‹ Institutions liturgiquesChapitre 22 sur 195 · PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION LXI · texte numérisé non relu

PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION LXI

prêtre la clef de son missel et de son bréviaire (i). Aucun des monuments d'érudition, qui font l'ornement de nos bibliothèques, ne peut tenir lieu de cet ouvrage si modeste en apparence ; et nous ne craignons pas d'être abusé par notre tendresse filiale, en disant que les deux» œuvres inachevées de Dom Guéranger sont deux manuels indispensables pour former un liturgiste digne de ce nom. Les Institutions renferment, avec l'histoire deJaLiturgie, un immense amas de notions fondamentales et d'indica- '

tions bibliographiques qu'aucun autre livre ne présente ; elles sont ainsi une introduction à peu près complète à la science des rites sacrés, dont F Année liturgique^ de son côté, dévoile en grande partie les mystères. En étudiant à fond ces deux ouvrages, on acquiert le sens des études liturgiques ; on apprend de quel côté il faut attaquer les questions et à quelles sources on doit recourir ; dès le premier pas, on entrevoit la solution, quand on ne la possède pas déjà complète ; on se pénètre surtout de ce respect pour les choses saintes, de cette piété à la fois ardente et intelligente, de cet enthousiasme pour le culte divin, sans lesquels on n'aura jamais le secret de la science liturgique.

Depuis le rétablissement du rite romain en France, des Nécessité

de donner une

direction nouvelle aux (i) L'Année liturgique, éditée chez MM. Oudin frères, à Poitiers et à études

Paris, 68, rue Bonaparte, est divisée en sections, selon les temps de l'année i„ PrL'^r^^ ecclésiastique: la première est VAvent, qui comprend un seul volume, la deuxième le Temps de Noël en offre deux ; les trois sections suivantes, la Septuagésime, le Carême et le Temps de la Passion, n'ont qu'un volume chacune; la dernière, le Temps pascal en a trois. L'ouvrage sera continué par trois volumes qui achèveront l'explication de l'année ecclésiastique; les âmes pieuses jouiront bientôt du premier et y retrouveront avec bonheur un reflet de la doctrine et de l'inspiration de Dom Guéranger.

en France.

Lxn INSTITUTIONS LITURGIQUES

travaux estimables ont été exécutés sur la partie purement matérielle des rubriques et du cérémonial. Ces études préliminaires étaient indispensables, puisqu'il fallait renouer une tradition pratique, brisée depuis plus d'un siècle ; mais il serait temps de comprendre que pour être liturgiste, ce n'est pas assez de posséder à fond les cérémoniaux accrédités présentement à Rome, de connaître Gavanti et quelques autres rubricistes, de consulter enfin avec un soin minutieux les moindres décrets de la Congrégation des Rites. C'est là sans doute le premier pas ; ce travail donne le squelette de la science, mais non la science elle-même, et un rubriciste consommé arrive quelquefois à n'en pas avoir l'idée. On n'est liturgiste qu'à la condition de faire pour les rites sacrés ce que l'interprète des livres saints fait pour l'Écriture, d'appeler à son secours toutes les ressources de l'érudition pour expliquer le sens du texte, de briser l'écorce de la lettre pour saisir l'esprit. La moindre des cérémonies a un sens et une histoire qu'il faut rechercher dans la tradition. De la Liturgie de saint Pie V, on doit remonter aux commentateurs et aux monuments liturgiques du moyen âge pour arriver aux sources grégoriennes et atteindre jusqu'aux premiers écrits des Pères et à l'Écriture sainte elle-même. La théologie, l'histoire, l'archéologie doivent être sans cesse mises à contribution ; et alors la science des rites sacrés apparaît sur les lèvres ou la plume de son interprète ce qu'elle est en réalité, la noble sœur et l'indispensable auxiliaire de l'exégèse biblique et de la théologie. Aucun écrit ne fera mieux comprendre l'importance et la sublimité de ces études que les Institutions

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