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CHAPITRE XV

REFORME CATHOLIQUE DE LA LITURGIE. — PAUL IV. PIE IV, — CONCILE DE TRENTE. SAINT PIE V. BREVIAIRE ROMAIN. MISSEL ROMAIN. — INTRODUCTION DE LA LITURGIE REFORMEE EN ITALIE^ EN ESPAGNE, EN FRANCE ET DANS LE RESTE DE ^ l'occident. — PALESTRINA. — SIXTE-QUINT. CONGREGATION DES RITES. — GRÉGOIRE XIII. REFORME DU CALENDRIER. MARTYROLOGE ROMAIN. CLEMENT VIII. PONTIFICAL RO- MAIN. CÉRÉMONIAL ROMAIN. — AUTEURS LITURGISTES DU XVI® SIÈCLE.

Le XVI® siècle, "au sein duquel les véritables doctrines liturgiques avaient souffert de si rudes atteintes, et qui avait été témoin des réformes malavisées de Ferreri et de Quignonez, devait néanmoins voir s'accomplir une véritable, solide et légitime réforme; mais c'était aux pontifes romains qu'il était réservé de l'entreprendre par euxmêmes et de la consommer. Gomme toujours, le clergé régulier dut influer sur une œuvre si importante ; mais ce n'étaient déjà plus les franciscains. A l'action insuffisante des ordres mendiants s'était adjoint le zèle de cette nouvelle branche qui venait de pousser au grand arbre de l'état religieux, et qu'on désignait sous le nom de Clercs réguliers. Les plus anciens de cette milice, les théatins. Clément VII fondés par saint Gaétan deThienne, attachèrent leur nom

charge -^

saint Gaétan et à la première tentative de réforme liturgique qui puisse

Jean— r lerre ^ ^ ^ 1/1

Caraffa être prise au sérieux, et préparèrent le grand résultat au projet d'un obtenu plus tard par saint Pie V. Glément VII, le même

nouveau . , r^ • 1 «n x i. '

bréviaire, qui chargea Quignonez de travailler a un nouveau bre-

viaire, avait donné la même commission à saint Gaétan ^ ^^^"^^^

et à Jean-Pierre Garaffa, l'un de ses premiers associés, qui plus tard fut pape sous le nom de Paul IV. Le Bref qui leur confère cette marque de haute confiance apostolique existe encore dans les annales des théatins (i), où il porte la date du 21 janvier 1529. Le bréviaire de Quignonez fut préféré, parce que sans doute il était moins long, et disposé dans une forme plus élégante : celui des théatins, dû en partie à Garaffa, alors évêque de Ghieti, ne se recommandait que par le maintien des antiques et vénérables usages, par l'épuration des histoires apocryphes, la correction des rubriques, la substitution des vraies leçons des saints Pères à des homélies tirées d'auteurs hétérodoxes^ tels que Origène, Eusèbe Emissène, etc. (2). Garaffa était trop grand amateur de l'antiquité et trop grave pour ne pas dédaigner l'œuvre de Quignonez; il suivit donc l'exemple de sain^ François Xavier, et montra, même ouvertement, son mépris pour le bréviaire de ce cardinal (3). Il vint à monter Devenu Pauliv, en i555, sur la chaire de Saint-Pierre, et l'un de ses pre- ^Y^^tVenir^^ miers soins fut de déclarer qu'on n'accorderait plus, à ^d'Sseî^dïTa^ l'avenir, la permission d'user de cette liturgie abrégée. Liturgie abrégée

\ ^ D D 7 de Quignone?:

bien qu'il ne jugeât pas encore à propos de retirer les et continue

^ . . , , . son travail su

facultés d'en user qui avaient été antérieurement obtenues. i« bréviaire. Il se remit ensuite à travailler avec ardeur à la rédaction de son bréviaire réformé ; mais, comme il voulait accomplir par lui-même cette œuvre si importante et si digne d'un pape, il arriva qu'étant détourné par les nombreuses et graves préoccupations de la dignité suprême, il ne put arriver à mettre ce bréviaire en état d'être promulgué. Il

(i) Silos. Hist. Theatin., lib. III. Apud Bolland., tom. II, August die VII, pag. 25 1.

(2) Vita e gesti di Giovanni Pietro Caraffa, cioè di Paolo IV Pontefice Massimo, raccolti dal P. D. Antonio Caracciolo. Mss. de l'an i633, cité par Arevalo. Hymnodia Hispanica, pag. 392 et seq.

(3) Ibidem.

sur

INSTITUTIONS nr^Qurut en t55q, après quatre ans d'un pontificat éner-

LITURGIQUES J^ l i- x

gique, qu'il avait commencé ayant déjà atteint sa soixantedix-neuvième année.

Paul IV ne Après la mort de Paul IV, Pie IV, son successeur, mit

consent pas a la -r^

reprise des tous ses soins à la Continuation du concile ouvert à Trente

travaux . v i.

du concile sous Paul III, en 1545, et depuis suspendu à diverses

de Trente

et veut que 'la fois. Paul IV^ dans son zèle ardent pour les droits du Siège de PÉgiise soit apostolique, n'avait pas voulu consentir à la reprise des TaSîon^^ travaux de ce concile, persuadé que Fautorité du Pontife immédiate des j^Qj-Q^in, employée avec fermeté et persévérance, suffisait pontifes. ipouv accomplir la réforme de l'Eglise. Au reste, Paul IV était digne de concevoir une pareille espérance; mais il était dans les plans de la divine Providence que, pour s^accommoder davantage aux idées et aux prétentions de ce siècle, un concile, entravé d'ailleurs en mille manières par les puissances et les nationalités temporelles, eût la plus grande part à Toeuvre de la réforme catholique. Il est vrai aussi d'ajouter que cette assemblée eut le bonheur de se sentir dirigée par des légats dévoués au Siège apostolique, dont ils recevaient et transmettaient les instructions, et qu'une suite de grands pontifes, saint Pie V, Grégoire XIII, Sixte-Quint, Clément VIII, Grégoire XV, se montra disposée à appliquer les canons de Trente avec cette vigueur inviolable qui en a fait pénétrer l'esprit et les maximes dans toutes les institutions catholiques, depuis cette grande époque.

Dans le dessein Paul IV avait pensé que la réforme de la liturgie ne laWorme pouvait se faire qu'à Rome; qu'elle devait être Poeuvre devfdtXe propre d'un pontife romain, successeur des Gélase et des dïn YucceTseur Grégoire. Il ne tint pas à Pie IV, comme nous verrons, et deÏGré^o? e ^^^ ^^^^^ réforme ne se fît à Trente ; mais le divin auteur de l'Église, qui a établi Rome métropole du gouvernement ecclésiastique, et son Église la mère de tous les fidèles, sut bien amener les choses au point oià elles devaient être, et la publication delà Liturgie réformée se fit définitivement

par l'autorité du souverain Pontife, dans cette capitale du ^ partie

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