Etat unitaire et confédération. — Le gouvei
neraent peut aussi être considéré k un autre point de vm On le nomme unitaire lorsque toutes les parties de la natioJ sont soumises à un seul et même régime en tout et pou tout. Il est au contraire /'ederatt/' lorsque la nation se coin pose d'Etats associés qui se sont réservé en partie l'exei cice de la souvei'aineté et ont conUé à un gouvememei
central seulement certaines attributions générales, telles que le droit de paix et de guerre, les relations extérieures, etc. Une nation ainsi organisée est une confédération,
23. Nécessité de l'accord du gouvernement avec la nation. — Le but de tout gouvernement étant de rendre la nation libre, forte et prospère, l'accord du gouvernement avec les vues de la nation est nécessaire, car s'il y a tiraillement, il y a malaise, et non prospérité. On a dit et répété souvent que sciiaque peuple a le' gouvernement qu'il mérite B. Cela est vrai dans ce sens qu'en général l'organisation politique d'un pays répond à son degré de culture et à ses besoins. Mais il y a aussi dans l'histoire intérieure de chaque peuple des moments où le gouvernement n'est plus en rapport avec les idées et les besoins donvnants. Il en résulte uue phase de transformation plus ou moins pénible. Les nations sages et expérimentées savent traverser ces périodes, critiques sans y perdre de leur vitalité. Le secret de leur force est dans leur esprit d'union, dans le patriotisme qui anime tous les citoyens, et dans l'aptitude qu'elles ont de mettre le gouvernement d'accord avec les exigences nouvelles qui se font jour,
24. Justice dans le gouvernement. — Le bien-être politique d'un peuple est intimement lié au bien-être individuel des citoyens. Il est impossible que ceux-ci soient égaux en forces, en talents, en fortune, en position sociale; mais tous doivent être égaux en droits dans la même nation, c'est-à-dire qu'il ne doit pas y avoir des hommes ou des groupes d'hommes traités injustement, opprimés, asservis par une autre partie de la nation. L'injustice commise par les uns envers les autres conduit toujours fatalement k la dissolution du corps social et à la ruine du gouvernement.
Les intérêts individuels sont extrêmement nombreux et divers ; les habitudes et les mœurs varient de contrée à contrée. Aussi longtemps que ces différences ne nuisent pas à la souveraineté nationale, il faut se garder de les faire disparaître, car elles contribuent à la vitalité de la nation, en fortifiant dans les cœurs l'attachement au pays et à ses institutions. Le besoin d'uniformité, naturel à toute nation, devient donc excessif lorsqu'il ne peut se satisfaire qu'en détruisant toute liberté chez les individus et dans les groupes.
25, Principe que c'est la majorité qui gouverne. — Dans les Etats constitutionnels, il est de rôgle que c'est la majorité parlementaire ou populaire, c'est-à-dire le plus grand nombre, qui gouverne. ^ Dès l'instant que le gouvernement ne dépend pas d'un seul, comme c'est le cas dans la monarchie absolue, il est évident que soit dans les parlements, soit dans le peuple, il doit se produire des désaccords fréquents au sujet des mesures à prendre. Les idées des hommes varient autant que leurs intérêts et leurs habitudes. Faudrait-il, pour l'exercice de l'autorité, qu'il y eût unanimité de vues? Certainement non, car la souveraineté nationale cesserait d'exister s'il suffisait de la volonté d'un seul homme pour en arrêter l'exercice. On a donc dû admettre que lorsque le plus grand nombre décide une chose, le plus petit nombre doit se soumettre. C'est ce qu'on appelle la loi de la majorité. Loi dure, mais nécessaire, loi qui, peut devenir aisément tyrannique si le gouvernement ne s'attache pas à donner à la minorité les garanties nécessaires pour qu'en tout cas les droits légitimes de celle-ci soient respectés.