T1-- A^J ^ 1// ., CHAPITRE XV
catholicisme. Avant de raconter ce grand événement, il
est nécessaire que nous donnions quelques détails sur les dispositions daiTS lesquelles se trouvait le concile au sujet de la réforme liturgique.
Nous avons parlé, au chapitre précédent, des nécessités Projet
,,../. 1, . , de réforme
qui réclamaient impérieusement 1 attention des pasteurs liturgique ' de rÉglise, sur la matière si grave du culte divin. Dès ^^cœicik ^ Pan i536, on avait tenu à Cologne un concile dont les ^InfssT.^ canons, très-expressifs, sont de la plus haute importance pour caractériser les éléments qui se remuaient alors au sein de l'Eglise. Il fut assemblé par le fameux archevêque Hermann, qui eut depuis le malheur d'embrasser le luthéranisme. Cette circonstance explique plus que suffisamment l'extrême liberté avec laquelle la discipline de cette époque se trouve parfois qualifiée dans les actes de ce concile. Sur l'article de la Liturgie, aux sixième et au onzième canon de la seconde partie, on articule le projet d'une réforme ; on affirme que le bréviaire se trouve contenir des histoires dépourvues d^autorité et de gravité, plainte qui n'aurait rien eu que de très-légitime; mais on émet hardiment le vœu de voir supprimer même les histoires authentiques, pour les remplacer par de simples lectures de TEcriture sainte (i). Quant au missel, les Pères réprouvent, avec raison, plusieurs innovations qu'on y avait introduites, et qui offensaient le respect dû au plus auguste des mystères (2). La prétention émise ici sur
(i) Nam cum olim a sanctissimis Patribus institutum sit, ut solae Scripturœ sacrae in Ecclesia recitarentur, nescimus qua incuria acciderit, ut in earum locum successerint alia cum his neutiquam comparanda, atque intérim historiée sanctorum tam inculte ac tam negligenti judicio conscriptae, ut nec auctoritatem habere videantur, nec gravitatem. Deo itaque auctore, deque concilio capituli nostri, ac theologorum, aliorumque piorum virorum, reformationem Breviariorum meditabimur. {Conc. Labb., tom. XIV, p. 504.)
(2 Peculiaria missarum argumenta, recens praeter veterum institutionem inventa, etiam Patribus displicuerunt, quod tantum mysterium
INSTITUTIONS TEcriture sainte, comme matière unique de la Litursie,
LITURGIQUES . ,. , , t> '
"— — ■ avait déjà été exprimée en Allemagne, dans les articles de
réforme proposés par Tempereur au concile de Bâle (i). Réclamations Dans la première période du concile de Trente, les le bréviaire Pères n'eurent pas le loisir de s'occuper de la Liturgie; et d enf a^iKie? ^^îs OU a VU plus haut que déjà des réclamations en de^hTutuJ^e f^^i^^^ avaient été déposées contre le bréviaire de Quignoprésentées au j^^^^ ^^ concile ayant été momentanément suspendu, de Trente, nous retrouvons encore des réclamations concernant la Liturgie, dans un projet de réforme dressé par Charles- Quint, à Augsbourg. On y demande que la forme des prières de l'Eglise soit ramenée aux institutions des anciens Pères ; que l'on donne à des hommes pieux et doctes le soin de purger les bréviaires de tout ce quMls contiennent d'apocryphe et de moins conforme à la pureté du culte divin (2). A la reprise du concile, sous Pie IV, on trouve dans un mémoire donné au cardinal de Lorraine, qui se rendait à Trente, en i562, l'injonction faite à ce prélat par le roi et les états généraux du royaume d'insister fortement auprès des Pères du concile sur la nécessité d'épurer le service divin, de retrancher les superstitions et de revoir les prières et les cérémonies (3). Tous ces faits qui attestent déplus en plus l'urgence de la réforme liturgique
pro affectu cujuslibet tractari non deceat. Prosas indoctas nuperius missalibus caeco quodam judicio invectas prasterniittere per nos liceret. Videbimur ergo operae pretium. facturi , si Missalia perinde atque Breviaria pervideri curemus, ut amputatis tantum superfluis, et quae superstitiosius invecta videri possint, ea tantum, quas dignitati Ecclesias et priscis institutis consentanea fuerint relinquantur. (Ibidem.)
(i) Breviaria et Missalia expurganda, resecandaque omnia quœ non ex divinis sint desumpta Litteris, et taediosam prolixitatem psalmorum et orationum, habito delectu, contrahendam. Articul. XIL [Vid. Grandcolas, Commentaire hist. sur le Brév. Rom., tom. I, pag. 20.)
(2) Breviarium in formam precum et orationum ab antiquis Ecclesiae
Patribus et rectoribus traditampraescriptamque redigendum; insuper apocrypha, parumque ad sincerum cultum pertinentia a Breviariis resecanda.
[Vid. Benedict. XIV, De Canoni^atione Sanctoriim,\\h. IV, part. II, cap. j3. (3) Histoire ecclés . de Fleury . Continuation. Tom. XXXIII, pag. 14.
RÉFORME CATHOLIQUE DE LA LITURGIE 4l3
et le zèle que les peuples catholiques mettaient encore au i partie