TRAVAUX DE SAINT GREGOIRE VU
« calendes de novembre. Au premier dimanche du mois « de novembre, ils placent Ezéchiel, Daniel et les petits « Prophètes, jusqu'aux calendes de décembre. Au premier « dimanche du mois de décembre, ils placent le prophète « Isaïe jusqu'à la Nativité du Seigneur. En la Nativité « du Seigneur, ils lisent d'abord trois leçons d'Isaïe. Pre- « miQTQleçoniPrïmo tejnpore aîlepiata est terra Zabulon; a seconde ; Consolamini , consolamini ; troisième : CoU' a surge, consurge. On lit ensuite des sermons ou homélies « appartenant à ce jour. En la fête de saint Etienne, l'ho- « mélie de ce jour. En la fête de saint Jean, de même. En la « fête des Innocents, de même. En la fête de saint Sylvestre, « de même. En Toctave de la Naissance du Seigneur, « ils placent les Épîtres de saint Paul jusqu'à la Septua- « gésime. En l'Epiphanie, trois leçons d'Isaïe, la première « commence : Omnes si tient es; la seconde : Siirge, illu- « minare Jérusalem; la troisième : Gaudens gaudebo in « Domino. Ensuite on lit les sermons ou homélies appar- « tenant à ce jour (i). »
La réduction de l'office divin, accomplie par saint Grégoire VII, n'était destinée, dans le principe, qu'à la seule chapelle du Pape : par le fait, elle ne tarda pas à s'établir dans les diverses églises de Rome. La basilique de Latran fut la seule à ne la pas admettre ; c'est ce qu'atteste déjà, au siècle suivant, Pierre Abailard, dans une lettre apologétique contre saint Bernard (2). Le livre responsorial de la basilique de saint Pierre, publié par le B. Tommasi, sur un manuscrit du xii^ siècle, prouve matériellement que cette seconde église de Rome avait aussi adopté l'ordre nouveau de l'office. Les Églises du reste de
{i\ Vid. la Note D.
(2) Antiquam Romanse sedis consuetudinem nec ipsa civitas tenet, sed sola Ecclesia Lateranensis, quae mater est omnium, antiquum tenet officium, nuUa filiarum suarum in hoc eam sequente, nec ipsa etiam Romani Palatii Basilica. [Abailardi opéra, Epist., V, pag. 232.)
l'Occident demeurèrent plus ou moins étrangères à cette chapitre^ xi innovation; il faut remarquer que Fauteur du Micrologue, '
qui semble avoir été Ives de Chartres, a écrit hors de Rome, Les autres et qu^il parle néanmoins des ordonnances de saint Gré- ^^ rocddent goire VII, comme faisant droit sur la Liturgie. Toutefois, J^én^^^artfeks il ne paraît pas que ce grand Pape ait jamais obligé les ordonnances Églises à recevoir ses règlements sur cette matière : c^est Grégoire. ce que l'on peut conclure d'une remarque de Raoul, doyen de Tongres, auteur du xiv® siècle, qui dit ces paroles, au sujet de la réduction de l'office divin : « Les « autres nations de Funivers ont leurs livres et leurs « offices, tels qu'ils sont venus des églises de Rome^ et « non de la chapelle du Pape, ainsi qu'on le conclut avec « évidence des livres et traités d'Amalaire, de Walafride, « du Micrologue (i), du Gemma, et autres qui ont écrit « sur l'Office (2). »
Ce mot de Raoul de Tongres nous ramène naturelle- ^^ ^î^ résulte
^ ^ ^ que beaucoup
ment à parler de Tétat de la Liturgie dans l'Occident, d'Églises
de France et
pendant les xi^ et xii® siècles. Il arriva donc, par le fait, d'ailleurs
I 11/ 1» T-« 11 conservent
que beaucoup d églises en rrance et dans les autres pro- une Liturgie vinces de la chrétienté se trouvèrent avoir une Litur- ^ ^twoc ceiîe°^^ gie plus en rapport, au moins en quelque chose, avec celle Grégoire^ de saint Grégoire le Grand, qu'avec la nouvelle que saint Grand qu'avec
^ 7 T T. celle de saint
Grégoire VII avait inaugurée dans Rome. Du reste, tout Grégoire vil. ce que renfermait cette dernière se trouvait dans F ancienne, dont elle était Fabrégé : les usages romains
(i) Raoul de Tongres est fondé à citer ici le Micrologue avec Amalaire et les autres, parce que cet opuscule, quoiqu'il y soit parlé, en plusieurs endroits, de l'office suivant la réforme de saint Grégoire VII, offre un grand nombre de traits qui tiennent à une forme de Liturgie antérieure.
(2) Aliae autem nationes orbis libros, et officia sua habent e directo ab ipsis Ecclesiis Romanis, et non a Capella Papae, sicut ex libris et tractationibus Amalarii, Walafridi, Micrologi, Gemmae, et ceterorum de officio scribentium colligitur evidenter. (Radulph. Decani Tungren, de Canonum observantia. Propositio XXII. Biblioth. Patrum., tom. XXVI, pag. 3i3.)
286 FORMATION DU RITE ROMAIN-F*RANGAiS
INSTITUTIONS régnaient donc toujours. Toutefois, le respect qu'on avait
LITURGIQUES ^ ' ^ T 1
pour ces formules saintes n'empêcha pas qu'en certains Nombreuses pays, mais principalement en France, on n'insérât, par le
superfétations . , . i j -v i, /r>
ajoutées aux laps du temps, un certam nombre de pièces et d offices romain^es avec même, qui portaient le cachet du siècle et du pays qui les au'^mofns^Tdte avaient produits. Rome,comme au temps d'Amalaire, coudes souverains tinua de voir ces superfétations nationales sans improbation ; de même qu'aujourd'hui elle approuve encore les offices et les usages locaux, dans le diocèse où règne le Bréviaire romain. Bien plus, il arriva plus d'une fois qu'elle adopta des prières, des chants et des offices empruntés aux livres de quelque Église particulière. Les diverses Églises de l'Europe échangeaient aussi les usages liturgiques qui, dans le pays de leur origine, avaient ob- ^ ,, . tenu une plus grande popularité. Mais autant, parmi ces
de Paris diverses Eglises, celle de France avait l'avantage pour ^éga^rTà toutes la fécondité de son génie liturgique et pour la beauté de ^^^^^^et^de'^^^^^ ses chants, autant, au sein de notre patrie, l'Église de la chrétienté, p^^is, à l'époque qui nous occupe, posséda et mérita une supériorité incontestable.
Cette Une des causes qui maintinrent la Liturgie romaine-
^^Sécïdée^ parisienne dans cet état si florissant, fut l'influence de la en partie par cour de nos rois d'alors, dont la chapelle était desservie
rinfluence de la , . .
chapelle des avec uue pompe et une dévotion merveilleuses. Gharle-
* magne, Louis le Pieux, Charles le Chauve, trouvèrent de
dignes successeurs de leur zèle pour les divins offices,
dans les rois de la troisième race. A leur tête, nous pla-
zèle de cerous Robert le Pieux et saint Louis. Le premier, monté
^^0%^ l'office^^ ^^^ ^^ trône en 996, régla tellement son temps, qu'il en
divin. donnait une partie aux œuvres de piété, une autre aux
affaires de l'Etat, et l'autre à l'étude des lettres. Chaque
jour, il récitait le Psautier, et enseignait aux clercs à
chanter les leçons et les hymnes de l'office. Assidu aux
offices divins, et plus zélé encore que Charlemagne, il se
mêlait aux chantres, revêtu de la chape et tenant son
sceptre en main. Le xi^ siècle, si illustre par la réédification de tant d'églises cathédrales et abbatiales, s'ouvrit sous les auspices de ce pieux roi, qui fonda lui-même quatorze monastères et sept églises. Gomme il était grand amateur du chant ecclésiastique, il s'appliqua à en composer plusieurs pièces, d'une mélodie suave et mystique, que Ton chercherait vainement aujourd'hui dans les livres parisiens, d'où elles furent brutalement expulsées au dixhuitième siècle, mais qui régnèrent dans toutes les églises de France, depuis le temps de Robert jusqu'à la régénération gallicane de la Liturgie. Ce pieux prince, qui se plaisait à enrichir les offices de Paris des plus belles pièce„s de chant qui étaient en usage dans les autres églises, envoyait aux évêques et aux abbés de son royaume les morceaux de sa composition, que leur noble harmonie, plus encore que son autorité, faisait aisément adopter partout. Étant allé par vœu à Rome, vers l'an 1020, et assistant à la messe célébrée par le Pape, lorsqu'il alla à Toffrande, il présenta, enveloppé d'une étoffe précieuse, son beau répons, en Thonneur de saint Pierre, Cornélius Centurio. Ceux qui servaient le Pontife à l'autel, accoururent incontinent, croyant que ce prince avait offert quelque objet d'un grand prix, et trouvèrent ce répons écrit et noté de la main de son royal auteur. Ils admirèrent grandement la dévotion de Robert, et à leur prière, le Pape ordonna que ce répons serait désormais chanté en l'honneur de saint Pierre (i).
Robert lia une étroite amitié avec le grand Fulbert, évêque de Chartres, si célèbre à tant de titres, mais aussi par les admirables répons qu'il composa en l'honneur de la Nativité de la sainte Vierge. La fête de ce mystère fut en effet établie en France, sous le règne de Robert, qui rendit un édit portant obligation de la solenniser. Ces
I PARTIE CHAPITRE XI
Robert
compositeur
de chant
liturgique.
Amitié du roi pour Fulbert,
évêque
de Chartres,
auteur de
répons célèbres
en l'honneur de la Nativité de la sainte Vierge.
(1) Trithem. Qhronic. Hirsaug., tom. I, pag. 141
INSTITUTIONS tfols répons sont tout à fait, pour le chant, dans le style
du roi Robert. Il est probable que Fulbert les lui avait
communiqués, pour les répandre par ce moyen dans tout le royaume. On les trouve dans tous les livres liturgiques de France, antérieurs au xviii^ siècle, même dans ceux de la Provence et du Languedoc. Tel était le mode de propagation qu'employait Robert pour les chants qu'il affectionnait : il les faisait exécuter dans la chapelle de son palais, ou dans l'abbaye de Saint-Denys, puis dans l'église même de Paris, et de là ils passaient aux autres cathédrales.
Les plus grands La piété de Robert pour les offices divins n'avait rien
sucrners
de cette époque de singulier dans ces siècles de foi. Les plus grands guer-
ferveur pour ^iers se montraient tout aussi dévots que ce roi pacifique.
omce ûivin. g-^ ^^ effet, nous passons en Angleterre, nous retrouvons
les mêmes exemples dans un prince tel que Guillaume
Guillaume ]e Conquérant. Guillaume de Malmesbury nous apprend
le Conquérant. . t o ....
que ce vamqueur des Saxons assistait chaque jour nonseulement à la messe, mais à matines et aux autres heures de l'office (i). Il attribue la catastrophe qui affligea P Angleterre à la négligence des seigneurs saxons qui n'avaient pas renoncé, il est vrai, à entendre la messe et l'office, mais qui ne remplissaient plus ce dQVOiv journalier que d'une manière lâche et négligente (2). Matthieu Paris s'exprime Godefroy dans les mêmes termes. Godefroy de Bouillon, partant pour
de Bouillon. , . , . , , . - ,. .
la croisade, avait emmené avec lui une troupe de religieux exemplaires, qui, durant toute la marche, récitèrent devant lui tous les divins offices de jour et de nuit (3). Telle
(i) Religionem christianam quantum saecularis poterat ita frequentabat, ut quotidie missae assisteret, vespertinos et matutinos hymnos audiret. (Guillelm. Malmesb. de Gestis Regum Anglor., lib. III.)
(2) Optimates gulas et veneri dediti, Ecclesiam more christiano mane non adibant, sed in cubiculo et inter uxorios amplexus, matutinarum solemnia et missarum a festinante presbytère auribus tantum libabant, [Ibidem.)
(3) De claustris bene disciplinatis monachos insignes adduxerat, qui toto
fut aussi la conduite du pieux et invincible Simon de i partie
n/r r 1 1 «1 111.. CHAPITRE XI
Montrort, dans la croisade contre les albigeois (i). Nous '
choisissons de préférence les exemples de ces illustres Simon guerriers qui savaient imiter, dans les camps, la piété ^ °"^ °^^' paisible d'un saint Gérauld, comte d'Aurillac, d'un saint Saint Gérauid Elzéar de Sabran, dont la vie, proclamée sainte par ^^ ^^^"^ les peuples, s'écoulait au milieu des actes de la plus expansive charité et des plus augustes pratiques de la Xiturgie.
Le xti^ siècle ne fut pas moins fécond que le xi^ en Au xne siècle, heureuses innovations dans la Liturgie romaine, telle envers^ies safnts que les Français, les Allemands, les Belges la prati- ^XqIux d!ants' quaient. La dévotion à certains saints inspira les plus compositeurs beaux chants en leur honneur ; nous citerons principale- liturgiques. ment saint Nicolas et sainte Catherine, qui fournirent matière à des antiennes et à des répons d'une mélodie ravissante. Gavanti, appuyé sur l'autorité de saint Antonin et de Démocharès rapporte à cette même époque la composition ou au moins le complément de l'Office des Contrairement
,, , j. . j , . , à l'opinion
morts par raddition de plusieurs nouveaux répons et en de quelques fait honneur à Maurice de Sully, évêque de Paris, qui au- roffice des rait fait chanter ces pièces de sa composition dans son ^été^compiét? église en 1 196. Malheureusement cette attribution est dif- ^ cette époque. ficile à soutenir. Plusieurs répons de l'Office des morts se trouvent déjà dans les antiphonaires et responsoriaux grégoriens, publiés par le B. Tommasi; les autres, à savoir : Domine^ quando veneris; Peccantein me; Domine, seciindum actum meum; Libéra me ^Domine, de viis inferni ; et Libéra me, Domine, de morte œterna, sont, il est vrai, plus modernes, mais on les trouve cependant dans les
itinere, horis diurnis et nôcturnis, Ecclesiastîco more, divina illi ministrabant officia. (Guillelm. Tyi*., lib. IX, eap. ix;)
(i) Gum esset in bellis strenuissimus, omni tamen die missam et horas canonicas omnes audiebat, semper sub armis. (Rigord., in Philipp.August. anno I2i3.)
INSTITUTIONS Antiphonaircs du x® siècle, près de deux cents ans avant
~ Maurice de Sully,
L'influence Si nous sommes obligé de rectifier cette opinion de ^^ France ^ Gavanti et de Démocharès (i), l'influence de l'Église de ^^universeU?^ France sur la Liturgie universelle reste incontestable.
sert à coinpiéter £jjg servit à compléter, à perfectionner, à enrichir le ré*
et a enrichir r •> r 7
le répertoire pertoire grégorien, dont le fond resta toujours intact;
grégorien, dont ^ ...
le fond ces additioiis, ne consistant qu'en quelques proses et répons pour embellir les offices divins, ou encore dans Tadjonction d^un certain nombre de fêtes de saints, au calendrier romain. Le Livre des Messes^ tant pour les formules récitées que pour les parties chantées, demeura toujours le même, sauf les tropes et les séquences, que l'inspiration de ces siècles de foi et de mélodie produisit en grand nombre. Mais ces dernières pièces ne s'étendirent pas, pour l'ordinaire, hors du pays qui les avait produites : l'inspiration en était généralement trop nationale; tandis Les tropes que les répons composés dans un caractère plus ffrave, se
et les séquences \ . ,.,..
de composition répandirent par toute la chrétienté occidentale. Il est vrai
nouvelle
se répandent que leur propagation fut due en grande partie à l'influence
moins j 1 t • i m
que les répons, des nouveaux ordres religieux; c est ce que nous racon* ;
terons au chapitre suivant.
Action de Nous ne devons pas terminer le tableau de l'époque :
l'ordre 1. • , .. , r ^ «
bénédictin liturgique dcs XI*' et xii^ Siècles, sans dire^ en quelques
sur la Liturgie ^^ r n • in 1 1 / / i- •
durant les xie mots, quelle lut laction de Tordre bénédictin en cette partie de la discipline ecclésiastique. Il suffira, pour mettre cette influence en état d'être appréciée^ de rap« peler au lecteur que les moines, du viii^ au xii® siècle,; remplirent tous les postes principaux dans l'Église,, en même temps qu'ils furent presque les seuls dépositaires de la science et des traditions. Ils donnèrent des papes comme saint Grégoire le Grand, saint Boniface IV, saint Agathon, saint Léon III, saint Pascal I^%
(i) Note de l'éditeur.
saint Léon IV, saint Léon IX^ Alexandre II, saint Grégoire VII, Urbain II, Pascal II, Galixte II et Innocent IV; des docteurs sur la Liturgie et sur tout genre de doctrine, comme saint Léandre, saint Ildephonse, Bède, Alcuin, Walafrid Strabon, Rhaban Maur,Usuard, Remy d'Auxerre, Notker le Bègue, Herman Contract, saint Pierre Damien, Bruno d'Asti, Hildebert du Mans et de Tours, Guy d'Arezzo, Rupert de Tuit, saint Bernard, Pierre le Vénérable, etc. Il advint de là que plusieurs usages bénédictins se fondirent dans la Liturgie d'Occident. Ainsi, l'Office du chapitre à Prime, la Leçon brève et le Confiteor avant Compiles, l'oraison Visita, quœsiimus, les antiennes Salve, Regina, Aima Redemptot^is, etc. ; le petit Office de la sainte Vierge ajouté à l'Office du jour ; Pusage des hymnes, des séquences; l'Aspersion et la Procession, le dimanche, avant la messe ; tous ces usages et beaucoup d'autres ont une origine monastique. On sait aussi que la Commémoration de tous les Défunts, au deuxième jour de novembre, a passé de l'abbaye de Gluny, où elle fut instituée par saint Odilon,àtoute l'Eglise d'Occident; de même que la coutume de chanter l'hymne Veni, Creator, à Tierce, durant l'octave de la Pentecôte, avait été établie dans le même monastère par saint Hugues, avant d'être adoptée à Rome et étendue à toutes les provinces de la catholicité. Nous aurons ailleurs l'occasion d'indiquer beaucoup d'autres détails du même genre, nous avons voulu seulement, dans ce coup-d'œil général, signaler une des sources principales des usages liturgiques de l'Occident.
Si nous considérons maintenant l'office divin tel qu'il se célébrait dans les monastères, à Tépoque qui nous occupe, nous voyons que le chant ecclésiastique, en particulier, y était de plus en plus florissant. Les offices des saints patrons s'y célébraient par des hymnes, des répons, des antiennes nouvellement: composés par les abbés,
I PARTIE CHAPITRE XI
Nombreux
usages
bénédictins
introduits dans
la Liturgie
générale
de rOccident.
Le chant
ecclésiastique
très-florissant
dans
les monastères.
INSTITUTIONS q^ pgr. jg savaiits moines. On y tenait beaucoup plus que '^ dans les cathédrales, à la pureté grégorienne ; on consultait les divers exemplaires anciens, et on cherchait avec zèle à maintenir les traditions. Nous en voyons unexemplefj célèbre dans la conduite des premiers pères de Cîteaux. Une lettre de saint Bernard nous apprend que la réputation de l'Antiphonaire de Metz n'étant pas encore éteinte au XII® siècle, les moines de cette réforme l'avaient copié pour leur usage. Mais bientôt ils reconnurent que le chant était défectueux et avait souffert, tant de l'injure ' ^^^^ciw^^^^^ du temps que de l'esprit d'innovation. Le Chapitre de par le Chapitre Pordre confia à saint Bernard la commission de corriger
de son ordre ^
de reviser les livres du chœur. Il s'adjoignit à cet effet ceux^ de ses ■
l'Antiphonaire . . t 1 1 1 m
cistercien, copié confreres qui passaient pour les plus habiles ; l'Antipho-
primitivement . . . r / 1 /-n •
sur celui naire, ainsi revu, tut approuve par le Chapitre, et injonc-
de Metz.
tion fut faite à tous les monastères cisterciens de s'en servir. A la suite de la lettre de saint Bernard, dont nous ve* nons de parler, on trouve parmi les œuvres du saint docteur un traité fort curieux, de Ratione cantus^ destiné à servir de préface à TAntiphonaire de Cîteaux. Il y a des raisons de douter que cet ouvrage soit de l'abbé de Clairvaux"; mais, quoi qu'il en soit, il est d'un haut intérêt, pour le détail qu'on y trouve des principes qui présidèrent à la correction du chant cistercien. On voit que les premiers pères de Cîteaux furent d'habiles musiciens; mais peutêtre pourrait-on dire que quelquefois, de leur propre aveu, ils réformèrent l'Antiphonaire de Metz, plutôt d'après des théories que sur la confrontation des divers exemplaires des églises. Il est évident néanmoins que si l'on est quelquefois en droit de croire qu'on possède la phrase grégorienne dans sa pureté sur un morceau en particulier, c'est lorsque les exemplaires de plusieurs églises éloignées s'accordent sur la même leçon; mais ceci nous entraînerait trop loin et donnerait matière à des discussions totalement étrangères à Tobjet de notre récit.
I PARTIE CHAPITRE XI
On voit, par les plus anciens bréviaires de Cîteaux, que cette réforme adopta, en manière de supplément à PAntinhonaire grégorien, plusieurs usages et pièces de chant Les ordres
^ 00 j.^ ^ • r de Cîteaux et de
qui appartenaient aux Eglises de France, et en particulier prémontré
. ^, ) ^ r • ^ A^^ ajoutent au
à celle de Pans. C'est une remarque qu on peut taire ega- ^^^^ grégorien lement au sujet de Tordre de Prémontré, fondé en 1 120, tmprînffeï et dont les livres présentent matière à la même observa- p^^^^J^^^^^j^^J^^^^^ tion. Ces livres sont restés purs, et comme l'un des réper- ^ Églises^ toires de l'ancienne Liturgie romaine-française, jusqu'à spécialement' de
fpllf^Hp Pfi fis
la fin du xviii^ siècle, où le dernier abbé général (M. Lecuy, mort il y a peu d'années, grand vicaire de Paris), jugea à propos de les abolir, pour leur substituer des usages puisés dans ce que présentait de plus exquis la moderne régénération gallicane.
Il nous reste encore à dire un mot sur le chant pendant Caractère
, , du chant
les XI" et xii^ siècles. Il se maintint, pour la couleur pendant les
. 1 • xi^ et xii^ siècles.
générale, dans le caractère que nous lui avons reconnu au chapitre précédent, et dont les répons du roi Robert sont la plus complète expression. Une mélodie rêveuse et quelque peu champêtre, mais d'une grande douceur, en fait le caractère principal. Elle est produite par de fréquents repos sur la corde finale et sur la dominante, dans rintention de marquer une certaine mesure vague, et par une longue tirade dénotes sur le dernier mot, qui n'est pas sans quelque charme.
Le répons de sainte Catherine, Virgo Jlagellatur, offre une marche plus vive et plus animée, jusqu'au verset qui . forme un intermède d'une mélodie tendre et suave ; mais toutes ces pièces n'ont plus la simplicité grandiose des motifs dont l'Antiphonaire grégorien a puisé Tidée dans la musique des Grecs.
A cette époque, la séquence se perfectionna. Elle cessa La séquence
1 , 11 • ' 1:^^ prend sa forme
d'être un trope à la marche lente, au rhythme irreguuer. ^ définitive. Elle devint une sorte d'hymne à mesure égale, et offrit par là l'occasion d'un précieux développement à la musique
î294 AÛTÈUkS LitURGISTËS
INSTITUTIONS ccclésiastique. Au xif siècle, la séquence d^Abailard
Mitiit ad Virginem^ fut ornée, probablement par son
auteur, de ce délicieux chant que les Parisiens modernes^ ont du moins conservé sur les modernes paroles de la prose actuelle : Humani gêner is. Nous touchons à Fépoque du Dies irœ et du Lauda, Sion, Guy d'Arezzo ^e xi^ siècle vit en outre s'accomplir un grand évé^ iwTJîlement ^^^"^^"t pour le chant ecclésiastique. Guy d'Arezzo^ du chant simplifia et améliora la méthode d'enseignement du chant-
en fixant l'usage ^ <^
de la portée en fixant Fusage de la portée musicale, composée désor-
musicale, , iiv»
mais de quatre lignes parallèles superposées sur lesquelles il échelonna les notes. On dit assez généralement qu'il fut le premier à donner une méthode d'écrire le chant : c'est une erreur ; on avaitfdes notes avant lui^ comme On a pu • le voir ci-dessus. Seulement, sa méthode soulageait beaucoup Toeil et la mémoire, et fit tomber toutes les autres.
Auteurs Cette période fut donc véritablement féconde pour la
liturfiistes • • .
duxie et du Liturgie : on en jugera mieux encore en parcourant l'énuxiie siec e. niération des travaux qui furent alors exécutés en cette partie. Nous l'ouvrirons donc, sans tarder davantage.
Le roi Robert. A la tête des Liturgistes du xi^ siècle, nous plaçons i le roi Robert, dont nous avons déjà tant parlé dans de chapitre. Il composa des séquences pour diverses fêtes. Outre celle de la Pentecôte : Sancti Spiritus adsit nobis gratia, que plusieurs ont confondue avec l'hymne Veni, Creator Spiritus^ qui est de Charlemagne, il en composa d'autres, pour Noël, Pâques, l'Ascension, la Nativité de la
Ses séquences sainte Vierge, les fêtes de saint Martin, de saint Denvs,
et ses répons. / ^
de saint Agnan, evêque d'Orléans, etc. Il célébra la sainte Vierge en vers latins, dans lesquels il excellait, et avait coutume de la nommer VÉtoile de son Royaume. Nous avons parlé de son beau Répons : Cornélius centurio. Un autre qui commençait par ces mots : Judœa et Jérusalem^ n'était pas moins goûté dans nos églises de France
I PARTIE CHAPITRE XI
au moyen âge. Tout le monde sait le tour innocent que Robert joua à la reine Constance, lui faisant croire qu'il '
était question 'd'elle dans un répons qu'il avait composé et qui commençait par ces mots : O constantia martfrum. Nous plaçons ici les paroles de ce répons que les voûtes de nos cathédrales ont oublié, et que certainement bien peu de nos lecteurs connaissent. Il est triste qu'un siècle ait suffi pour effacer presque tous les points de contact que la Liturgie, en France, avait avec l'histoire. On nous a donné des rites nationaux que nos pères n'avaient point connus.
^. O constantia martyr um laiidabilis, o char ii as inextingidbilis, o patient ia invincibilis^ qiiœ licet inter pressuras perseqiientium visa sit despicabilis, ^ Invenietur in laiidem^et gloriam^et honorent, in tempore retribiitionis.
f. Nobis ergo petimus piis subveniant meritis, honorificati a Pâtre qui est in cœlis. " Invenietnr. Gloria Patri. O constantia martjyrum.
Ce beau répons, dont le chant est aussi touchant que les paroles en sont nobles, était le neuvième des Matines, au Commun de plusieurs martyrs, dans certains bréviaires romains-français. Heureux temps où les rois composaient des chants pour leurs sujets, où les mélodies nationales étaient d'innocents répons, ou des antiennes pleines de paix et d'onction !
(1007). L'ami de Robert, Fulbert, évêque de Chartres, Fulbert, évêque composa, comme nous l'avons dit, trois répons de la plus grande beauté, pour la Nativité de la sainte Vierge. Ils sont en vers, mais non rimes, comme ce fut plus tard la mode, au xiii« siècle. Nous les insérons ici, parce qu'ils ont péri dans toute la France (i) : nous voudrions pouvoir en donner le chant plein d'une suave mélodie.
(i) L'Église du Mans chante encore le second, Stirps Jesse : mais en dehors de l'office, à la procession du jour de l'Assomption de la sainte Vierge, avant la messe.
Ses répons en l'honneur de la Nativité
de la sainte Vierge.
Bernon, abbé de Reichenau.
I. ^. Solemjustîtiœ Regem paritura stipremum,'^ Stella Man'a maris hodie processif ad ortum.
f .Cerneredipimim lumen gaudete,Jideles^ Stella Maria.
IL ^. Stirps Jesse virgam produxit, virgaque florem,"^ et super hune florem requiescit Spiritus almus.
f. Virgo Dei genitrix virga est^Jlos Filiusejus. * Et super hune,
III. % Ad nutum Domini nostrum ditantis honorem,"^ sicut spina rosam genuit Judœa Mariam,
y. Ut vitium virtusloperiret ^ gratia culpam, ^ Sicut spina.
Tels sont ces admirables répons composés pour TÉglise de Chartres, par le Pontife qui posa les fondements de la merveilleuse cathédrale qui brille d'une si sublime auréole. Un roi les nota en chant; la France entière les adopta; l'Europe les répéta après la France. Aujourd'hui, ces doux chants ne retentissent plus dans les divins offices, et Chartres même, infidèle à son Fulbert et à la douce Vierge qu'il chanta, les ignore I
Nous nous sommes permis d'insérer ces quelques lignes de l'antique Liturgie de nos pères : ne pouvant résister au désir de donner à nos lecteurs quelques traits de cette Liturgie romaine-française qui gît maintenant incomplète dans la poussière des bibliothèques. C'est de là que, dès longues années, nous avons entrepris de l'exhumer. Les volumes suivants nous fourniront plus d'une fois l'occasion d'en mettre en lumière les inspirations qui, nous en sommes sûr, seront trouvées nobles et touchantes.
Fulbert a composé en outre plusieurs séquences et plusieurs hymnes. Parmi ces dernières, on remarque celle du temps pascal : Chorus novœ Jérusalem.
(1008). Bernon, abbé de Reichenau, est auteur d'un précieux traité intitulé : De institutione missarum; d'un dialogue, sous ce titre : De Quatuor Temporum jejuniis.) per sua sabbat a obserpandis^ ad Aribonem., Archtepiscopum
Mogîintinum ; d^une épître au même Aribon, De quatuor Adventus dominicis. Il écrivit aussi un livre sur le chant, intitulé Libellus tonarius, ou Opiis symphoniarum et tonorum, et le dédia à Piligrin, archevêque de Cologne. Trithême parle de trois ouvrages de Bernon sur le chant, savoir : De musica, seu de tonis ; De instrumentis musi" cis, et De mensura monochordi,
(loio). Adelbode, évêque d'Utrecht, composa le chant de rOffice de la nuit pour la fête de saint Martin. Il écrivit de Rome une lettre curieuse sur la célébration de PAvent; il ne faut pas la confondre avec un traité, en forme de dialogue, qu^avait composé sur le même sujet Hériger, abbé de Lobbes.
(10 12). Arnold, prévôt de Saint-Emmeran de Ratisbonne, composa des antiennes et des répons, pour la fête de ce saint évêque.
(10 14). Guy d^Arezzo, abbé de Saint-Pierre-d'Avellane, fut appelé à Rome par Benoît VIII, et travailla sous ce Pape et son successeur Jean XIX, au perfectionnement de la musique ecclésiastique. Il fixa, comme nous Pavons dit, Tusage de la portée musicale, et pour graver dans la mémoire de ses élèves l'échelle des sons, il eut l'idée d'employer le chant de la première strophe de Thymne de saint Jean- Baptiste :
Ut queant Iaxis resonare flbris Miv2i gestorum/^muli tuorum, SoIyq polluti lah'n reatum, Sancte Johannes.
Dans cette strophe, l'intonation de la note s'élevait d'un degré sur chacune des syllabes ut, ré, mi, fa, sol, la; en la répétant, les élèves apprenaient à distinguer les différentes notes de la gamme. Ils prirent naturellement l'habitude de les désigner par ces syllabes qui les leur rappelaient ; plus tard on ajouta si pour désigner la septième note, et le système de notre gamme actuelle fut inventé. Cette méthode
I PARTIE CHAPITRE XI
Adelbode,
d'Utrecht et
Hériger, abbé
de Lobbes.
Arnold, prévôt
de Saint-Emmeran de Ratisbonne.
Guy d'Arezzo.
Invention du système
de la gamme actuelle.
Oldert, abbé de Gemblours.
si simple, réduisant au pur mécanisme la pratique de la gamme, simplifia prodigieusement Tétude du chant, en sorte qu'on ' pût l'apprendre aux enfants avec autant de facilité qu'on leur enseigne à épeler et à lire l'écriture. Ce moine, véritablement digne du nom de Grand, pour un si éminent service, écrivit un traité de la musique, en deux livres, sous le nom de Micrologiie, qu'il dédia à Théodalde, évêque d'Arezzo, et un opuscule De mensura mo-' nochordi. Enfin il arrangea un antiphonaire, d'après sa méthode de notation, et Benoît VIII fut tellement frappé de la supériorité de ce travail, qu'au rapport de Guy luimême, il regardait cette œuvre comme une espèce de prodige.
(io2o). Olbert, abbé de Gemblours, fut habile dans la science du chant ecclésiastique. Entre autres compositions de ce genre qui lui appartiennent, la chronique de son monastère lui attribue les chants et les hymnes de saint Véron et de sainte Vandru.
(102b). Saint Odilon, abbé de Cluny, instituteur de la Commémoration des Défunts , au 2 novembre, nous a laissé des hymnes en l'honneur de la sainte Vierge, de sainte Adélaïde et de saint Mayeul, son illustre prédécesseur.
Arnoui, moine (1026). Arnoul, moine de Saint- André d'Andaone, outre
de Saint-Andre ^ ^ / ' ^ '
d'Andaone. ses écrits sur le comput ecclésiastique, composa un martyrologe abrégé, ou plutôt un calendrier des saints de l'année.
(1027). Saint Léon IX, auparavant Brunon, évêque de^ Toul, fut très-habile dans le chant ecclésiastique, et composa avec un grand art les répons de l'office de saintj Grégoire le Grand, de saint Cyriaque, martyr, de saint( Odile, vierge, de saint Nicolas, de saint Hydulphe,évêqu< de Trêves. On a chanté, jusqu'en 1775, cet office d( saint Hydulphe, dans l'abbaye de Moyenmoutier. Depuisj qu'il fut élevé à la papauté, se trouvant à Metz, il yj
Saint Odilon, abbé de Cluny.
Saint Léon IX.
DU Xi^ Et Dt xii^ SIÈCLE î^gg
composa des répons, pour l'office de saint Gorgon, i partie martyr.
(io3o). Adhémar, moine de Saint-Martial de Limo^res, Adhémar,
\ c / moine de
est regardé par plusieurs comme Fauteur du supplément Saint-Martial
14 i« r\ 1 • ' ' ^ /Y- ' - X ' T^Ti/r ^^ Limoges.
à l'ouvrage d Amalaire De divinis Ojjiciis, donne par D. Mabillon, au tome deuxième des Analecta.
(to35). Angelran, abbé de Saint-Riquier, mit en chant Angeiraji^, abbé Toffice de saint Valéry et celui de saint Vulfran. Saint-Riquier.
(io3q). Godescalc, prévôt d^Aix-la-Chapelle, chapelain Godescalc,
^ ^' ' ^ 11 prévôt d'Aix-la-
de Henri III, composa un grand nombre de séquences chapelle. pour la messe.
(1040). Herman Gontract, élevé d'abord à Saint-Gall. ^ Herman ^
\ ^ ' . ^ '' Gontract, moine
puis, moine de Reichenau, fut un prodige de science pour de Reichenau. son temps. Nous ne devons parler ici que de ses travaux liturgiques. Il écrivit sur le chant trois traités, savoir : De musica, De monochordo, De conflictii sonorum. Passant ensuite de la théorie à la pratique, il composa les paroles et le chant si mélodieux des Antiennes Salve^ Régi na ; Aima Redemptoris Mater; les séquences Ave^ prœclara maris Stella; O florens rosa; Rex omnipotens, du jour de l'Ascension, et beaucoup d'autres, parmi lesquelles plusieurs mettent le Veni^ Sancte Spiritiis, attribué par d'autres à Innocent III; le répons Simon Barjona pour saint Pierre, ceux de l'Annonciation, des saints Anges, etc.
(1040). Aaron, abbé de Saint-Martin, puis de Saint- Aaron, abbé de
^ ^/ ' Vf -T- Saint-Pantaléon
Pantaléon de Gologne, écrivit un livre De utilttate can-- de Cologne. tus vocalis et de modo cantandi et psallendi,
(1040). Jean de Garland, Anglais, composa un poëme, jeandeGarland. intitulé Z)e mysteriis Missœ^ et le dédia à Foulques, évêque de Londres.
(io5o). Michel Psellus, qui avait été le précepteur de Michel Pseiius. l'empereur Michel Ducas, embrassa plus tard la vie monastique. Allatius nous fait connaître de lui les ouvrages suivants qui ont rapport à la Liturgie : Expositio in illud
Jean le Géomètre,
Humbert,
moine de
Moyenmoutier
Odon, moine
de Saint-Maur-
des-Fossés.
Jean Mauropus
Saint Pierre Damien
quod in solemni Christi Ascensionis die dicitur : Hodie ■ Sancta Condura et cras Ascensio ; Expositio in illud : Do" mine, Jesu Ghriste, Deus noster, miserere nostri, Amen ; Paraphrasis carminé iambico i?i canonem S. Cosmce, Maiumœ episcopi, sancta et magna feria quinta canen^ dum.
(io5o). Jean, dit le Géomètre, souvent cité par saint Thomas d'Aquin, dans sa Catena aurea sur les Évangiles, vécut au xr^ siècle. Il est auteur de quatre grandes hymnes en l'honneur de la sainte Vierge, qui se trouvent dans la Bibliothèque des Pères de Lyon et ailleurs. Allatius nous apprend qu'il avait composé d'autres hymnes pour les différentes fêtes de Tannée.
(io5o). Humbert, moine de Moyenmoutier, nota plusieurs antiennes, en Fhonneur de saint Grégoire, pape, de saint Hydulphe et de saint Colomban.
(io5o). Odon, moine de Tabbaye des Fossés, près Paris, est auteur des répons que Ton chantait autrefois le jour de la fête de saint Babolein, premier abbé de ce monastère.
(1054). Jean, dit Mauropus (aux pieds noirs), d'abord moine,puis métropolitain d'Euchaïte,dans l'Asie Mineure, composa beaucoup d'hymnes, savoir vingt-quatre Canons paraclétiques au Christ Sauveur, deux autres cantiques adressés pareillement au Verbe incarné , soixante-sept à la sainte Vierge, un au saint Ange gardien, deux à saint Jean-Baptiste, d'autres pour les fêtes des saints Basile, Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome.
{1057). Saint Pierre Damien, d'abord moine et abbé, puis cardinal et évêque d'Ostie, a laissé de nombreux monuments de son génie et de son savoir liturgiques. Nous' citerons ici le traité De septem horis canonicis ; le livre sur^ Dominus vobiscum; un autre Contra sedentes tempore Di* vini Officii; enfin une grande quantité d'hymnes, antiennes et autres pièces liturgiques que l'on peut voir ei
I PARTIE CHAPITRE XI
DU XI® ET DU XII* SIÈCLE 3oi
tête du quatrième tome de ses œuvres publiées par Constantin Gaetani. Nous citerons parmi celles-ci les belles hymnes de la Croix, de Pâques, de TAnnonciation et de TAssomption de la sainte Vierge, de saint Pierre, de saint Paul, de saint André^ de saint Jean TÉvangéliste, de saint Vincent, de saint Grégoire le Grande de saint Benoît, etc.
(1057). Albéric, moine du Mont-Cassin^ et depuis car- AibéHc, moine
,.,/.. j' 1 r\ • 1 1 du Mont-Gassin.
dmal, écrivit un dialogue De musica, et des hymnes pour Pâques, l'Ascension, les fêtes de la Sainte-Croix, de TAssomption de la sainte Vierge, de saint Paul, de saint Apollinaire^ etc.
( 10.57). Einhard 11^ d'abord moine et abbé, puis évêque Einhard 11,
1 o • 1- ^ évêque
de bpire, composa en quatre livres un ouvrage très- de Spire, important De cœremoniis Ecdesiœ.
(io58). Gosselin^ moine de Saint-Bertin, suivit en An- Gosselin, moine
, TT ' ^ j c 1- u ^ j-^ ' de Saint-Bertin.
gleterre Hermann, eveque de balisbury, et se rendit célèbre dans ce pays, par sa grande science du chant ecclésiastique. Il composa une séquence en Phonneur de sainte Étheldrède.
(1060). Vitmond, moine de Saint-Évroul^ fut aussi un Vitmond, habile compositeur de chant ecclésiastique. Orderic Vital Saint-Evroui. dit que l'on chantait encore de son temps^ à Saint-Évroul, des antiennes et des répons de la façon de Vitmond, et des hymnes qu'il avait notées sur des airs trèsmélodieux.
(1060). Lambert, abbé de Saint-Laurent de Liége,com- Lamben,
^ ' ^ ^ abbe de
posa le chant et les paroles d'un office, en l'honneur de Saint-Laurent
. de Liège.
saint Héribert, archevêque de Cologne.
(1060). Francon, écolâtre de la cathédrale de Liège, écri- Francon,
vit, au rapport de Sigebert, un traité sur le chant ecclé- ^'^ Lfége. siastique.
(1060). Alphane, moine du Mont-Cassin, archevêque de Alphane,
Salerne, a laissé des hymnes en l'honneur de sainte Chri* ^^^saîem^!
Jean, archevêque de Rouen.
Jean Bar-Susan, patriarche
jacobite d'Antioche.
Guillaume,
abbé d'Hirsauge.
Bonizon,
évêc[ue
de Plaisance.
Osberne,
chantre
de Gantorbéry.
Le B. Victor III, pape.
Raynald, évêque de Langres.
Nicolas III,
patriarche de
Gonstantinople,
stine, de sainte Sabine, de saint" Matthieu, de saint Nicocolas, de saint Maur, etc.
{1061). Jean, comte de Bayeux, d'abord évêque d'Avranches, puis archevêque de Rouen, a écrit un Hvre célèbre De divinis Officiis.
(1064). Jean Bar-Susan, patriarche jacobite d'Antioche, est auteur d'une anaphore, qui se trouve au Missel chai» daïque^ et d'un livre dans lequel il prétend justifier contre les Coptes, Tusage de mêler du sel et de Fhuile au pain eucharistique.
(1068). Guillaume, abbé d'Hirsauge, composa un traité De miisica et tonis, et un autre De psalterio. Il recueillit aussi les coutumes de son monastère, et ce recueil renferme beaucoup de particularités liturgiques intéressantes. •
(1070). Bonizon, évêque de Plaisance, massacré cruellement par les schismatiques , fauteurs de Pempereur Henri IV, écrivit un livre De Sacramentis^ adressé à Gaultier, prieur du monastère de Léon, et publié par Muratori.
(1070). Osberne, chantre et sous-prieur de Gantorbéry, ami de l'archevêque Lanfranc, publia un traité De musica.
(1070). Didier, abbé du Mont-Gassin, et depuis Pape sous le nom de Victor III, fut fort zélé pour le chant ecclésiastique et pour la splendeur des offices divins. Il composa lui-même des chants, ou des hymnes en l'honneur de saint Maur.
(1071). Raynald, évêque de Langres, rédigea lui-même l'office de saint Mammès, martyr, patron de son Eglise. Il en prit le texte dans les poésies de Walafrid Strabon,et composa lui-même le chant.
(1074). Nicolas III, patriarche de Gonstantinople, est auteur d'un poëme De jejuniis et festis totius anni, et d'un règlement ecclésiastique De oblationibus liturgicis.
■ DU XI^ ET DU XII*' SIÈCLE 3o3
(1075). Lanfranc, moine du Bec, puis archevêque de i partie
, . . CHAPITRE XI
Gantorbéry, ayant fait confirmer les moines dans la pos- ■" ■
session où ils étaient de desservir les cathédrales en Angle- Lanfranc,
, j. ., j 1 1- • 1- moine du Bec
terre, rédigea un recueil de statuts concernant la discipline et archevêque
,. 1 . , , 1 V j de Gantorbéry.
que 1 on devait observer dans tous les monastères de ce royaume, et principalement la célébration des offices divins. Ces statuts sont une des plus précieuses sources où Ton doive puiser la connaissance des usages liturgiques des moines, au moyen âge.
{107 5). Thomas, archevêque d^York, composa le chant Thomas, d'un grand nombre d'hymnes. Guillaume de Malmesbury d'York. dit de ce prélat qu'il avait la voix très-belle, et que lorsqu'il entendait un air agréable, il l'accommodait aussitôt aux hymnes et aux chants ecclésiastiques ; mais il ne voulait pas souffrir dans l'Église une musique efféminée et sans ,
gravité.
(1080). Durand, abbé de Saint-Martin de Troarn, com- Durand, abbé
^ ' , de Saint-Martin
posa des antiennes et des répons avec leur chant pour de Troarn. diverses fêtes de l'année, et en l'honneur de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge, des Anges, des Apôtres, des Martyrs, et autres saints révérés dans l'Église.
(1080). Udalric, moine de Gluny, recueillit les usages de Udairic, moine
. , . , , de Gluny.
cet illustre monastère, et son travail publie par dom Luc d'Achery, est un des plus importants monuments de la Liturgie bénédictine.
(1080). Irène, femme de l'empereur Alexis Gomnène, Irène, femme de
, .1 V 1 /-n 1 l'empereur
ayant fonde à Gonstantmople un monastère de filles, leur Alexis Gomnène donna des constitutions qui sont contenues dans le livre appelé Typique. Le cérémonial contenu dans ce livre çst du plus haut intérêt pour la connaissance des usages claustraux des monastères de filles, en Orient.
(1091). Aribon, personnage dont Tétat et la qualité sont Anbon, auteur
,,, . . , . . • / T-w • VI d'un traité
aujourd hui inconnus, écrivit un traite IJe mustca., qu il De musiea. dédia à un évêque, nommé Ellenhard. Il y parlait avec enthousiasme de Guillaume, abbé d'Hirsauge, àoni nous
INSTITUTIONS avoDs fait mention plus haut, et le qualifiait le premier des
musiciens, FOrphée et le Pythagore modernes.
Jean Saïd (1094). Jean Saïd Bar-Sabuni, évêque jacobite de Méli-
évêque jacobite. tine, est auteur d'une hymne acrostiche, que les jacobites chantent durant la cérémonie de la tonsure des moines.
Néveion, (1096). Névelon, moine de Corbie, rédigea un Martyro-
deCorbie. loge, abrégé de celui d'Adon.
Bruno d'Asti. {1097). Bruno d'Asti, abbé du Mont-Cassin, puis évêque de Segni, est un des grands liturgistes du xi® siècle. On lui doit les livres suivants : De ornamentis ecdesiœ; De Sacrificio a^ymi, et De Sacramentis ecdesiœ^ mysteriisy atque ecdesiasticis ritibus.
L'auteur (lOQ?). Microloffus. tel est le titre d'un ouvrage ano-
inconnu \ ^ / / ^ . . . , . . .
Qu Micrologus. nyme qui est aussi intitulé De observationibiis ecdesiastîds. Ce livre, qui est un des monuments principaux de la science liturgique, a été écrit peu après la mort de saint Grégoire VII, arrivée en io85. On y trouve l'explication de rOffice, suivant la forme en laquelle ce Pape Pavait réduit. Il ne faut pas confondre cet opuscule avec le MicrO" logue de Guy d'Arezzo, qui ne traite que de la musique et du chant. Zaccaria croit pouvoir l'attribuer à Ives de Chartres.
Ives, évêque (1097). Ives, d'abord abbé de Saint-Quentin, puis évêque . de Chartres, fut un des plus grands, des plus doctes et des plus saints prélats de son temps. Il excella dans l'explication des mystères de la Liturgie, comme on peut le voir par la lecture d'un grand nombre de ses sermons, qui font autorité en cette matière. L'indication de ces sermons nous entraînerait trop loin : on peut consulter la bibliothèque des Pères, ou la collection d'Hittorp.
Saint Anselme, (1097). Saint Anselme, abbé du Bec, et ensuite archearchevêque de ^ 1 i-i 1 ' ,, . . Cantorbéry. veque de Cantorbery, composa, avec Fonction qui se remarque dans tous ses écrits, des hymnes et un Psautier de la sainte Vierge*
(lOQi). Le vénérable Hildebert de Lavardin, évêquedu i partie
^ -^ ' *■ CHAPITRE XI
DU XI® ET DU XII^ SIÈCLE 3o5
érable Hildebert de Lavardin, évêquedu Mans, puis archevêque de Tours, a laissé, entre autres compositions qui vont à notre sujet, un poëme infiniment archevêque 'de précieux, intitulé : Versus de mysteriis et ordïne Missœ. Tours. Nous citerons encore les opuscules suivants : Libei% seit prosa de Natali Domini; De Sacramentis ; De utraque parte altaris; De tribus Missis in Natali Domini.
(iio5). Odon, écolâtre d'Orléans, puis abbé de Saint- odon, Martin de Tournay, enfin évêque de Cambrai, est auteur ^cambrai! d'une courte exposition du Canon de la Messe.
(i i lo). Geoffroy, abbé de la Trinité de Vendôme, a com- Geoffroy, posé quatre hymnes, dont la première en l'honneur de la Trinité
^. , . , . . de Vendôme.
sainte V lerge, et les trois autres sur la conversion de sainte Marie-Magdeleine. Plusieurs de ses opuscules renferment des traits importants pour la compréhension des doctrines liturgiques de cette époque.
(il lo). Marbode, évêque de Rennes, est auteur de trois Marbode,
^ ^ ^ ^ eveque de
hymnes en l'honneur de sainte Marie-Magdeleine. Rennes,
(il II). Robert, prieur de Saint- Laurent de Lié^e, écri- Robert, prieur
/ ^ . , :. . .. ^ deSaint-Laurent
vit un traité i)(? divims Offlciis. de Liège.
(il II). Rupert, abbé de Tuy, se recommanda, comme ,,^^T^^i liturgiste, par son ouvrage Z)^ diinnis Officiis per annicircidum, divisé en douze livres. Il a composé en outre plusieurs hymnes, savoir deux en l'honneur du Saint- Esprit, et les autres pour la fête de plusieurs saints martyrs.
fj" (m 3). Etienne, évêque d'Autun, et qui mourut moine Etienne, évêque de Cluny, a laissé un livre De Sacramento Altaris^ et a s quœ ad illud variosqiie Ecclesiœ ministros pertinent.
fiii5). Saint Bernard, abbé de Clairvaux et docteur de Saint Bernard, i Eglise, outre les travaux qu il accomplit sur 1 Antipho- oiairvaux et
^rn -m 1 • docteur de
naire, a compose un Omce entier en 1 honneur de saint r Église. Victor, confesseur, à la prière de Guy, abbé de Montier- Ramey. Cet Office^ d'un style élégant et plein d'onction,
Principes de
saint Bernard
sur la
composition
liturgique.
mais peu conforme à la couleur de Tantiquité, renferme des h3/mnes totalement dépourvues 4^ mesure et de quantité. C'est le reproche qu'on peut faire également à Thymne de saint Malachie, composée aussi par saint Bernard et publiée par dom M^rtène. Ces hymnes contrastent singulièrement avec le petit poëme de mesure ïambique et si mélodieux, qui commence par ces n|ots : Jesu, duleis meînona, dont TÉglise a tiré les trois hymnes de TOffice du sajnt Nom de Jésus. Dom Mabillon a placé parmi les œuvres probables de saint Bernard, Thymne à Phonneur des Cinq Plaies de N. S., qui commence: Salve^ mundi sqliitare^ et une touchante prière au Christ et à Marie, dont le premier vers est ainsi conçu : Siimme summi tu Patris iinice. Quant à la gracieuse prose de Noël : Lœtabundiis^ on la trouve dans tous les anciens Missels, sous le nom de saint Bernard.
Les principes de saint Bernard, sur la composition liturgique, sont trop importants pour n'être pas rappelés dans cet ouvrage : il serait à désirer qu'on ne les eût jamais perdus de vue. Voici quelques traits du sainjt docteur sur ce sujet, tirés de sa lettre à Guy, abbé de Montier- Ramey :
« Ce n'est point votre affection pour moi que vous dece vez considérer, dans une affaire si grave que la compo- « sition d'un Office, mais le peu d'importance que j'ai « dans l'Église. Un si haut sujet exige non simplement « un ami, mais un homme docte et digne d'une pareille , « mission^ dont l'autorité soit compétente, la vie pure, le" « style nourri, en sorte que l'oeuvre soit à la fois noble et « sainte. Qui suis-je, dans le peuple chrétien, pour que « mes paroles soient récitées dans les églises 1 Quelle est « donc ma pauvre éloquence pour qu'on vienne me dece mander des chants de fête et de triomphe? Quoi donc! ce celui dont les cieux célèbrent les louanges, il faut que, ce moi, je m'essaye à les redire sur la terre ? Vouloir ainsi
I PARTIE CHAPITRE XI
« ajouter à la gloire du ciel,c'est la diminuer. Ce n^est pas « pourtant que les hommes doivent s'interdire de chanter « les louanges de ceux que déjà les Anges glorifient; mais « dans une auguste solennité, il ne convient pas de faire « entendre des choses nouvelles, ou légères d'autorité ; il « faut des paroles authentiques, anciennes, propres à édi- « fier rÉglise et remplies de la gravité ecclésiastique. Que « si, le sujet l'exigeant, il était nécessaire d'employer (( quelque chose de nouveau, il me semble qu'il faut, « dans ce cas, que la dignité de l'élocution jointe à celle « de l'auteur, rende les paroles aussi agréables qu'utiles « au cœur des auditeurs. Que la phrase donc resplendis- « santé de vérité fasse retentir la justice, persuade l'humi- « lité, enseigne l'équité ; qu'elle enfante la lumière de vé- « rite dans les cœurs; qu'elle réforme les mœurs, crucifie « les vices, enflamme l'amour, règle les sens. S'il s'agit « de chant, qu'il soit plein de gravité, également éloigné « de la mollesse et de ;la rusticité. Qu'il soit suave, sans c( être léger; doux aux oreilles, pour toucher le cœur* « Qu'il dissipe la tristesse, calme la colère ; qu'au lieu « d'éteindre le sens de la lettre, il le féconde : car ce n'est « pas un léger détriment de la grâce spirituelle que d'être « détourné de goûter l'utilité du sens par la frivolité du « chant, de s'appliquer davantage à produire des sons ha- « biles qu'à faire pénétrer les choses elles-mêmes (i). »
(1118). Théotger, évêque de Metz, écrivit un traité du chant ecclésiastique.
(11 20). Hugues, chanoine régulier de Saint- Victor de Paris, un des plus illustres écrivains mystiques du moyen âge, a passé pour être l'auteur de plusieurs écrits sur la ^^^^^pIhs!^^ ^^ Liturgie qu'on trouve dans ses œuvres. Mais il est impossible de lui laisser les trois livres De cceremonïts, Sacramentis et Officiis ecclesiasticis, qui sont de Robert Paulu-
Théotgef)
évêque
de Metz.
Hugues,
chanoine
régulier de
(i) Vid. la NoteE,
Hugues
Métellus,
chanoine
régulier de
Toul.
Gilbert, évêque de Limerik.
lus; ni Popuscule intitulé Z)e Canone Mystici libaminis, ejusqiie ordinibiis, qui est de Jean de Cornouailles. Le Spéculum de Mysteriis Ecclesiœ ne paraît pas beaucoup plus assuré à Hugues de Saint- Victor.
(1120). Hugues Métellus, chanoine régulier de Toul, a
laissé cinquante-cinq lettres sur différents sujets. LaLIP et
la LHP ad Constantinum, ont pour objet l'explication des
rites de PEglise pendant le carême et les trois semaines qui
le précèdent.
Le bienheureux (ii2o). Le bienheureux Guigues, cinquième prieur de
^^^^de 'la^^ ^^^ la Chartreuse, rédigea les fameux Statuts qui portent son
^^^ l'euse. i^Q^^ e^ qyi forment aussi un des plus curieux monuments
de ]a Liturgie monastique.
(1120). Gilbert, évêque de Limerik, voulant aidera rétablissement de Tunité liturgique, en Irlande, publia une lettre circulaire à tous les évêques et prêtres de ce. pays. Cette lettre est le prologue d'un opuscule intitulé: De Statu Ecclesiœ^ dans lequel Gilbert expose avec unj détail intéressant les fonctions sacrées de l'évêque et du prêtre.
(ii23). Suger, illustre abbé de Saint-Denis en France, a laissé un opuscule sur la Dédicace de Téglise de son abbaye qu'il avait rebâtie.
(i 1 23). Pierre Maurice^ dit le Vénérable^ abbé de Cluriy, a laissé plusieurs hymnes, et en particulier celles que tout rOrdre de Saint-Benoît chante dans la fête de son, saint Patriarche : Laudibus cives resonent canojHs ; Inter^ œternas superum coronas, et Quidqiiid antiqui cecinere^ vates. Les bénédictins français chantent aussi celle que le] même Pierre le Vénérable a composée sur la Translation] des reliques de saint Benoît en France et sur leur illation: Claris coiy'ubila, Gallia, laudibus.
Drogon, (il 28). Drogon, abbé de Laon, puis évêque d'Os-^
eveque d'Ostie. ^-^^ ^ laissé un livre De divinis Officiis^ seu hormis Cano-
nicis.
Suger, abbé
de Saint-Denis.
Pierre
le Vénérable,
abbé
de Cluny.
DU XI® ET DU XTI^ SIECLE SoQ
(ii3o). Honorius, écolâtre de Féglise d^Autun, est au- i partie
, CHAPITRE XI
teur de la belle Somme liturgique, intitulée : Gemma ani-
mœ. Dom Bernard Pez, en publiant, au deuxième tome écoiâ°re^de de son Thésaurus anecdotorum novissimus^ l'importan^ d'Autun écrit intitulé : Sacramentarium o[x De Sacramentis^sive de causis et signijicatu mystico rituum diviiii in Ecclesia OJficii, a presque doublé les richesses liturgiques que nous devons à Honorius d'Autun.
(ii3o). Bérold, gardien et Cicendelarius de. l'église de Béroid, gardien Milan, écrivit un livre curieux, intitulé : Ordo et cœremo- ^^ U\\-aju niœ Ecclesiœ Ambrosianœ Mediolaneîisis.
(i i3o). Hervé du Mans, moine de Déols, au diocèse de Hervé du Mans,
T^ " 1 ,,,.., . 11 1 moinedeDéols
-Bourges, donna 1 explication des cantiques que Ion chante dans les Offices divins, et écrivit un livre de remarques sur les altérations que le texte de la Bible avait souffertes dans les Z.^c/'/o/^/ia/re^ de certaines églises.
(i i3o). Guillaume de Sommerset, moine de Malmes- Guillaume de , bury, fit un abrégé des livres d'Amalaire sur les Offices moine de '
,. . Malmesbury.
'divins.
{ti3o). Pierre Abailard qui, après une carrière aussi Pierre Abaiiard. brillante qu'agitée, embrassa la vie monastique à Saint- Denis, fut abbé de Saint-Gildas de Ruys, et mourut dans l'ordre de Cluny, composa à la prière d'Héloïse un petit livre d'hymnes et de séquences pour l'usage du monastère du Paraclet. La plus célèbre de ces séquences est celle pour la fête de l'Annonciation : nous en avons parlé cidessus.
(i i3o). Rodulphe, abbé de Saint-Trond, fut très-habile Roduiphe, abbé
de
dans le chant ecclésiastique et nota un Office en l'honneur Saint-Trond. de saint Quentin, (i i36). Rinald H, abbé du Mont-Gassin et cardinal, Rinaid ii, abbé
. . .du Mont-Cassin
composa trois h3^mnes en l'honneur de saint Maur, trois et cardinal. pour saint Placide et une pour saint Sévère, abbé du Mont- Gassin.
(il 40). Anselme, archevêque de Magdebourg, et ensuite Anselme,
archevêque de Ravenne.
Benoît^ chanoine de 3aint-Pierre,
de Ravenne, écrivit un traité De ordine pronuntiandœ Litaniœ,
(i 143). Benoît^ chanoine de Saint- Pierre, écrivit le livre intitulé Pollicitus, dans lequel il rend compte des Offices de toute Tannée et principalement de ce qui a rapport aux fonctions papales. Dom Mabillon a placé cet opuscule parmi les Ordres romains, entre lesquels il occupe le on-j zième rang.
(i 147). Isaac, abbé de Stella au diocèse de Poitiers, écri-1 vit une Épître assez longue sur le Canon de la Messe.
(i i5o). Aelrède, abbé de Rhienvall, au diocèse d'York^ a laissé un livre De Officiis ministrorum.
(i i5o). Hugues, abbé de Prémontré, rédigea le livre des; cérémonies de cet Ordre, sous ce titre: Ordinariiim Prœ-\ monstratensïs Ecclesiœ.
(i j5o). Richard, chanoine régulier de Saint- Victor de] Paris, et Tami de Hugues, écrivit, au rapport de Trithème,! urt livre De Officiis Ecclesiœ.
(ii5o). Damien, prémontré, aux Pays-Bas, passe pour] avoir composé des chants admirables en Thonneur dis saint; Corneille et de saint Cyprien.
( 1 1 5o). Nous plaçons à cette date Fanonyme du douzièm( siècle, dont Zazzera a publié en 1784, d'après un manuscrit du Vatican, un intéressant ouvrage intitulé : Sanctœ Ecclesiœ Rituum , divinorumque Officiorum explicatio.
Adam, chanoine (i i5o). Adam, chanoine régulier de Saint- Victor de Pa-
régulier de / /,, i u n ' vi
Saint-Victor de ris, est lUustre par les belles séquences qu il a composées, parmi lesquelles on distingue celles de saint Etienne, de la Purification de la sainte Vierge, de la sainte Croix, de la sainte Trinité, de saint Nicolas, de saint Jean-Baptiste, de saint Pierre et de saint Paul, de saint Laurent, de saint Martin, sans oublier celle de saint Denys : Gaude proie, Grœcia, si indignement travestie par les Parisiens modernes.
Isaac, abbé de Stella.
Aelrède, abbé de Rhienvall.
Hugues, abbé de Prémontré.
Richard,
chanoine
régulier de
Saint-Victor de
Paris,
Damien, prémontré.
Anonyme du xii® siècle.
I PARTIE CHAPITRE XI
DU Xl^ Et DU XII'' SIÈCLE 3 I T
(i i5o). Lisiard, clerc de Téglise de Tours, rédigea ï Ordinaire^ ou livre des cérémonies pour l'usage de Téglise ~
Lisiard, clerc de de Laon. * l'église de
(1154). Denys Bar-Salibi, évêqué [jacobite d'Amida,
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a laisse en syriaque beaucoup de monuments de sa Bar-Saiibl,
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science liturgique. Nous citerons les ouvrages suivants : d'Amida. Exposition des mystères qui sont contenus dans le Saint- Chrême, Exposition des mystères qui sont contenus dans V imposition des mains , ou l'ordination. Exposition de la Messe, ou commentaire de la Liturgie de saint Jacques. Trois Anaphores, dont l'une s'est glissée, jusque dans le Missel des Maronites, comme nous l'avons observé en son lieu, etc.
(11 60). Comme nous l'avons dit plus haut, on a attri- ^ ^^^^î^t^^t^.
^ ' ^ ' . Sully, evequedc
bué à Maurice de Sully, évêque de Paris, plusieurs ré- Paris, pons de l'Office des morts. Peut-être a-t-il été l'auteur de quelques-uns des nombreux versets ajoutés à cette époque au répons Libéra me, Domine, de morte œterna; mais toutes les pièces qui composent actuellement l'Office des morts semblent antérieures à ce prélat.
(1162). Jean Beleth, recteur de l'Université de Paris, a JeanBeieth,