‹ Instruction pastorale de Monseigneur l'évêque de Montréal [microforme]Chapitre 17 sur 23 · À TOUTES LES COMMUNAUTÉS DE SON DIOCÈSE · texte numérisé non relu

À TOUTES LES COMMUNAUTÉS DE SON DIOCÈSE

(Ces recommandations s’adressent également aux Communautés d’hommes et de femmes ; car toutes les âmes consar: £es à Dieu sont les filles de Sion, invitées aujourd’hui à sortir de leurs paisibles retraites, pour contempler le Pontife-Roi, couronné d’opprobres. ÆEgredimini et videte, filiæ Sion, Regem Salomonem, in Diademate quo coronavit illum mater sua. (Cant. 3).

Nous vous =dressons, N.'T. C. F., cette Instruction Pastorale, pour que, connaissant mieux les maux qui désolent la sainte Eglise, vous redoubliez de ferveur, dans vos prières, pour obtenir le triomphe de la justice sur l'esprit révolutionnaire, qui ne menace la Papauté que pour bouleverser ensuite sans obstagle le monde entier. Vous la lirez donc avec un intérêt toujours nouveau ;,et vous en ferez le sujet fréquent de vos entretiens, avec les personheS" confiées à vos soins, pour que les douleurs du Père commun restent à jamais gravées dans tous les souvenirs. Pour cette même raison, vous la ferez circuler autant que possible, en la donnantpar exemple en récompensé, pour qu'avec le temps chaque famille du diocèse en ait un exemplairè, qui racontera aux enfants et aux petits enfants jusqu’à la dernière génération, les cruelles anxiétés de leurs pères, dans ces jours d’épreuves amères, pour toute l'Eglise.

Nous ne faisons, en vous ädressant cette Lettre, que suivre Pexemple du Père commym qui, lorsqu'il visite quelque Communauté de la Ville sainte, recommande instamment aux âmes qui s’y sont cloitrées, pour y être toutes à Dieu, de beaucoup prier pour la conversion des révolutionnaires qui ne s’attaquent, avec tant d’acharnement, à son autorité temporelle et spirituelle, que pour renverser, s’ils le pouvaient, la Religion ellemême, comme le comprennent fort bien tous les gèns éclairés.

Ce touchant appel du premier des Pasteurs aux prières de ses Communautés de Rome, s’est fait entendre à toutes celles qu’il compte dans le monde entier, et qui sont également à lui. Aussi, rivalisent-elles toutes de zèle, de respect et d’amour, pour le meilleur des Pères, dans ces jours de grande tristesse et d’agonie.

. Vous faites donc écho, N. T. C. F., à ce lugubre concert des Ames consacrées à Dieu dans l’Eglise militante, dont les voix plaintives, comme celles des tourterelles, font entendre, sur tous les points du globe de longs et continuels gémissements, qui rappellent ceux que poussaient les filles de Sion, sur la route du Calvaire. Car ün même sentiment de compassion vous unit tendrement, pour pleurer sur le Sauveur, chargé du pesant fardeau de la Croix, et accomplissant aujourd’hui, dans là personne de son Vicaire, ce qui manquait à ses souffrances.

À votre tête, marche la Mère des douleurs, pour compatir aux souffrences du Pontife chéri qui lui a rendu un si grand honneur, en la proclamant fmmaculée dans sa Conception, comme elle marchait à la tête des Saintes Femmes de l'Evangile, pour pleurer sur son Fils unique, au jour si lugubremeut solennel de son immolation sur la Sainte Montagne. Oui, vraiment, vous accomplissez ce qui a manqué aux souffrances de . votre douloureuse Mère, au jour de son cruel martyre ; et vos voix gémissantes, dans ces temps mauvais, ne sont que le triste écho de la sienne.

Dans ces jours de si grandes souffrances pour toute l’Eglise, et pour son auguste Chef, vous n’oublierez donc pas les gémissements de votre Mère ; le glaive de ses douleurs percera votre cœur ; les larmes qu’elle versait aux pieds de son Fils mourant, vous les verserez aux pieds de son Vicaire, triste jusqu’à la mort ;: son affliction amère à la vue de l’ingratitude des ïommes, qui se faisaient les bourreaux de ce Fils chéri, sera la vôtre, à la vue de cellé que montrent des sujets révoltés contre le meilleur des Rois; ses gémissements enfin, sur le Calvaire, se répèteront + nuit, dans vos paisibles solitudés, avec tout l’accent de la douleur

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O ! filles de Sion, ayéz pitié de. votre Mère ; consolez sa douleur ; adoucissez ses amertumes ; faites entendrèen tous lieux les lugubres accents de cette vraie tourterelle qui, remplit l’Eglise de ses ineffables gémissements ; recueillez avec une piété filiale chacune de ses larmes brûlantes ; faites-vous les apôtres de la dévotion à ses douleurs; que cette salutaire dévotion vous multiplie ;,ju’élle.vous conserve toujours dans votre ferveur primitive ; soyez de.vtais enfants du Calvaire par votre générosité à vous immoler pour l’amour &u céleste Epoux, qui est un Epoux de sang ; répandez dans tous les ljeux oùvous appellera la sainte volonté de Dieu, le feu sacré de l’amout qui consumait le cœur de la Reine des martyrs et des Vierges, lorsqu’elle se tenait, accablée de douleur, aux pieds de son Fils expirant d’amour. ,

Avec de tels sentiments, ces jours de :si grandes douleurs ne passeront pas, N.T. C.F., sur vos silencieuses demeures, sans y laisser de profonds et incffaçables souvenirs.’ Vos pietses pratiques, pour honorer votre Mère, dans ces jours de désolation, répèteront à ja-

mais les douloureux accents de vos cœurs, au milieu de tant de souf-

frances et de sacrifices du Père de l'Eglise, dont vous êtes témoins, et qui doivent se transmettre, par vos träditions, chez toutes les personnes appelées à vous succéder, pour perpétuer vos œuvres jusqu’à la fin des temps. Il est donc tout naturel que vous vous attachiez à certaines pratiques uniformes, qui vous feront connaître en tous temps pour les enfants affectionnés de la plus aimable des Mères. En voici quelques-unes que Nous croyons devoir vous signaler, parce qu’elles Nous semblent plus propres, dans ces temps mauvais, à consoler son cœur aflligé, et à vous ménager ses plus grandes faveurs.

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1° Faire chaque jour, en commun ou en particulier, un petit acte d’amende hop£rable, pour tous les outrages faits à Jésus-Christ et à sa divine Mère, dans la personne de l’Eglise et de son Pontife.

2° Réciter le Stabat Mater, qui exprime les sentiments de la Mère des Douleurs, d’une manière si touchante, ou bien sept Pater et Ave, avec le Sancta Mater, etc., sept fois, pour honorer les sept glaives qui percent son cœur, plongé dans un océan d’amertume.

3° Offrir la communion du premier dimanche de chaque mois, pour former, avec le sang du Sauveur et les larmes de sa doulourense Mère, un bain sacré qui guérisse toutes les piaas du péché.

4© Adresser à cette Mère, que la soif des âmes dévore et consume, de fréquentes aspirations, pour étancher sa soif ardente, pour le salut des pauvres pécheurs, qui périssent, dans les révolutions et bouleversements de gouvernements qui, hélas ! se renouvèlent si souvent.

5° Pratiquer la mortification intérieurement et extérieurement, et en faire des actes fréquents, pour soulager ce cœur si triste et Bi affligé, à la vue de tant d’âmes qui eng quoiqu’elles aient coûté tout le sang d’un Dieu, et toutes les larmes de sa Mère.

6° Se faire victime, pour guérir les plaies hideuses du monde, qui défigurent si horriblement le corps mystique de Jésus-Christ. Ces plaies invétérées sont le philosopriomes la révolution, le rationalisme, l’indifférentisme, le sensualisme, qui enfante ivrognerie, le luxe et l’intérét. Les sept monstres épouvantables ne peuvent être vaincus et détruits que par la piété, Pobéissance, la vie de foi, la ferveur, la pureté qui nourrit la sobriété, l'humilité et la pauvreté. Le motif de vous faire ainsi victimes, pour purger le monde de ces vices, détestables, va donc vous animer d’une ardeur toute nouvelle, dans la pratique de toutes ces vertus religieuses.

7° Montrer un zèle constant pour répandre en tous lieux cette solide dévotion au cœur de Marie percé de sept glaives de douleur. Elle devra surtout se répandre et se propager dans les noviciats, et dans‘toutes les maisons d’éducation et de charité. Les fruits en seront abondants et précieux ; car c’est à l’école de Marie, au pied de la Croix, que s’apprennent les vertus, qui font les saints, dans le monde, comme dans la religion. Les fêtes et les conf-#ries, le scapulaire et le chapelet de Notre-Dame des Sept Douleurs, et tant d’aut: 28 pratiques consacrées par l’Eglise pour favoriser cette solide dévotion, seront en outre d’excéllents meyens de nourrir votre piété filiale envers cette Mère si bonne pour toutes les Communautés.

. … Que notre puissant Protecteur, le glorieux St. Joseph à qui Nous dédions cette Instruction Pastorale ; que tous les Anges Gardiens et Saints Patrons du Diocèse, chargés de garder et de défcndre les saines doctrines, dans notre chère patrie, daignent présenter ce petit Ouvrage à l’Immaculée Vierge Marie, pour qu’il porte son fruit. Puisse-t-il préserver à jamais ce pays du malheur des révolutions, qui en affligent tant d’autres !

Donné à Montréal, dans notre Palais Episcopal, le dix-neuf du mois de Mars, jour consacré à honorer St. Joseph, en l’année mil huit cent soixante, sous notre seing, le sceau de‘ñôs armes et le contre-seing du Secrétaire de notre Evêché.

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