‹ Institutions liturgiques (volume 4)Chapitre 1 sur 45 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

multipliées pour la conlinuation de l'ouvrage, aura servi h manifester l'intérêt qui désormais paraît devoir s'attacher aux études liturgiques si longtemps éclipsées en France. Assurément , lorsque nous prîmes la plume pour écrire sur ces matières, nous étions loin de nous attendre que notre faible travail dût exciter aussi vivement l'attention des catholiques , et que le siècle fût en mesure de témoigner tant de sympathie pour une œuvre que plusieurs pouvaient croire surannée dans son objet, et que certains symptômes semblaient signaler h l'opinion comme étant tout au moins dépourvue de ce qu'on est convenu d'appeler aujourd'hui actualité.

Nous bénissons le Père des lumières qui a bien voulu qu'il en fût autrement; car ce travail a été entrepris dans des intentions pures, et ce nous est une graiide joie de voir se préparer un retour vers l'étude et l'amour des pieuses traditions des âges catholiques. Profès d'un Insiitut qui place en tète de tons ses devoirs le Service Liturgique , il est naturel que nos désirs et nos efforts se tournent vers ce but auquel nous avons voué avec bonheur notre vie toute entière.

I^iais avant d'ouvrir la source des mélodies, avant d'expliquer les mystères célestes , il nous fallait tracer un tableau général des vicissitudes de la Liturgie, raconter sa marche à travers les siècles,

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son admirable progrès, ses alléralions en quelques lieux ; arriver ainsi à établir l'aspect général de celle immense forme du catholicisme. Cet aperçu, ainsi que nous l'avons dit ailleurs , était indispensable , tant pour asseoir sur la base inébranlable des faits la partie didactique de l'ouvrage tout entier, que pour subvenir aux besoins des personnes qui ne possèdent point un ensemble sur la matière des faits liturgiques.

Et le nombre de ces personnes est plus grand que nous ne l'aurions pensé. On rencontre des hommes versés dans les sciences ecclésiastiques * récitant chaque jour les Heures Canoniales dans un Bréviaire , célébrant la sainte Messe dans un Missel , et avouant avec simplicité ne s'être jamais préoccupés de savoir les noms des rédacteurs de ce Bréviaire , de ce Missel , qu'ils ont sans cesse entre les mains. Bien plus, un écrivain exact, et même minutieux, l'auteur des Mémoires pour servir à l'Histoire Ecclésiastique pendant te XVlll'^ siècle, en est venu jusqu'à omettre, dans son livre, le récit d'un si grand fait que le changement de Ist Liturgie dans l'Eglise de France au XVIII*' siècle. C'est à peine si on trouve, dans ses quatre volumes, quelques mots épars , à l'aide desquels on puisse se douter qu'une révolution quelconque ait eu lieu chez nous dans les choses du Service Divin, tandis qu'il est matériellement incontestable que

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rien d'aussi grave sous ce rapport no s'était opôrc dans nos éj^lises, dcpnis l'époque do Cliarleniai,'ne. L'histoire des diMix derniers siècles liturgiques devra donc paraître qnel({ue peu étrange h certains esprits préoccupes qui n'aiment pas qu'on les dérange, ou qu'on li:îulj!e leur quiétude II est des licmines qui voudraient qu'on ne p:ulàl jamais des choses aux<]ue'.les ils n'ont pas l'habitude de songer, et qui se irouvciil portés [\ nier de primeabord ce qu'ils ne rencontrent pas dans leurs souvenirs. Quoi qu'il en soit de l'elfet que peut produire sur ces derniers la lectui'e de celte histoire, nous nous Hâtions du moins que les lecteurs sans pri'jugés rendront justice aux effoi'ts qu'il nous a lallu faire pour en rassembler les matériaux, tout imparlait d'ailleurs que puisse leur sembler le résultat.

Mais il est un avertissement que nous croyons devoir déposer ici pour l'utilité de plusieurs personnes. Il consistera tout simplement h dire que quiconque n'est pas familiarisé avec l'histoire du Jansénisuje , ne saurait jamais qu'imparfaitement saisir la situation de l'Kglise de France au dixhuitième siècle. Si donc on avait oublié la Distinction du fait cl du droit, le Cas de conscience , les Rc/lcxions morales, le Problême Ecclésiastique , V Appel et le Rcappel , les llcxaples de la Consiilulion ^ le Figurismc , le Secourisme , la Venue

(l*FJie , etc. ; si on ne snvait plus ce que la secte appelait !a IVV/'/J, VOhc:trc'ssr)ncnl; si on ne s'élail pas l'ainiliarisé avec les Bulles Vineam Donini Saba()l!i,~L'iii(jciiil!ts, — Auclnrcm fidci ; si on élait porte à conibmire l.'s Evè.y.ic^ cDinliliilioiinnires et les Evêijuea conal'ilHlionnclH , etc., etc., il faudr;iil bien s'aiieiidre à trouver qncluie» élrangelés dans nali-e histoire liturgique. Depuis bienlôldeux siècles, le Jansén:s;ne est le gi'and fait religieux de l'Eglise de Franco; et ses influencesqui, gi'àces h Dieu , s'en vo:u s'éteignant de jour en jour, ont été incalculables. Dieu permetlja, sans doute, que les derniers restes de celle ivraie inauilite disparaissent bientôt du champ du Pèi-e de famille; mais il nous semble grandement salutaire que les Catholiques n*ou!)lient pas trop vile les ariinces de leurs ennemis. Le Jansénisme a été le Proleslanlisme de notre pays, le seul qui ait su se faire accepter : il importe dosic quon s'en souvienne.

Pour en revenir au présent volume , certaines personnes remanpieront peut-être qu'il est écrit avec quelque chaleur: nous ne pensons pas cependant qu'elles aillent jusqu'à s'en plaindre. Dans ce cas, nous leui' répondrions que la conviction seule nous ayant porté i» l'écrire , il nous devenait tout aussi impossible de ne pas montrer celle conviction dans nos paroles , que de tracer même une seule ligne, du moment où il ne nous eût pas semblé évi-

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