‹ Institutions liturgiquesChapitre 23 sur 195 · PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION LXIII · texte numérisé non relu

PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION LXIII

liturgiques de Dom Guéranger : et à ce titre, c'est une des meilleures lectures que l'on puisse conseiller aux jeunes clercs. En étudiant cet ouvrage, ils apprendront ce que c'est qu'un travail d'érudition, et en voyant des horizons tout nouveaux s'ouvrir devant eux, ils entendront le cri éloquent d'une âme généreuse et sainte, dévorée de Tamour de FÉglise et transportée d'enthousiasme pour le culte divin. On trouverait difficilement un livre plus propre à communiquer ces deux grandes passions, sans lesquelles il n'y a pas d'âme vraiment sacerdotale ; et nous oserons dire que les Institutions liturgiques peuvent être à ce point de vue plus utiles aux élèves du sanctuaire, que certains livres ascétiques, accrédités par des usages séculaires.

On s'étonnera peut-être que Dom Guéranger n'ait pas Projets de

Dom Guéranger

réimprimé lui-même un ouvrage qui eut un si éclatant P^ur une

^ o 1 refonte de

succès. Chacun des trois volumes des Institutions^ tiré à ^^j^f^j^^^iT^ trois mille exemplaires^ fut presque immédiatement épuisé; , les brochures, que nous réunissons dans un quatrième volume, sont depuis longtemps introuvables. QuoiquHl en fût souvent sollicité, Dom Guéranger ne réédita pas cet ouvrage, parce qu'il voulait le refaire. Comme tous les auteurs qui marchent les premiers dans une voie inexplorée, Tabbé de Solesmes avait été nécessairement incomplet. Dans la préface de son troisième volume, il déclarait déjà qu'il était en mesure de remplir les lacunes de son histoire de la révolution liturgique en France au xviii® siècle (i); presque toutes les autres parties de son travail devaient être augmentées de même, dans une propor-

(i) Institutions Uturgiques, t. III, p. xLiir, î^e édit.

LXIV INSTITUTIONS LITURGIQQES

tion plus OU moins considérable; et ce que le vénérable abbé disait en 1 85 1, il le répétait à plus forte raison en 1874, dans les derniers jours de sa laborieuse carrière. Il parlait alors quelquefois de la refonte de ses Institutions liturgiques comme de l'œuvre qu'il réservait pour les heures paisibles de l'extrême vieillesse. Dieu ne lui a pas donné la longévité que rêvait la tendresse de ses fils et que tant de travaux commencés réclamaient pour être menés à terme ; les Institutions liturgiques sont restées telles qu'il les a composées en premier jet, et c'est ainsi que nous les publions de nouveau. C'est un ouvrage qui est encore unique en son genre et qui a sa place marquée dans la bibliothèque de tout homme voué aux études ecclésiastiques et même simplement historiques.

On pourrait sans doute, après Dom Guéranger et en suivant ses traces, refaire l'histoire de la Liturgie, spécialement pour la France du xviii^ siècle ; ce serait l'œuvre d'une vie entière. Les Institutions liturgiques n'en resteront pas moins à leur place parmi les travaux les plus considérables de l'érudition ecclésiastique. Non-seulement on les consultera^ mais on les relira comme un modèle de polémique incisive et souvent éloquente, toujours exacte et grave. Elles resteront comme le monument de cette révolution liturgique, qui est un des principaux événements de Thistoirejeligieuse de notre siècle. La restauration de la Liturgie romaine en France a été le prélude du concile du Vatican et de la ruine définitive du gallicanisme ; or, de l'aveu de tous, amis et ennemis, cette restauration est l'œuvre de Dom Guéranger, et c'est par les Institutions liturgiques qu'il l'a opérée. L'avenir

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