‹ Institutions liturgiquesChapitre 52 sur 195 · par Constantin · texte numérisé non relu

par Constantin

vases sacres et autres dons qui entouraient 1 autel, dans la basilique du Saint-Sépulcre, la Providence a permis du moins que Finventaire de plusieurs églises de Rome, au même siècle, parvînt jusqu'à nous, pour nous dédommager en quelque sorte de ce que la négligence des historiens nous a fait perdre. L'importante chronique, connue sous le nom de Liber pontijîcalis^ dont nous avons entre-

(i) Voyez la lettre de Constantin à saint Macaire, dans Eusèbe, Vita Constant., lib. III^ cap. xxx, xxxi, xxxii.

(2) Vid. la Note B.

(3) Euseb. Vita Constant., lib. III, cap. xi..

INSTITUTIONS pns la Dublicatioii dans nos Origines de VÉglise

LITURGIQUES ^ ^ vii'ii «o-i

" ro7naine, renferme, a 1 article de saint Silvestre, la liste

des objets offerts à plusieurs églises de Rome, tant par ce saint pontife que par Constantin lui-même. On peut, d'après ces détails, se faire une idée du service divin, tel qu'il était exercé dans de^, basiliques si richement pourvues de toutes les nécessités du culte. Nous nous contenterons de donner ici quelques traits, renvoyant aux notes qui suivent ce chapitre le texte même de la Chronique. Trésor a Constantin Auguste, dit la chronique pontificale,

de la basilique /i-/^ii-i- •• r^ t ni

du Latran « édifia la basilique constantimenne (de Latran), dans it^Eiber « laquelle il mit beaucoup de vases d'or et d'argent, de

pontijica is. ^^ pierres précieuses et d'objets d'ornement. Il revêtit « l'abside d'or pur, et en garnit la partie supérieure « d'argent battu; il y plaça l'image du Sauveur assis sur « un siège, haute de 5 pieds, et pesant 120 livres; et aussi « les douze apôtres, pesant chacun 90 livres, avec des a couronnes : le tout d'argent très-pur. En face de l'abside, « une autre image du Sauveur assis sur un trône , haute « de 5 pieds, d'argent très-pur, et pesant 160 livres; « quatre anges d'argent, pesant io5 livres, ayant des escar- « boucles aux yeux, et tenant des lances terminées en « croix ; le phare ou lampadaire suspendu dans la tribune « de l'abside avec cinquante dauphins d'or très-pur, le tout « pesant, avec la chaîne, 2 5 livres; quatre couronnes d'or « très-pur, avec vingt autres dauphins servant de lampes, « le tout pesant i5 livres ; 5oo livres d'or laminé appli- « quées à la voûte de la basilique dans sa longueur et dans c( sa largeur ; sept autels d'argent très-pur, pesant chacun « 200 livres ; sept patènes d'or, pesant chacune 3o livres ; « quinze patènes d'argent, pesant chacune pareillement « 3o livres ; sept coupes de communion en or, pesant « chacune 10 livres ; une coupe particulière en métal, « couleur de corail, garnie de toutes parts d'émeraudes et « d'hyacinthes enchâssées dans de l'or, du poids de 20 livres

AU QUATRIEME SIECLE g2>

« 3 onces: vinst coupes d'argent, pesant chacune i5 livres: i partie

^ <~^ ^ O ' ^ ' CHAPITRE V

« deux ampoules en or très-pur, pesant chacune 5o livres,

ce et pouvant contenir chacune un médimne ; vingt am- « poules en argent , de même mesure et pesant i o livres ; ce quarante calices moindres, d^or très-pur, et pesant chacun « I livre ; cinquante calices moindres, destinés au minis- « tère, en argent, et pesant chacun 2 livres. v

« Dans la basilique même, hors de Tabside, devant « Tautel, un autre phare d^or très-pur, dans lequel brûle « une huile de nard sans mélange, avec Faccompagnement « de quatre-vingts dauphins, le tout du poids de 3o livres; « un phare en argent, avec cent vingt dauphins, du poids « de 5o, livres; quarante- cinq autres phares en argent « dans la grande nef de la basilique ; quarante dans la nef « latérale de droite , et trente dans celle de gauche ; cin- « quante candélabres en argent, pesant chacun 20 livres, « placés dans la grande nef ; trois grands vases d'argent ce très-pur, pesant chacun 3oo livres, et contenant chacun ce dix médimnes ; sept candélabres d'airain, pesant chacun ce 3 00 livres, destinés à être placés devant les autels, ce hauts de 10 pieds, ornés de médaillons d'argent repréce sentant les prophètes, etc. (i). »

Ce court fragment donnera une idée de la richesse des Munificence églises bâties et ornées par les empereurs : le suivant g^j^t Silvestre nous donne la mesure de la munificence d'un Pape du j^ basfuque quatrième siècle, envers une simple église fondée par lui ,^PE?!^^ dans Rome, ce Silvestre bâtit, dans la ville, une église sur d'Equitius. ce le terrain d'un certain prêtre nommé Equitius. Ce « titre, situé près des Thermes de Domitien, est appelé « encore aujourd'hui Titulus Equitii (2). Le Pape y ce offrit les dons suivants : une patène d'argent, pesant ce 20 livres, qu'il avait reçue à cet effet de Constantin

(i) Vid. la Note C

(2) On nomme maintenant cette église Saint-Silvestre-et-Saint-Martin, aVMonti, ^ '

Auguste ; deux coupes de communion en argent, pesant

chacune lo livres; un calice d'or du poids de 2 livres;

cinq calices pour le ministère, pesant chacun 2 livres;

deux ampoules d'argent, pesant chacune 10 livres; une

patène d'argent, pour le chrême, incrustée d'or et pesant

5 livres; dix lampes orries de couronnes, pesant chacune

8 livres; vingt lampes d'airain, pesant chacune 10 livres;

douze chandeliers d'airain, pour les cierges, pesant chacun

3o Uvres, etc. (i). »

Nous avons établi ailleurs l'autorité de la chronique

qui nous fournit ces détails, et fait voir qu'elle a été rédigée

successivement par plusieurs bibliothécaires du Siège

apostolique, sur les mémoires les plus anciens et les plus

Développement authentiques.

de la r^ ^ •^' • • • •

Liturgie. Les basiliques si vastes, si somptueuses, retentissaient,

le jour et la nuit, des chants du clergé et du peuple ; mais la majesté des rites allait croissant, le chant devenait plus mélodieux; les formules saintes revêtaient de jour en jour plus de grandeur et d'éloquence. Nous parlerons plus loin des diverses Liturgies tant de l'Orient que de l'Occident : leur origine première se confond avec l'origine même des églises qui les pratiquaient; mais elles recevaient de nouveaux développements à cette époque de paix. De grands évêques, illustres soit par la splendeur de leur siège, soit par leur doctrine universelle, consacraient leurs soins au perfectionnement des rites et des prières, et fécondaient, par de nouvelles inspirations, les saintes traditions de l'antiquité. Mais, comme dans les plans de la Providence , tout sert à l'accomplissement des desseins de Dieu sur son Eglise, il arriva que l'hérésie arienne, si désastreuse dans ses ravages, fut l'occasion de nouveaux développements des formes liturgiques. De même que l'hérésie, dans tous les temps, cherchera à

L'Église

s'en sert pour

combattre

l'hérésie

arienne.

(i) Vid. la Note D.

empoisonner les sources de la Liturgie, de même aussi rÉglise catholique a su, à chaque époque^ tourner contre sa mortelle ennemie cette arme toujours victorieuse. Nous noterons donc ici deux grands faits, Tun appartenant à rÉglise d'Orient, et Tautre à TEglise d'Occident, et attestant Tun et l'autre le génie tout-puissant du sacerdoce chrétien lorsqu'il faut agir sur les masses et réveiller l'énergie du peuple fidèle.

On doit savoir que durant les six premiers siècles du christianisme et au delà, la vie des chrétiens de tout âge, de tout sexe, de toute condition, était profondément empreinte des habitudes religieuses. La prière, la psalmodie, l'étude des divines Ecritures en faisait pour ainsi dire le fond : l'Eglise avait remplacé, dans les mœurs du grand nombre, le théâtre et le forum. Cette activité religieuse explique l'intérêt si violent que prit constamment le peuple aux querelles théologiques qui signalèrent cette période de l'Eglise chrétienne. L'assiduité aux offices divins, le jour et la nuit, était donc le fait principal dans la vie des chrétiens de ces siècles qu'on pourrait appeler théologiques : les témoignages de toute l'antiquité nous l'attestent : nous nous bornerons à rappeler ici ces paroles de saint Augustin au peuple d'Hippone : « Levez- « vous de grand matin pour les vigiles, réunissez-vous « pour tierce, sexte et none, avant toute occupation. Que « nul ne s'exempte de l'œuvre divin, à moins qu'il n'en soit « empêché par une infirmité, une raison d'utilité publique, « ou encore par quelque certaine et grave nécessité (i). »

La ville d'Antioche étant en proie aux ariens par la perfidie de Léonce, son évêque, deux illustres membres de cette grande église, Diodore qui fut, plus tard, évêque de

I PARTIE CHAPITRE V

Assiduité

aux offices

divins,

trait principal

de la vie

des chrétiens

dans ces

premiers siècles.

Pour lutter

avec avantage

contre

les ariens,

Diodore

(i) Ad vigilias maturius surgite ; ad tertiam, ad sextam, ad nonam ante omnia convenite. Nullus se a sancto opère subtrahat, nisiquem infirmitas, aut publica utilitas, aut forte certa et grandis nécessitas tenuerit occupatum. {Sermo LV de tempore.)

96 DE LA LITURGIE DANS l'ÉGLISE EN GENERAL

INSTITUTIONS TaFsc, ct Flavicn, qui monta depuis sur le siège épiscopal

LITURGIQUES .,, iw • 1 1 ^ ' '

de la même ville d Antioche, s opposèrent, avec une gene-

et Fiavien rosité et une vigilance infatigables, à ce torrent d'iniquités, à Andoche Voulant prémunir le peuple contre la séduction des héré- ^^aiîemTtîve^ tiques, et raffermir dans la solidité de la foi par les prati- ^^es fidTies^^^ ^^^ ^^^ P^^^ solennelles d^ la Liturgie, ils pensèrent que le moment était venu de donner une nouvelle beauté à la psalmodie. Jusqu'alors, les chantres seuls Texécutaient dans réglise, et le peuple écoutait leur voix dans le recueillement. Diodore et Fiavien divisèrent en deux chœurs toute rassemblée sainte, et instruisirent les fidèles à psalmodier, sur un chant alternatif, les cantiques de David (i). Ayant ainsi séduit saintement le peuple par cette nouvelle harmonie, ils passaient les nuits dans de saintes veilles, aux tombeaux des martyrs, et là, des milliers de bouches orthodoxes faisaient retentir des chants en Fhonneur de Dieu (2). Théodoret rapporte, à la suite de ce récit, que le chant alternatif, qui avait commencé de cette manière à Antioche, se répandit de cette ville jusqu'aux extrémités du monde (3).

Saint Jean L'Eglise de Constantinople suivit l'exemple de celle

trZnTpo?te^ d'Autioche, peu d'années après; elle y fut provoquée, Co^nsta^ntmople. P^^^ ^^^^^ ^^^^? P^^ l'insolence des ariens. Ces hérétiques, suivant l'usage de toutes les sectes, cherchant tous les moyens d'intéresser la multitude, imaginèrent de s'approprier le chant alternatif que les orthodoxes avaient récemment inauguré à Antioche. Comme, sous le règne de

(i) Hi primi psallentium choros duas in partes diviserunt; et Davidicos hymnos alternis canere docuerunt. (Théodoret, Hist. eccles., lib. II, cap. XXIV.)

(2) lidem, divinarum rerum studiosis ad martyrum basilicas congregatis, una cum illis pernoctare consueverant, Deum hymnis célébrantes. {Ibidem.)

(3) Quod quidem tune primum Antiochiœ fieri cœptum, inde ad reliquos pervasit, et ad ultimos usque terrarum fines perlatum est. (Ibidem.)

Théodose, ils avaient perdu les édises dont ils jouissaient ^ partie

^ ^ *^ ^ ' CHAPITRE V

à Constantinople, ils étaient réduits à faire leurs assemblées sous des portiques publics. Là, ils se divisaient en chœurs, et psalmodiaient alternativement, insérant dans les cantiques sacrés certaines sentences qui exprimaient leurs dogmes impies. Ils avaient coutume de faire ces assemblées aux fêtes les plus solennelles, et en outre le premier et le septième jour de chaque semaine. Ils en vinrent même à ajouter des cantiques entiers qui avaient rapport à leur querelle avec les catholiques ; un de ces chants commençait ainsi : Où sont maintenant ceux qui disent que trois sont une puissance unique? Saint Jean Chrysostome, craignant avec raison que quelques-uns de son peuple, séduits par ces nouvelles formes liturgiques, ne courussent risque d^être pervertis, exhorta les fidèles à imiter ce chant alternatif. En peu de temps, ils ne tardèrent pas à surpasser les hérétiques, et par la mélodie qu'ils mettaient à exécuter les chants, et par la pompe avec laquelle TEglise entière de Constantinople, marchant avec des croix d'argent, et portant des cierges, inaugurait ce nouveau mode de psalmodie (i).

En Occident , le chant alternatif des psaumes avait Cette heureuse

y . . ^ ^ innovation

commencé dans TEglise de Milan, vers le rhême temps étendue

qu'on rétablissait à Antioche, et toujours dans le même de Milan

but de repousser Tarianisme par la manifestation d'une saint Ambroise.

nouvelle forme liturgique. Saint Augustin ayant été témoin

de cette heureuse innovation, nous en a laissé un récit

que nous placerons ici en son entier. Voici donc comme

il s'exprime au neuvième livre de ses Confessions : « Que

« de fois, le cœur vivement ému, j'ai pleuré au chant de Emotion

' . \^ d'Augustin

« VOS hymnes et de vos cantiques, o mon Dieu, lorsque encore pécheur « retentissait la voix doucement mélodieuse de vptre iientend « Eglise ! Ces paroles s'insinuaient dans mes oreilles ; la ^^l^cvts. ^

(i) F/âf. la Note E.

98 DE LA LITURGIE DANS l'ÉGLISE EN GENERAL

INSTITUTIONS « vérîté pénétrait doucement dans mon cœur ; une piété

LITURGIQUES ^ -il

• ■ « affectueuse s'y formait avec chaleur^ et mes larmes coûte laient et mon bonheur était en elles. C'était depuis très- « peu de temps que TÉglise de Milan avait adopté ce « moyen de produire la consolation et Tédification, en « unissant par des chant^ les coeurs et les voix des fidèles. « Il nY avait guère plus d'un an que Justine, mère du « jeune empereur Valentinien, séduite par les ariens dont « elle avait embrassé l'hérésie, avait poursuivi votfe ser- « viteur Ambroise de ses persécutions. Le peuple fidèle c( veillait four et nuit dans l'église, prêt à mourir avec son c( évêque. Ma mère, votre servante, toujours la première « dans le zèle et dans les veilles, était là, vivant, pour toute « nourriture, de ses oraisons. Moi-même, froid encore, c( puisque je n'avais point ressenti la chaleur de votre « Esprit, j'étais ébranlé par le spectacle de cette cité « plongée dans le trouble et la consternation. Alors il fut « ordonné que l'on chanterait des hymnes et des psaumes, « suivant la coutume des Églises d'Orient, dans la crainte « que le peuple ne succombât au chagrin et à l'ennui. Cet « usage a été retenu jusqu'aujourd'hui, et dans toutes « vos bergeries, par tout l'univers, l'exemple en a été « suivi (i).»

Saint II est à remarquer ici que saint Ambroise n'institua pas

Ambroise , n/ t 1

fait chanter des seulement le chant alternatif des psaumes dans 1 église de de sa^ Milan, mais qu'il fit aussi chanter les hymnes qu'il avait

composition, / 7 • . ; • ♦ ^ r '

qui servent composees, liymui et psalmi ^ ce qui est confirme nonà*^touFies seulement par le témoignage de Paulin, diacre, dans le ^d^eT'Ocfident^^ ^'^^^^ ^^'^^ ^^^^ ^ laissé de la vie de son saint évêque, mais encore par les paroles mêmes de saint Ambroise : « On « prétend que je séduis le peuple au moyen de certaines « hymnes que j'ai composées. Je n'en disconviens pas : « j'ai, en effet, composé un chant dont la puissance est au-

(i) F/ûf. la Note F.

« dessus de tout : car, quoi de plus puissant que la con- i partie

■^ ^ ^ ^ CHAPITRE V

« fession de la Trinité? A Paide de ce chant, ceux-là qui '

« à peine étaient disciples sont devenus maîtres (i). y> En effet, dans les hymnes qu^il a composées, et dont la forme a servi de modèle à tous les hymnographes des siècles suivants, saint Ambroise s'est attaché toujours à confesser énergiquement la foi du mystère de la Trinité. Telle est Thistoire de Fintroduction du chant alternatif L'histoire

■^ T T)/-\ • 11/-X • t r ' ' deTintroduction

dans les diverses Eglises d Orient et d Occident : fait im- du chant

portant dans les annales de la Liturgie, et qui confirme prouve que

une fois de plus, parles circonstances dans lesquelles est la^prfè^e

il s'accomplit , cette maxime que nous avons expo- ^ ^'^^^^ social.

sée en commençant, que la Liturgie est la prière à Tétat

social.

Au reste, si TÉglise employa contre Thérésie les forces L'hérésie

cherche dès

de la Liturgie, il faut dire aussi que Thérésie, dès le qua- le iv^ siècle,

. V . V 1 1 1 V w 1 à propager ses

trieme siècle, chercha a détourner le coup, en propageant erreurs sur des erreurs perfides sur le sujet des rites sacrés. Nous la rites sacrés^ verrons, dans toute la suite de cette histoire, fidèle à ce sp^édaiemerft plan diabolique : ou elle appliquera à ses propres besoins pautoHtédeTout les formes populaires du culte, ou elle décriera ces mêmes ^e qui, dans

, . . . .1^ Liturgie,

formes comme dangereuses, superstitieuses, ou d'invention appartient

, , 1 . .en propre

humaine. Elle répétera surtout ce sophisme, que ce qui, à la Tradition, dans la Liturgie, n'est pas appuyé sur l'Écriture sainte, doit être ôté, comme contraire à la pureté du service divin, méconnaissant ainsi à plaisir le grand principe établi cidessus, que toute Liturgie appartient particulièrement à la tradition. Nous en avons eu déjà un exemple frappant, dans l'erreur des quartodécimains que l'Eglise a qualifiée d'hérésie : cependant, en célébrant la Pâque, le 14 de

(i) Hymnorum. quoque meorum carminibus deceptum populumferuntj Plane nec hoc abnuo. Grande carmen istud est, et quo nihil potentius; quid enim potentius quam confessio Trinitatis ? Facti sunt igitur omnes magistri qui vix poterant esse discipuli. [Opusc, de Spiritu Sancto, in Epist. XXXI.)

100 DE LA LITURGIE DANS l'ÉGLISE EN GENERAL

INSTITUTIONS la luDC , CCS sectaîrcs se conformaient à la lettre des

LITURGIQUES '. ^. i m ^ '^J'-^'l

— Ecritures. Bien plus, ils soutenaient^ disaient-ils, une

tradition : car il y a des traditions- d^erreur comme de vérité, et on ne saurait les distinguer qu'en les rapprochant ' de la source à jamais pure du Siège apostolique. Le Gaulois Or, dans le quatrième, siècle^, un Gaulois, nommé Vigi-

précurseur^des laiice, fut suscité par Fenfer pour être le précurseur des amfmui^gilfes, hérétiques antiliturgistes, dont nous donnerons bientôt la i reusement succession. Lui aussi trouva et soutint que le culte se sur- . P,^/ , chargeait de plus en plus de pratiques nouvelles , propres à en altérer la pureté. La pompe du culte extérieur, Taffluence des peuples aux tombeaux des martyrs, le culte rendu aux fragments de leurs ossements, les flambeaux, les cierges allumés en plein jour, pour marquer la joie* de FÉglise ; la multitude des fêtes : toutes ces choses excitèrent une fureur sans pareille dans Pâme de Vigilance. Saint Jérôme, avec son éloquence incisive, entreprit de confondre ce nouveau pharisien, et il s'est trouvé que les arguments qu'il employa pour anéantir ses sophismes, paraissent avoir été préparés contre de modernes sectaires, de même que les erreurs de ces derniers ne sont qu'une pâle copie des déclamations de notre hérésiarque gaulois. La place nous manque pour insérer ici les pages pleines de chaleur et de conviction que le docte prêtre de Bethléem consacra à la réfutation de son adversaire ; son traité contf^a Vigilantium serait à citer tout entier. Nous invitons le lecteur à le relire dans les livres du saint Docteur.

Dès le iv« siècle II nous reste encore à consigner ici un fait liturgique

les moines j?

ont des ^lises d une autre nature, et dont nous devons suivre la trace qui leur sont <^^ns le cours de Cette histoire. Il s'agit des églises des piopres. moines et des formes du culte qu'on y exerçait. Les monastères, en effet, ne pouvaient exister longtemps sous le régime de paix dont jouissait l'Église elle-même, sans réclamer les moyens de mettre à même ceux qui les habi-

I PARTIE CHAPITRE V

AU QUATRIEME SIECLE lOI

taient de remplir les devoirs du christianisme, et dès lors ils devaient renfermer une église^ un autel pour le sacri- "^

fice, des ministres pour les sacrements. En outre, FOffice divin, faisant la principale occupation des moines, la manière de le célébrer devait être Tobjet de règlements liturgiques spéciaux qui , tout en demeurant en rapport avec les usages généraux de TEglise, devaient représenter d'une manière particulière les maximes et les mœurs du cloître. Nous traiterons de la forme des différents Offices monastiques, dans la partie de cet ouvrage qui renfermera Texplication de FOffice divin.

La célébration des saints mystères exigeait, dans chaque Malgré

^v 1 / j, t • ^ j- le sentiment

monastère, la présence d un ou plusieurs prêtres ou diacres, contraire soit qu'ils fussent du nombre des moines^ soit qu'ils fus- ^des^p?e^tërs^^ sent du clergé de quelque Eglise voisine. Toutefois, les ^m?nastiqii?^^ premiers Pères de Tordre monastique, saint Pacôme, par l'^gHsetend

^ . . ^ multiplier

exemple, se souciaient peu de faire ordonner des sujets qui le nombre

w-v . r ' r • ' • / ^'^^ prêtres

geja avaient fait profession de la vie monastique : ils pre- parmi

rf ' 1 • • V j 11 11 A ,,.v les moines,

leraient employer au ministère de 1 autel des prêtres déjà dont elle

1 /j j , vi • ^ 1 '1' considère l'état

honores du sacerdoce, lorsqu ils avaient embrasse la vie comme une

parfaite du désert. L'Église ne tarda pas à manifester ses au^sacerdoc^.

intentions à ce sujet, et les lettres des souverains Pontifes,

comme les décrets des conciles , statuèrent les- règles à

suivre pour l'ordination des moines, dont ils regardèrent

l'état comme une véritable préparation au sacerdoce. Nous

nous bornerons à citer ici , comme autorité du quatrième

siècle, la fameuse décrétale de saint Sirice à Himerius de

Tarragone. Voici les paroles du Pape : « Nous désirons

« et voulons que les moines qui sont recommandables

« par la gravité de leurs mœurs, et par une vie et une foi

« saintes et irréprochables, soient agrégés aux offices des

c( clercs (i). »

(i) Monachos quoque quos tamen morum gravitas, et vitae ac fidei institutio sancta commendat, clericorum officiis aggregari et optamus et volumus. {CousteLïït, lEpist. Rom. Pont. j tom. I, pag, 635.)

Discipline

actuelle

à cet égard.

Les souverains

Pontifes

du ive siècle

portent des lois

nombreuses

concernant

les rites sacrés.

Règlements liturgiques de saint Silvestre,

102 DE LA LITURGIE DANS l'ÉGLISE EN GEI^ERAL

La suite des ordonnances ecclésiastiques n'a cessé de confirmer, dans chaque siècle, cette maxime, et le décret de Clément VIII, Cum ad regularem^ qui fait aujourd'hui le droit des réguliers, sur l'article de l'admission des sujets à la profession, défend expressément d'en admettre aucun dans l'ordre des choraux, qui ne présente l'espoir fondé de pouvoir être un jour élevé au Sacerdoce (i). Enfin, parmi les propositions condamnées par Pie VI, dans la Bulle Auctorem fidei^ on lit celle-ci : Ne compotes fiant ecclesiasticœ hierarchiœ qui se huic [monastico) ordini adjiinxerint , nec ad sacros ordines promoveantur, prœterquam ad summum unus, vel duo, initiandi tanquam curati , vel capellani mouasterii , reliquis in simplici laicorum ordine remanentibtis. Il est fâcheux que cette proposition soit identique à plusieurs de celles qu'on rencontre dans les Discours de Fleurj^,ct dans quelques autres ouvrages français qui sont journellement entre les mains du clergé ; mais nous n'avons point à traiter ici ces questions ; nous avons voulu seulement ouvrir, pour ainsi dire, les églises des monastères dans lesquelles, par la suite, nous aurons occasion de pénétrer, pour y étudier, soit les rites généraux de l'Église, soit les rites particuliers des moines.

Avant de résumer les travaux liturgiques des écrivains de l'époque qui nous occupe, nous dirons un mot des lois ecclésiastiques sur cette matière, durant la même période.

Les souverains Pontifes du quatrième siècle héritèrent du zèle et de la sollicitude de ceux des trois premiers, dans tout ce qui concerne les rites sacrés. Saint Silvestre fit des règlements sur la consécration du saint chrême, et sur les cérémonies du baptême à suppléer à ceux qui

(i) Quisque recipiendus in aliquo ordine regulari etiam mendicantium, eam litterarum scientiam calleat, aut illius addiscendae spem indubiam prae se ferat, ut minores, et, suis temporibus, majores ordines, juxta décréta sacri Concilii Tridentini, suscipere valeat.

AU QUATRIÈME SIECLE Io3

avaient reçu ce sacrement en maladie. Il établit que les i partie

■* ^ ^ CHAPITRE V

diacres useraient de la dalmatique dans l'église, et porteraient au bras gauche un mouchoir de lin, qui est devenu depuis le manipule; que le sacrifice serait célébré sur Tautel, couvert, non d'un tapis de soie, ou de quelque étoffe teinte, mais d'une toile de lin, à l'imitation du linceul dans lequel fut enseveli le corps de Jésus-Christ (i). Saint Marc ordonna que l'évêque d'Ostie , auquel appar- de saint Marc tenait déjà le droit de consacrer le Pape, aurait l'usage du Pallium (2). Saint Jules statua que les notaires de l'Eglise et de saint Jules, tiendraient un registre exact de toutes les donations faites aux basiliques, et un état de tous leurs titres : mesure à laquelle nous devons certainement les précieux inventaires du trésor des églises de Rome, au temps de saint Silvestre (3). Saint Damase, comme on peut le voir par la Saint Damase

, . , V 1 aidé dans ses

lecture de ses œuvres, composa plusieurs hymnes a la importants

I j . IV • ^- 1 r travaux sur

louange des saints, et orna d inscriptions en vers le lieu \^ Liturgie où avaient reposé les corps des saints Apôtres, aux Cata- -g^j^^^ ^/érôme. combes, et les tombeaux d'un grand nombre de martyrs.

II s'occupa aussi de régler l'Office divin ; et saint Grégoire le Grand (4) nous apprend qu'à la persuasion de saint Jérôme, il inséra dans les offices romains plusieurs usages des églises d'Orient. Ce témoignage de saint Grégoire, qui atteste les relations de saint Damase et de saint Jérôme au sujet de la Liturgie, nous semble propre à concilier un plus haut degré d'autorité à une opinion qu'on rencontre dans tous les liturgistes du moyen âge : que saint Jérôme aurait eu une grande part à un remaniement de l'Office divin entrepris par saint Damase (5).

(i) Lib. pontiJîcaUs, in Silvestrum.

(2) Ibid., ip. Marcum.

(3) Ibid., in Julium. ■ , (4)Lib. XII, Epist. ix.

(5) Grancolas, Commentaire historique sur le Bréviaire romain. Tome I pag. 26.

104 DE LA LITURGIE DANS l'ÉGLISE EN GENERAL

INSTITUTIONS Saint Sirice, successeur de saint Damase, dans la décré- ■ LITURGIQUES ^^^^ ^^^ ^^^^ avons citée plus haut, corrige la témérité de

ceux qui conféraient le baptême à Noël, à TÉpiphanie, Solennité aux fêtes même des Apôtres, et confirme la tradition de Yafnt^âriV toutes les églises de n'administrer ce sacrement qu'aux seTdSr^^^^^ fêtes de Pâques et de la Pentecôte (i). On trouve plusieurs liturgiques. ^j.^j^5 j^ même genre dans les lettres de ce saint Pape, qui ont été recueillies avec tant de soin par D. Constant; mais il faut remarquer la solennité avec laquelle il intime les volontés du Siège apostolique, en matière de Liturgie. « Jusqu'ici on a assez erré sur ce point : que maintenant « donc s'attachent à la règle que nous venons d'établir, c( tous les Prêtres qui ne veulent pas être séparés de la « solidité de cette Pierre apostolique sur laquelle le Christ a a bâti son Église (2). » Nul doute que les décrets des Pontifes antérieurs ne fussent rendus avec cette solennité : le pouvoir du Siège apostolique ayant été le même depuis l'origine de l'Église, et la vigueur des Papes toujours inébranlable, quand il s'agissait du maintien et de la conservation des traditions.

Canons Si nous en venons maintenant aux conciles du quatrième

y des conciles . . ,

du ive siècle siècle, nous trouvons celui de Nicee avec son fameux au service divin, canon sur la célébration de la Pâque; celui d'Antioche, tenu en 332, avec ses règlements sur le même sujet; celui de Laodicée, vers 362, qui prescrit plusieurs règles sur la psalmodie et les lectures qui l'acconipagnaient; celui de Gangres, vers 370, qui condamne ceux qui blâment les assemblées que l'on tenait aux mémoires des martyrs; le troisième deCarthage, en 397, qui, renouvelant des prescriptions déjà portées en 393 par un concile tenu à Hip-

(i) Coustant, £^725^ Rom. Ponti/iciim, tom. I, pag. 626.

(2) Hactenus erratum in hac parte sufficiat: nunc praefatam regulam omnes teneant sacerdotes qui nolunt ab apostolicae Petrae, super quam Christus universalem construxit ecclesiam, soliditate divelli. (Pag. 627.)

pone, promulgua des canons très-importants sur la célébration delà Pâque, les prières liturgiques, l'administration des sacrements, Toffrande du saint sacrifice et la lecture publique des saintes Écritures; le quatrième de Carthage, en 398, qui détermine dans un détail si précieux les rites de l'ordination (i).

La liste des écrivains du quatrième siècle, qui ont traité des matières liturgiques est longue et imposante. En tête, nous inscrirons d'abord Eusèbe, dont V Histoire ecclésias^ tique offre tant de traits remarquables sur l'objet qui nous occupe, comme sur mille autres. Nous l'avons mise à contribution dans ce chapitre, ainsi qu'on vient de le voir; nous regrettons vivement que la perte de deux ouvrages de cet illustre écrivain nous ait privé du puissant secours que nous en eussions tiré. Ces deux opuscules sont une description spéciale de l'Église de Jérusalem et un livre de la fête de Pâques.

Saint Eustathe d'Antioche, docteur orthodoxe, composa une Liturgie syriaque qu'on trouve encore^ mais interpolée, au Missel des Maronites.

Saint Athanase, l'invincible vengeur de la foi de Nicée, est réputé, chez les Orientaux, l'auteur de VAnaphore , qui commence par ces paroles : Deus fortis Domine. Les Grecs appellent Anaphore la partie des prières de la Messe qui renferme l'offrande et le canon.

Saint Cyrille, de Jérusalem, doit être compté parmi les liturgistes du quatrième siècle, pour les précieuses Catéchèses dans lesquelles il expose souvent, avec autant de profondeur que d'éloquence, les rites des sacrements et du saint sacrifice.

Saint Hilaire, de Poitiers, d'après le témoignage de saint Jérôme et de saint Isidore, est auteur d'un Livré d'Hymnes et de Mystères sacrés qui n'est pas venu jus-

I PARTIE CHAPITRE V

Ecrivains

liturgistes

du iv^ siècle.

Eusèbe de Gésarée.

Saint Eustathe d'Antioche.

Saint Athanase.

Saint Cyrille de Jérusalem,

Saint Hilaire de Poitiers.

(i) Concil. Labb. Tom. II.

I06 DE LA LITURGIE DANS l'ÉGLISE EN GENERAL

qu'à nous. Une seule de ces hymnes a survécu au naufrage, celle que le saint Évêque envoya à sa fille Abra, et qui commence par ce vers : Lucis largitor splendide. George Gassander et Grégoire Fabricius lui ont attribué aussi celle de la Pentecôte : Beata nobis gaudia^ celle du Carême : Jesii, quadragenariœ, et enfin celle de F Epiphanie : Jésus refulsit^ omnium. Le B. Tommasi lui donne aussi cette dernière. Zaccaria paraît incliner à lui attribuer la longue pièce qui commence : Hymnum dicat turha fratrum : Hincmar, de Reims, est de ce sentiment. Enfin une autre hymne : Ad cœli clara non sum dignus sidéra^ a été jointe, parD. Constant, à celle Lucis largitor splendide j sans que le docte bénédictin ait prétendu Tattribuer à saint Hilaire, mais seulement afin qu'elle ne pérît pas. Le faux Alcuin désigne saint Hilaire comme ayant complété Thymne Gloria in excelsis. En outre, il nous est tombé entre les mains une dissertation imprimée (sans date) à Poitiers, sous le nom de M. Tabbé Cousseau, dans laquelle on veut faire saint Hilaire auteur de rhymne Te Deum. Cet opuscule, qui n'est pas sans quelque mérite, aujourd'hui surtout où si peu de personnes paraissent s'intéresser aux études liturgiques, nous a semblé d'ailleurs très-insuffisant pour démontrer la thèse difficile que l'auteur s'est posée.

Saint Pacien,' de Barcelone, a laissé un livre de Baptismo^ ad Catechumenos.

Saint Éphrem. Saint Ephrem, moine. Syrien de nation, diacre d'Édesse, a composé une immense quantité d'hymnes en langue syriaque. Il s'était proposé de détruire, par des poésies orthodoxes, les funestes effets que produisaient chez les Syriens les vers de l'hérétique Harmonius. Ces hymnes ^ sont au nombre de quinze sur la Nativité de Jésus-Christ, quinze sur le Paradis, cinquante-deux de la Foi et de l'Eglise, cinquante et une de la Virginité, quatre-vingt-sept de la Foi contre les ariens et les eunomiens, cinquante-

Saint Pacien de Barcelone.

six contre les Hérésies, quatre-vingt-cinq hymnes mortuaires, quinze hymnes parénétiques , etc. Toutes ces poésies sont étincelantes de génie, d'images orientales, de réminiscences bibliques, et sont remplies d'une onction admirable. On a donné, assez étrangement, à la plupart, le titre de Sermons , dans l'édition Vaticane de saint Éphrem. L'Église copte emploie une grande partie de ces hymnes dans les offices divins.

Saint Basile de Césarée, outre ses livres du Baptême, est auteur de la Liturgie grecque qui porte son nom.

Saint Grégoire de Nazianze passe pour être l'auteur d'une Liturgie grecque, et de plusieurs prières du même genre, qu'on trouve dans les livres d'offices des Syriens et des Coptes, et qui auraient été traduites du grec.

Apollinaire le jeune, qui fut évêque de Laodicée, et, depuis, condamné comme hérétique par saint Damase dans un concile romain, composa des hymnes et des cantiques, pour être chantés par le peuple dans les divins offices.

Saint Ambroise n'ous présente, dans ses écrits, particulièrement dans ses lettres, d'importants matériaux pour la connaissance de la Liturgie du quatrième siècle. Ses translations de martyrs, par exemple, offrent, sous ce rapport, le plus précieux intérêt. Son traité des Offices des Ministres^ et celui des Mystères appartiennent directement à notre sujet. Quant aux six livres <ie^ Sacrements,on ne convient pas s'ils appartiennent ou non au docte évêque de Milan ; mais ils n'en sont pas moins importants pour leur haute antiquité et pour les richesses liturgiques qu'ils renferment. Les hymnes qui sont attribuées à saint Ambroise, avec le plus de certitude, sont d'abord les onze que lui reconnaît Dom Ceiliier, savoir : JEterne rerum conditor. Deus creator omnium. Jam surgit hora tertia. Veni, redemptor gentium. Illuminans Altissimus. Orabo mente Dominum. ^terna Christi mimera. Somno refectis

I PARTIE CHAPITRE V

Saint Basile de Césarée.

Saint Grégoire de Nazianze.

Apollinaire de Laodicée.

Saint Ambroise.

Onze hymnes

paraissent certainement

de sa composition.

B. Tommasi,

d'après

d'anciens

manuscrits.

I08 DE LA LITURGIE DANS l'ÉGLISE EN GENERAL

artubus. Consors paterni luminis. O Lux beata Trinitas. Fit porta Christi pervia. Le B. Tommasi, dans son Hymnaire, ajoute les suivantes sur la foi des manuscrits : Hymnes Jntende gui res'is Israël. Hymnum dicamus Domino.

attribuées . .

à Hic est aies verus Dei. Optatus votis omnium. Jesu.

saint Ambroise, . . i ^

parle nostra redeinptio. Jam Luristus astra ascenderat. Londitor aime siderum. Agnes beatœ virginis. A solis or tus cardine. Mysterium ecclesiœ. Agathœ sacrœ virginis. Grates tibi, Jesu, novas. Apostoloruin passio. Magni palmam certaminis. Apostolorum supparem. Medice noctis tempus est. Rerum creator optime. Nox atra rerujn contegit. Tu Trinitatis unitas. Summœ Deus clementiœ. Splendor paternœ gloriœ. jEternœ lucis conditor. Fulgentis autor œtheris. Deus œterni luminis. Christe, rex cœli, Domine. JEterna cœli gloria. Diei luce reddita. Jam lucis orto sidère. Certum tenentes ordinem. Nunc^ sancte nabis Spiritus. Bis ternas horas explicans. Jam sexta sensim volvitur. Dicamus laudes Domino. Rector potens, verax Deus. Ter hora trina volvitur. Perfecio trino numéro. Rerum Deus tenax vigor. Deus qui certis legibus. Sator princepsque temporum. Lucis creator optime. Immense cœli conditor. Telluris ingens conditor. Cœli Deus sanctissime. Magnœ Deus potentiœ. Plasmator hominis Deus. Christe cœlestis medicina Patris. Obduxere polum nubila cœli. Squalent arva soli pulvere multo. Tristes nunc populi^ Christe redemptor. Sœvus bel la serit bar bar us horrens. Presque toutes ces hymnes font partie des Bréviaires romain et ambroisien, et les autres se trouvent dans TOffice mozarabe. Au reste, nous ne donnons pas cette dernière énumération comme authentique de tout point ; au contraire, nous rendrons plusieurs de ces hymnes à saint Grégoire ; mais le B. Tommasi lui-même n'a pas prétendu faire autre chose que recueillir les traditions des anciens Hymnaires, sans en prendre toujours la responsabilité. On a, en

outre, attribué à saint Ambroise Phymne monastique Te i partie

^ "^ CHAPITRE V

decet laus^ mais il faut convenir que c'est sans aucune "^

espèce de fondement. On intitule d'ordinaire le Te Detim

laudamus , Hymne de saint Ambroise et de saint Le Te Deum

' -^ appelé Hymne

Auscustin : on ne peut avoir, pour appuyer ce titre, que . ^^ , .

^ ^ . . / saint Ambroise

des conjectures et une possession qui n'est pas très-an- et de

. saint Augustin.

cienne. Ces deux hymnes en prose n ont rien de commun

avec les véritables hymnes de saint Ambroise qui sont

mesurées; mais elles remontent à une antiquité voisine de

ce saint Docteur, puisqu'elles sont citées dans la règle de

saint Benoît, qui a dû être écrite dans la première moitié

du sixième siècle.

Théophile, d'Alexandrie, outre son cycle pascal, écrivit Théophile

y d'Alexandrie.

des Sacrés Mystères, ou du Mobilier sacré de l'Eglise de Dieu : ouvrage que nous n'avons plus et qui avait été traduit du grec par saint Jérôme.

Saint Augustin, dans tous ses écrits, mais particuliè- Saint Augustin rement dans ses sermons, dans ses lettres, dans une foule des matériaux de traités spéciaux, comme sont ceux de C ai echi candis ^liturgique^ rudibuSy de Cura gerenda pro mortuis^ de S/mbolo ad ^qu'lî donne^ ' catechumenos., ses Épîtres ad Januarium^ présente le ^^^,S°^,^^^ tableau le plus complet et le plus vrai des mœurs de l'Église de son temps, et, par là même, fournit à l'observateur d'innombrables particularités propres à alimenter la science liturgique; mais nous ne voyons pas qu'il ait rien composé qui touche directement cette matière. Nous On lui attribue ferons voir ailleurs que c'est à tort qu'on lui a attribué le vExuitet de chant du cierge pascal : Exultet jam angelica. aques.

Fabius Marius Victorinus, personnage consulaire, ora- Fabius Marius teur, rhéteur et grammairien, le même dont saint Augustin ictormus. raconte la conversion au christianisme, au livre VIII de ses Confessions., composa trois hymnes en prose sur la Trini té;, plusieurs fragments de ces hymnes sont entrés dans la composition de l'Office de la sainte Trinité, au Bréviaire romain.

Saint Jean Chrysostome.

Saint Jérôme.

Prudence,

le prince

des poètes

chrétiens.

Le Peristephanon.

110 DE LA LITURGIE DANS l'eGLISE EN GENERAL

Saint Jean Chrysostome n'est pas Fauteur de la Liturgie " grecque qui porte son nom; nous aurons occasion de rêvenir sur cette question, quand nous traiterons des livres liturgiques de TOrient. Ses Homélies et son Traité du Sacerdoce renferment une foule de traits infiniment [précieux sur. la célébration des saints mystères, sur les fêtes et les assemblées chrétiennes.

Saint Jérôme, dont les travaux appartiennent en grande partie au quatrième siècle, est infiniment riche en détails sur les formes liturgiques de son temps, particulièrement dans ses lettres et ses opuscules contre les hérétiques. Nous parlerons ailleurs du Martyrologe et du livre appelé Co?nes^ qui lui ont été attribués.

Prudence, personnage consulaire, le prince des poètes chrétiens, a grandement mérité de la Liturgie, par les belles hymnes dont il a enrichi les offices divins, tant de TEglise romaine que de TEglise gothique d'Espagne. Son premier recueil intitulé Cathemerïnon^ ou collection de prières quotidiennes^ renferme les suivantes : Ad GalliciNiuM. Aies diei nuncius. Hymnus matutinus. Nox et tenebrœ et nuhila. Ante cibum. O crucifer bone^ lucisator. PosT CIBUM. Pastis visceribus, ciboque sumpto. De novo lumine paschalis sabbati. Inventer rutili^ aux bone, luminis. Ante somnum. Ades, Pate?^ suprême. Hymnus jeju- NANTiuM. O Na^arene^ lux Bethlem, Verbum Patris. PosT JEJUN1UM. Christe^ serporum regimen tiiorum. Omni hora. Da, puer^ plectrum, choris ut canani Jîdelibus. Girca exequias defuncti. Deus, ignée fons animarum. VIII, Kalendas januarias. Quid est quod* arctum circulum. De Epiphania. Quicumque Christum quœritis.

Le second recueil d'h3^mnes est intitulé : Peristephanon (des couro7ines), parce que le poète y célèbre le triomphe d'un grand nombre de martyrs, savoir : les saints Hémétérius et Gélédonius, saint Laurent, sainte Eulalie, les

I PARTIE CHAPITRE V

dix-huit martyrs de Sàragosse, saint Vincent, les saints Fructueux, Eulogius et Augurius, saint Quirinus, saint Gassien, saint Romain, saint Hippolyte, les saints apôtres Pierre et Paul, saint Cyprien et sainte Agnès. Nous donnerons ci-dessous dans les notes de ce chapitre, Thymne magnifique que Prudence consacre à chanter la fête des saints Apôtres à Rome(i); elle renferme la description des églises de saint Pierre et de saint Paul, telles qu'elles étaient alors. On y verra de précieux détails sur les pompes de ce grand jour et notamment sur les deux Messes que le Pape célébrait en cette occasion. Les hymnes de Prudence, et la plupart de ses autres poésies, sont remplies de particularités liturgiques du plus haut intérêt : nous ne saurions trop en recommander Pétude aux lecteurs.

En finissant ce tableau liturgique du quatrième siècle, nous tirerons de tout ce qui précède les conclusions suivantes :

La beauté, la grandeur, la richesse des églises fut un des Conclusions caractères de cette époque de paix.

L'Église dirigea contre Thérésie Tarme puissante de la Liturgie, en instituant contre les ariens le chant alternatif des psaumes, en opposant des hymnes orthodoxes à des cantiques inspirés par Terreur.

L'hérésie, redoutant l'effet prodigieux des formes liturgiques sur le peuple, attaqua dès lors les pompes et le caractère traditionnel du culte, par les arguments que répétèrent les sectaires des âges suivants.

Les monastères, en ce siècle, commencèrent à avoir des églises, et une Liturgie monastique se forma.

Le plus haut pouvoir de la chrétienté, le Siège apostolique continua de promulguer les lois sur la Liturgie,

(i) Vid. la Note G.

INSTITUTIONS préparant ainsi Tunité qui devait plus tard briller dans LITURGIQUES __ ^^^^^ partie", comme dans tout le reste. Les conciles de ce siècle mirent les questions liturgiques au rang des plus importantes, et les plus illustres docteurs s'occupèrent avec complaisance à expliquer et à régler les formes du culte divin.

Il3

Page 1