DE LA RÉFORME PROTESTANTE DU XVI® SIECLE
INSTITUTIONS ressourccs de la prière liturgique accomplie par le clergé
LITURGIQUES ^ \ '^ ^ J. JT O
■ séculier et régulier^ auquel s'unit la communauté des
fidèles.
10° Comme il fallait au protestantisme une règle pour discerner parmi les institutions papistes celles qui pouvaient être les plus hostiles à son principe, il lui a fallu fouiller dans les fondements de l'édifice catholique, et trouver la pierre fondamentale qui porte tout. Son instinct lui a fait découvrir tout d'abord ce dogme inconciliable avec toute innovation : la puissance papale. Lorsque Luther écrivit sur sa bannière : Haine à Rome et à ses lois, il ne faisait que promulguer une fois de plus le grand principe de toutes les branches de la secte antiliturgiste. Dès lors, il a fallu abroger en masse le culte et les cérémonies, comme l'idolâtrie de Rome; la langue latine, l'office divin, le calendrier, le bréviaire, toutes abominations de la grande prostituée de Babylone. Le Pontife romain pèse sur la raison par ses dogmes, sur les sens par ses pratiques rituelles ; il faut donc proclamer que ses dogmes ne sont que blasphème et erreur, et ses observances liturgiques qu'un moyen d'asseoir plus fortement une domination usurpée et tyrannique. C'est pourquoi, dans ses litanies émancipées, l'Eglise luthérienne continue déchanter naïvement ; De r homicide fureur, calomnie, rage et férocité du Turc et du Pape ^ délivrez-nous.^ Seigneur [i). C'est ici le lieu de rappeler les admirables considérations de Joseph de Maistre, dans son livre du Pape^ où il montre, avec tant de sagacité et de profondeur, qu'en dépit des dissonances qui devraient isoler les unes des autres les diverses sectes séparées, il est une qualité dans laquelle elles se réunissent toutes, celle de non romaines. Imaginez une innovation quelconque^ soit en matière de dogme, soit en matière de
(i) LutheHsches Gesangbuch. Leipzig. Pag. 667.