ALTÉRATION DE LA LITURGIE ET DU CHANT
INSTITUTIONS p^j;» jgs ordoiinanccs des conciles qui se plaignent souvent,
LITURGIQUES ^ 1 r O 7
durant le xiv^ et le xv« siècle, des abus en ce genre. La Liturgie Ces additions consistaient principalement en des his-
CCSS6 d'être la.
règle vivante toires apocryphes, inconnues aux siècles précédents, quel-
ciu peuple r ' ^ ' ' ■» . . , .
chrétien. quetois même rejetees par eux, et qu on avait introduites dans les leçons, les hymnes ou les antiennes; en des formules barbares insérées pour complaire à un peuple grossier; en des messes votives qui prenaient la place des messes ordinaires et qui présentaient des circonstances superstitieuses dans leur nombre ou dans le rite qu'on devait y garder ; en des bénédictions inconnues à toute Fantiquité, et placées furtivement dans les livres ecclésiastiques par de simples particuliers. En un mot, au lieu d'être la règle vivante, renseignement, la loi suprême du peuple chrétien, la Liturgie était tombée au service des passions populaires, et certaines fictions qui étaient parfaitement à leur place dans les Mystères que représentaient les clercs de la Basoche, avaient trop souvent envahi les livres de Tautel et ceux du chœur. Pour comprendre toute rétendue des abus dont nous parlons, il ne faut que se rappeler le sang-froid avec lequel le clergé livrait les cathédrales aux farces étranges de la fête de l'Ane et de la fête des Fous ; on pourra s'imaginer alors jusqu'à quel point cette familiarité dans les choses les plus sacrées du culte divin compromettait la pureté de la Liturgie. Appréciation de Au siècle dernier, c'était la mode de vilipender le moyen
cette époque, a / j i i • • jn • ^
^ ^ âge, comme une époque de barbarie ; aujourd hui, et tresheureusement, la mode semble être d'exalter les siècles qu'on appelle siècles catholiques. Assurément il y a un grand progrès dans ce mouvement ; mais quand on aura étudié davantage, on trouvera que le xii^ et le xiif siècle, bien supérieurs sans doute à ceux qui les ont suivis jusqu'ici, nous en convenons de grand cœur, eurent aussi leurs misères. Si donc nous relevons en eux les inconvénients graves et nombreux de l'ignorance et de
I PARTIE CHAPITRE XIII