain que dans les montagnes^ il â pu se former des crevasses soit par les secousses des trëpiblemens de terre, soit par récrpulexQsat:Oa raf&isseme.Qt
aèS INSTITUTIOHS CÊOLOGIQÛES. I
de quelques parties^ eoit enfin par la retraite de la masse à Tèpoque de sa consolidation (0. B importe cependant de faire observer que si bl fentes sont Feffet de la retraite ^ elles doivent être contemporaines de la consolidation de h ht roche; et que si au contraire elles ont étépro-ktrj duites par les deux autres causes que nous airoiivlDp^ indiquées ^ elles appartiennent à des époqoMerk postérieures. Il paroît que M.' Verner pendils beaucoup plus vers cette seconde opinion^ paiMia qu^il dit dans le § 38 ^ que les filons ressembleMe J parfaitement aux fentes des roches^ etquedamii: la longue durée dé Texistence de notre globe{pta il devait nécessairement se former des fetiteiliiiM puis il ajoute que les espaces occupés par m^ ^ filons sont des fentes qui se sont formées danf^i' les roches. V
§ 4^7. Le second principe de la théorie de^jP M." Werner est que ces fentes ont été rcmplieiY par des précipitations fournies par une dissolarionJ aqueuse presque toujours chimique, qui coùvrai^ la contrée où se trouvent les fentes : par con- p séquent la substance des filons est le produit d*iiiie ji série de précipités qui sont entrés par la partie ji supérieure de l'espace ou de la fente qu'occâpeat
(i) M.' Wérner dit desséchfmeni^ conformémeiit à son i)itè«s | des solutions aqueuses. Four éviter toute expression systémadqoii ' je me sers du terme consolidation qui peut s'appliquer tant fli detséchetnent t^ak rcfroidistement.
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01 xnaintenant les filons ( § 62 ). Remarquons que 9 ciane le § 3o, M/ T^erner avait établi que la i!f >néme précipitation qui a produit les couches des •j montagnes , a aussi fourni la matière métallique K «iont se composent les filons. Il suivrait de cette doctrine , i.^ que la formation des filons est cou- : ^^cmporaine de celle des couches ^ et par consé- ^ ^Qent on en viendrait à exclure toute formation !8 fentes et de filons postérieure à la consoliion de la montagne ; a.^ que tant les filons les couches de la montagne '^ ayant la même ^^igine^ puisqu'ils proviennent de la même précipitation , devraient ^ ce semble , être aussi de même nature. IL est bien vrai que dans le § ^ M/ TITerner .indique les causes qui ont produit "•^. différence qu'on remarque entre la matière ^es filons et celle des couches; mais la cause sur ''^quelle il se fonde principalement^ c'est-à-dire^ ^« plus grande tranquillité de la précipitation et la déposition ne me paroit pas une raison Lsante pour expliquer cette différence si re- ^narquable qu'il y a^ par exemple^ entre la nature ^^a gneiss et celle du métal en filons qui y est ^renfermé. Une précipitation plus ou moins tranégaille pourra fournir dès cristallisations plus ou moins régulières ; mais il : me semble bien diffi- <nle quelle soit capable de produire une si grande différence dans la nature des produits.
â7o iNsntUTTOKs g£olooiques.
§ 4!&8. robserverai de plus avec Playfair (¥oy. JExpUcadon de la théorie de ffuiton , pag. 1S4) que souvent quelques métaux ^ et partîcuiîèro« ment For et Targent^ pénètrent des masiet de quartz et les traversent dans toute scvte de directions. Le seul aspect de ces échantillons stdBt pour faire connottre que le quarts et le métal cristaHisAs sont passés en même temps de ïéM de 'fluidité à celui de solidiié ^ et il est diffidii de concevoir que cette fluidité ait- pu procédépp de la solution dansc un menstrue ^ ^ paisopie (fvlès côté la présence d^ane substance alcaline est ni^fgil cessaire pour communiquer à Teau la veitti é dissoudre le quarts ^ et que de Fautre ce flélippj ne peut dissoudre un métal sans la présence <f 1 acide. Mats deux qualités si opposées ne raient exister dans le même sujet. Uadck "é Talcali se seraient réunis^ et leurs forces è égales^ ils auraient formé un sel neutre et capable d^agir soit sur le corps métallique, sur le corps siliceux. Que si Tacide avait ètë puissant ^ le sel composé aurait agi sur le mèti^ et au contraire le quartz aurait été dissoo0,^|tr le principe alcalin avait prévalu : mais dans 8IM& [r< eas ^ le menstrue n*aurait pu à la fois exeicsr 1 f son action sur les deux substances. Bonnard ^fy a si bien décrit rSrzgebiî^e ^ après avoir exp^ se les circohssances dn gisement de Fétain da# les mines dËhrenfriedersdorf et de Marienberg)
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onclud quMl y a lieu de croire que la formation ts filons d^ét^in fut presque coutemporaine de elle des roches dans lesquelles ils sont encaissés.
§ 4a9« M/ Faujas^ après Ferber, nous a onnè une description très-intéressante des filons e galène du Derbyshire ^ dont le gisement pré« ente un fait géologique très-singulier. Entre rrange-mill^ Vensley et Dawley-moor , on voit^ a commençant à la superfiicie de la terre ^ la jsposition alternative des couches suivantes : i.^ très quartzeux^ ii^o pieds anglais; a,^ schiste noir rgileuxf lao pieds; 3«° banc de pierre calcaire ès*dure avec des filons de galène , 5o pieds ; 4*^ app amygdaloïde^ 16 pieds; 5*^ banc calcaire dans c[uel reparoissent les filons ^ 5o pieds; 6«^ drapp Kiygdaloïde^ 46 pieds; 7.^ banc calcaire avec des ons de galène^ 60 pieds; 8*^ trapp amygdaï<le ^ ail pieds ; 9.^ banc calcaire de profondeur connue. Dans d* autres excavations semblables
éloignées de plusieurs lieues , on observe la téme disposition des couches qui diffèrent néanmoins en épaisseur. Le calcaire qui alterne avec ^ trapp , est quelquefois de la nature du marbre t reçoit le poli ; d'autrefois il est noir et exhale O frottement une odeur fétide ; d*autrefois aunt VI y trouve des corps marins ^ comme entroques^ niculations de palmiers marins^ térébratuks ^ «lemniteè tantôt changées en marbres et tan- )ft devenues siliceuses. Dans le même carbonate
calcaire ^ on a rencontré avec la galène^ le caoat' chue ou ' gomme^ élastique fossile. Combien de ^Sfférentes solutions et précipitations ne faudrait-il pas imaginer pour expliquer de quelque manière la disposition de tant de diverses substances? Ajoutons que dans la miné de Bleyber^, en- Garinthie^ 14 filons alternent avec tout autant de couches de pierre calcaire coquillière. '.
§ 43o« Kembarras. s* accroîtra encore bien diK^ vantage , si Ton* veut rendre raison « de cett»^ disposition régulière des diverses ^substances qu'os | observe dans les filons métalliques* Dans nue veine qui contient, par exemple, du qaarti, du spath fluors et calcaire et du plomb, 01 1 est presque assuré . de trouver un enduit ^i quartz appliqué immédiatement aux parois (kp la mine , et qui suit exactement les irréj rites de la superficie de ces parois: puis et si cessivement une enveloppe de fluors ^ du spi calcaire, et enfin le minerai de plomb. dans centre du filon. De l'autre côté, on voitr< le. même ordre dans la disposition des sub8ta]Mi| Il est nécessaire de remarquer que ces endoiVl n^afiectent point la forme plane , mais que kMJ surfaces présentent des inégalités déterminées celles des parois, c'est-à-dire, de la. roche forme les côtés de la veine : de plus ih, sont horizontaux , mais parallèles ^aux : murs touj( verticaux ou inclinés. Il semble donc que
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revétemens ont été produits par une force différente de celle par laquelle s'opèrent les déportions aqueuses dont le principal caractère est la position horizontale ou presque horizontale. Dans la mine du Derbyshire dont nous avons déjà parlé ^ la galène ne se trouve que dans la pierre calcaire ; les filons de Tamygdàloîde en eont constamment privés , et il serait bien* difl&cile d'expliquer comment il s'est fait que la solution-métallique ne se soit insinuée que dans les fentes de la pierre calcaire , ou qu'il n'ait ocisté des fentes que dans cette espèce de pierre, g 43i. Plein de respect pour un auteur aussi élèbre que M/ Werner, qui a rendu à la miléralogie les services les plus signalés , et qui - > établi les véritables principes de la géologie ^ ^i lu plusieurs fois sa Théorie de la formation &j filons , mais f y ai toujours trouvé de Tobscu- .^é^ pour ne pas dire de la contradiction dans ^^ idées , destin inévitable de toutes les hypo- E&èses fondées sur le seul principe des dissolu-* Lons et des précipitations aqueuses. Gomme ce c^iit- non les: noms ^ mais bien led raisons qui ^liivent diriger les opinions , j'ai cru pouvoir me •^rmettre de proposer les dontes qui m'empêchent tv adopter la théorie Wernérienne que je' vienè ^analyser. l'ajouterai qu'imaginer qu'on puisse *tribuer l'origine des filons à des fentes pûété- ^^rement remplies pat des distôlûtidtti et des