PREFACE
i dédie ce livre au corps enseignant et h la jeunesse ses.
L'instruction civique doit devenir une des branches essentielles du programme scolaire : c'est une conséquence forcée de l'extension des droits du peuple.
Avant l'intro duc lion du référendum, le citoyen suisse avait peut-être une ou deux fois dans sa vie à se prononcer par oui ou par non sur une révision de constitution fédérale ou cantonale. Ses représentants faisaient ensuite les lois sans qu'il, s'en mêlât.
Aujourd'hui, c'est plusieurs fois par année qu'il est appelé k émetti'e son avis soit sur les demandes de référendum qu'on lui présente, soit sur les lois et arrêtés législatifs soumis à la votation populaire. Gomment exercera-t-il des droits si importants s'il manque des connaissances nécessaires pour éclairer son opinion?
Beaucoup de bons esprits, en Suisse et à l'élranger.'sont effrayés des conséquences possibles de la démocratie directe comme nous la pratiquons. Ils redoutent le triomphe de la démagogie aboutissant h la désorganisation administrative et pohtique du pays.
Ces funestes présages se réaliseraient sans doute si la nation restait ignorante de ces devoirs et de ses droits.
Mais j'ai "foi dans l'avenir de la démocratie fondée sur une instruction civique solide et générale.
J'ai cru remplir un devoir patriotique en composant ce petit livre pour la jeunesse suisse. Peut-être les hommes d'âge mûr y trouveront-ils aussi quelque cliose à apprendre.
X MKSSIKLTRS LKS INSTITUTEURS
De tiOB jours, la tâche des iusUtuleurs est ilevenue très difHcili D'un oôtfi, on dpinande toiijours plus de l'écoie ; elle doit préparer à toutes les carrières de la vie; — de l'autre, on lui reprocha denseieiier beaucoup de choses iuutileE. Ces exigences et ces critiques, souvGut contradïcloirGS, proviennent de la diversité des carrières que les élèves sont appelés à suivre. Le futur arliean n'a pas les mêmes besoins que le l'utur avocat ou le théologien; l'agriculteur réclame pour ses fils une autre inslruclion que le commerçant ou l'Industriel. Comment répondre à tout cela? Evidemment, une seule et mâme école ne peut tenir compte de besoins si différents, et l'école primaire ou populaire, eu particulier, ne saurait avoir d'autre tâche qur^ d'inculquer les connaissances indispensables à tout liDinme, quels que soient U profession ou le métier qu'il embrassera, Demander d'elle davantage serait dcraisontiable.
Parmi ces connaissances indispensables, il faut certainement ranger l'instruclion civique. Elle doit être placée immédiatement à côté de la lecture, de l'écriture et du calcul. En effet, parvenus à l'âge d'homme, agriculteurs et industriels, artisans et avocats, commerçants et théologiens, seront également citoyens et auront les mêmes devoirs à remplir envers leur pays. Plue la démocratie se développe, plus ces devoirs deviennent importants. Il y va de l'avenir de la patrie que les futurs citoyens soient préparés sérieusement à la via publique. La démocratie, pratiquée comme elle l'est chez nous, doit être instruite : ainnn elle serait le pire des gouvernements et conduirait sûrement le pays à sa ruine.
A quel âge doit-on commencer l'instruction civique ? Quelles doivent être la nature et l'ét'.'ndue de cet enseignement? Telles sont les questions que le pédagogue aussi bien que l'homme d'Etal ont & résoudre.
A mon avis, c'est une erreur pédagogique que de vouloir donner l'inslruction civique à de très jeunes élèves. Qu'on prépare cet en-, ■aîgnement par des récils tirés de l'histoire, rien de mieux-, k»».'».^