‹ Institutions liturgiquesChapitre 70 sur 195 · I . . , 1 j-zc 1 ' ont dû recevoir · texte numérisé non relu

I . . , 1 j-zc 1 ' ont dû recevoir

ment du rite romain, nous trouvons de grandes dimcultes de Rome pour donner quelque chose de certain. Cette Liturgie prfmitive," m'ais devait être venue primitivement de Rome, puisque la foi ^^a^yofr'knkF^ fut plantée chez les Bretons par des missionnaires envoyés, ^^^^aUJc^nr^^^ au II*' siècle, par le pape saint Eleuthère, sur la demande d^un roi de cette île, nommé Lucius. Mais, à cette époque, la Liturgie romaine devait être encore à son enfance; et, transplantée dans une région si écartée, isolée promptement de sa source, elle avait dû subir plus d'une altération, ou au moins recevoir quelques développements analogues aux moeurs de la contrée. Il y a également des raisons de penser que la Liturgie gallicane aurait pu fournir aussi ses formes plus ou moins complètes aux Églises de ces îles. On sait que saint Patrice, saint Germain d'Auxerre, saint Loup de Troyes, qui ont eu tant d'influence sur les églises des Iles-Britanniques, étaient Gaulois, ou du moins avaient été élevés dans les Gaules. La question qu'adressa saint Augustin à saint Grégoire^ au sujet de la diversité des

(i) Vid. la Note G.

INSTITUTIONS Litumles, et la réponse du Pape qui lui permet d^unir

LITURGIQUES t i t • • il- 11

' ensemble les rites romams et gallicans, semble montrer

assez clairement que saint Augustin avait rencontré quelques vestiges de ces derniers dans Tîle qu'il évangélisait, et qui, bien que retombée en grande partie dans Fidolâtrie, par suite de Finvasion saxonne, gardait cependant un faible débris de Tancienne Eglise des Bretons. Quant à rirlande considérée à part, Mabillon pense que lorsque saint Bernard raconte, dans la vie de saint Malachie, que ce grand évêque changea les coutumes barbares des chrétiens de cette île pour les usages romains, il faut entendre que jusqu'alors on avait conservé un rite particulier dans cette île (i). Nous avons parlé ailleurs de FAntiphonaire du monastère de Benchor, publié par Muratori, seul débris qui nous reste des formes liturgiques gardées anciennement en Irlande.

V. La Liturgie H nous reste enfin à parler de la Liturgie monastique ou bénédictine OU bénédictine. De même que la Règle de saint Benoît

telle que saint , .^^ i -n ^ i

Benoît l'a fixée remplaça presque aussitôt .les Règles monastiques qui

^ t^a^règk^*^ Pavaient précédée en Occident^ de même aussi la forme

les^monasrères d'office qui y est établie succéda bientôt aux autres ordres

d'Occident. ^^ psalmodie gardés jusque-là dans les monastères. Nous

détaillerons ailleurs les particularités de cette Liturgie ;

mais nous devons expliquer tout d'abord les raisons de la

dissemblance qui règne entre la forme de l'office monas-

pafrfarche tique et Celle des offices de Rome. On voit par le texte

sciemment des ^^'^'^^ ^^ ^^ Règle de Saint Benoît, que ce saint patriarche

usages romams. g'est écarté à dessein des usages romains, comme lorsqu'il

dit : « Chaque jour^ on chantera à Laudes un cantique tiré

« des Prophètes, savoir le même que chante l'Eglise ro-

« maine, sicut psallit Ecdesia Romana (2). » Amalaire

Fortunat dit à ce sujet : « Nous ne devons pas croire que

(i) De Liturgia Gaîlicana, lib. I, cap. ii. Gerbert, de Veteri Liturgia Alemannica, disquisit. II, cap. i.

{2) Reg. S. Benedictiy cap. xiii.

DES LITURGIES PARTICULIERES d'oCCIDENT 207

« cet illustre Père ait ainsi disposé toutes ces choses sans « mystère; mais, de même que Toffice des clercs ne porte « aucun préjudice à celui des moines, ainsi, réciproque- « ment, Toffice monastique confirme celui des clercs (i). » Walafride Strabon nous donne la raison de cette différence dans les offices : « C'est aussi, dit-il, un ordre d'office ces louables que celui qu'a donné aux moines le Bienoc heureux Père Benoît, lorsqu'il a voulu que ceux que « leur profession sépare du reste des hommes, s'appli- « quassent aussi à payer, dans une plus forte proportion « que les autres, le tribut accoutumé du divin service {2). » Honorius d'Autun rendant compte, à son tour, du motif de cette divergence, ajoute encore la considération suivante : « Il faut savoir, dit-il, que c'est avec une souveraine « sagesse que cet homme rempli de l'esprit de tous les « justes a voulu que de même que la vie contemplative « est distinguée de la vie active par l'habit, elle en fût « aussi distinguée par l'office divin, rendant plus recom- « mandable, par ce privilège, la religion de la discipline « monastique (3). » Aussi voyons-nous que le Siège apostolique a, dans tous les temps, sanctionné la forme

I PARTIE CHAPITRE VIII

Raisons de ces différences

d'après Amalaire, Fortunat, Walafride

Strabon

et Honorius

d'Autun.

(i) Nequaquam itaque fatendum est hune talem patrem absque mysterio cuncta disposuisse: et sicut cléricale officium monastico non praejudicat, ita reciproco actu monasticum cléricale comprobat. (Amalarius, De Officiis divinis, cap. xlviii. D. Mabillon, Vet. Analecta, tom. II, pag. 96.)

(2) Est etiam ille ordo officiorum laudabilis quem beatus Pater Benedictus monachis constituit observandum, scilicet ut qui proposito a ceeteris discernuntur, etiam continuas servitutis penso, aliquid ampiius caeteris persolvere studeant. (Walafrid. Strabo, de Rébus ecclesiasticis, cap. XXV.)

(3) Quaeritur cur sanctus Benedictus aliter monachis horas ordinaverit, quam mos Ecclesise habuerit, vel cur praecipuus Apostolicorum Gregorius hoc sua auctoritate probaverit. Sed sciendum est hoc sapientissima dispositione provisum, utpote a viro pleno Spiritu omnium justorum, scilicet ut contemplativa sicut habitu, ita etiam officio ab activa discerne- ,retur et monasticae disciplinae religio hoc privilégie commendaretur. (Honorius Augustodun. Gemma animœ, lib. II, cap. lxv.)

208 DIGRESSION SUR l'hISTOIRE

INSTITUTIONS (Ic l'Officc bénédlctin, comme un précieux reste de Tan- LITURGIQUES ^ ^j^^j^^ ^^ yj^ moHument de la piété monastique qui doit

paraître surtout dans la célébration incessante des offices divins.

Points de D'un autre côté, TOrdre bénédictin, pour montrer son

'^^Lhurgie ^ attachement à TÉglise romaine, s'est fait de bonne heure "^^la^UturgiT^^ ^1^ devoir de compléter Fensemble de ses offices, en romaine. adoptant, aves les fêtes du Calendrier romain, toutes les pièces du Responsorial grégorien qui se trouvaient compatibles avec la forme de l'office monastique ; et, quant à ce qui est du saint sacrifice de la messe, dans tous les temps et dans tous les lieux, il s'y est toujours servi des Sacramentaires et Antiphonaires romains. Seulement, on voit par plusieurs anciens manuscrits des principaux monastères de l'Europe, que, jusqu'à une époque assez rapprochée, les Sacramentaires dont se servaient les moines, quoique formés du grégorien pour la plus grande partie, avaient retenu plusieurs choses du gélasien. Familles La Liturgie monastique est suivie par toutes les

de moines qui ^.,11 • • 1 ^^.ii «t^a

suivent familles de moines qui gardent la règle de saint Benoit, monasd^que. et SOUS ce nom il faut entendre, non-seulement les moines noirs proprement dits, mais encore les camaldules, les cisterciens, les olivétains, ceux de Vallombreuse, les célestins et même les chartreux, quoique ces derniers aient retenu plusieurs coutumes qui leur sont propres. Conclusions. Nous conclurons ce chapitre en faisant ressortir, suivant notre usage, les inductions qui se présentent à la suite des faits qui y sont énoncés.

En premier lieu, on voit qu'il y a eu dans l'Occident 1 plusieurs Liturgies plus ou moins différentes de la Liturgie romaine, et qu'il y en a même encore quelques-unes, mais que ces Liturgies remontent à une haute antiquité ;

En second lieu, que ces Liturgies particulières ont toujours tendu à se fondre plus ou moins dans Isl ^ romaine ;

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