‹ Instruction civique: manuel à l'usage des écoles primaires supérieures, des écoles secondairesChapitre 3 sur 96 · VI · texte numérisé non relu

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chercher à leur faire comprendre théoriquement le mécanisme constitutionnel de leur paye, c'est une entreprise qui n'aboutira qu'à leur mettre dans la tête des idées fausses et confuees. L'enseignement de l'instruction civique ne donnera de bons fruits

sont sur le point de terminer n écolier dont l'intelligence a Bs par l'étude de la grammaire, Bi d'un peu d'Iiisloire et de assez formée pour s'assimiler es institutions de son pays. Si uri.e, il est indispensable que

leurs études primaires. J'admets qu' été exercée pendant eis ou sept ann de l'arithmétique, de la géographi sciences naturelles, aura la raison eans trop de peine la connaissance l'école primaire a une durée trop courlt l'instruction civique soit enseignée dans des cours complémentaires comme ceux qui tendent à se vulgariser de plus en plus sous le nom d'écoles complémentaires ou de perfectionnement [Fortbildvngsckulenj. 11 faut aussi que les écoles secondaires et les gym* □ases fassent à cet enseignement une place dans leur programme, ce qui n'est pas généralement le cas. En un mot, tout jeune citoyen, l'âge de vingt ans, doit avoir eu l'occasion d'acquérir dee s civiques sérieuses et raisonnéea.

Ceci m'amène à ahorder La seconde question. Depuis qu'en Suisse les recrues sont interrogées sur diverses branches primaires parmi lesquelles figure l'instruction civique, on a publié plusieurs ma/nuels qui se proposent de donner ans jeunes gens, en vue de cet e.iamen, quelques notions sommaires d'histoire nationale et de droit constitutionnel. On semble admettre que le jeûna homme apprendra par cœur ces quelques pages de nomenclature, et pourra, peut'étre escfuiver ainsi l'école complémentaire pendant te service militaire.

Mais, je le demande, est-ce là une instruction civfque digne de ce nom ? Si le jeune citoyen se borne à savoir que la Confédération a été fondée en ^291, que la constitution fédérale date de 184S et a été révisée en 1874, qu'il y a un conseil national et un conseil des Etals qui fout les lois, un conseil fédéral qui gouverne, en sera-t-il devenu pour cela réellement utile k son paye, apte à, choisir ses représentants avec intelligence, apte surtout à csercer ses autr6B droits de citoyen en connaissance de cause, soit par le refer^dom quand on viendra lui demander sa sigiialui'e, soit par son vota quand le peuple sera appelé à se prononcer sur une loi ?

Non, certainement, ce n'est pas là une instruction civique vérila-

ne oonaîste pas non plus k bourrer ta mémoire des jeunea

n grand nombre de faits historiques et de détails tégislalifs.

, avoir bien plutôt pour objet d'éclairer leur esprit par l'é-

Boniiée des principes qui règlent les rapports des RÎtoyens

X et avec l'Etat. Ces principes doivent être appuyés d'esem-

ir être pins facilement compris. •

1 opinion eal ainsi qu'un cours d'instruction civique ne doit

! sèclie nomenclature , ni un dictionnaire de législation :

a pour but d'apprendre à connaitre ni l'histoire nationale, ni la

graphie du pays, ni les mœurs de ses habitants, ni leurs indus-

ni les systèmes de monnaies, de poids et mesures: toutes ces

m doivent avoir été >?nseienées au iiréalabie, et si on s'en oc-

^ dans ce cours, ce ne peut être que d'une manière sommaire

r montrer le rapport qu'elles ont avec les institutions du

I. Le but de rinstnictîon civique, c'est de faire connaître l'es-

ititulions aussi bien que leur organisation et leur

ïtionnement, et de mettre les futurs citoyens en état d'apprécier

i. eux-mêmes, d'une manière sûre, tes questions souvent diffîci-

Bqui se présenteront à eux dans la vie publique.

Four qu'il en Boit ainsi, il faut donner h la jeunesse un enseignc-

t vivant, qui s'adresse moins à la mémoire qu'à la raison et au

r. Tout jeune homme quelque peu iiitelligent se rendra aisément

9 des grands principes qui régissent notre droit public et

t il peut voir l'application tous les jours autour de lui, pourvu

s principes lui soient présentés avec méthode et clarté, et

,vec cette chaleur eommunicative que les nobles idées de

), de liberté et de progrés doivent inspirer au maître comme à

ftce livre, conunencé déjà depuis un certain temps, peut rendre Iques setvices à l'école, je m'en Téliciterai vivement. Mais le mé- ^ren reviendra surtout aux. instituteurs, dont la parole est nécesbe pour féconder tout enseignement.

s pas devoir entrer dans de longues considérations sur ^iJBéthode à suivre dans l'emploi de ce manuel. Chaque maître a li elle est raiaonnée et expérimentije, est la meilleure, iee qu'elle est celle qui convient le mieux à ses aptitudes. Voici

aidant quelques indications qui pourront être utiles. ^abord, en admettant qu'une ou deux heures seulement par s6e puissent être consacrées à cette branche, on pourra avanta-

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g m cours en deux années. Dans ta première, on

01) et les trois premières parties du manuel;

d inslitutions de la patrie fédérale et cantonale.

En g a bien de lire en commun cliaque paragraphe.

d passer au paragraphe suivant, expliquera les

q urai pas été bien compris. Il développera les Taîts

q é airement sommaires qui suivent l'exposé des

p n a dans Thisloire nationale ou étraiigpre dçe

mp r l'application de ces principes. Il pourra aunsl

her des exemples dans la politique coiilempo-

ai ommentarit les journaux, mais il s'abstiendra

gra d oiD, cela va sans dire, de toute attaque contre

un d artis auxquels peuvent se rattacher les familles

Quand la leçon aura été ainsi lue et expliquée, le mallre questionnera les élèves. De temps à autre, il leur donnera un sujet à traiter par écrit soit à l'école, soit à la maison. Aven des jeunes gens de 16 à 30 ans, il pourra les exercer à la discussion, par e: pie eu leur faisant élaborer les statuts d'une socititë poursuivant un

but utile ; il leur montrera pratiquera assemblée délibérante et quelles fori bon ordre de la discussion, etc.

Quelques chapitres sont un peu pli tient à la nature même du sujet qui lage sans cesser d'être complet. Il y fond ces chapitres, e d'y revenir de temps

constitue une ;s elle doit observer pour le

profonds que d'autres. Cela 1 peut être simplifié davanira donc lieu d'expliqué sont pas compris du premier coup, du chapitre U, La soi rainelé nationale, du chapitre III, Les différentes forme» de gouvernement, du chapitre Vil, La aonslitulion, et du chapitre IX, La »&• paration des pouvoirs. Du reste, le manuel ne me parait pas offrir de dlfflcultês aérieuses.

Tel qu'il est, puisse-t-il être de quelque utilité non seulement i l'école, mais à tous les citoyens qui voudront bien le prendre con une espèce de vade mecvm k consulter fréquemment.

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