‹ Institutions géologiquesChapitre 96 sur 203 · LIVRE V, CHAP. LXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAP. LXXIV

superficie , et se sont rassemblées vers le centre : cela est si vrai qu'en rompant . des morceaux soumis à cette opération , on découvre souvent dans le milieu quelques filets ou quelques petite9 lames de cuivre métallique. Il faut obs^ver que. la chaleur de la torréfaction est très-lente et modérée ^ et qu'elle n'est jamais élevée au degré de fusion ^) les ouvriers étant très-attentifs à prévenir un pareil accident; autrement le minerai . en acquérant un principe de vitrification^ de- : viendrait beaucoup plus réfractaire au fourneau, j On lave les croûtes des morceaux torréfiés pour g en obtenir le vitriol de cuivre que Ton décom- «pose ensuite au moyen du fer ^ en. en retirant le ^cuivre de cémentation. On ne met dans le four-

I aeau que le noyau qui , enrichi par le procédé ,que nous avons décrit^ peut être fondu avec e avantage , ce qu'on ne saurait obtenir en se «riervant de la pyrite crue qui, bien qu'en grande

nasse , contient une petite quantité de cuivre*

II est donc vrai de dire que lorsque la masse pyritique vient à se dilater par l'eflPet de la chaleur ^ les particules du cuivre acquièrent un certain degré de liberté qui fait qu'en cédant à I^ impulsion de leurs . affinités ^ elles peuvent se ^approcher et s'unir vers le centre. Ce phéno- 0[ièae qui s'opère journellement dans les travaux de la mine d'Âgordo ^ suffit sans doute pour Confirmer le principe que j'ai annoncé. > et dont 'I ne reste qu'à faire l'application.

a8a INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES*

§ 435. PaBsons donc aux dépôts mètalliqaes , en commençant par ceux qu'on trouve dans les montagnes des roches primitives* Concevons que la matière de ces roches, lorsqu'elle participait encore de la fluidité ignée, contenait des substances métalliques auxquelles cet état de fluidité était commun. Celles^ animées par leurs affinités réciproques, auront eu une tendance à s^uoir entr^elles et à se séparer du reste de la masse dont les parties différaient beaucoup par leur nature , par leur gravité spécifique et par tons les caractères physiques et chimiques. Souvent cette séparation aura été imparfaite , et alors des parties métal- i liques seront restées dans les parties voisines de L la roche. Lorsque la roche s^est consolidée ptrL le refroidissement , les substances métalliques u L^ sont trouvées séparées d'elle , mais enveloppétf L] et renfermées dans sa masse oh elles se sont subs L^ consolidées. Si la chaleur s'est conservée plis long-temps dans quelques points de la roche ^ la partie de la matière métallique qui y tait contenue , se sera aussi consolidée , mais plv tard , et elle aura pu faire quelque impreeflMi sur une autre partie déjà refroidie , quoique soa encore entièrement consolidée : ainsi Ton pMfîS voir des filons qui se croisent, et qui parottrottt s'être formés à des époques différentes , et awr été détournés Fun par l'autre, de leur direcddi originaire. Si renonçant à toute prévention, ^

liÉ

la

LITRE V. GHA?« LXXIY. il 83

veut essayer d^appliquer cette idée aux phénomènes que présentent les substances métalliques par leur mode de gisement dans Ids roches primitives ^ je me flatte qu^on obtiendra des expli* cations moins forcées, et qu^on évitera les difficultés auxquelles sont sujettes les autres opinions. J'observerai en outre que quelques substances métalliques se trouvent souvent dans leur état natif, tel sont l'or, l'argent et le cuivre. Il y a encore quelques exemples de fer natif. Maintenant il est très-difficile qu'un métal malléable et ductile résulte de la précipitation d'un menstrue : d^un autre côté, il peut être produit dans un moment par le moyen de la chaleur. Enfin il importe de faire remarquer que les métaux se présentent communément sous la forme d'une substance minéralisée par le soufre ; mais cette nnion des métaux avec le soufre si facilement produite par la chaleur, ne s'opérera que trèsdifficilement par le moyen de la solndon dans nu menstrue, et n'aura même jamais lieu, si ce menstrue n'est formé que d'eau pure. Au § 4^64 nous avons parlé du soufre renfermé dans les roches primordiales , et par conséquent appartenant à la période des formations primitives. ' § 436. Quaut aux filons ou amas métalliques qui ont leur gisement dans les terrains postérieurs à la formation primitive, 9 me paroît qu^otir peut concevoir leur origine d'une manière

a84 INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.

analogue à celle que nous ayons précédemment indiquée , c* est-à-dire ^ que les combinaisons da refroidissement et des autres causes qui ont déterminé la distribution des matières pendant la consolidation de la masse terrestre^ transpor* tèrent dans quelques parties de la superficie les agrégats métalliques : ceux-ci dissous * dans les eaux de la mer primitive i» et mêlés avec les terres, b( furent pareillement soumis à Faction du moùve- tu ment des eaux \, delà chaleur et des agens chi- tej miques ; alors il .se forma des boues hétérogènes composées de substances terreuses et métalliquek^ ra Ces boues étant encore fluides .. leurs di£Férentei lo parties se rapprochèrent selon leur homogénéitt et selon Timpulsion de leurs forces attractives; les métaux se séparèrent des terres ^ et les agens chimiques se combinèrent avec les substances In auxquelles ils avaient le plus d^ affinité. La f ré- je quence de la galène unie à la chaux carbbnatée 4 et fluatée démontre Taffinité qu'il y a entre le minerai de plomb et le carbonate ou fluate de chaux. Il ne faut donc pas être surpris si ^ lorsque le grand dépôt de. galène du Derbyshire se forma (Yoy. §45^9)^ la substance métallique resta confinée dans la pierre calcaire , et se sépara de cette autre substance pierreuse dans laquelle prédominaient Fargile et la silice , et qui par conséquent avait une moindre affinité avec le plomb. Qw si ^ensuite Ton considère les mines d'alluvion

Qi

UVRE V. CHAP. LXXIV. a85

ou de transport^ je crois qu'on peut rapporter Forigiiie de ces mines aux substances métalliques qui ^ au lieu de se consolider en masses concrètes, dé Tune des deux manières que nous venons de l'expliquer , ont reçu par Fefiet de quelque combinaison ^ une forme granulaire ou pulvérulente. Si Ton verse un métal fondu sur un terrain mouillé ^ la force explosive de l'eau transformée «n vapeur , divise ce métal en très-petites parcelles qui sont lancées dans toute sorte de directions, accident qui arrive quelquefois dans les grandes fusions métalliques et qui peut avoir de fiuiestes conséquences. Il est probable que ce phénomène a eu lieu toutes les fois que les substances métalliques se sont consolidées à des époques où les émanations des gaz étaient fréquentes. t)n dïfaSpeut-être pourquoi ce même phénomène ne se fait remarquer que dans l'or et dans la platine , tandis que les autres métaux qui sont en si grande abondance dans le globe ., n'offrent rien de pareil ? Je réponds que la même chose a pu arriver par rapport à ces autres métaux qui n'ont pourtant pas conservé la forme granulaire , parce qu'étant très-susceptibles d'oxidation y ils sont passés à l'état d'oxides^ et se sont mêlés avec les terres. Peut-être est-ce là l'origine de ' ces oxides métalliques que les analyses chimiques ont fait découvrir dans beaucoup de substances pierreuses. J'ajouterai que les autres métaux

ar x5

a86 INSTITUTIONS GEOLOGIQUES.

sont ordinairement combinés ai^ec d^autres principes ^ ce qui doit les rendre beaucoup plus sujets à se décomposer. Uor est souvent allié avec quelqu^ autre substance i^ mais il nVst jamais mifnéralisé ; il est toujours natif : on peut le triturer^ mais ce serait en vain qu^on voudrait le décomposer; Fair et Teau ne sufiEisent pas pour Toxi- b der; ils n^ exercent aucune action sur ce métal Il y a beaucoup d'exemples de ces antiques monnoies d'or trouvées dans les excavations les plu» lui superficielles de la terre , qui , bien que très- in minces , ne présentent pas la moindre altératîoQ de couleur I) malgré que pendant un long cours de siècles , elles aient été exposées à Faction dtt causes décomposantes.

§ 4^7. Par ce que nous avons dit ci-dessus, nous n'entendons point contester que dans nat roche déjà consolidée , il n^ait pu se former des fentes et des crevasses qui aient été postérieurement remplies ou par des stalactites ^ ou par |ur des matières de transport qui après avoir subi une compression et une cémentation convenables, auront acquis un certain degré de dureté qni les faira ressembler à la pierre. Telle a été sans doute l'origine de ces filons qui^ quoique tvr m caisses dans des roches primitives ^ contiennent k néanmoins des fragmens de corps organiques. Mais ^ ces mêmes filons composés de matières de tranS'* port I) ne pourront jamais être confondus avec

hv/KE y. CHAP. Lxxiy. 287

es véritables dépote métalliques dont tous lef aractères annoncent que leur consolidation est ontemporaine de celle de la roche qui les renerine. Observons encore que si une montagne [ui contient des filons métalliques^ éprouve quelque convulsion extraordinaire i, il s'y formera aisément les crevasses ^ mais plutôt dans les filons que lans les autres parties de la roche , vu qu'il existe bien moins de cohérence entre les subsances hétérogènes: et alors ces crevasses pourront être postérieurement remplies par d'autres substances d'une nature di£Pérente. C'est à cette îause qu'on doit attribuer l'origine de plusieurs mbstanoes qu'on trouve parfois dans quelques &lons ^ comme les £ragmens des roches étrangères aux filons ^ les brèches formées par la réunion de ces fragmens ^ et celles composées de fragmens des substances du filon même, les galets ou frag-* Biens rouléSi) et les poudingues ou agrégats formés par les galets.

§ 438. M/ Faujas penche à croire que les Dotaux sont produits par la force végétative, et peut-être même par l'animalité. Ses réflexions ^ur le fer sont très-judicieuses et appuyées de 'autorité de Buffion et de Fourcroy ( Voy. Faujas^ essais de géologie , tom. ti , pag. 843 ). Il est :ertain que des produite de l'organisation animale et végétale, on retire souvent des substances [métalliques ^ et particulièrement du fer ; mais

Ettt

roi

a 88 INSTITUTIONS GÊOIiOClQUES.

comme ces substances sont susceptibles ^une grande atténuation , et parviennent même à i? Tolatiliser, il sera toujours douteux si elles wi^ des matières préparées par les corps organiqQn et produites par eux , ou si elles ont été redrèei oti des fluides qui circulent dans des . corps^ oa absorbées de quelqu^autre manière. Sans entrer dans «ne question de cette nature^ il me semble qoe si les naturalistes admettent des roches primitivei dont la formation a précédé ' celle de tout coipl^^ organique^ on doit aussi admettre des métaux de formation primitive^ tels que ceux qu^on troai^fn renfermés dans les roches primordiales. Que à Ton yeut ensuite savoir comment la nature a pi produire ces métaux <) nous dirons qu'il yalkv à la même recherche pour ce qui regarde ta w terres siliceuse^, calcaire^ argileuse^ etc.; etaloia \ il faudra remonter à la première origine' (tel li choses ^ ce qui sans doute surpasse les forces de notre entendement. La chimie a fait un grand pa* en découvrant Tàffinité qu'il y a entre les métaux et Toxigène , et un plus grand pas ,encore lowqu'elle a reconnu que quelques substances considérées comme des terres^ sont des métaux oxigèoes. Si cette seconde découverte pouvait s'étendre à toutes les terres ^ la majeure partie de notre globe ne serait qu'un composé de métaux plus ou moins combinés avec l'oxigène. Je ne nie point que: l'organisation animale et végétale ne poisse

Page 1