Tome qui parut de cette collection, à Rome, 1741, en deux
parties. Après une préface remplie d'érudition, Bianchini
produit les matières suivantes : 1 ' Johannis Plnii tractalus
de Liturgia Hispanica. 2" Nctitia BreviarU Mozaràbici. 3" Orào d'ivini Ofjicii Gothici Mozarahici. 4° Libellus orationum Ecclesiasticonim Ofjîciorum Gothico-Hispanus , nunc primum in luceni editus ex incomparabill et plusquam milU' nario MS. codice, in fol. major is formœ , ampUssimi Capiluli Veronensis. Nous mentionnerons ici , comme tenant à notre sujet, la belle publication projetée par François Bianchini et commencée par son neveu, sous le titre de : Demonstraiio Historiœ Ecclesiasticœ quadripartitœ , monument is ad fidem temporum et gestorum, Rome, 1752, grand in-folio.
(1736). Joseph Catalani , de la Congrégation des Hiéronymites de Rome, est un des plus importants liturgistes des temps modernes. Ses divers ouvrages sur les Rites sacrés sont : 1° De Codice sancti Evangelii atque servatis in ejus lectione et usu variis ritibus. Rome, 1755, in-4\ — 2" Commentaria in Pontificale Romanum. Rome, 1756, trois volumes în-fol. — 5" Cœremoniale Episcoporum commentariis illustratum. Rome, 1744 , deux, volumes in-fol. — 4" Sacrarum Cœremoniarum sive Rituum Ecclesiasticorum S. R. E. lïbri très ab Augustino Patricia ordinati et a Marcello Corcyrensi Archiepiscopo primum editi, commentariis aucti. Rome, d7o0, deux volumes in-fol. — 3° Rituale Romanum Benedicti Papœ XIV jussu editum et auctum, perpctuis commentariis exoroiatum. Rome, 1757, deux vol. in-fol.
(1756). Jean de Jobanne, Chanoine de la Cathédrale de Palerme, a travaillé sur la Liturgie des Eglises de Sicile, antérieure au Bréviaire de S. Pie V, et qai n'était autre que la Liturgie Romaine-Française , introduite en l?icile par les Ducs d'Anjou. Son livre est inlilulc : De divinis Siculorum Officiis. Palerme, 1756, in-4°.
(1756). Gaëtan-Maric Merati , Théaiin, est fameuî^ par ses nouvelles observations et additions au Thésaurus sacrarum
Rituum de GavanLi. Elles parurent d'abord en quatre volumes in-i", à Rome, en 175(5, 1737, 1758, et sont dans les mains de tous ceux qui s'occupent de Liturgie sous le point de vue pratique. Merati entreprit son travail à la sollicitation du Cardinal Lambertini, qui, devenu Pape, témoigna la plus grande estime pour les travaux et la personne de ce liturgiste, au point qu'il alla lui rendre visite dans sa dernière maladie. Merati préparait une colleciion des Liturgies Occidentales, dont il avait concerté le plan avec le B. Tommasi, son confrère. 11 mourut en 1745, laissant une bibliothèque considérable en livres liturgiques, et dont Benoît XIV voulut enrichir la sienne.
(1757). C'est l'année où mourut le P. Antoine-Marie Lupi, auteur de la célèbre Dissertation sur l'Epitaplie de sainte Sévère, et de tant d'autrestravaux archéologiques. Il a traité savamment des Baptistères anciens et de plusieurs autres matières liturgiques. Ces divers mémoires ont été recueillis par Zaccaria, sous le titre de : Dissertazioni, lettere ed altre opperette, con giunteed annotazioni. Faenza, 1755, in-i" en deux parîies.
(1757). Agncllo Onorato, Chanoine d'iUersa, fit paraître à Lucques, en 1757, in-i", neuf Dissertations sur diverses thèses de l'antiquité Ecclésiastique, dont plusieurs ont trait à la science liturgiiiue. Nous citerons en particulier la quatrième qui est intitulée : Dell' estrema unzione : deW antico osia lodevol rito di santa Cliiesa n'eW amministrare agl'infernii la sacra unzione prima di dar loro il viatico.
(1737). Dom Léger Mayer, Bénédictin de l'Abbaye dcMuri, en Suisse, est connu par son ExpUcatio compendiosa litteralit historica cœremoniarum , earum prœcipue quœ ad S. Liturgiam speetant. Tugil. 1757, in- 12.
(1757). Jean Bottari, Prélat Romain, a complété la série
(Jes ouvrages qui traitent des monuments de Rome Souterraine, si iniporlanls pour la science liturgique, par son beau travail intitulé : ScuUure e jntture sacre estratte da Ciweteri di Roma, puhlicate gia dagli Autori délia Roma Sotterranea nuovamente date in luce colle spiegazioni. Rome. 5 volumes in-folio. 1757, 1746 cl 1754.
(1759). Dora Germain Cartier, Bénédictin d'Ettenhei' munster, au Diocèse de Strasbourg, a composé un ouvrage très utile à ceux que leur vocation appelle à célébrer l'Odice divin; il est intitulé: Psalmodiœ Ecclesiasticœ dilucidatio. Strasbourg, 1759, in-S".
(1741). Jean Lebeuf, Sous-Chantre de la Cathédrale d'Auxerre , personnage grandement érudit , mais qui eut le malheur de fabriquer durant sa vie une trop grande masse de plain-chant, a laissé un Traité historique et pratique sur le Chant Ecclésiastique. Paris, 1741, in-8°. Il est auteur du Martyrologium Autisiodorense.
(1740). Jean-Chrysoslônie Trombelli, Chanoine Régulier, l'un des hommes les plus versés dans la science liturgique qu'ait eu l'Italie au dix-huitième siècle, a laissé, entre autres ouvrages, trois magnifiques traités : De cultu sanc' torum dissertationes decem quibus accessit appendix de Cruce, Bologne, 1740. Cinq volumes in -4° et six avec les Vindiciœ — Mariœ Sanctissimœ Vila ac gesta , cultusque ilU adhibilus per dissertationes descripta, Bologne, 1761. Six volumes in-4 ". — Tractatus de Sacramentis per polemicas et Liturgicas dissertationes dispositi. Bologne, 1775. Douze volumes in-4''. Cet illustre liturg'ste a donné une édition de VOrdo Officiorum, Ecclesia; Senensis ah Oderico ejusdem Ecclesiœ Canonico compositus, ouvrage inédit, et dont Muratori avait indiqué l'existence au tome V' de ses Antiquitates Itnlicœ. L'édition de Trombelli est de Bologne , in-4».
(174,")). Jacques Merlin, Jcsuile, a composé un Traité historique et dogmatique sur les jiaroles ou les formes des sept Sacrements de l'Eglise. Paris, 1745, in-J2.
(1745). Joseph-Michel Cavalierî, Augustin, est célèbre parmi les auteurs pratiques sur la Liturgie, par ses savants Commentaires sur les Décrets de Congrégations des Rites, dont la meilleure édition parut après la mort de l'auteur, en 1758, Venise, cinq tomes in-folio, sous ce litre : Cavalierî opéra omnia Liturgica, seu commentaria in aulhentica S. R. C. Décréta. Cavalicri se montre, en beaucoup d'endroits, hostile à Merati, et le combat avec affectation ; ce qui lui attira une réplique assez énergique de la part d'un certain Charles de Ponivallc, qui publia des Mémoires en Italien sur la vie et les écrits de Merati , à Venise, 1753, in-i".
( 1745). Dom Bcnnon Lôbel , Bénédictin Allemand, Abbé de Sainte-Marguerite de Prague , a composé une savante dissertation sur la fameuse Médaille de Saint Benoît , qui a été l'objet des sarcasmes de .f.-B. Thicrs , comme aussi des naïvetés de plusieurs] personnes contemporaines. Elle est intitulée : Disquisilio sacra numismatica de origine, quidditate, virtute, pioque tisu Numismatum. , seu Crucillarum Sancti Benedicti Ahhatis , per SS. D. N. Benedictum XI V. P. M. instaurato. Vienne, 1745, in-S".
(1744). Jean Marangoni, Adjoint à Boldetti dans la garde des sacrés Cimetières, a laissé un ouvrage d'une valeur inappréciable pour l'archéologue et le liturgiste. Il porte ce titre : Délie cose gentilesche e profane trasportate ad uso e ad ornamento délie Cliiese. Rome, 1744, in-i'. Il y a aussi des choses très importantes pour la science liturgique, dans le savant ouvrage du même auteur sur la chronologie des Papes, intitulé : Clironologia Romanorum Ponlificum supersles in
pariete australe BasiUca' S. Pauli viœ Ostiensis. Rome, ilM, in-folio.
(1744). Dom Charles-François Tousiai net DomUenc-Prosper Tassin , Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, auteurs du Nouveau Traité de Diplomaliquej appartiennent à notre Biblioihèque, non seulement par la Lettre au Cardinal Quirini dont nous avons parlé plus haut, mais aussi par leurs grands travaux, malheureusement restés manuscrits, pour l'édition de saint Théodore Sludite, l'un des principaux hymnographcs de l'Eglise Grecque. Dans la Lettre au Cardinal Quirini, ils démontrent qu'il y a une véritable poésie imitée des anciens poètes dramatiques, dans les Tropaires , Siichères , Odes et Cantiques du saint Abbé de Stude. Il est fâcheux qu'ils n'aient pas étendu cette observation aux autres monuments du même genre , tant de l'Eglise Grecque que de l'Eglise Laline. Dom ïoustain a laissé manuscrit un ouvrage intitulé ; Recherche sur la manière de j^rononcer les imroles de la Liturgie chez les Grecs et les Orientaux j où l'on prétend réfuter la Dissertation du P. Le Brun sur le même sujet. ISous n'avons pas besoin de signaler l'esprit qui a présidé à la composition de cet ouvrage.
(1743). Antoine Mariiuetti a laissé un livre important sous ce litre : De psalterio Romano. Rome, 1743, in-folio,
(1743). Dom Charles Chardon, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Vannes, est connu avantageusement par un ouvrage plein de recherches, intitulé : Histoire des Sacrements, ou de la manière dont ils ont été célébrés et administrés dans l'Eglise, et de l'usage qu'on en a fait depuis le temps des Afûlres jusqu'à présent. Paris, 1745, Six volumes in-12. Cette histoire a été traduite en Italien.
(1646). Jean-Baptiste Gatlico, Chanoine Régulier de Latran, est connu par les ouvrages suivants : 1° De Oratoriis
domesticis et de usuAltaris portât ilis, juxta veterem ac recentem Ecclesiœ discipUnam. Rome, 174G, în-fol. — ^^ Epistola Apologetica ad amicum , dans laquelle l'auteur défend ce qu'il a avancé au chapitre XXIX du précédent ouvrage , au sujet de l'administration du Sacrement de rEucharistic dans les Oratoires privés. Bergame, 1751. — 5' Acta selecta Cœremonialia sanctœ Romanœ Ecclesiœ ex variis MSS. Codicibus et Diariis sœculi XV. XVI. XVI] . Rome, 17o5, in-folio; un volume et demi , l'impression du second n'ayant point été achevée. Cet ouvrage renferme des détails du plus grand prix pour l'histoire domestique de la Cour de Rome , autant que pour la Liturgie.
(1747). C'est l'année où parurent à Rome, en douze volumes in-folio, les œuvres du grand Pontife Benoît XIV, dont le nom seul rappelle la plus vaste science liturgique dont jamais un homme ait été orné. Il suffira sans doute de désigner ici en abrégé les divers ouvrages de ce grand homme , puisqu'ils sont entre les mains de tout le monde. 1° De servorum Dei Beatifcatione et de Beatorum Canonizatione. — 2° De Sacrosancio Missœ Sacrijxcio. — 3" De Festis D. N. J. C. et B. M. V. Le Bullairc et les Institutiones Ecclesiasticœ renferment une infinité de question liturgiques que l'illustre auteur discute et approfondit toujours. Nous avons parlé de son édition du Martyrologe.
(1747). Robert Sala, Cistercien de la Congrégation des Feuillans d'Italie, personnage dont nous avons déjà parlé à propos du Cardinal Bona, son confrère, a enrichi de notes précieuses les deux livres Rerum Liturgicarum du pieux et docte Cardinal. Celte édition , dédiée à Benoît XIV, est en trois volumes in-folio. Turin, 1747. Ils ont été suivis d'un quatrième, contenant les lettres de Bona.
(1748). L'illustre Louis-Antoine Muratori, dont le nom
seul rappelle les prodiges de la science la plus colossale , ne dédaigna pas les éludes lilurgiques, et s'est acquis le droit de figurer dans notre Bibliothèque par sa Liturr/ia Romana vêtus tria Sacramentaria comj)leclens. Venise, 1748. Deux volumes in-folio. On dit cependant que le fonds de ce travail appartient au savant Dom Benoît Bacchini, Bénédictin de la Congrégation du Mont-Cassin.
(1749). Thomas-Marie Mamaclii, Dominicain fameux, mérite aussi une place dans ce catalogue, pour le magnifique ouvrage qu'il voulut opposer aux Origines Christianœ de Bingham. il est intitulé : Originum et Antiquitatum Christianarum libri viginti. Rome, 1749-1755, cinq volumes in-4°. Malheureusement, cet ouvrage, quelque peu gâté par certains traits échappés à un esprit de corps injuste, est resté incomplet. Nous citerons encore, parmi les écrits deMamachi : De' costumi de' primitivi Cristiani. Borne, 1753-1757, trois volumes in-8°.
(1749). Léonard Cecconi, EvêquedeMontalte, est connu par sa Disserta zione sopra l'origine, significalo , uso e morali ammaestramenti pcr la divota recita deW Alléluia. Velletri, 1749, in-8".
(1749). Joseph-Aloyse Âssemani, neveu de Joseph Simon, est à jamais illustre par sa magnifique collection liturgique, intitulée : Codex Liturgicus Ecclesiœ universœ in XV Libros distributus j in quo continentur Libri Ri tu aies j Missales , Pontificales , Officia , Diptycha , etc., EcclesiarumOccidentis et Orientis. Le premier volume parut à Rome, en 1749, in-4''. Cet œuvre, comme tant d'autres, est demeurée inachevée, neuf volumes seulemement ayant paru. Vingt auraient à peine sulïi à rempHr le plan de l'auteur. Il a laissé , en outre, une Dissertation de Sacris Ritibus. Rome ,
LITURGIQUES. ^Oô
1757, in-4° ; et un Traité de EcclesHs , earwn reverentia et asylo. Rome, 1756, in-fol.
(1749). Cousin de Contamine , séculier, employé dans les Fermes Royales, fil paraître, sous le voile de l'anonyme, une brochureiulitulée: Tm/fe critique du plain-chant usité aujourd'hui dans l'Eglise , contenant les principes qui en montrent les défauts et qui peuvent conduire à le rendre meilleur. Paris, 4749, in-12 de 69 pages. On remarque , en lête du volume, une vignette sur laquelle est représenté un bœuf piqué par un cousin; ce qui signifie assez que rautcui-, en faisant allusion à son propre nom, a eu en vue d'attaquer l'Abbé Lebeuf.
(1750). Poisson, Curé de Marchangis, a laissé, sur le Chant Ecclésiastique, un intéressant ouvrage dont nous avons cité quelque chose ailleurs, et qui porte ce titre : Traité théorique et pratique du Plain-chant appelé Grégorien. Paris, 1750, in-8". Il est également auteur d'un livre sur les Règles de la composition du Plain-chant , que nous n'avons pu nous procurer. La brochure de Cousin , dont il est question au précédent article, est adressée à Poisson.
(1750). Dominique-Marie Manni, célèbre imprimeur de Florence, a publié : 1° UJstoria degli anni santi dal loro principio sino alpresente delMDCCL. Florence. — 2<> Délia disciplina del Canto Ecclesiastico antico ragionamento. Florence, 1756, in-'i''.
(1750). Paul-Marie Paciaudi, Théatin, antiquaire distingué, a laissé sur les matières liturgiques les ouvrages suivants : 1° De sacris Christianorum Balneis. Venise, 1750, in-4''. — 2" De cultu S. Joannis Baptistœ. Rome, 1755, in-4''.
(1750). Antoine-François Gori, Prévôt du Baptistère de Florence , antiquaire non moins illustre , appartient à notre Bibliothèque par une grande partie de ses travaux Archéologiques. Nous citerons en première ligne le Jhesaurus
veterum Diptycorum Consularium et Ecclesiastlcorum que la mort lui empêclia d'achever, et qui ne parut qu'en 1739 par les soins de J. B. Passer!. Florence , 1759 , trois vol. in-foî. On trouve plusieurs Dissertations curieuses sur les matières liturgiques dans un recueil d'Opuscules de divers auteurs que Gori fit paraître en 1748 à Flcrence et à Rome, sous le titre de Symbolœ Literariœ. On a encore de Gori une Dissertation de Antiquis Coiicibus MSS. quatuor Evangeliorum, deque internis externisque eorumdem Codicum ornamentis. Ce savant homme , lorsqu'il fut atteint par la mort , préparait des travaux importants sur les matières suivantes : i° De antiquis Ecclesiarum Hierothecis ; 2" Vetusti Ambonis Ecclesiœ Florentinœ Sancti Pétri sacra emblemata nunc primum prolata et illustrata; 3" Liturgia antiqua Sanctœ Ecclesiœ Florentines cum observationibus ; 4° De forma, cultu , ornatuque veterum Baptisteriorum apud Christianos ; 5" Vetusta monumenta Liturgica, ad Basilicam reconciliandam ; G" De ritu attollendi faces in sacris Ecclesiœ Mysteriis.
(1730). Emmanuel de Azevedo , Jésuite Portugais, ami particulier de Benoît XIV, dont il publia les OEuvres, sur lesquelles il exécuta des travaux analytiques du plus haut mérite, fut pendant plusieurs années professeur à l'Ecole Liturgique du Collège Romain. C'est au zèle d'Azevedo à remplir les fonctions de sa charge , que nous sommes redevables de ses précieuses Exercitationes Liturgicœ de Divino Ofjicio et Sacrosancto Missœ Sacrificio , dont quelques-unes parurent à Rome, en 1750, in-4', et qui ont toutes été recueillies dans l'édition de Venise , in-folio en deux parties, \ 783. Cette dernière édition renferme aussi un ouvrage inédit du même auteur, intitulé : De Catholicœ Ecclesiœ pietate erga animas in Purgatorio retentas. Azevedo avait projeté la publication d'une Collection Liturgique , dont il lança le Pros-
LITURGIQUES. So7
pedm dans le public, en 1749. Elle devait être intitulée : Jliesaurus Liturgicus , et atteindre au moins le nombre de douze volumes, bien qu'Azevedo n'eût dessein d'y renfermer que les Livres Liturgiques de l'Eglise Latine.
Notre Bibliothèque Liturgique, toute incomplète qu'elle est, le serait encore davantage si nous omettions de mentionner ici , en terminant cette période , divers Recueils qui renferment un grand nombre de Mémoires sur les matières liturgiques , mais d'une dimension trop restreinte pour qu'on ait pu songer à les imprimer à part. Nous conseillerons donc à nos lecteurs de feuilleter le Journal des Savants , les Mémoires de Trévoux et surtout le Mercure de France. Ils y trouveront de véi'ilables richesses, et souvent des éclaircissements précieux sur les questions les plus difficiles et les plus inattendues. Ils feront bien aussi de consulter les diverses publications de ce genre qui ont paru en Italie, et, en particulier, l'immense Coileclion du P. Ange Calogera, Camaldule, dans laquelle ce savant a recueilli sous le litre de Raccolta d'OpuscoU scientifîci e fdologici { cinquanteun volumes in-i2, 1729 et années suivantes) une grande quantité de Dissertations des savants Italiens sur les questions les plus curieuses de l'Archéùlogie Liturgique. Culogera commença en 175o , une Nuova Raccolta qui fut continuée après sa mort par le P. Fortuné Mandelli, Camaldule. Passons maintenant aux conclusions des faits contenus dans ce chapitre.
La marche de la Liturgie Romaine continue de s'opérer avec majesté. En même temps que l'antique fonds de saint Grégoire est maintenu, le culte des Saints continue de prendre de nouveaux accroissements.
Si , un moment, Benoît XIV semble hésiter, comme préoccupé du désir d'arrêter un développement inconnu aux siècles
précédents, la lenteur avec laquelle il procède, les précaiitions dont il s'entoure, la résolution de ne traiter qu'avec toute sorte d'égards l'œuvre séculaire de la Liturgie, tout, jusqu'à l'abandon de ce projet de réforme, atteste avec quelle gravité l'Eglise entend procéder dans les améliorations de ce qui touche au culte divin.
Pourtant, cette Italie, si lente à prendre un parti dans l'amélioration du Bréviaire, ne fut jamais plus richement pourvue d'hommes versés dans l'érudition liturgique. Une seule période de cinquante ans nous donne , entre autres , Ëuonarotli, Boldelti, Bottari, les Assemani , Quirini, Morelti, Georgi, les Bianchini , Benoît XIV, Catalani, Merati, Cavalieri, Trorabelli , Marangoni, Galtico, Sala, Muratori, Mamachi , Paciaudi , Gori, Azevedo, etc.
En France , si l'on excepte Renaudot et Le Brun , les noms que nous avons cités n'appartiennent, pour la plupart, qu'à des liturgistos du second ou du troisième ordre, et encore nous a-t-il fallu un zèle tout patriotique pour les découvrir. Cependant, à cette époque, de toutes parts en France , on voyait éclore Bréviaires et Missels, sur uri plan perfectionné : comment , au milieu d'une si prodigieuse fécondité, la science liturgique se montrait-elle ainsi aux abois? Par une raison toute simple : c'est que la science liturgique, comme toutes les branches de la science ecclésiastique, est avant tout une science de Tradition ; d'où il suit que nous avons encore huit ou neuf cents ans à patienter, d'ici que les Bréviaires et Missels de Vigier, Mesenguy, Le Brun des Marettes , Robinet et les autres, soient de nature à devenir l'objet d'une science véritablement liturgique.