CHAPITRE XXII
FIN DE l'histoire DE LA LITURGIE DURANT LA PREMIÈRE MOITIÉ DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE. — TRAVAUX DES SOUVERAINS PON- TIFES SUR LA LITURGIE ROMAINE. — AUTEURS LITURGISTES DE CETTE ÉPOQUE.
Dans le cours des cinq chapitres que nous venons de consacrer à l'histoire de la Liturgie , dans la première moitié du dix-huitième siècle , nous n'avons eu à nous occuper que de la France. Ce pays tout seul a été le théâtre de la triste révolution dont nous avons eu à retracer le désolant tableau. Le reste de la Catholicité demeurait fidèle aux traditions antiques, à l'unité Romaine de la Liturgie. Le Siège Apostolique y réglait toujours les formes du culte ; ses décrets y étaient reçus avec obéissance , et les livres Grégoriens continuaient d'y servir d'expression à la piété du clergé et des fidèles.
Mais, durant les cinquante années de ce demi-siècle, la Liturgie Romaine ne fut pas sans recevoir de précieux accroissements. Pendant que l'Eglise Gallicane procédait par voie de destruction , les Pontifes Romains , si jaloux de conserver l'antique dépôt de saint Grégoire , l'enrichissaient de nouveaux Offices et de nouvelles Fêtes.
Le grand et pieux Clément XI , dans sa sollicitude pour les besoins temporels du peuple Chrétien , remplit une lacune importante dans les livres de la Liturgie. Parmi les prières que l'Eglise adresse à Dieu dans les diverses calamités, les siècles précédents n'en avaient point offert pour détourner le redoutable fléau des tremblements de terre. En Tannée 1703 ,
l'Italie ayant été désolée par de nombreuses catastrophes de ce genre, Clément XI composa et plaça dans le Missel les trois magnifiques Oraisons qui portent en tête cette Rubrique : Tempore terrœ motus. Au Bréviaire, dans les Litanies, il prescrivit désormais cette invocation : A flagello terrœ motus, Kbera nos , Domine.
Ce fut le même Pape qui étendit à l'Eglise universelle la solennité du très saint Rosaire, du rite double majiur^ en commémoration de la victoire de Lépante. Il donna un nouvel Office de saint Joseph , établit doubles la fête de saint Anselme avec le titre de Docteur, et celle de saint Pierre d'Alcantara; et semi-doubles celles de saint Pie V, de saint Jean de Dieu et de sainte Hedwige. Il créa semi-doubles d'obligation les fêtes de saint Vincent Ferrier, de saint Antonin et de saint Ubalde, dont l'Office était précédemment ad libitum. Enfin, il établit la Commémoration de saint Liboire, Evêque du Mans, au 23 juillet, en reconnaissance du soulagement qu'il avait éprouvé par l'intercession de ce saint dans une infirmité pour laquelle on l'invoque dans toute l'Eglise.
Innocent XIII institua la fête du très saint Nom de Jésus, du degré double de seconde classe., et celle de saint Isidore de Séville , double mineur avec le litre de Docteur. Il éleva au même rang de double mineur, de semi-doubles qu'ils étaient , les Offices de saint Paul, Ermite, et de saint Jean de Dieu, et créa semi-double d'obligation celui de sainte Elisabeth de Portugal , qui auparavant était ad libitum.
Benoît XIII, outre la fête de saint Grégoire VII dont nous avons parlé, institua celle des Sept Douleurs de la Sainte Vierge, celle de Notre-Dame du Mont-Carmel, et celle de Notre-Dame de la Mercy, toutes trois du degré double majeur. Il établit du rite double mineur les fêtes de saint Pierre Chrysologue, avec le titre de Docteur; de sainte Seholastique,
de sainl Jean de Sahagun, et de sainte Rose de Lima. Il éleva au même degré les Offices de saint Vincent Ferrier, des saints Jean et Paul, et de sainte Brigitte, qui n'étaient que semidoubles auparavant. Saint Eusèbe de Verceil et saint André d'Avellino, furent admis au Bréviaire avec le degré semidouble par le même Pontife, qui créa semi-double d'obligation la fête de saint Wenceslas, qui jusque-là jouissait de ce degré seulement ad libitum.
Ces travaux sur le Bréviaire Romain ne sont pas les seuls mérites de Benoît XIII à l'égard de la Liturgie. Le Cérémonial desEvêques, fut, de sa part, l'objet d'une révision minutieuse et obtint d'importants accroissements , par les soins personnels du Pontife et de la Commission qu'il institua à cet effet. Le Cérémonial , ainsi réformé , fut annoncé à l'Eglise Catholique et promulgué par un Bref du 7 mars 1727.
Aucun Pape n'a surpassé Benoît XIII , et bien peu l'ont égalé dans son zèle pour les Fonctions saintes. On compte par centaines les autels qu'il dédia solennellement , soit à Bénéveut, pendant qu'il en était Archevêque, soit à Rome, dans le cours de son Pontificat : la seule Basilique de saint Pierre en renferme douze consacrés par lui. Le nombre des Eglises qu'il dédia n'est pas moins étonnant. On le vit , entre autres, durant son Pontificat, se transporter au Mont-Cassin, pour y faire la Dédicace de la nouvelle et magnifique Eglise de Saint Benoît, qu'il érigea en Basilique. Désirant honorer la mémoire de Gavanli, il créa pour l'Ordre des Barnabites, à perpétuité, une charge de Consulteurde la Congrégation des Rites.
Clément XII éleva au rite double majeur la fête de sainte Anne, mère de la Sainte Vierge, et transféra celle de saint Joachim au Dimanche dans l'Octave de l'Assomption. Il institua , du rang doubk mneur, l'Oflice de saint André Corsini,
à la famille duquel il appartenait ; de saint Vincent de Paul et de sainte Gertrude. Il éleva au même degré les fêtes «emfdouhles de saint Stanislas de Cracovie et de sainte Monique, et établit semi-doubles celles de saint Jean de la Croix et de sainte Julienne de Falconieri.
Enfin , Benoît XIV monta sur le Siège Apostolique. Il dut nécessairement s'occuper du culte divin, lui qui ne fut étranger à aucune des nécessités de l'Eglise , et que ses doctes écrits ont placé à la tète des liturgistes de son temps. Versé profondément dans la connaissance des usages de l'antiquité, ce Pontife ne vit pas avec indifférence la modification grave qu'avait subie le Calendrier du Bréviaire Romain, depuis l'époque de saint Pie V. Les Fériés se trouvaient diminuées dans une proportion énorme, par l'accession de plus de cent Offices nouveaux; le rang de doubles, assigné à la plupart de ces Offices, entraînait de fait la suppression d'une grande partie des Dimanches. Il était bien clair que l'antiquité n'avait pas procédé ainsi. D'autre part, cet inconvénient de la multiplicité des fêtes des Saints avait été exploité par les novateurs Français : devait-on continuer à laisser subsister un prétexte à l'aide duquel ils avaient rendu tohîraLle à bien des gens leur divorce avec les livres Romains ?
Le Pontife commença par prendre une résolution à laquelle il se montra fidèle dans tout le cours de son Pontificat de dix-huit ans ; ce fut de n'ajouter aucun nouvel Office au Bréviaire (1). Seulement, il attribua à saint Léon-le-Grand le titre de Docteur, par une Bulle solen.oelle ; mais ce saint Pape était déjà au Calendrier Roma.]n depuis de longs siècles. On aime à voir cette réclamation en faveur des usages antiques,
(1) Emmanuel de Âzevedo. De Divino Officio exercitûHones sélectes. Pars I. page 4^.
LlTtRGlQOTS. S27
cette répugnance à entrer dans des voies nouvelles qui caractérise les opérations du Saint Siège. Mais la Providence ne tarda pas à manifester ses volontés sur cette grande question , par l'organe des successeurs de Benoît XIV, qui reprirent tout aussitôt l'usage d'insérer, à chaque Pontificat, de nouveaux Saints au Bréviaire.
Benoît XIV ne chercha pas seulement à garantir l'Office du Dimanche et celui de la Férié contre l'invasion des Fêtes nouvelles; il projeta même une réforme du Bréviaire. Il croyait, en effet, que si, dans le Bréviaire Romain , la partie Grégorienne devait être réputée inviolable, la partie mobile, à savoir les Leçons introduites par saint Pie V, pouvait être susceptible d'une révision. L'œuvre du seizième siècle était, sans doute , un chef-d'œuvre pour son temps ; mais deux siècles après, n'était-il pas possible de remplacer certaines Homélies des saints Pères que la science moderne avait démontrées apocryphes? de retoucher quelques Légendes, bien qu'en très petit nombre (1) qui avaient besoin d'être mises en harmonie avec les exigences d'une critique plus sévère? En conséquence , il chargea le P. Fabio Danzetta , Jésuite , de faire un travail sur cet objet. L'ensemble des notes de Danzetta sur la correction du Bréviaire Romain , ne formait pas
(1) 11 oe s'agit ici que de quelques traits seulement; car on doit savoir que le docte Benoit XIV était bien loin de mépriser l'autorité des Légendes du Bréviaire Romain. Il dit môme expressément , dans son Traité de la Canonisation des Saints, quM n'en est pas une qui ne soit susceptible d'être défendue d'après les principes de la science ecclésiastique. Il était donc bien loin d'abonder dans le sens de nos modernes liturgistes , qui ont sacriRô en masse les traditions Catholiques sur la plupart des Saints du Calendrier. Nous aurons ailleurs occasion de juger leur travail, jour par jour ; comme aussi , nous traiterons spécialement de l'autorité des Légendes du Bréviaire Romain , en général et en particulier.
moins de quatre volumes in-4° (l). Nous avons cherché en vain ce curieux manuscrit, durant notre séjour à Rome. Zaccaria atteste en avoir vu un exemplaire entre les mains du Prélat, depuis Cardinal Gabrielli. Quoi qu'il en soit, le travail de Danzetta resta à l'état de Remarques sur le Bréviaire Romain , et Benoît XIVj après avoir considéré attentivement les difficultés de plus d'un genre qui s'opposaient à celte réforme du Bréviaire, finit par renoncer à son projet; sans doute, le temps n'était pas venu encore de tenter ce grand œuvre, peut-être parce que les inconvénients qu'on voulait éviter n'étaient pas réels, ou encore que les principes qui auraient présidé à ce travail n'étaient pas de nature à l'amener à une fin heureuse et convenable.
Au reste, Benoît XIV, s'il n'opéra pas la réforme du Bréviaire Romain , n'en porta pas moins sa sollicitude efficace sur un grand nombre de matières liturgiques qui la réclamaient impérieusement. Le Martyrologe Romain dont nous avons raconté ailleurs la réforme par Grégoire XIII , et auquel les Pontifes Romains avaient successivement ajouté les noms des Saints nouvellement canonisés, fut spécialement l'objet des travaux de Benoît XIV. Il en prépara une édition qui parut à Rome , par son autorité , en 1748. Plus lard , il adressa à Jean V, Roi de Portugal , des Lettres Apostoliques dans lesquelles il rend compte , avec moins de dignité peutêtre que d'érudition, des motifs qu'il a eu d'admettre ou de n'admettre pas certains personnages dans ce Martyrologe. Cet immense Bref est du 1" juillet 1748.
Le Pontife s'occupa aussi du Cérémonial des Evêques, sur lequel Benoît XIII avait déjà travaillé, ainsi que nous venons
(l) AlbergoUi, Evoque H'Arezzo. La Divina Salmodia. page 231.— Jl Breiiario Romano difeso e giustificato. Anonyme. 1790. page 82. — Zaccaria. Bibliotheca Ritualis. Tome III. page cccxxxviij.
de le dire. La publication définitive de ce livre , dans la forme qu'il garde encore aujourd'hui, fut faite par un Bref du 25 mars 1752.
Le Bullaire de Benoît XIV présente de nombreuses preuves du zèle qui l'animait pour la conservation des Rites sacrés , et nous aurons occasion d'y revenir souvent dans le cours de cet ouvrage. Nous indiquerons seulement ici en passant les nombreuses Constitutions et Règlements sur les rites des Grecs et des autres Orientaux unis; les Bulles et Brefs, sur la célébration de l'Octave des saints Apôtres, à Rome ; sur la défense faite aux Evêques de jamais obéir aux Princes qui leur enjoignent des prières publiques ; contre les Images superstitieuses; sur la Bénédiction des Palliums ; pour accorder à tous les Prêtres des Royaumes d'Espagne et de Portugal la faculté de célébrer trois Messes le jour de la Commémoration des Morts; contre la musique profane dans les Eglises; sur la Rose d'or; contre l'abus des Chapelles privées ; pour l'érection de l'Eglise de Saint-François, à Assise, en Basilique patriarchale , etc.
Le même Pontife, jaloux d'imiter la conduite de Benoît Xllf, qui avait voulu, comme nous l'avons rapporté ci-dessus, honorer la mémoire de Gavanti, créa aussi, pour l'Ordre des Théalins, à perpétuité, une charge de Consuitcur dans la Congrégation des Rites, en reconnaissance des services rendus à la science liturgique par le B. Juseph-Marie ïommasi et par le savant Gaétan Merati. Peu de temps après, il fit la môme chose en faveur de la Compagnie de Jésus, et nomma Consuitcur l'illustre P. Emmanuel Azevedo. On trouvera ci-dessous la notice des travaux de Merati et d' Azevedo.
Enfin , Benoît XIV, voulant procurer plus efficacement encore l'avancement de la science liturgique, érigea dans le Collège Romain, qui est en même temps une Université tenue T. II. 31
par les Pères de la Compagnie de Jésus, une Ecole spéciale des Rites sacrés, qui a été depuis transférée au Séminaire Romain. On ne tarda pas à ouvrir dans différentes villes d'Italie des Ecoles de Liturgie sur le modèle de celle de Rome. Nous croyons faire plaisir à ceux de nos lecteurs qui s'intéressent au progrès de la science ecclésiastique, en insérant, dans une note, à la fin de ce chapitre, les règlements de l'Ecole Romaine. Qui sait si quelque jour il ne nous prendra pas fantaisie, à nous autres Français, de nous livrer enfin à l'étude raisonnée des Rites sacrés (i) ?
Tels furent les travaux des Pontifes Romains sur la Liturgie, durant la première moitié du dix-huitième siècle. Il n'est pas rare d'entendre des personnes, graves d'ailleurs, témoigner leur étonnement de ce que ces mêmes Pontifes, si zélés pour le dépôt des traditions liturgiques, n'aient pas fulminé contre les nouveautés dont les Eglises de France étaient le théâtre à cette époque. Nous avons même été à portée de nous apercevoir que plusieurs semblaient disposés à regarder ce silence comme une sorte d'approbation.
Cependant , si ces personnes voulaient se donner la peine de parcourir les Collections imprimées des Décrets des Congrégations du Concile de Trente et des Rites , elles y trouveraient des preuves multipliées des intentions persévérantes du Saint Siège sur l'observation des Constitutions de saint Pie V, pour le Rréviaire et le Missel Romains. Toutes questions adressées sur ce sujet, à Rome, ont été et seront toujours résolues dans ce sens.
Maintenant, est-il nécessaire que le Siège Apostolique entreprenne de faire le procès à toutes les Eglises qui , n'étant pas dans le cas d'exception admis par saint Pie V, ont,
(I) Vi'J. U note A.
nonobstant ce, abjuré les usages Romains? D'abord , pour cela, il faudrait qu'on eût gardé à Rome une Statistique de la Liturgie des Eglises d'après les règles fixées dans la Bulle Quod a nohis , afin d'être en mesure de poursuivre celles qui se seraient écartées de leur devoir. Mais cet Etat, quand a-t-il été dressé? par qui l'a-t-il été? Il est visible qu'avant de lancer sa Constitution , le saint Pape n'avait même pas un rapport exact de la situation des Eglises, quant à la Liturgie Romaine, puisqu'il était contraint d'adopter la moyenne de deux cents ans de possession. De plus, il n'exigeait même pas que les Eglises instruisissent le Saint Siège du parti qu'elles auraient pris; il s'en rapportait , comme on l'a vu , à la conscience des Evêques et des Chapitres. Les Archives Pontificales ne possèdent donc aucun liti e de conviction contre les Eglises qui auraient violé la Bulle. Il est vrai que le défaut de ce titre de conviction ne saurait faire que ce qui , au seizième siècle, eût constitué un grave délit, soit devenu légitime au dixhuitième.
11 y a long-temps que des novateurs ont prétendu s'autoriser du silence du Saint Siège dans leurs sentiments, ou leurs pratiques audacieuses. On leur a toujours répondu que le silence du Saint Siège ne devait pas plus être invoqué par eux comme une approbation, qu'il ne devait non plus être regarde comme la confirmation de certaines sentences rendues dans d'étroites localités. Le Pontife Romain a reçu la mission d'enseigner ; il est le Docteur de tous les Chrétiens. Quand il a parlé, la cause est finie. Tant qu'il n'a pas parlé, on doit s'abstenir d'arguer quelque chose de son silence. Admettons donc, d'une part, qu'il ne s'est pas expliqué sur les nouvelles Liturgies Françaises; mais convenons, d'autre part, qu'il n'a pas manqué une occasion pour déclarer que les Eglises astreintes au Bréviaire et au Missel de saint Pie V n'ont point
la liberté de se donner un autre Bréviaire et un autre Missel. Que si nous voulons chercher les raisons de la grande réserve que le Saint Siège a gardé dans l'afFaire des nouvelles Liturgies, il nous suffira de nous rappeler la maxime fondamentale du Gouvernement Ecclésiastique, maxime suggérée par le Dieu fort et miséricordieux : Il n'éteindra pas la mèche qui fume encore; il n'achèvera pas de rompre le roseau déjà brisé (1) . Est-ce à dire pour cela que Rome doit approuver l'affaiblissement de la lumière dans celte lampe qui devait toujours luire avec splendeur , ou qu'elle devra se réjouir des fractures imprudentes qui ont compromis la solidité du roseau ? Autant vaudrait dire que Dieu , qui dissimule les péchés des hommes à cause de la pénitence qu'ils en feront (2) , est de connivence avec ces mêmes péchés. Et pour ne parler que des matières contenues dans ce volume, quand Benoît XIV nous dit, en parlant de la Défense de la Déclaration de 1682, par Bossuet (5) , qu'il serait difficile de trouver un ouvrage aussi opposé à la doctrine reçue partout sur les droits du Pontife Romain, et que cependant on s'est abstenu, à Rome, de le censurer ; quels motifs donne le Pontife pour expliquer cette tolérance ? Met-iî en avant les égards dus à la mémoire du grand Evêque de Meaux qui a, d'ailleurs, si bien mérité de la religion, eœtot aliis capitibus de religione bene meriti? — Nedum , répond Benoît XIV. Ce fui uniquement pour éviter de nouvelles discordes : Sed oh justu7n novorum dissidiorum timorem. Quand les Paiîcmenls Français et l'Assemblée du Clergé de 1750 s'entendaient , chacun à sa façon , pour supprimer le cuîte de saint Grégoire VII, dira-t-on que le
(1) Is. XLIII. 5. — Matlh. XII. 20.
(2j S3p. XI. 2i.
(3) Vid. çi-Uessus, pages 18G et 464.
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silence que garda Benoît XIII signifiait qu'il renonçait à son Décret universel pour le culte de ce saint Pontife? qu'il tenait pour abrogés les cinq lîrefs qu'il avait rendus contre les opposants à ce Décret? Il faut bien convenir qu'il n'en est pas ainsi, puisque la fameuse Légende a été maintenue au Bréviaire Romain, comme de préceple strict, pour le 2o mai, sub pœna non satisfaciendi (I). Apprenons donc à connaître la raison sublime de celte patience du Siège Apostolique , et; souvenons-nous que ce n'est pas la sagesse humaine , mais la divine et éternelle Sagesse qui a donné ce conseil à ceux qu'elle envoyait au milieu des hommes : Sorjez prudents comme le serpent : estote prudentes sicut serpentes (5).
Il est temps enfin de mettre sous les yeux du lecteur la Bibliothèque des auteurs liturgiques de la période que nous avons parcourue.
(1701). Notre liste s'ouvre par Lazare-André Bocquillot, Chanoine d'Avallon, qui a laissé un ouvrage assez curieux, mais écrit avec les préjugés de son temps, intitulé : Traité historique de la Liturgie sacrée, ou de la Messe. Paris, 1701, in-S". Il rédigea aussi le Rituel du Diocèse d'Âutun.
(1701). Alain, Chanoine de Saint-Brieuc, a donné un volume in-12, rare et curieux , sous ce titre : Devoirs et Fonctions des Aumôniers des Evêques.
(1701). Prosper Tinli, personnage que nous ne connaissons que par Zaccaria , est éditeur du volume intitulé : Séries
(1) Nous pouvons même attester, de science certaine , que l'Evoque de INew-York , en 1830, ayaut demandé a Rome s'il pouvait , dans son. Diocèse, omettre l'Office de saint Grégoire VII , par ce seul motif de 'ae pas fournir un prétexte de plus aux continuelles déclamations co'atre l'Eglise Romaine, dont les journaux protestants des Etats-Unis ïetentissent trop souvent, il lui fut répondu qu'il ne devait n'en innover, mais célébrer, comme par le passé, la fête du saint Pontife.
(2) Matth. X. 16.
sacronim Rituum in aperitione porlœ BasUicœ Patriarchalis sancti Pauli. Rome. in-4°.
(1702). François-Antoine Phœbeiis, publia cette année, à Rome, trois dissertations : De sacris Liturgiœ Ritibus. 1702. in-8°.
(1702). Jean-CIiristophe Battelii, Bénéficier delà Basilique Vaticane, et plus tard Archevêque d'Amasie, a laissé un savant traité sous ce titre : Ritus annuœ ahlutionis altaris majoris BasUicœ Vaticanœ in die Cœnœ Domini, explicatus aeiUustratus. Rome. 1702 et 1707. in-8". Il a laissé aussi : Brevis enarratio sacrorum Rituum servatomm in aperiendo et claudendo portam sanctam Patriarchalis BasUicœ Libc' rianœ. Cet ouvrage, continué par Antoine-Dominique Norcia, Chanoine de Saint-Laurent in Damaso, parut à Rome , in-f", en 1756.
(1703). Adrien Baillet, critique scandaleux et téméraire, a complété ses Vies des Saints par une Histoire des Fêtes mobiles. Paris , 1705 , in-8°.
(1705). R. Vatar, auteur du livre intitulé : Des Processions de l'Eglise, de leurs antiquités , utilités et des manières d'y bien assister (Paris, 170o, in-8°) , ne nous est connu que par son livre.
(1706). Jean Pastricio, Professeur de Théologie polémique au Collège de la Propagande , a publié une dissertation sous ce litre : Patenœ argenteœ mysticœ, quœ Foro-Cornelii in Cathedrali Ecclesia colitur descriptio et explicatio. Rome, 4706, in-4''.
(1708). Dom Benoît Bacchini, Abbé Bénédictin de la Congrégation du Mont-Cassin, mérite une place distinguée parmi les liiurgistes de son temps, pour les savantes notes dont il a enrichi son édition du Liber Pontificalis , sive vitœ Pontificum Ravennatum. Modène, 1708, 2 vol. in-4°.
(1708). Joseph Bingham , Docleiir de l'Universilé d'Oxford et Curé Anglican, ne saurait être oublié ici sans injustice, ayant si grandement mérité de la science des antiquités ecclésiastiques et liturgiques en particulier, par le bel ouvrage dont il publia le premier volume à Londres, en 1708, sous ce titre : Origines Ecclesiasticœj or the aMiquities of th& Christian Church. Cet ouvrage, grandement utile, malgré les innombrables erreurs protestantes dont il est souillé, a été traduit en lalin par J. H. Grichow, et publié à Hall, en onze volumes in-i". 1724 — 1738.
(1709). Antoine Baldassari, Jésuite Italien, a publié les ouvrages suivants : 1° Il Sacerdote sacriflcante a Dio nelV Altare, con la norma délie Ruhriche. cioè il Sacerdote reso esperte nelle Cerimonie délia Messa. Pistoie. 1C99. — 2" La sacra Liturgia dilucidata. Foiii et Urbin. 1697-1698. 3 vol. in-12.
— 5" 1 Pont ificii Agnus Dei dilucîdati. Rome, 1700, in-12.
— -4" La Rasa d'oro, chc si heneiice nclla quarta Domenica di Quaresima dal somme Pontefice. Venise , 1709 , in-8°. — 5° U Pallie Apostolico dilucidate. Venise, 1719, in-8'.
(1709). Dom Thierry Ruinart, savant Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, a laissé manuscrit Touvrage intitulé : Disquisitie historica de Pallie Archiepiscepali , qui a été publié parmi les ouvrages posthumes de Dom Mabillon. 1724. in-4».
(1710). François Orlendis, Dominicain, a laissé un savant traité ; De duplici lavacro in Cœna Domini. Florence, 1710, in-4".
(1710). Jean-Baptiste Frescobaldi, personnage qui ne nous est connu que par Zaccaria, a laissé : Pedilavium sive de numéro pauperum quitus lavandi sunt pedes, in feriaV Cœnœ Demini. Lucques, 1710, in-4°.
(1715). C'est l'année en laquelle mourut Jean-François de
Percin de Monlgaillard , Evêque de Saint-Pons , Prélat qui a reçu les plus grands éloges de la part des Jansénistes et qui les méritait. Nous avons déjà eu l'occasion de mentionner son zèle pour les maximes françaises sur la Liturgie. Il publia un Traité du droit et du pouvoir des Evêques de régler les Offices divins dans leurs Diocèses. 1686. in-S". Benoît XIV flétrit ce livre avec énergie et désapprouve hautement la doctrine qu'il contient , dans son Traité de la Canonisation des Saints, à l'article où il parle du Bréviaire Romain.
(1714). Dom Simon Mopinot, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, a composé des Hymnes remarquables; on admire surtout celles d'un Office de l'Enfant Jésus.
(1715). D. J. Grandet, Curé de Sainte-Croix d'Angers, a donné le curieux livre intitulé : Dissertation apologétique sur l'apparition miraculeuse de N. S. J. C. arrivée au Saint- Sacrement ^ en la paroisse des Vîmes de Saint-Florent, près de Saumur, le îl juin de l'année 1668. Château-Gontier, 1715, in-12. On trouve dans cet ouvrage les plus précieux détails sur la fameuse procession de la Fête-Dieu, dite le Sacre d'Angers.
(l71o). Christophe-Matthieu Pfaff, Chancelier de l'Université de Tubingue, entre plusieurs dissertations qu'il a laissées sur des matières liturgiques, et dans lesquelles il a répandu une érudition qui fait regretter qu'un homme aussi distingué ait dépensé, hors de la vraie Eglise, les trésors de sa science , a composé celle que nous avons citée ailleurs sous ce titre : Disquisitio de Liturgiis , Missalibus , Agendis, etc. Tubingue. 1721.
(1716). Philippe Buonarotti, Sénateur de Florence, illustre archéologue, est connu par un ouvrage célèbre, indispensable à ceux qui se livrent à l'étude des Antiquités Chrétiennes, et intitulé : Osservazioni sopra alcuni frammentidi vasi antichi.
ornatidi figure, trovati nei Cimiterj di Roma. Florence, 1716, in4°.
(1716). Eusèbe Renaudot, un des plus savants Ecclésiastiques de son temps, appartient à notre Bibliothèque liturgique par le magnifique ouvrage qu'il publia sous le titre de : Liturgiarum Orientalmm collectio. Paris, 1716, 2 vol. in-4°.
(1717). Jean-Baptiste Halden, Jésuite, a laissé cet ouvrage pratique : Ephemerologion EcclesiasHco-Rubricisticam novum. Brescia, 1717, in-4°
(1717). Honoré de Sainte-Marie, Carme déchaussé, dans son célèbre traité mr l'Usage et les Règles lie la Critique, tomes II et III , traite un grand nombre de questions d'Antiquité Liturgique.
(1718). Le Brun Desmarettes, Acolythe, auteur des Bréviaires d'Orléans et de Nevers , a laissé, sous le pseudonyme de Sieur de MoUon . d'intéressants Voyages Liturgiques de France, ou Recherches faites en diverses villes du Royaume. Paris, 1718, in-8°. C'est à cet auteur Janséniste que nous devons la dernière édition du livre de Ofjîciis Ecclesiasticis , de Jean d'Avranches.
(1718). Dom Jacques Bouillart, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, fit paraître , cette année , une édition du Martyrologe d'Usuard , sur le manuscrit original de cet auteur, qui fut Moine de Saint-Germain-des-Près. Le volume est intitulé : Usuardi San-Germanensis Monachi Marlyrolo' gium sincerum , ad autographi , in San-Germanensi Abbatia servati fidem editum, et ab observationibus R. P. Sollerli Societatis Jesu vindicatum. Paris. in-4°.
(1719). Sébastien Paulli, Clerc Régulier des Ecoles Pies, a laissé une dissertation curieuse : De Ritu Ecclesiœ Neritinœ exorcisandi aquam in Epiphania. JNaples, 1719, in-4°.
Il a traité aussi de la fameuse patène de saint Pierre Chrysologue, sous ce titre : De Patena argentea Foro-Corneliensi. Naples, 1743, in-8°. Il laissa, en manuscrit, deux ouvrages fort importants : 1° Lexicon sacrorum Rituum Ecclesiœ Grœcœ et Latinœ. Libri duo, in quibus Ritus utriusque Ecclesiœ exponuntur et elucidantur ; nec non plura ad eos spectantia , sacra vasa , vestes, libri cantus , Festivitates , mimera Ecclesîastica, Officia, sacrorum ordinum collationes, Monachorum antiquorum consuetudines , vestes , et quidquid tacram Liturgiam spectat, ex probatissimîs Auctoribus recensentur. 2 vol. in-fol. — 2° Collectio quarumdam precum, quasin sacris Liturgiis, aliisque Ecclesiasticis Officiis quondam adhibitis , partim ex MSS. , partim ex editis vetustis Coàicibus eruit, notis illustravit Sebastianus Panlli. 2 vol. in-fol.
(1719). Joseph-Simon Âssemani, Maronite, Archevêque de Tyr, a rendu un éminent service aux amateurs de la Liturgie orientale, par la publication de sa fameuse Bibliotheca Orientalis, où il mentionne un grand nombre de pièces concernant les Offices divins. Elle parut à Rome, de 1719 à 1728, Son édition de saint Ephrem est aussi d'un grand prix, pour les nombreuses Hymnes de ce saint Moine, qui jusqu'alors étaient demeurées inédites, au moins pour la plupart. Enfin, Joseph-Simon Assemani a publié les six premiers volumes d'un grand ouvrage , malheureusement resté imparfait , comme tant d'autres , et qui porte ce litre : Kalendaria Ecclesiœ universœ. Rome, 17oo-17o7, 6 vol. in-4°.
(1720). Philippe Bonanni , Jésuite, est auteur du livre intitulé : La Gerarchia Ecclesiastica considerata nelle vesti sacre e civili, usate da quelli quali la compongono, espresse, e spiegate con le immagini di ciascun grado délia medesitncu Rome. 1720. In-4°.
(1720), Thomas Brett, Docteur Anglican, fit paraître en
LITURGIQUES. ÏÏS9
cette année, à Londres, une Collection des principales Li» turgies de l'Eglise Chrétienne usitées dans la célébration de la sainte Eucharistie. Cette colîection , en langue anglaise , so compose: 1° De la Liturgie tirée des Constitutions Apostoliques; 2" de celle de saint Jacques ; 5° de celle de saint Marc ; 4° de celle de saint Jean-Chrysostômc ; l'y" de celle de saint Basile ; 6° de la Liturgie de l'Eglise Ethiopienne: 7° de celle de Nestorius ; 8° de celle de Sévère ; 9° des fragments du Missel Gothique de D. Mabillon ; 10" des fragments du Missel Gallican, du même ; 11° de certaines parties du Missel Mozarabe; 12° du Missel Romain, édition de Rome, 1747 ; 15° delà Liturgie d'Edouard VI et du livre des Prières Communes , édition de Londres, 17-49 ; 14° de la formule de communion de l'Eglise Anglicane; 15° du fragment de la première Apologie de saint Justin, sur l'Eucharistie; 16" de la Catéchèse cinquième de saint Cyrille de Jérusalem.
(1720). François Oudin, Jésuite, est connu par des Hymnes en l'honneur de saint François-Xavier, qui le mirent en telle réputation, qu'il fut prié d'en composer d'autres pour le Bréviaire d'Autun.
(1720). Le Comte Ortensio Zago , de Vicence, l'un de ces savants italiens que Ton voit cultiver les sciences Ecclésias* tiques conjointement avec les sciences profanes, a laissé deux Dissertations , savoir : De veterum Christianorum inscriptionibus et de Liturgiarum in rébus Theologicis usu, Padoue , 1720 , in-4".
(1720). Marc-Antoine Boldetti, Chanoine de Sainte-Marie Trans Tiberiniy et Custode des Sacrés Cimetières , occupe ijLne place distinguée parmi les investigateurs de Rome Souterraine , par son bel ouvrage qui enrichit de nouvelles déçpuyei-tes les mémoires si précieux de Bosio et Aringhi. U est ijptltulé : Osservazioni sopra i çimiterj d& Sancti Mar-
lirij ed' Antichi Cristiani di Roma. Rome, 1720, in-fol.
(1721). Joseph-André Zaluski, Evêque de Kiow , fondateur de la fameuse bibliothèque de Varsovie, et l'un des plus généreux défenseurs de la nationalité polonaise , est auteur d'un livre intéressant, intitulé t Analecta historica de sacra, in die Natali Domini, a Romanis Pontificibus quotannis usitata ceremonia ensem et pileum henedicendi , eaque munera principibus Christianis mittendi, Varsovie, 4721, in-4°.
(1721). Dom Ange-Marie Quirini, Bénédictin de la Congrégation du Mont-Cassin, Evêque de Brescia et Cardinal, ne fut pas moins versé dans la science liturgique que dans les autres branches de l'antiquité ecclésiastique. Il a laissé , entre autres: Offîcium Quadragesimale Grœcorum , recognitum et castigatum , ad fidem prœstantissimi codicis Rarberini in latinum sermonem conversum , atque diatribis illustratum. Rome, 1721 , in-4°. Les Dissertations que renferme ce volume, qui n'a pas été suivi du second que l'auteur avait promis , roulent sur les objets suivants : 1" De origine et antiqiiitate sacrœ Grœcorum Synaxeos ; 2" De authoribus Officiiproiprii Quadragesimalis Grœcorum ; ô-' De Dominicis^ hebdomadibus Quadragesimalibus Grœcorum ; k" De erroribus quibus édita Officii proprii Quadragesimalis Grœcorum exemplaria conspurcantur, quibusque omnino vacant veteres codices MSS. ; o* De Triodicis et Theotociis Quadragesimalis bus ; 6" De veteri Quadragesimali Grœcorum Typico.
En 1743, le même Cardinal adressa une lettre de cinquante-deux pages in-folio à Dom Laneau , Supérieur général de la Congrégation de Saint-Maur , De priscis hymnogra^ plus Grœcœ Ecclesiœ (Brescia), à l'occasion des travaux que Dom Toustain et Dom Tassin avaient entrepris sur saint Théodore Studite, Les deux Bénédictins Français ré-
LITUIIGIQUES. 541
pondirent par une lettre de cinquante-deux pages w-4", en date du d9 avril 1744 (Paris) , dans laquelle ils proposent des difficullés au savant Cardinal sur quelques points de sa Dissertation.
Parmi les lettres latines du Cardinal Quirini, publiées à Rome, il en est une où il combat sur plusieurs points la célèbre Dissertation, en forme de Bref, que Benoît XIV a mise en tôle de son édition du Martyrologe Romain. Dans le catalogue que le Cardinal a dressé lui-même de ses ouvrages, il mentionne une Dissertation De nulla Ecclesiœ N. consecratione ex non rite facta duodecim crucum unctione. Il a donné aussi, sous le titre d'Enchiridion Grœcorum (Bénévent, 1723, in,-8" ) , une collection des décrets des Pontifes Romains sur les Dogmes et les Rites des Grecs , depuis le schisme.
(17-21). Dom Dominique Fournier, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Muur , est auteur des Offices de saint Germain d'Âuxerre, saint Anselme, saint Laumer de Blois, saint Phalier et sainte Scholaslique, imprimés à Rouen, en 1721. Les Hymnes de l'Office de sainte Scholastique sont de la composition de D. Gabriel Guérin , confrère de Fournier.
(1721). Pierre Moretli, Chanoine de Sainle-Marie Trans Tiherim , a composé les traités suivants , dans lesquels il a fait preuve du plus rare savoir : 1" De ritu ostcnsionis sacrarum reliquiarum , disserlatio historico-rituclis. Rome, 1721 , in--4"; — 2" De ritu variandi chorale indumenlum in solemnitale PaschaU. Rome, 1722. Cet ouvrage renferme un supplément à la Dissertation sur l'Oslension des reliques; — Z^Rilus dandi Presbijterium Papœ, Cardinalibus et Clerids nonnullarum Ecclcsiarum Urbis . nunc primum investigatus et explanatus. Rome, 1741, in-i" ; — 4" Parergon ad lucubrationcm de ritu dandi Presbijterium , etc., Sive de festo in ho-
norem Pnncipis Apostolorum Romœ ad diem XXV Aprilis instituto enarratio. Rome, 17-i2, in-^".
(1722). François-Marie Galiuzi, Jésuite, a laissé un ouvrage précieux sous ce titre : // rito di consecrare h Chiese con la sua antichitd, significato ^ convenienza , prérogative. Rome, 1722.
(1722). L'illustre Prélat Romain, François Bianchini^ n'est pas une des moindres gloires de la science liturgique au dix-huitième siècle. Nous citerons ses deux savantes Dissertations De Kaïendario et cydo Cœsaris ac de Paschaïi Canone Saticti HippoUti Martyr is (Rome, 1703, in-fol.) ;mais surtout la magnifique édition du Liber Pontificalis attribué à Anastase le Bibliothécaire , dont il publia trois volumes en 1718, 1725 et 1728 ; ouvrage dont les Préfaces , les Dissertations et les Notes sont du plus haut intérêt pour les amateurs de la science des Rites sacrés.
(1722). Michel Amaii , Prêtre Napolitain , est auteur d'une Dissertation De opohdsami specie ad sacrum Chrisma conficiendum rcquisiîa. Naples, 1722.
(1725). Jean-Frédéric Bernard , savant libraire d'Amsterdam , n'est point un personnage assez sérieux sous le rapport liturgique pour avoir droit à une place dans cette Bibliothèque; nous l'y admettons cependant à raison de l'importance que les gravures de Bernard Picart ont données à son ouvrage sur les Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde. Ce grand ouvrage, dans la composition duquel il fut aidé par Bruzen de la Martinière, et dont l'esprit protestant et superficiel n'a pas entièrement disparu dans l'édition postérieure qu'en ont donnée les Abbés Banier et Le Mascrier , se compose de huit tomes, en neuf volumes infolio, dans la première édition de Jean-Frédéric Bernard (Amsterdam, 1725-1745) ; elle en a onze dans celle de 1759-
1745 (Amsterdam). L'édition française est de 1741, et n'a que sept volumes in-fol. La fortune surprenante de cet ouvrage n'est due qu'aux dessins du célèbre graveur, et nous avons eu plus d'une fois l'occasion de nous affliger en voyant l'importance que lui attribuaient des personnes graves d'ailleurs.
(1724). C'est l'année où Benoît XIII monta sur le Siège Apostolique : nous y rattacherons aussi ses divers travaux liturgiques. Etant Archevêque de Bénévent, il rédigea le Memoriale Rltunm majoris hebdomadœ pro functionibus persolvendis , Archiepiscopo cclebrante vel assistentc , ad usum Beneventanœ Ecclesiœ. Bénévent , 1706 , in-8\ Après la mort du Poniife, on fit paraître à Rome, 1736, in-4", sous le titre ù'Opera Liturgica , plusieurs opuscules qu'il avait laissés inédits.
(1724). Eusèbe du Très-Suint-Sacrement, Espagnol, de l'Ordre des Trinitaires Déchaussés, est auteur d'un livre de pertinentibus ad celebrationem jcjunii Eccîesiastici Quatuor anni Temporum scilicet Quadragcsimœ , Peniecostes , Scptenibris et Decembris (Rome, 1724, in-i"), dans lequel il explique avec beaucoup d'étendue l'OlTice de l'Eglise pour les jours des Quatre-Temps.
(1724). Jacques de la Baune , Jésuite , paraît être l'auteur d'un ouvrage contre les innovations du fameux Curé Jubé : H est intitulé : Réflexions sur la nouvelle Liturgie d'Anièrcs, 1724, in-12.
(1723). Nicolas An(onclli, Cardinal, a laissé sur les matières qui nous occupent les ouvrages suivants, qui méritent leur réputation : 1° De Titulis quos S. Evaristus Presbyteris Romanis distribuit. Bome , 1725 , in-8'. — 2° Velus MissaU Romanum Monasticum Lateranense cum Prœfationibus, nolis et Appendice. Bome, 1752, in-4".
(172G). Pierre Lebrun , Oratorieu , dont iiotis avons déjà
5i4 INSTITUTIONS
cité plusieurs fois le bel ouvrage sur la Messe, est un des derniers écrivains liturgistes vraiment dignes de ce nom que la France ait produits. Son savoir égala son orthodoxie. V Explication littérale , historique et dogmatique des Prières et Cérémonies de la Messe est en quatre volumes in-S" , publiés à Paris , de 1716 à 1726. Cet ouvrage a été traduit en italien, et a paru à Vérone, en 17o2, in-i". Nous avons encore du P. Lebrun, 1° Une lettre touchant la part qu'ont les fidèles à la célébration de la Messe. 1718, in-8". — ^"Manuel pour assister à la Messe et autres Offices de l'Eglise. 1718, in- 16. — 5" Défense de l'ancien sentiment sur la forme de la Consécration de l'Eucharistie. 1727, in-8\ — 4" Lettrequidécouvre l'illusion des journalistes de Trévoux dans le jugement de la Défense de l'ancien sentiment sur la forme de la Consécration de l'Eucharistie. 1728, in-8". Ces deux derniers écrits sont une réponse à la critique que le P. Bougeant, Jésuite, avait faite d'une des Dissertations de l'Explication de la Messe. Cette conlrovcrse qui tient aussi à la théologie sera touchée ailleurs dans cet ouvrage.
( 1 720) , Dom Pierre-Marie Giustiniani, Bénédictin de la Congrégation du Mont-Cassin, et successivement Evêque de Sagone, en Corse, et de Viniimille, a laissé, au rapport d'Armellini, une Dissertation, De variis Gentilium ritibus quos Christiana Ecclesia sanctificavxt , atque in suum usum convertit.
(1726). Jean-Baptiste Merami , Jésuite, est auteur du r^Te intitulé : // rito di canonizare i santi splegato. Rome, 1726, in-8".
(1727). Juste Fontanini, savant Prélat Romain , a laissé : 1" Disons argenteus votivus veterum Christianorum Perusiœ repertus, et commenlario illustratus, Rome, 1727, 10-4°. 2° Codex Constitutionum quas summi Pontifices ediderunt in toUmni Canonîzatione sanctorum a JoanneXV, ad Benedic-
tuinXlII. Rome, 17^7, in-folio. 5" Note sopraîa Corona Chericale degli Ordini Monastici e de' Vescovi. i' De vera forma Consecrationis Corporis et Sanguinis Domini Nostri Jesu Christi. Ces deux opuscules se trouvent dans les mémoires sur la vie de Fonianini, publiés à Venise en 1756.
(17'i7). Jacques- Joseph Duguet, Prêtre de l'Oratoire, dont il sortit plus tard, écrivain Janséniste fameux, a composé une Dissertation théologique et dogmatique sur les Exorcismes et autres Cérémonies du Baptême. Paris, 1727 , in-i2.
(1727). Guillaume-Hyacinthe Bougeant, Jésuite , est connu dans la science liturgique par les deux ouvrages suivants : i" Réfutation de la Dissertation du P. Lebrun sur la forme de la Consécration Eucharistique. Paris , 1727. — 2" Traité théologique de la form,e de l'Eucharistie. Lyon , 1729.
(1729). On publia cette année, à Venise, sous le titre de Bibliotheca selecta de ritu Azymi ac Fermentati, les Dissertations de Bona, Macedo, Cianipini et Mabillon, sur la question des Azymes, réunies en deux vol. in-8°. La même compilation fut réimprimée à Bologne en 1750.
(1731). Jérôme Baruffaldi, Archiprêtre d'une collégiale d'Italie , s'est rendu célèbre par ses Commentaria ad Rituale JRomanwm, imprimés pour la première fois à Venise, en 1731, in-fol.
(1751). Joseph-Augustin Orsi, Dominicain, puis Cardinal , célèbre par son Histoire Ecclésiastique , doit être admis dans celte Bibliothèque pour les trois ouvrages suivants : \" Dissertatio historica , qua ostenditur Catholicam Ecclesiam tribus prioribus sœculis capitalium criminum reis pacem et absolut ionem neutiquam denegasse, et plures aliœ incidentes quœstiones ad eorumdem temporum Chronologiam Ecclesiasticam pertinentes quibusdam digressionibus data opéra examinantur. Milan, 1750, in-8'. — 2" Dissertatio thed' T. II. 35
546 LNSTITDTIONS
logica de invocatione Spiritus Sancti in Liturgîis Grcccorum et Orientalium. Milan, 475J, m-4°. — ù° Dissertatio Historico- Theologica de Chrismate confirmatorio. Milan, 1734, in-i".
(1751). Dominique Gcorgi, l'un des Chapelains de Benoit XIV, est auteur du rare et précieux traité : De Liturgia Romani Pontifcisin solemni celebratione Missarum, Rome, trois volumes in4°. 4731, 1743, 1741. 11 a laissé aussi : Gli abiti sacri del Romano Ponîefice paonazzi e neri in alcune soUnni Funzioni délia Chiesa giustificati. Rome, 17:24, in-4". Enfin, nous avons de lui une magnifique édition du Marlyrologe d'Âdon. Rome, 1743, in-folio.
(1729). Jean Pinius, l'un des continuateurs de Bollandus, a donné, eu tète du sixième tome de Juillet des Acta Sanctorum, l'importante dissertation de Liturgia Mozarahica, que nous avons citée ailleurs. Nous profiterons de l'occasion pour mentionner les divers travaux liturgiques des Jésuites d'Anvers. D'abord, leur magnifique compiialion, si importante sous tant de rapports, est avant tout une œuvre liturgique. De plus, il n'est pas rare de rencontrer, en tête des divers volumes, des Dissertations spéciales sur les choses du culte divin. Le deuxième tome de Mars est remarquable par un travail sur le Martyrologe de Bède. Le premier lomc de Mai offre , sous le litre de : Ephemerides Grœcorum et MosQorum, un curieux travail sur le Calendrier de l'Eglise Grecque, par le P. Papebrok. Le deuxième tome de Juin est accompagné d'une dissertation non moins utile du P. Nicolas. Rayœus : De Acoluthia Officii Canonici Grœcorum. Les tomes VI et VII de Juin renferment la célèbre édition du Martyrologe d'Usuard, suivie d'un grand nombre d'autres inédits, par le P. du SoUier. Le premier tome de Septembre présenle une excellente dissertation (/e Diaconissis,\}Sir\c Père Pinius, etc.
(1729). Simon Gourdan, Chanoine Régulier de l'Abbaye
de Saint-Victor, personnage de grande piété et sincère orthodoxie, qui mourut celte année, a composé des Hymnes et des Proses, dont plusieurs sont employées dans les livres Parisiens actuels. Nous regrettons que le défaut de renseignements sur ce point ne nous permette pas de les désigner autrement à nos lecteurs.
(1753). Remy Broyer, Chanoine de la Cathédrale deTroyes, l'un des auteurs du Bréviaire de ce Diocèse, a laissé une Nouvelle Dissertation sur les paroles de la Consécration^ Ti'oyes, 1755, in-8", dans laquelle il combat le sentiment du P. Le Brun. Le lecteur se rappelle sans doute d'avoir vu le nom de Breyer parmi ceux des Chanoines opposants au Missel de Troyes.
(1754). Le Journal des Savants de 1754, page 611, donne l'analyse d'un ouvrage du P. de Boncrueil, intitulé : L'Esprit de l'Eglise dans la récitation de cette partie de l'Ofjîce qu'on appelle Compiles. Imprimé à Paris, la même année, in-12.
(1735). Joseph Bianchini, neveu de François Bianchini , de
l'Oratoire de Rome, a rendu de grands services à la science
liturgique, en publiant le Sacramentaire ùllLéonienj qu'il Gt
paraître d'après un manuscrit de Vérone, en tête du IV° tome
de la superbe édition d'Anastase , commencée par son oncle ,
et dont le cinquième et dernier volume n'a pas paru. La
Préface de l'Ordre Romain publié par François Bianchini ,
dans son IIP volume d'Anastase, appartient pareillement ù
Joseph. Nous avons parlé, à l'article du B. Cardinal Tom-
masî , de l'édition des OEuvres de cet illustre Liturgiste, que
Joseph Bianchini avait entreprise et qu'il n'acheva pas. Il
importe de détailler ici les matières contenues dans le seul