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PREFACE DE L AUTEUR LXXIII

enseignement ecclésiastique, nous avons pris la tâche difficile, et non encore tentée avant nous, de donner l'histoire générale de la Liturgie. Nous la conduisons dans ce premier volume jusqulà l'ouverture du xvn® siècle. Dans ce récit, nous avons fait entrer un grand nombre de détails qu'il nous eût été impossible de placer ailleurs, et dont la connaissance et l'appréciation étaient indispensables pour l'intelligence de la Liturgie considérée tant en général qu'en particulier.

En rédigeant cette importante partie de notre travail. Cette

introduction

nous n'avons pas tardé à reconnaître que ce coup d'œil historique

accompagnée de

historique serait insuffisant, si nous n'y faisions pas , ..î^'^^^^^s, .

^ 7 j jT bibliographi-

entrer une notice chronologique et bibliographique des ^^J^sameur"^ auteurs qui ont traité de la Liturgie, ou composé les for- iiturgistes. mules liturgiques. Nous avons, pour cette partie, profité de Texcellente jB/^//o/^^ca ritualis de l'illustre Zaccaria, à laquelle, du reste, nous avons ajouté plus de quatre-vingts auteurs, pour les seize premiers siècles seulement fi). Nous avons réduit ces sortes de notices à la plus petite dimension possible, pour ne pas trop grossir le volume, et dans les articles qui nous sont communs avec Zaccaria, de même que nous n'avons pas toujours inséré les livres qu'il cite, ainsi nous en avons plus d'une fois produit qui lui étaient échappés.

(i) Parmi les Liturgistes oubliés par Zaccaria et que nous avons recueillis, nous citerons Victorin, Prudence, saint Paulin, Sedulius, Cassien, saint Césaire, Chilpéric, saint Léon II, saint Chrodegang, Charlemagne, Helisacar, Loup de Ferrières, Charles le Chauve, Foulques II d'Anjou, Guy d'Auxerre, Hartmann, Ekkehart, Létalde, Adelbode, Alphane, Marbode, Guigues, Abailard, Adam de Saint-Victor, Maurice de Sully, Cenci de Sabelli, Alain de Lille, le B. Charles de Blois, Claude de Sainctes, Galesini, Erasme, Democharès, Muret, Silvio Antoniani, etc.

Plan général L'histoirc liturgique de l'Église que nous devons con-

de l'ouvrage. . , . ,

duire jusqu'au xix® siècle étant terminée, nous commençons à traiter les matières spéciales. A la suite des notions nécessaires sur les livres de la Liturgie, sur le calendrier, sur le partage du temps et ses mystères dans la Liturgie, nous passons à l'explication des traditions et des symboles contenus tant dans la partie mobile de l'année ecclésiastique que dans la partie immobile de ce cycle merveilleux.

Le sacrifice chrétien est ensuite traité avec tous les détails qui peuvent contribuer à bien faire connaître ce centre divin de toute la Liturgie. Nous venons, après cela, aux traditions qui concernent les Sacrements, ces sept sources de grâce desquelles émane sans cesse le salut du peuple chrétien. L'ensemble imposant des Sacramentaux attire ensuite notre attention, et nous fournit l'occasion de montrer la réhabilitation universelle de l'œuvre de Dieu par la vertu de la Croix^ d'où découle le divin pouvoir de l'Église. Une dernière partie comprend les Actes et Fonctions liturgiques qui ne se rangent pas sous les divisions que nous venons d'indiquer. Des traités Après avoir développé en détail toutes les parties de

spéciaux

compléteront ^^tte Somme, nous la faisons suivre de plusieurs traités

les Institutions. ■*

spéciaux dans lesquels nous examinons : i*^ les règles de

la symbolique en matière de Liturgie ; 2° la langue et le style de la Liturgie ; 3° le droit de la Liturgie ; 4° l'autorité de la Liturgie, comme moyen d'enseignement dans TEglise, et nous terminons cette dernière subdivision de notre sujet par un petit travail dans lequel, sous le titre de Theologia litiirgica, nous avons rangé par ordre de

romaine.

PRÉFACE DE l' AUTEUR LXXV

matières tout ce que la Liturgie, telle que Rome la promulgue aujourd'hui, renferme de secours pour Téclaircissement du dogme et de la morale catholiques.

Telle est la tâche que nous nous sommes imposée : que L'auteur

se déclare le

Dieu nous donne delà remplir d'une manière suffisante ! , champion

^ de la Liturgie

Cet ouvrage, fruit de douze années d'études^ touche un nombre immense de questions ; sa manière est totalement neuve ; ses principes généraux et ses règles d'application sont pris, et devaient l'être, dans un ensemble positif qui, de fait et de droit, est souvent en désaccord avec les idées reçues dans le pays où nous écrivons. Faut-il le dire ? nous sommes tout Romain. On ne nous en fera sans doute pas un crime. Depuis assez longtemps il est d'usage de dire en France que les livres liturgiques de Rome ne sont point à la hauteur de notre civilisation religieuse. Il y a un siècle que nous en avons fait la critique la plus sanglante en les répudiant en masse et bâtissant à priori des offices nouveaux, qui sont en désaccord complet avec ceux de la Mère des Églises, jusque dans les fêtes mêmes de Pâques et de la Pentecôte. Qu'il soit donc permis de relever le gant, de se faire un instant le champion de l'Eglise romaine et de toutes celles de l'Occident (i), qui chantent encore et sans doute chanteront jusqu'à la fin des temps les offices que saint Grégoire le Grand recueillit, il y a douze siècles, entre ceux que les pontifes ses prédécesseurs avaient composés. Après tout, n'est-ce pas une chose louable que de faire l'apologie de Tunité dans les choses de la religion ? Est-il donc des points sur lesquels

(i) Milan excepté, et six ou sept églises à Tolède, dont la Liturgie est antique et approuvée.

LXXVI INSTFTUTIONS LITURGIQUES

elle deviendrait dangereuse ? N'a-t-elle pas existé, n'existait-elle pas, cette unité liturgique, en France, encore au xvii^ siècle ? Depuis que nous l'avons rompue, notre Église a-t-elle éprouvé tant de prospérités ? Engagement Qu'on ne soit donc pas surpris si, dans cet ouvrage, ^oSteTies '^ nous abondons dans le sens de la Liturgie romaine; que

objections qui , , , . • n

pourraient être si quelqu uu le trouvait mauvais, qu il nous attaque.

laites contre cet

ouvrage. Nous tâcherons de le satisfaire, et afin que le public demeure juge de la controverse, nous nous engageons à placer et les objections et les]réponses en tète du volume qui suivra celui dont on aura combattu les faits ou les principes.

Réaction Maintenant, c'est la grande mode de se porter défen-

inespérée en j, • • ^ ' • u ui

France seur de toute sorte d antiquités ; une nuée innombrable

dans le sens

de la d'archéologues s'est levée sur le pays, et nos monuments,

conservation ^

des monuments religieux surtout, sont désormais à l'abri non-seulement

de l'architecture ^ ^

et^nationaîe ^^ ^^ destruction, mais de toute mutilation, de toute réparation indiscrète. Le plus bel accord règne sur ce point entre nos autorités civiles et ecclésiastiques, et grâce à une révolution si subite et si inespérée, la France jouira, de longs siècles encore, des trophées de son antique gloire dans les arts catholiques. Il y a là, sans doute, de quoi rendre à Dieu de vives actions de grâces. Quand, en 1 832, nous autres, pauvres prêtres inconnus, arrachions aux mains des démolisseurs l'admirable monument de Solesmes, qui demandait grâce au pays depuis tant d'années, nous étions loin de penser que nous étions à la veille d'une réaction universelle dont le résultat devait être la conservation passionnée de tous les débris de notre ancienne architecture religieuse et nationale.

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