CHAPITRE II
DE LA LITURGIE l3
renferme ce trésor sont loin de répondre à la bonne volonté qu'on déploie. Toute science, en général, est rebelle à qui ne Ta pas étudiée, et celle des rites catholiques demande par-dessus tout une application profonde et non partagée, puisque tout y est à la fois ou mystique, ou positif. Entrevoir une certaine couleur générale de haute et gracieuse poésie, construire sur ces éléments un récit plus ou moins agréable, c'est chose facile, puisque c'est chose superficielle ; mais la science n'est pas là. Les populations dont vous dépeignez les mœurs n'auraient peut-être pas comme vous analysé toute cette poésie ; mais elles savaient pourquoi elles agissaient, quelles croyances elles exprimaient dans tel ou tel symbole ; et vous, vous ne le savez pas, faute de connaître l'économie si vaste et si populaire du catholicisme.
Si l'étude de la Liturgie est nécessaire à l'historien de Elle s'impose
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mœurs et a lantiquaire, elle ne 1 est pas moms a 1 artiste, aux artistes, Mais qui sait aujourd'hui que tous les arts, architecture, peinture, sculpture, musique, sont tributaires de la Liturgie, et par elle du catholicisme ? Quel artiste le sait, hors Cornélius et Overbeck en Allemagne, et quelques jeunes talents méconnus en France ? Cependant la Liturgie seule a le secret de la construction des temples ; elle seule sait architectes, combien de mystères devront exprimer les portes, les fenêtres, les colonnes, les chapelles, les tours ou flèches, les distributions de l'édifice. Elle seule sait et peut dire au peintre sous quels emblèmes fixés par les décrets ecclésias- peintres, tiques les mystères doivent être représentés, avec quels attributs les saints et les saintes seront reconnus tout aussitôt et invoqués par la foi des fidèles. Elle seule peut lui faire éviter ces hideux anachronismes de costume sacerdotal, que l'on voit pompeusement étalés sur les grandes toiles qui encombrent les églises de la capitale, ou les salles de l'exposition annuelle ; anachronismes quelquefois d'autant plus risibles, qu'ils sont les résultats d'une étude
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musiciens.