‹ Institutions liturgiquesChapitre 108 sur 195 · DU SAINT SACREMENT · texte numérisé non relu

DU SAINT SACREMENT

Cette solennité, si chère à toute la catholicité, fut éta- ^ partie ,

A 11/' ' • CHAPITRE XII

blie pour être un solennel témoignage de la foi* de l'Eglise ~

dans l'auguste mystère de l'Eucharistie. L'hérésie de ^^53-^^1??^ Bérenger, dès le xi^ siècle, avait rendu nécessaire une ^^ ^'^H^ cette

'-^ ... solenniteestune

nouvelle protestation liturgique en faveur de l'antique protestation croyance : le rite de l'élévation de l'hostie et du calice, les hérésies

A^ j r 1 i''j'^ ^ ^1 sacramentaires.

pour être adores par le peuple, unmediatement après la consécration, avait été promptement institué et s'était répandu en tous lieux. Au xin® siècle, de nouvelles attaques se préparaient contre ce dogme capital d'une religion fondée sur le mystère du Verbe incarné pour s'unir à la nature humaine. Déjà les précurseurs des sacramentaires avaient paru; les Vaudois, les Albigeois, préparaient la voie à Wicleff, à Jean Huss, précurseurs eux-mêmes de Luther et de Calvin. Il était temps que l'Église fît entendre sa grande voix : la fête du saint Sacrement fut donc décrétée par Urbain lY, en 1264, ^^^^ ^^s circonstances merveilleuses qui seront racontéees ailleurs: et, non-seulement une solennité du premier ordre fut ajoutée aux anciennes fêtes instituées par les Apôtres, mais une procession splendide, dans laquelle on porterait le Corps du Seigneur, ne tarda pas à être adjointe aux antiques processions du dimanche des Rameaux et des Rogations.

Pour célébrer un si grand mystère, il était nécessaire Composition de qu^un nouvel office fût composé qui répondît à l'enthou- saint siasme de l'Église et à la grandeur du sujet. La Liturgie feï^noTateurs^ ne manqua point dans cette circonstance à l'attente du ^eurinêines^ peuple chrétien, et l'office du saint Sacrement est un ^"^ respecte. monument tellement imposant, que les novateurs du dernier siècle, qui ont renversé la Liturgie antique pour en créer une autre de fond en comble à l'usage des Églises de France, ont jugé à propos d^en conserver plusieurs parties, alors même qu'ils déchiraient sans pitié les offices que tout le reste de la chrétienté latine, moins l'Eglise de Milan, emploie dans la célébration des

Page 1