DU XIII^ SIÈCLE H
(1270) Érard de Lésignes, cardinal, évêque d'Auxerre, JJ^''^^^^,, étant allé à Rome, y entendit de si beaux répons de ,^^^^ ^^ l'histoire de Noé et d^Abra^am, pour les semâmes de ^^^Lésigne^s,^^^^ Sexagésime et de Quinquagésime, quUl les mtroduisit dans d'Auxçrre.
(,270). Sanche, infant d'Aragon, archevêque de Tolède, Sanche>fa,u composa des litanies et des hymnes en l'honneur de la arch^vé3ue de
sainte Vierge. , ,■ , Saint
(1272) Saint Bonaventure, docteur seraphique, est au- Bo^^^enture,
teur d'une Exposition de la Messe et d'un office de la J°^^y^^^^ Passion de Jésus-Christ. On lui a attribué aussi l'office
de saint François. p^^i^^^
(1280) Peckam,franciscain, archevêque de Cantorbery, f^aneiscain,
laissa deux traités liturgiques imitulés, l'un De Ratione ^^^^f^ diei Dominiez, l'autre Spéculum Ecdesiœ de Mtssa. ^^^^^^^^^^
(1290). Guillaume Durand, dommicam, eveque de D,,rand, Mende composa le fameux, Rationale divinorum Officio- ''l.^^q" e^à"' rum, ouvrage dans lequel il explique tout l'ensemblede la Mende. litursie à l'aide des auteurs qui l'ont précédé, en ajou- i, ^^^^^ ie
•'^'' 0 ^ . j / 1* dernier mot
tant ses propres observations. On peut considérer ce livre ^^ ^^^^^ ^^^ comme le dernier mot du moyen âge sur la Mystique du ^^^^V^J^ ^„ culte divin, et s'il est si oublié aujourd'hui, il ne le faut culte dum. attribuer qu'à cette triste indifférence pour les formes religieuses qui avait glacé nos pères, jusque-là qu'au xviii" siècle, on a pu renverser, en France, toute l'ancienne liturgie et en substituer une nouvelle, sans que les populations s'en soient émues. Les offices qu'expose Durand ne sont plus ceux qu'on célèbre dans nos églises, et c'est ce qui embarrassera tant soit peu nos modernes archéologues qui, ayant par hasard rencontré Durand, dans la poudre des bibliothèques, essayeront de s'en servir pour expliquer le culte exercé aujourd'hui dans nos cathédrales. Au reste, si quelqu'un d'entre eux devait un jour parcourir ces lignes, nous prendrons la liberté de lui dire que Durand, qui peut être d'un si grand secours pour Tinter-
^42 AUTEURS. LrTURGISTES ■
Z%Zo:à^Ts Prétation des mjthes (comme l'on dit) du Catholicisme at moyen âge, n'est que le compilateur des avis émis par le- Liturgistes qui l'ont précédé, depuis l'âge des Pères de l'Eglise ; et que, dans la partie de son travail qui lui appartient en propre, il n'est pas toujours sur de prendre pour le génie de l'Église, les explications qu'il donne' Son nvre est une Somme, il est vrai ; mais tout ce qu'il renferme doit être jugé dans ses rapports avec les tradi^ tions de l'antiquité. En un mot, le Rational de Durand est un monument dont, après tout, la science liturgique pourrait se passer; car l'origine de cette science remonte aux premières traditions du Christianisme, d'où elle est venue jusqu'ici de bouche en bouche, toute vivante, et sans avoir besoin que la science profane la restaure. L'état de la France, quant à la Liturgie, n'est qu'un fait isolé et passager, nous l'espérons du moins ; car s'il est vrai de dire que Durand, s'il revivait aujourd'hui, ne comprendrait plus rien à la Liturgie de Mende, sa propre Église, de Lyon, de Paris, etc., il pourrait, du moins, en franchissant les frontières de notre pays, retrouver en tous heux de l'Occident ces formules saintes qu'il a commentées avec tant d'amour.
'°";;-7miir '^ , N°"^ '^^^«"^ ^i^-^' ^ la gloire de la science liturgique et dTci'?iti;'e1 l'f" ,de Guillaume Durand, en particulier, que le métalliques. Kattonale dtvinorum Officiorum fut le premier livre imprimé avec des caractères métalliques, préférence qui montre grandement le respect qu'on lui portait. Il parut en 1459 à Mayence, et on lit, sur la dernière page de cette édition, les paroles suivantes : Prœsens Rationalis divinorum Codex Officiorum, venustate capitaliim decorattis,ritbricationibusque distincttts , adinventione artificiosa imprimendi ac caracteriiandi, absque calami exaratione SIC effigiatus, et ad Eusebiam Dei industrie est consummatusper Johannem Fust, civem Maguntinum, et Petrum Gernzheim Clericum Diœcesis ejusdem, anno Domini
DU Xlir' SIÈCLE. CONCLUSIONS 343
millesimo quadringentesimo quinquagesimo nom. Sexto ^JJ^'.YeIu die octobris. On voit, par cette inscription que nous avons conservée avec toutes ses incorrections, comment les souvenirs de la science liturgique s'unissent à Tune des plus grandes et des plus glorieuses entreprises de Thumanité.
(1293). Ignace V, patriarche des jacobites, a composé pJ^g-^/jes une anaphore qui est comprise dans la collection de jacobites.
Renaudot.
(1296). Ébédiesu, métropolitain de Soba, pour la secte J^^f^^^^^^^^ des nestoriens, a laissé un livre intitulé : Margaritœ de de Soba, veritate Jîdei, dans lequel il traite un grand nombre de questions de liturgie.
(1297). Engelbert, abbé bénédictin en Styrie, écrivit une .^btfélîSc'tin explication des sept grandes antiennes. ^^ Styne.
(i 297). Jean Diacre, chanoine de la Basilique de Latran, ^^J^^^^^J^^^^'i, dédia au Pape Alexandre IV un livre curieux intitulé : BasUiquede De Sanctîs Sanctorum, dans lequel il parle des antiquités liturgiques de cette mère et maîtresse des Eglises.
(i3oo). Pierre, chantre et chancelier de PÉglise de Pie-e^^^charu^^ Chartres, a laissé un traité sous ce titre : Spéculum Eccle- ^^^e^i:Égiise^ siœ, sive Maniiale mysteriorum Ecclesiœ.
Nous conclurons ce chapitre par les remarques suivantes :
La Liturgie, au xiii' siècle, comme dans tous les autres, fut l'expression de TÉglise. Les nouveaux Ordres religieux qu'elle enfanta montrèrent leur action sur la Liturgie, comme sur le principal théâtre des institutions ecclésiastiques : le bréviaire universel fut franciscain; la solennité nouvelle du saint Sacrement reçut de la main d'un dominicain une partie de sa grandeur.
Cette époque de synthèse théologique produisit aussi la
-synthèse liturgique de Durand.
' L'antique dépôt de la Liturgie demeura intact dans
toutes ses parties, et après la correction franciscaine, on
put dire encore que l'Église d'Occident ne connaissait
Conclusions.