‹ Institutions liturgiquesChapitre 112 sur 195 · AU XIII® SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU XIII® SIÈCLE

las, etc. La messe, si belle et si mélodieuse, n'est pas i partie

' . • . . . CHAPITRE XII

plus originale. L'introït Cibavit appartient, en propre, au ^

Lundi de la Pentecôte ; le graduel Ociili omnium^ au vingtième dimanche après cette fête; Toffertoire Sacerdotes est pris sur Confirma hoc^ et la communion Quotiescumque sur Factiis est repente, pièces qui appartiennent toutes deux à la messe du jour de la Pentecôte. Ce n'est pas tout; plusieurs de ces pièces présentent, dans la composition, d'énormes contre-sens avec les paroles ; par exemple, les antiennes O quam suavis est ; Sapientia; O Sacrum conviviiim, etc. ; ce qui donne lieu de penser qu'elles ont été traitées par des compositeurs habiles dans la mélodie des sons, mais ignorants de la langue latine. De cette double observation, il est permis de conclure que le xiii® siècle, si divinement inspiré dans les compositions rhythmiques, dédaigna de s'exercer sur les morceaux en prose, et ne fit guère d'autres frais que de transporter sur des paroles nouvelles des motifs déjà connus; travail presque matériel, et que des musiciens illettrés pouvaient remplir.

S'il est permis de rechercher les analogies que présen- Analogies que

, • • • 1 1 1 ^ 1 ' • ^' présentent

tent les vicissitudes du chant ecclésiastique, au moyen jes vicissitudes âge, avec la marche de l'architecture religieuse, qui a ecclésiastique, toujours suivi les destinées de la Liturgie dont elle fait ^^^^ ^^^^P^^^ ^^^^^ une si grande partie et comme l'encadrement, nous sou- ^ /'ardii^tecture mettrons à nos lecteurs les considérations suivantes. Le religieuse. X® et le xi^ siècle enfantèrent des pièces de chant graves, sévères et mélancoliques, comme ces voûtes sombres et mystérieuses que jeta sur nos cathédrales le style roman, surtout à répoque de cette réédification générale qui marqua les premières années du xi® siècle. Ainsi, on retrouve encore la forme grégorienne dans les répons du roi Robert, comme la basilique est encore visible sous les arcs byzantins du même temps. Le xu'' siècle, époque de transition, que nous appellerions, dans l'architecture, T. i 22

INSTITUTIONS le romaii fleuri et tendant à l'ogive, a ses délicieux

■ offices de saint Nicolas et de sainte Catherine, la séquence

d'Abailard, etc., où la phrase grégorienne s'efface par degrés pour laisser place à une mélodie rêveuse. Vient ensuite le xiii^ siècle avec ses lignes pures, élancées avec tant de précision et d'harmonie; sous des voûtes aux ogives si correctes, il fallait surtout des chants mesurés, un rhythme suave et fort. Les essais simplement mélodieux, mais incomplets, des siècles passés, ne suffisent plus : le Laiida, Sion^ le Dïes irœ sont créés. Cependant cette période est de courte durée. Une si exquise pureté dans les formes architectoniques s'altère, la recherche la flétrit; l'ornementation encombre, embarrasse, et bientôt brise ces lignes si harmonieuses ; alors aussi commence pour le chant ecclésiastique la période de dégradation dont nous allons parler tout à l'heure. Malheureusement, tous nos lecteurs ne seront pas à même de suivre ces rapports et d'étudier les progrès et la décadence du chant; les livres où se trouvent les monuments que nous rappelons disparaissent chaque jour ; mais il faut pourtant que l'on rache quels trésors de mélodie furent sacrifiés au jour où l'on inaugura dans nos églises des chants que n'avaient jamais entendus nos pères, et qui éclatent à grand bruit sous des voûtes longtemps accoutumées à en répéter d'autres.

Liste des Nous donnerons maintenant la bibliothèque des Li-

liturgistes du / . ^ i

xiiie siècle, turgistes qui ont fleuri à la grande époque du xin® siècle. Alain de Lille, Nous trouvons d'abord Alain de Lille, moine de C& Steaux.^ teaux, qui florissait en TUniversité de Paris, au commencement du xiii^ siècle, et qui fut appelé le Docteur universel. On trouve parmi ses œuvres deux séquences, Pune sur l'Incarnation du Verbe, l'autre sur la fragilité de la nature humaine.

Hugues des (1206). Husues des Noyers, évêque d'Auxerre^ com-

Noyers, évêque \ / o j w t>,i j r^

d'Auxerre. posa plusieurs hymnes, parmi lesquelles Flauae^ Lari'

ium^ia. en Thonneur de saint Thomas de Gantorbéry, qui i partie

CHAPITRE XII

fut longtemps en usage dans le bréviaire d'Auxerre, dit —

Hurler. {Tableau des institutions au moyen âge, t. I, p. 384.)

([2o8). Jean, appelé le Scribe ou PAcémète^ patriarche Jean le Scribe des jacobites, paraît être l'auteur d'une anapJiore insérée l'Acémète, par Renaudot au deuxième tome de son recueil des Litur- jacobites. ^^ gies orientales.

(121 5). Saint François d'Assise, patriarche de l'Ordre Saint François

, 1 . ' • a ' 1 T V • d'Assise.

seraphique^, a eu une influence marquée sur la Liturgie, en obligeant ses enfants à embrasser le rite de TÉglise romaine. On trouve dans ses œuvres un opuscule intitulé : Or do récit andi officium dominicœ Passionis.

(1220). Guillaume deSeignelay, évêque d'Auxerre, puis Guillaume de transféré sur le siège de Paris, avait composé un livre. De évoque de Paris. Divinis Officiis, qui n'a point été imprimé.

(1222). Germain II, patriarche de Constantinople, est Germain 11,

. ' , ,...., patriarche de

auteur d'un opuscule intéressant sur la Liturgie, intitule : Constantinople. Théorie des choses ecclésiastiques. Malheureusement, nous ne Tavons point tel qu'il est sorti des mains de son auteur ; il a subi de graves interpolations.

(i23o). Godefro}^ évêque de Gam.brai, écrivit un livre Godcfroy, J)e Divinis OfficiiSy que nous n'avons plus. de ^Camb^rai.

(i23o). Jacques, évêque de Tagrite, de la secte des Nés- Jacques, évêque toriens, est auteur d'une Exposition des Offices et des Tagrite. , Oraisons,

(i238). Guyard de Laon, chancelier de l'Université de GuyarddeLaon,

T^ • M ' 1 .j V i>' ^ u' 1 r- u • '\ chancelier

I Pans, et eleve plus tam a 1 eveche de Cambrai, parait de rumversité I être auteur d'un opuscule De Officiis divinis, sive eccle- I siasticiSyQX d'un autre De Officiis sacerdotum.

(i23q). Havmon de Feversham, ministre général des Haymon de

. . Feversham

frères mineurs, corrigea le bréviaire romain, ainsi que ministre général nous l'avons dit, et, en outre, écrivit un livre De Missœ f^^^-es 'mineurs. cœy^emoniis .

(1240). Simon Taylor, dominicain, fut habile dans la Simon Tayior^

dominicain.

Vincent de

Coventer,

franciscain.

Jean Bar-Maadani,

patriarche des Jacobites.

Humbert

de Romanis,

cinquième

général

des

dominicains.

Théodore

Lascaris II,

empereur grec,

Grégoire

Bar-Hebraeus,

primatd'Orient

Hugues

de Saint-Gher

dominicain,

cardinal.

Latinus Frangipani, dominicain,

cardinal.

Saint Thomas

d'Aquin, docteur

angélique.

Guibert de

Tournay,

franciscain.

340 AUTEURS LITURG1STES

théorie du chant ecclésiastique, et composa deux livres De - Pentachordis, deux De Tenore Musicali^ et un De Cantu Ecclesiastico corrigendo.

(i25i). Vincent de Coventer, franciscain, professeur à Cambridge, est auteur d'une Exposition de la messe.

(i 253). Jean Bar-Maadani, patriarche des Jacobites, composa une anaphore qui se trouve au recueil de Renaudot.

(1254). Humbert de Romanis, cinquième général des dominicains, compilateur du bréviaire de son ordre, rédigea sur les offices qu'il contient, des Commentaires qui étaient gardés, au rapport de Schulting, dans la bibliothèque des frères prêcheurs de Cologne.

(i255). Théodore Lascaris II, empereur grec, a composé, en l'honneur de la sainte Vierge^ un canon ou hymne qui se trouve dans le livre que les Grecs nomment Paraclétiqiie.

(1260). Grégoire Bar-Hebrôeus, primat d'Orient, pour la secte des jacobites, est auteur d'une anaphore qui se trouve au recueil de Renaudot, et d'un abrégé de la Liturgie de saint Jacques.

(1260). Hugues de Saint-Cher, dominicain, cardinal, auteur de la Concordance de la Bible, a aussi travaillé sur la Liturgie. Il composa un livre sous ce titre : Specidum sacerdotum et Ecdesiœ, de Symbolo et Officio missœ .

(1270). Latinus Frangipani, dominicain, cardinal, neveu du pape Nicolas III, passe pour être Fauteur de la séquence de3 morts, Dies irœ.^ et de plusieurs autres en l'honneur de la sainte Vierge.

(1270). Saint Thomas d'Aquin, docteur angélique, outre l'office du saint Sacrement, écrivit un livre intitulé : Expositio missœ.

(1270). Guibert de Tournay, franciscain, a laissé un ouvrage très-curieux sous ce titre : De officio Episcopi et Ecclesiœ cœvemoniis. Il est dédié à Guillaume, évêque d'Orléans.

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