‹ Institutions liturgiques (volume 3)Chapitre 4 sur 41 · PRÉFACE. IV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IV

firçal que.de scandaliser le peuple fidèle, et d'éneryer le lien sacré de la subordination cléricale. Pour produire un bien médiocre, on s'exposerait à opérer un mal considérable. Nous désavouons donc à l'avance toutes démonstrations imprudentes et téméraires, propres seulement à compromettre une cause qui n'est pas mûre encore. Sans doute, * notre intention est d'aider à l'instruction de celte cause , et nous la voudrions voir jugée déjà et gagnée par la tradition contre la nouveauté ; mais une si grande révolution ne s'accomplira qu'à l'aide du temps , et la main de nos Evôques devra intervenir, afin que toutes choses soient comme elles doivent être dans celte Eglise de Dieu qu'il leur appartient de régir.

Tel est notre avis que nous déposons ici pour la décharge de notre conscience , nous souvenant de notre qualité de membre indigne du Clergé Régulier, lequel a dans tous les temps témoigné de son attachement inviolable à l'Ordre Hiérarchique, sans croire parla porter atteinte aux privilèges dont la discipline générale de l'Eglise l'a investi ; tandis qu'on a vu constamment les docteurs du Presbytérianisme , guidés par un secret instinct , confondre dans une même aversion la prérogative divine de l'Episcopat et les droits concédés aux corps privilégiés. Nous en appelons, sur ce point, à l'histoire des controverses qui s'agitèrent . en

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France , aux dix-septième et dix-huitième siècles, sur la Hiérarchie et ses applications. Ce qui nous perd aujourd'hui , c'est l'ignorance de ce passé , sans lequel, pourtant, on espérerait en vain comprendre et terminer les questions présentes.

Il ne sera peut-être pas inulile de répéter ici ce que nous avons déjà dit ailleurs , savoir que , dans cette Introduction Historique, nous touchons un grand nombre de questions, sur lesquelles nous sommes amenés a prendre un parti , sans que la marche du récit nous permette de nous arrêter assez pour motiver notre avis. Si quelquefois le lecteur avait peine à se rendre compte des raisons qui nous déterminent pour telle ou telle conclusion , nous le prierions d'attendre le développement même de l'ouvrage; il n'est pas une seule des questions soulevées dans l'Introduction , qui ne doive être disculée dans la partie didactique de notre travail. On peut revoir le plan de l'ouvrage entier dans la préface du premier volume.

On nous a prié de caractériser la nature et l'étendue de la réaction liturgique du dix-huitième siècle; c'était déjà notre intention, et nous croyons même que rien ne sera plus utile, quanJ , d'une manière précise, nous en viendrons a l'explication détaillée des OTices divins, que de placer jour par jour, en regard des formules de l'antiquité, les innombrables pièces nouvelles qu'on y a subsii-*

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tuées, en France. La science liturgique, comme tonte science de faits, avance principalement par la réunion et la comparaison des données positives ; c'est ce qui nous a porte h ne rien négliger pour procurer h notre ouvrage les compléments dont il a besoin pour être, autant q'ie nos forces nous le permettront , une véritable Somme ///«rgique. Ainsi nous n'interrogerons point seulement les anciennes Liturgies de l'Orient et de l'Occident ; mais nous étudierons , dans le plus grand détail , les produits de notre fécondité nationale en ce genre, h partir du Bréviaire de Cluny, de 1686, jusqu'aux récents Bréviaires que notre siècle a vu paraître.

Nous avons déjà dit et nous répétons ici volontiers que nous nous ferons un devoir de répondre franchement aux observations ou réclamations qui nous seraient adressées ; la préface du volume suivant contiendrait nos éclaircissements sur les points contestés, ou môme, s'il y avait lieu, les rectifications qu'une plus ample instruction de la matière nous mettrait a môme de fournir.

Jusqu'ici du moins, nous le disons en toute simplicité , nous n'avons recueilli que des suffrages bienveillants. Pour ne parler que de la Fi ance, les encouragements directs que nous ont transmis plusieurs de nos Archevêques et de nos Evcques, la sympathie que d'autres Prélats nous ont fait

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témoigner, l'assentiment d'un nombre très considérable des membres les plus éclairés du Clergé du second ordre, toutes ces choses sont pour nous le motif d'une consolation d'autant plus grande , que nous n'avons fait aucune démarche pour nous attirer ces honorables témoignages de satisfaction. Nous ne formons maintenant d'autre vœu que celui de nous en rendre digne de plus en plus.

Le public laïque a accueilli les Institutions Liturgiques avec un empressement, sur lequel, nous le répétons , nous étions loin de compter. La presse catholique s'est exprimée avec la plus précieuse et la plus rare unanimité en faveur du retour aux anciennes et véritables traditions du service divin, et nos faibles efforts vers ce but ont été récompensés h l'excès , par les articles qu'ont bien voulu consacrer h notre livre les Annales de

Philosophie Chrétienne, X Université Catholique , Y Ami de la Religion, Y Univers, etc.

Mais ce qui nous a semblé encore plus digne de remarque, a été devoir notre livre et ses doctrines devenir , dans un journal anglican v l'objet non seulement d'une attention sérieuse , mais d'une sympathie presque catholique. Le Briiisch Crilic, organe solennel et véritablement grave du Clergé de YEglise-étnblie , dans le n° d'octobre 13 Î1 , . après avoir développé les plus hautes considérations sur l'importance de la Forme Religieuse ,

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conclut ainsi le long et bienveillant article qu'il a consacré à notre premier volume :

« Toutes formes donc , au (ant qu'elles sont re-* » ligieuses , étant des symboles des choses spiri- » tuelles , l'uniformité , comme nous le rappelle » l'Abbé, en doit être la condition, et par là même » le gage de l'unité de ï Esprit. (1) En effet , pour » employer lies propres paroles de l'Archidiacre » M&nning , n'est-il pas certain que l'uniformité y» est le langage symbolique et silencieux de l'unité? *-Y-a4ril quelque loi dans l'œuvre de Dieu qui n'ait » sa propre forme iuvariable ? Qu'est-ce que la » variété de la nature , si non l'expression uniforme » d'une variété de lois, et non pas l'expression variée d'une seule loi ? Là où il n'y a qu'un cœur, il »n*y auta aussi qu'une voie, a dit Jérémie (2). En conséquence, l'Abbé condamne la variété dos « rites dans l'Eglise ? il la poursuit comme un *4$anque d'appréciation de l'importancode l'unité HÎieftrétienne, et il propose de surmonter la diffi- » euhé en prenant Rome pour centre. Ici , il ouvre »mne <qùestk>u dans laquelle nos lecteurs nous » pardonneront certainement de ne pas nous eiv- W;$fcger> àrla fin d'un long article. Nous noqs bor- >*iWttQn$ tkmc pour le présent , a dire que, quant

2) Jerem. XXXII. 31). : ' •

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