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EN ESPAGNE ET EN PORTUGAL

pagne les livres de la liturgie réformée, et les fit pénétrer tout aussitôt dans ses colonies des Indes orientales et occidentales. Les volontés de Philippe II retentissaient alors dans la Péninsule tout entière ; cependant nous sommes en mesure de signaler au moins une exception à l'admission du bréviaire purement romain. C'est dans cette Église de Brague, dont le siése était occupé, à L'Eglise de

.1 . r T^ T-. 1 ' Brague conserve

répoque du concile de Trente, par le fameux D. Barthe- ses usages

, ,. „ ... , , . . diocésains.

lemy des Martyrs, que Zaccaria signale un bréviaire sous le titre diocésain de l'an 1634. Nous ignorons si, depuis cette époque, les livres de saint Pie V ont été introduits dans cette Eglise ; nous avons même lieu d'en douter, connaissant de science certaine que, dans plusieurs lieux du Portugal, on garde encore, même à la messe, certains usages totalement distincts de ceux du missel romain. Au reste, ce bréviaire de Brague, s'il existe encore, ne saurait être autre que le romain, avec quelques particularités, et un Propre fondu sous le même titre.

Si maintenant nous passons en France, le pays de tout L'anarchie

,,^ -1 XI 1- • 11/1- 1 liturgique delà

1 Occident ou les usages liturgiques actuels s éloignent le France est de

plus de ceux de Rome, il nous faut examiner si cette diffé- ^fa tfuUe de

rence est ancienne et remonte au-delà de la bulle de saint ^^é"é misel^

Pie V. Malheureusement, ce que nous avons à dire de exécution dans

' ^ notre pays,

cette Édise contraste avec ce que nous avons jusqu'ici souvent en

'^ . sacrmant des

rapporté de toutes les autres. Les églises de France, à usages

vénérables et

l'époque de la publication de la bulle, avaient une Litur- légitimes.

gie formée de la romaine introduite par Charlemagne, et

de ces usages particuliers qu'elles y avaient ajoutés,

ensemble qui leur faisait honneur aux yeux de toute

l'Europe, et qu'elles pouvaient conserver légitimement,

aux termes de la bulle ; or, voilà qu'aujourd'hui, dans

ces mêmes églises, on ne trouve plus rien qui rappelle

cette ancienne gloire de la patrie ; d'un autre côté, on est

plus éloigné encore d'y rencontrer les livres romains de

la réforme de saint Pie V. L'Église de France remontant

INSTITUTIONS ycrs soii berccau, aurait-elle osé, malgré la défense de

Charlemagne et des pontifes Etienne et Adrien, inaugurer de nouveau l'antique Liturgie gallicane des Hilaire et des Grégoire de Tours ? Hélas ! non. Ce que l'on chante aujourd'hui dans nos églises, a moins de rapport encore avec le rite gallican dont nous avons parlé ailleurs honorablement, que ce rite n'en aurait avec la Liturgie romaine elle-même. Tout est sorti du cerveau de certains hommes dont quelques-uns vivent encore. Mais avant de raconter cette lamentable histoire, dans laquelle nous verrons foulés aux pieds tous les principes admis par l'Église, en matière liturgique, dans tous les siècles précédents, nous avons un tableau bien différent à offrir à nos lecteurs : celui de l'Eglise de France travaillant, de concert avec le Siège apostolique, à consolider l'unité liturgique dans son sein. Nous avons à répondre par des faits imposants et incontestables à ceux qui ont osé soutenir que la huile de saint Pie V n avait pas été reçue en France.

L'Université de Nous rappellerons d'abord à nos lecteurs la vigoureuse

Pans persévère -i^ •

dans sa orthodoxie que déploya, sur la doctrme liturgique, l'Uni-

viffoureuse

orthodoxie en versité de Paris, dans la censure du bréviaire de Quignoliturgique, nez. Elle avait déjà fait paraître un zèle semblable en ssert^ons ^des flétrissant les assertions audacieuses de Lefèvre d'Étaples

asser no"' sur sainte

novateurs g^j. sainte Marie-Madeleine, et d'Érasme sur saint Denys

Madeleine et l'Aréopagite, questions qui intéressent à un si haut point l'Aréopagite, les traditions de la Liturgie. Elle veillait en même temps

et dénonce les , . , . . ^ ..,,,. .

nouveautés sur les ^diverses éditions qu'on faisait des bréviaires dio-

introduites dans , . ' , , . , . ....

le bréviaire cesains, et deuonçait energiquement toutes tentatives d inen 1329. novation par lesquelles des esprits inquiets auraient cherche à altérer le dépôt de Tantique Liturgie. C'est ainsi qu'en 1629, elle dénonça au chapitre de la cathédrale de Soissons les nouveautés qu'on avait glissées dans une nouvelle édition du bréviaire de cette égUse. « On a, dit « la Sorbonne, introduit dans ce bréviaire beaucoup de

(( choses étrangères et éloignées du commun usage de i partie

, ^ f ^ ^^ ^ CHAPITRE XV

u l'Eglise. Si Ton n^ portait remède, il en pourrait faci-

« lement résulter un schisme odieux et funeste dans « rÉglise gallicane. Si cela arrivait, votre nom maintece nant glorieux serait souillé d'une tache que de longs «siècles pourraient à peine effacer; c'est donc à vous « de vous opposer à un si grand mal, avant qu'il ne « s'étende davantage (i). »

Les docteurs expriment avec plus de précision leurs Censure d'une

• • IV • 1 L-T ' j 1 T • • ^ jj édition du

prmcipes sur 1 mviolabilite de la Liturgie, a propos a une bréviaire

,j. . j 1 / . • j,^ 1' j - 1 d'Orléans en

édition du bréviaire d Orléans, dans une censure en règle 1548.

qui est de 1548. Entre autres reproches caractéristiques

qu'ils font à ce livre, on remarque les suivants : « On a

« retranché dans ce bréviaire beaucoup de leçons des

« matines en tout ou en partie, en sorte que des fêtes

« de neuf leçons sont réduites à trois, et des fêtes de

« trois leçons n'ont plus qu'une simple mémoire. Quand

« ces changements n'ont pas eu lieu, [les leçons ont été

« tronquées, les unes au commencement, les autres

« au milieu, d'autres à la fin. La plupart du temps, on

« a retranché les miracles des saints, leurs mérites,

« leurs invocations. On 'a fait disparaître plusieurs choses

« qui étaient propres à confirmer le dogme de l'Eucha-

« ristie, savoir, dans les histoires de saint Grégoire, de

« saint Benoît, de saint Ambroise et de sainte Marie

« Egyptienne. Plusieurs traits importants pour Tédifica-

« tion ont été élagués, comme le récit des jeûnes, des

« macérations des saints, les fondations et dotations

« d'églises faites par eux, par exemple, dans les fêtes de

« saint Antoine, saint Siméon Stylite, saint Louis, sainte

« Geneviève et autres. On a supprimé les hymnes propres

« des saints, leurs antiennes et suffrages, pour renvoyer

« le tout au commun, ce qui a eu lieu même dans les

(i) Vid. la Note C.

« fêtes particulières à l'église d'Orléans. Il est à craindre

« que toutes ces choses ne produisent dans les fidèles la

« diminution, peut-être même l'extinction de la piété envers

« les saints. Les choses que Ton a retranchées pouvaient

« servir à édifier les fidèles dans la foi et les mœurs, et à

« combattre Thérésie ; ce changement est donc une chose

« imprudente, téméraire et scandaleuse, et donne même

« quelque lieu de soupçonner l'envie de favoriser les

« hérétiques (1). »

L'Église de Telle était l'opinion de l'Université de Paris, au xvi« siê-

France 1 i • • '

reconnaît dans cle, sur les innovations en matière de Liturgie. L'Eglise

ses conciles j t-. .^ , . .

l'obiigationdese de France tout entière n avait pas d'autres principes,

soumettre i j u • • t , , . . - . , ,^

à la bulle de lo^s de 1 apparition du bréviaire et du missel réformés.

^procfam7k^ Elle reconnut tout d'abord la supériorité de ces livres

Hvr^es"''réformés ^^^ ^^^^ ^^^ étaient en usage dans le royaume, et comme,

sur ceux du à Cette époque, elle avait encore le droit de se réunir en

roy au me .

conciles provinciaux, on entendit ces saintes assemblées, en même temps qu'elles réclamaient avec fermeté l'exécution des décrets du saint concile de Trente, proclamer la nécessité de se soumettre à la bulle de saint Pie V. Le concile de Le premier de ces conciles est celui qui fut tenu à

Rouen de i58i -do

ordonne à tous Rouen, en i58i, par Tarchevêque Charles de Bourbon,

les évêques , . . , , ^

de la province et auquel assistaient les eveques de Bayeux, de Séez,

leurs^ ^[^es d'Evreux, de Lisieux, et les procureurs des chapitres

conformément ^'Avranches et de Coutances, etc. Au chapitre deuxième,

constituions de ^^ ^^^^^^ divino in génère, le concile recommande aux

t'ie V. évêques d'examiner avec le plus grand soin les bréviaires,

missels, manuels et autres livres ecclésiastiques, dans la

crainte qu'ils ne contiennent quelque chose de contraire à

la doctrine catholique ou aux vraies histoires des saints,

ou quelque chose encore qui tienne du sortilège ou s'écarte

de la discipline ecclésiastique et de la sainteté des mœurs.

Les évêques devront procurer l'impression et la correction

(i) Vid, la Note D.

I PARTIE

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