LES DIFFÉRENTES FORMES DE GOUVERNEMENT
. Principe et bat du gouvernement. — Une nation reraine eat libre àe s'organiser comme il lui convient. Le 'e commander seule sur son territoire s'ap- 6 l'autorité. L'autorité s'exerce par le moyen du gouver- ^'itement, qui n'est autre chose que I Etat (§ 6), c'est-à-dire le corps social organisé pour penser, vouloir et agir.
La vie des nations est comme celle des individus : une lutte peipétuelle. Si l'individu doit sans cesse veiller à la conservation de sa santé et de ses biens, la nation, elle, doit être constamment sur ses gardes pour empêcher que sa souveraineté ne soit violée par d'autres nations, ou que son autorité ne soit méconnue sur son propre sol. Repousser toute agression venant du dehors, réprimer tout désordre au decums, stimuler les forces vives de la nation de Tnanière à la rendre toujours plus respectable et prospère, tel est le but du gouvememant ou de l'iAat.
19. Raison des dlfTérentes formes de gouvernement. — Il existe dans le monde une très grande diversité de formes de gouvernement, et l'on peut dire qu'il n'y a pas deux nations gouvernées de la même manière. Cela tient à ce que chaque peuple a ses particularités, ses traditions, ses besoins, son idéal, et s'efforce d'approprier son gouvernement h la tâche qu'il veut lui voir remplir.
Suivant les circonstances dans lesquelles un peuple se trouve placé, la forme de gouvernement qu'il aura d'abord adoptée, tendra à se modifier et même à s'altérer plus ou moins rapidement.
Ainsi, une nation guerrière, par nécessité ou par tempérament, aura besoin d'une discipline plus étroite qu'une nation pacifique; cette discipline dégénérera aisément en dictature et en tyrannie; l'individu perdra en liberté ce que le gouvernement gagnera en force. Au contraire, une nation amoureuse de ses aises, altérée de jouissances, impatiente de toute contrainte même nécessaire, tendra à affaiblir le gouvernement au profit de l'individu; elle risquera d'aboutir
à l'anarchie, c'est-à-dire au désordre, à l'émiettement de bbb forces et à la désagrégation nationale. C'est entre ces deux extrêmes qu'une nation sage doit savoir se tenir '.
20. Frinclpaux types de gouvernement : monarchie et république. — Si variées que soient les formes de gouvernement, on peut les ramener à deux types principaux : la monarchie et la république. Le mot monarchie vient du grec et signiGe le i gouvernement par un seul s, le mot république vient de deux mots latins (res, la chose, et pubîica, publique) et signifie ainsi s la ctiose de tous. »
Dans le système de la monarchie pure, ou absolue, un seul homme exerce l'autorité souveraine. C'est lui qui décide d la paix ou de la guerre, qui fait les lois, qui décrète les in p6[s el qui en dépense le produit. Il a généralement droit de vie et de mort sur ses sujets. Souvent même, il est encore le chef religieux de la nation. On appelle celte forme de gouvernement Vautocralie ou l'absolutisme, parce que l'exercice de l'autorité y est arbilraire et dépend de la volonté d'un seul. Elle ne convient guère qu'à un peuple peu civilisé, ou fanatique, ou qui, à la suite de crises et de convulsions suprêmes, a cru pouvoir trouver le salut, c'est-àdire la conservation et la tranquillité, dans le despotisme. (La mot despote vient du grec et signifie maître.)
Mais, au fond, un tel gouvernement répugne à la nature. humaine qui ne saurait se résoudre volontiers à l'abdication perpétuelle d'une nation tout entière entre les mains d'u seul homme. L'expérience montre que cet homme, entouré'' de flatteurs et de gens perfides, ne tarde pas à tromper !& confiance placée en lui, à devenir capricieux, despote, cruel. Aussi les émeutes populaires et les révolutions de palaia' sont-elles fréquentes dans ce système de gouvernement.
En général, la monarchie est héréditaire, c'est-à-dire qas' l'autorité souveraine passe du père au fils (quelquefois à la. fllle), le plus souvent dans l'ordre dep-imogénifwre (droîtr". d'aînesse). Bien que l'histoire nous montre que l'établissement de la monarchie est un fait simplement humain, variant selon les circonstances, presque toutes les famillea régnantes ont la prétention de tenir leur pouvoir de Diea ■
' Dictature vient du latin dialare, commander ; — tyrannie vient du grec et signifie toute domination usurpée et illégale ; anarohie vient aussi du grec et veut dire absence de gouvernement.
lui-màme, d'être ainsi de droit divin. Les monarchies purement électives sont dans notre époque une rare exception.
La république, dans le sens absolu du mot, c'est le système en vertu duquel le peuple exerce lui-même le gouvernameat, et se réunit en assemblée générale chaque fois qu'il s'agit de paix ou de guerre, de lois, de dépenses et d'impôts, de nomination des fonctionnaires publics. Mais ce système, qu'on appelle la démocratie pure (démocratie signifie le gouvernement par le peuple), n'est évidemment praticable que dans de très petits EtaLs, 0(1 le peuple peut se réunir facilement, et où les assemblées sont assez peu nombreuses pour que la discussion des affaires y soit chose possible. Le gouvernement du peuple par lui-même suppose beaucoup d'indépendance et d'égalité chez les citoyens, et en même temps une grande intelligence et habitude des affaires. Lorsque cette forme de gouvernement vient à s'altérer par la corruption des mœurs ou par l'excès des passions, elle dégénère en démagogie (domination des factions populaires), qui peut n'être pas moins redoutable que le despotisme d'un autocrate.
On nomme théocratie le gouvernement dans lequel les chefs de la nation sont regardés comme les ministres de Dieu, et édictent les lois au nom de la religion. Cette forme, autrefois la plus commune, n'existe plus guère que dans les monarchies absolues.
21. Types Intermédiaires : monarchie constitutionnelle ; diverses sortes de républiques. — Entre ces deux formes de gouvernemeni, la monarchie pure et la démocratie pure, il y a un grand nombre d'intermédiaires, se rapprochant plus ou moins du type principal.
Le progrès des idées a amené dans l'époque moderne la plupart des monarchies européennes à cesser d'être absolues. Elles sont devenues constitutionnelles, c'est-à-dire que le monarque est tenu de se conformer à une constitution, loi fondamentale de l'Etat qui règle la forme et l'exercice du gouvernemeni, et qui garantit les droits et les libertés de la nation contre les caprices du détenteur de la souveraineté. Celui-ci, empereur ou roi, est obligé de tenir compte des décisions prises par les représentants de la nation, qui ont le droit de discuter hbrement toutes les questions publiques dans les assemblées qu'on nomme parlements. Le régime parlementaire CBt donc celui dans lequel un monarque constitutionnel doit partager avec les représentants de la na-
tion l'exercice de l'autorité. C'est une amélioration impor tante introduite dans le système de la monarchie, et qq i-apppoche colui-ci du système de la république.
De son côté, la démocratie pure a dû subir, par la força des choses, de notables tempéraments. L'impossibilité de> discuter les affaires publiques dans de grandes agglomér-^ rations a conduit au système représentatif, dans lequel te' peuple délègue sa souveraineté à un certam nombre d'hommes chargés de gouverner en son nom. Dans l'anliquité ek dans le moyen-^e, les républiques étaient souvent arisfo* erotiques (gouvernement des meilleurs ou de ceux qui S9 croient tels), ou pour mieux dire oligarchiques (gouverne^ ment par un petit nombre), parce que certaines castsi avaient seules le privilège de former le gouvernement. Dum l'époque moderne, les républiques sont devenues égalHaire», et choisissent leurs représentants sans égard à leurs originel sociales.
Dana le système représentatif, les fonctions sont conférée pour un petit nombre d'années sextlement, afin que le pet " puisse faire «n usage fréquent de la souveraineté qui ré! en lui, et remplacer ceux de ses représentants qui n'ont p justifié sa confiance.
Une tendance de notre époque, particulièrement Suisse, c'est de combiner autant que possible les avantage du système représentatif avec ceux de la démocratie pure A cet effet, on réserve au peuple le droit de se prononce? définitivement sur toutes les mesures importantes décrétées. par ses représentants. Il exerce ce droit, non pas dans d^ assemblées générales ou landsgemeindes, comme c'est ; cas dans le système de la démocratie pure, mais par le vol individuel des citoyens dans la commune qu'ils habitei Ce système est celui de la démocratie re<p ■' tentative. H â génère facilement en démagogie, c'est là son côté dangereili
Dans les républiques, démocratiques ou représentative la forme du gouvernement est réglée par une constitution