EN ESPAGNE ET EN PORTUGAL
introduits en Espagne, mais pénétrèrent dans les vastes ^ partie
i^ c) ' r ^ CHAPITRE XV
colonies qui se rattachaient à cette puissante métropôle.
Conformément aux maximes du droit public catho- Donnant
I'gxcitidIc du
lique, saint Pie V n'avait pas jugé à propos de placer la respect pour la prière pour le roi dans le canon de la messe : c^était au ^'ÉgUse^ Siège apostolique à déterminer quels étaient les princes, ^^^oui^tte^^ en communion avec lui, qu'il fallait considérer comme humblement
^ ^ de saint Pie V
véritablement investis du droit de commander à des chré- le privilège ^
d'être nomme
tiens. Le roi d'Espagne, malgré son titre de roi catholique^ au canon de la
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n avait pas ete excepte. Philippe II, ce monarque si ner, pape et l'évêque
1 / , . , . VI". dans toutes
ne dédaigna pas de se mettre en instances auprès de saint les églises de Pie V, pour obtenir que cette parole Pro rege nostro fût ^^^ Etats, insérée à la suite de la prière pour le pape et Tévêque dans les missels destinés à l'usage des églises d'Espagne, et le pontife octroya sa demande (i). Quand on se remet en mémoire la puissance colossale de Philippe II, on est bien obligé de convenir qu'il donna dans cette occasion l'un des plus grands exemples de respect pour la liberté religieuse qui aient jamais été offerts par un souverain. Si nous ajoutions que, tout tyran absolu qu'il était^ Philippe II laissait volontiers enseigner et prêcher à ses théologiens la doctrine de l'amissibilité du pouvoir, le droit du souverain Pontife et de l'Eglise de corriger et même de déposer les princes qui abusent de leur autorité, peut-être que cette seule remarque suffirait auprès de quelques gens sensés pour leur faire comprendre que, bien qu'il ait été en butte aux malédictions des écrivains de la Réforme, et des historiens beaux esprits du xviii^ siècle, le Démon du midi n'a pas été tout à fait dépourvu de cette moralité et de ce désintéressement que les peuples désirent, mais n'espèrent pas toujours rencontrer dans leurs souverains. Nous verrons, d'ici à quelques pages, un autre gouverne-
(i) Gavanti, Thésaurus sacrorum Rituum, tom. I, 40, pag. 286.
INSTITUTIONS mcnt pkcé dans une situation analogue, et on jugera
LITURGIQUES ■*■ O 7 ; o
lequel, du Français ou de l'Espagnol, s'entendait le mieux, au XVI® siècle, en fait de liberté religieuse. Le Saint-Siège Philippe obtint aussi du Saint-Siège la permission, pour
permet en i a -, i • . ,, .
même temps tous les pretres de sa dommation, d ajouter aux oraisons
d'ajouter aux , , a j , , i i • /
oraisons de la de la lîiesse, même dans les plus grandes solennités^ une
"^de^demandes^^ suite de demandes que l'on trouve dans les missels espa-
toLilYe^esoins g^^^^ ^^ ^^'^ expriment avec énergie et simplicité tous les
^.^ f^Y?^^^^ besoins du royaume catholique, en même temps que cette
concession, unique dans les fastes de la Liturgie, est une
preuve du grand amour de Rome pour une église qui lui
a gardé longtemps une si forte fidélité (i).
Concession de Enfin, on trouve en tête du Propre des saints^ publié en
nombreux --j t ^ t>'-- • d
offices propres à manière de supplément au Bréviaire romain, pour lusage .spagne. j^^ églises d' Espagne, un bref de Grégoire XIII, qui accorde à ces églises la faculté de célébrer la fête d'un grand nombre de saints chers à TEspagne, par manière de compensation à l'extinction générale de tous les bréviaires diocésains de ce pays. Ce bref, qui est du 3o décembre iSyS, fut rendu à la demande de Philippe II. Le recueil auquel il sert comme de préface, renferme le noble et patriotique office de saint Jacques, patron du royaume catholique, et celui non moins intéressant du Triomphe de la sainte Croix ^ au i6 juillet, anniversaire de la fameuse victoire de Las navas de Tolosa.
Le Portugal, Le Portugal inaugura avec la même fidélité que l'Es-
soumis alors a '^
Philippe II, admet la liturgie réformée et la (i) Voici cette prière qui s'ajoute, sub eadem concîusione , non-seule-
lait pénétrer ment à la collecte, mais même à la secrète et à la postcommunion : dans ses colonies. << Et famulos tuos Papam nostrum N., Antistitem nostrum N., Regem
nostrum N., Reginam et Principem cum proie regia, populo sibi com-
misso , et exercitu suo ab omni adversitate custodi : pacem et salutem
' nostris concède temporibus; et ab Ecclesia tua cunctam repelle nequi-
tiam, et gentes paganorum et haereticorum dexterae tuse potentia con-
terantur; et captivos Christianos, qui in Saracenorum potestate deti-
nentur, tua misericordia liberare, et fructus terrae dare et conservare
di2;neris... »
I PARTIE CHAPITRE XV