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CHAPITRE XIII

censure.

« première édition du bréviaire, nous n'avions pas eu in- ii convient avec c( tention de faire une sorte de promulgation de loi, son^^brév?a^?e « mais plutôt d'ouvrir une délibération publique, à l'effet coSme un^Imre « de recueillir le jugement de plusieurs, proposant ainsi ^^^^^^ ^ ^^ « le premier notre sentiment, et résolu de suivre le parti « qui de tous semblerait le plus avantageux et le plus con- « forme à la religion et à la piété, suivant le jugement « du plus grand nombre des hommes prudents et « graves

« C'est pourquoi, ayant pesé les avis que beaucoup nous a ont adressés, les uns de vive voix, les autres par écrit, « et voulant déférer aux avis de ceux qui ont semblé avoir « fait preuve d'une prudence plus remarquable, nous « avons volontiers ajouté certaines choses, changé quel- « ques-unes, et revu avec soin tout Pensemble, mais en re- « tenant toujours la forme générale de ce bréviaire. Toutece fois, puisque c'est une chose fondée sur la nature, que « rien de ce qui est à l'usage des hommes, quelque légi- « time et raisonnable qu'il soit, s'il est nouveau, ne peut « éviter de déplaire à quelques-uns, ce ne sera point une « témérité de notre part si, dans cette seconde édition, « nous expliquons avec un peu plus de soin et d'étendue « le plan de tout notre travail que nous n'avions d^abord « développé qu'en abrégé (i). »

On voit que Quignonez ne dédaigne pas de se disculper devant la Faculté, et on a lieu d'être frappé de la naïveté avec laquelle il convient que son bréviaire est un livre comme un autre, destiné à subir la critique du public, sujet à la censure, œuvre toute humaine^ en un mot, et qui ne pouvait avoir de vie dans l'Église éternelle. Moins de quarante ans suffirent à sa durée; mais en attendant,

(i) Fîi. laNoteD.

INSTITUTIONS la bnèvcté de cette forme d^office séduisit grand nombre

— ■ — de personnes. La Sorbonne elle-même, avec la légèreté

dont son histoire offre tant de traits, souffrit que, sous ses

En dépit de la , j u ' • • i in

censure de la yeux memes, une édition du bréviaire contre lequel elle

n^ouv^eaii avait tonué si fortement, s'imprimât à Paris, dès 1539. On

imprimé à Lyon ^^"^ trouve encore trois autres publiées dans cette capitale,

et a Pans, g^j-^g parler de dix, au moins, qui furent imprimées à

Lyon, et dont la dernière est de 1557(1). Ilyena, en outre,

un grand nombre d'autres publiées à Rome, à Venise, à

Anvers ; ce qui fait que Ton trouve encore assez facilement

aujourd'hui des exemplaires de ce fameux bréviaire, en

difterents formats.

Il se glisse Si le règne de cette étrange Liturgie eût été long, on

jusque dans le ,, ^ , i* i» • r t

chœur de 1 eut vue remplacer en tous lieux lancienne forme des cathé^draies^ en ofïices romains, et briser le lien qui unissait les siècles de granS^l^andaie l'^utiquité aux âges modemes. En effet, du cabinet du du peuple, bénéficier ce bréviaire s'était glissé jusque dans le chœur, et, pour ne parler que de l'Espagne, les cathédrales de Saragosse, de Tarragone, de Palencia, avaient renoncé à l'antique office pour inaugurer, aux yeux des peuples, une manière de prier que nul ne connaissait. Des troubles mêmes s'étaient élevés dans Saragosse à ce sujet, et le peuple, scandalisé, désertait l'église cathédrale pour J aller entendre l'office des moines. C'est ce que nous apprenons d'un document précieux, manuscrit de la bibliothèque vaticane, indiqué par Montfaucon (2), et dont , Arevalo a donné d'importants fragments dans sa disserta- ' tion spéciale sur le bréviaire de Quignonez (3). C'est une : consultation d'un docteur espagnol nommé Jean de Arze, qui fut rédigée à Trente, durant la tenue du concile, en i55i, et qui porte ce titre : De novo breviario Romano ' tollendo coyisultatio.

(i) Zaccaria, Biblioth. Ritualis, tom. I, pag. ii3. Arevalo, Hymnodia, Hispanica. Appendix II, pag. 3g i.

(2) Biblioth. Bibliothecarum MSS., \.ov!\. I, pag. 122.

(3). Hymnodia Hispan. ad calcem. Appendix II, pag. 423 et suiv.

Xavier.

LE BRÉVIAIRE DE QUIGNONEZ . SÔQ

Quelque facilité que Ton mît à permettre Tusage du ^ partie

bréviaire de Quignonez, facilité devenue si excessive, au "

rapport de Jean de Arze, que Tunique clause de l'induit que rencontre le qui s'accordait non plus seulement à Rome, mais dans les bréviaire légations et les nonciatures, était que Vorateiir fût ca- focififéVv^ec pable de s'en servir, iit possit tali novo breviario uti; laquelle l'usape

^ ^ r -^ en est concède.

néanmoins, on voit sur la consultation en question, que plusieurs personnes graves résistaient de tous leurs efforts à ce relâchement; que des évêques s'opposaient vigoureusement à l'introduction de cette nouvelle forme dans les offices publics. Mais la plus imposante de toutes ces improbations est celle que donna saint François Xavier qui, au rapport de son biographe Tursellini, « fournit un grand exemple de religion au sujet de l'of- Exemple donné « fice divin, si l'on considère la licence de ces temps. On François « venait de publier un nouveau bréviaire à trois leçons, « appelé le bréviaire de Sainte-Croix, et destiné au sou- « lagement des gens occupés. On en avait dès le com- « mencement concédé l'usage à François, à cause de ses % travaux : mais il ne voulut jamais user de cette per- « mission, malgré ses soins immenses et ses affaires si « compliquées ; il récita constamment l'ancien bréviaire à « neuf leçons, quoiqu'il fût beaucoup plus long (i). »

Certes l'autorité de Pincomparable apôtre des Indes est d'un grand poids dans la question, et nous aimons à la rapprocher de celle non moins sainte, et plus grave encore, de Pie V et de tous ses successeurs sans exception. Au reste Toeuvre de Quignonez, outre les tristes

(i) Insignem vero ejus in hoc génère religionem fecit illorum licentia temporum. Nuper novum ternarum lectionum Breviarium (sanctae Crucis dicebatur) ad occupatorum hominum levamen editum erat; ejusque usus Francisco propter occupationes ab initio concessus. Ille tamen quamvis ingentibus curis negotiisque distentus, nunquam permissa uti voluit licentia; vetusque Breviarium novenarum lectionum haud paulo longius perpetuo recitavit. (Tursellini, Vita S. Francisa Xaverii, lib. VI, cap. y.)

SyO JEAN BURCHARD ET PARIS DE GRASSI

INSTITUTIONS fruits doiit nous avons parlé, en eût produit, si elle eût duré, un plus lamentable encore. Le bréviaire abrégé

abfég^'^TiXrTte enfanta un missel abrégé qui fut imprimé à Lyon, en

abré'gériympli ^^^^'> ^^ ^^^ renfermait grand nombre de nouveautés des^

des nouveautés j^3 audacieuses (i). Ainsi l'envie de simplifier l'office '

les plus A ^ ^ ^ ^

audacieuses, privé des ecclésiastiques avait donné naissance à un bré-viaire par lequel était répudiée la forme antique des divins offices, par lequel le prêtre cessait d'être en com-. munion avec les prières du chœur, et voilà qu'en suivant une pente toute naturelle, on était amené à défigurer le livre sacré qui renferme les rites du sacrifice, et dont lai forme, si elle est maintenue pure et inviolable, est d'uni si grand poids pour prouver, contre les sectaires, l'antiquité vénérable des mystères de l'autel.

Publication En attendant le récit que nous ferons bientôt de la récorps'dTrftes génération liturgique, commencée par. le saint concile de" ^' °s^a'c'ré™'^' Trente et accomplie par les grands Pontifes qui en appli- Rub'rTues. quèrent les décrets, nous placerons ici un événement principal dans la Liturgie, qui marqua la fin du xv^ et le commencement du xvi^ siècle. C'est la publication définitive du corps de rites et observances sacrées, connu sous le nom de Rubriques : ensemble admirable de lois à la fois mystérieuses et rationnelles, que ceux-là ^euls méprisent qui ont perdu le sentiment de la foi, ou le goût des choses sérieuses. Ces lois, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, et dont le commentaire complet nécessiterait une histoire générale des formes du culte catholique^ dont elles sont l'expression, se montrent de plus en plus détaillées dans la série des Oj^d?-es 7-omams, à l'usage de la chapelle du Pape. Mais il manquait un recueil dans lequel elles se trouvassent traitées à l'usage de tous les prêtres, et qui renfermât les particularités que les Ordres romains, dont l'objet est tout spécial, ne contenaient pas, et qui

i) Arevalo, ibid., 424

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