‹ Institutions liturgiquesChapitre 138 sur 195 · H DANS SES RAPPORTS AVEC LA LITURGIE · texte numérisé non relu

H DANS SES RAPPORTS AVEC LA LITURGIE

discipline, et voyez s'il est possible de l'entreprendre sans i partie

, ' 1 ' 1 1 . . CHAPITRE XIV

encourir, bon gre, mai gre, la note de non romain^ ou si ■

vous voulez de moins romain^ si on manque d'audace. Reste à savoir quel genre de repos pourrait trouver un catholique dans la première, ou même dans la seconde de ces deux situations.

11° L'hérésie antiHturgiste, pour établir à jamais son u» Un vaste règne, avait besoin de détruire en fait et en principe tout nisme^esuâ sacerdoce dans le christianisme; car elle sentait que là où imSilt'e^dria il y a un pontife, il y a un autel, et que là où il y a un du^p^o^ntffi?rt autel, il y a un sacrifice, et partant un cérémonial mysté- souverain. rieux. Après donc avoir aboli la qualité du Pontife suprême, il fallait anéantir le caractère de Tévêque, duquel émane la mystique imposition des mains qui perpétue la hiérarchie sacrée. De là un truste presbytérianisme^ qui n'est que la conséquence immédiate de la suppression du Pontificat souverain. Dès lors, il n'y a plus de prêtre proprement dit; comment la simple élection, sans consécration, ferait-elle un homme sacré ? La réforme de Luther et de Calvin ne connaîtra donc plus que des ministres de Dieu, ou des hommes, comme on voudra. Mais il est impossible d'en rester là. Choisi, installé par des laïques, portant dans le temple la robe d'une certaine magistrature bâtarde, le ministre n'est qu'un laïque revêtu de fonctions accidentelles; il n'y a donc plus que des laïques dans le protestantisme; et cela devait être, puisqu'il n'y a plus de Liturgie; comme il n'y a plus de Liturgie, puisqu'il n'y a plus que des laïques.

1 2° Enfin, et c'est là le dernier degré de Tabrutissement, i^" Toute la

^ ^ ^ . , . hiérarchie

le sacerdoce n'existant plus, puisque la hiérarchie est résumée dans la

, personne

morte, le prince, seule autorité possible entre laïques, se du prince proclamera chef de la Religion, et l'on verra les plus fiers le PoTuVe réformateurs, après avoir secoué le joug spirituel de Rome, suprême, reconnaître le souverain temporel pour pontife suprême, et placer le pouvoir sur la Liturgie parmi les attributions du

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INSTITUTIONS droît mdj estatîûîte . Il n'y aura donc plus de dogme, de

LITURGIQUES j m j l ai

~ morale, de sacrements, de culte, de christianisme, qu'autant qu^il plaira au prince, puisque le pouvoir absolu lui ' est dévolu sur la Liturgie par laquelle toutes ces choses ont leur expression et leur application dans la communauté des fidèles. Tel est pourtant PaxiomeTondamental delà Réforme et dans la pratique et dans les écrits des docteurs protestants. Ce dernier trait achèvera le tableau, et mettra le lecteur à même de juger de la nature de ce prétendu affranchissement, opéré avec tant de violence à l'égard de la papauté, pour faire place ensuite^ mais nécessairement, à une domination destructive de la nature même du chris*^ tianisme. Il est vrai que, dans les commencements, la secte antiliturgiste n'avait pas coutume de flatter ainsi les puissants : albigeois, vaudois, v^iclefites, hussites, tous enseignaient qu'il fallait résister et même courir sus à tous princes et magistrats qui se trouvaient en état de péché, prétendant qu'un prince était déchu de son droit, du moment qu^il n'était pas en grâce avec Dieu. La raison de ceci est que ces sectaires craignant le glaive des princes catholiques, évêques du dehors, avaient tout à gagner en minant leur autorité. Mais du moment que les souverains, associés à la révolte contre l'Eglise, voulaient faire de la religion une chose nationale, un moyen de gouvernement, la Liturgie réduite, aussi bien que le dogme, aux limites d'un pays,ressortissait naturellement à la plus haute autorité de ce pays, et les réformateurs ne pouvaient s'empêcher d'éprouver une vive reconnaissance envers ceux qui prêtaient ainsi le secours d'un bras puissant à l'établissement et au maintien de leurs théories. Il est bien vrai qu'il y a toute une apostasie dans cette préférence donnée au temporel sur le spirituel, en matière de religion; mais il s'agit ici du besoin même de la conservation. Il ne faut pas seulement être conséquent, il faut vivre. C'est pour cela que Luther, qui s'est séparé avec éclat du pontife de

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