REVISION DU MISSEL ROMAIN
INSTITUTIONS Dcux EHs après, le même pontife publiait, sous la date
LITURGIQUES. r ^ JT r '
du 7 juillet 1604, un nouveau bref qui commence par ces Clément VIII mots : Cum sanctissimum. pour la révision du missel.
publie . . ,.v , .
le 7 juillet 1604 Ce livre avait déjà souffert des altérations, en plus grand corrigée du nombre même que le bréviaire. Clément VIII se plaint,
Missel romain , ^ i , '*. ' a' ^^ ^ • '
qui avait subi entre autres choses^ qu on avait indiscrètement corrige, altéfatlon^s d^après la version de la Bible de saint Jérôme, un grand ^^^Pp-'^ Y^^^^^ nombre à^introït^ de graduels et d'offertoires ,qui étaient de la plus haute antiquité dans l'Église, puisqu'ils étaient tirés de l'ancienne Vulgate ; qu'on avait bouleversé plusieurs épîtres et évangiles; en un mot, qu'on avait introduit plusieurs modifications, sans autorité comme^sans discernement. Il dit ensuite qu'il a donné le soin de revoir et de corriger ledit missel, à une commission formée des cardinaux les plus érudits et d'autres gens habiles, lesquels ont non-seulement rétabli, dans les endroits oùil en était besoin, l'ancienne leçon sur la foi des plus graves exemplaires, mais ont fait plusieurs améliorations, particulièrement à l'article des rubriques, qu'ils ont développées et éclaircies en plusieurs endroits. Le pontife charge ensuite les inquisiteurs et les évêques de veiller à la pureté des exemplaires qui seront imprimés dans les lieux de leur juridiction, statuant les mêmes peines, au cas de contravention, tant pour lesdits inquisiteurs et évêques, que pour les imprimeurs eux-mêmes, qui sont dénoncées dans le bref cité plus haut pour la nouvelle édition du bréviaire (i). Nous examinerons, dans une partie spéciale de cet ouvrage, la manière dont on se conforme en France aux volontés de Clément VIII. Ses deux constitutions ne sauraient y être inconnues, puisqu'on les trouve imprimées en entier, ou en abrégé, en tête de tous les missels et bréviaires romains publiés depuis deux siècles, tant à Paris que dans les autres villes du royaume.
(i) Bullarium Romanum. Edit. Luxemb., tom. III^ pag. 174.
Tels furent les travaux de Clément VIII pour la réforme de la Liturgie; ils furent dignes de ce grand pontife et de ses prédécesseurs. La commission dont il est question dans les lettres apostoliques que nous venons de citer, se composait, au rapport de Merati (i): des cardinaux César Baronius, Sylvius Antonianus et Robert Bellarmin, auxquels furent adjoints Louis de Torrès, archevêque de Montréal et depuis cardinal ; Jean-Baptiste Bandini, chanoine de Saint-Pierre; Michel Ghisleri, théatin, et l'illustre Barthélemi Gavanti, Milanais, des clercs réguliers de Saint-Paul. On ne pouvait sans doute réunir des noms plus imposants, et mettre les rites sacrés sous la sauvegarde d'hommes plus recommandables par leur science et leur piété.
Nous allons maintenant donner la liste des auteurs du XVI® siècle qui se sont occupés de la Liturgie.
{i5oi). Jacques Wimpheling, prêtre du diocèse de Spire, composa, à la demande de son évêque, un office de la Compassion de la sainte Vierge, et dédia à ce prélat un poëme de Laudibus et Cœremoniis Ecclesiœ. Il a laissé aussi un traité sur les auteurs des hymnes et des séquences.
(i5i6). Josse Clichtoûe, docteur de Paris, est auteur de l'excellent commentaire liturgique si connu sous le titre de Elucidatorium ecclesiasticum^ dans lequel il explique les hymmes, les cantiques, le canon de la messe et autres prières ecclésiastiques, et enfin les proses. On rencontre encore assez facilement aujourd'hui ce précieux ouvrage, qui n'a pas été réimprimé depuis plus de deux siècles. Beaucoup de points de la Liturgie sont traités, dans un autre ouvrage de Clichtoûe, intitulé : Anti- Luther us, et dans ses autres écrits contre la réforme, qui sont tous fort remarquables pour le temps.
(i52o). Albert Castellani, Vénitien, de l'ordre des frères
(i) Thésaurus s acrorum Rituum, tom. III, 40J pag. 22.
I PARTIE