LA PAPAUTÉ EST-ELLE DIGNE DE LA SYMPATHIE DE L'UNIVERS CATHOLIQUE
Nous avons, N.T. C. F., montré sur quelles bases solides repose la Papruté, et combien sont ridicules et injustes les accusations portées contre cette admirable institution. .
En parcourant ces graves questions qui nous ont si sérieusement 6ccupés, nous n’avons pas manqué de remarquer que les Etats Romains ne sont autre chose que des biens consacrés à Dieu, et dont l’administration est sous l'entière juridiction du Souverain Pontife.
Nous avons été frappés de cette idée que c’était au nom de l'Eglise cätholique toute entière, et pour notre bien à tous, que cet itnmortel Pontife défendait, avec un courage si héroïque et une sagesse si digne de tout éloge, son Pouvoir temporel. : v
Puisque c’est la cause de l’univers catholique que N. S. Père le Pape soutient avec une vigueur si apostolique, l’univers catholique devait se lever en masse, pour'le soûtenir dans ce grand combat ; et c’est -ce qu’il a fait avec un enthousiasme inouïi. - s
Car, au premier cri d'alarme qu’a poussé le Père commun, toute la terre s'est émue ; etsaisie de stupeur, elle est d’abord demeurée dans le
silence et le recueillement, pour voir l’issue de ce grand combat. Terra
Puis tomprénant bientôt que-le Père de la Rose famille était dans th imminent dañiger, elle a fait entendre des milliers de voix pour protester hautement ‘et publiquement contre cette révoltante spoliation, qui blessait au cœur le catholicisme ‘tout entier. Le soufile du St. Esprit s'est fait alors sentir avec force, ét tous les peuples catholiques, en enfants ‘bien-aimés de la Ste. Eglise, ont été comme entraînés par ce souffle divin, qui les portait à s'attacher plus intimemént que jamais à ce Roi päcifique, qui règne dans la Villé éternelle. Tous protestent donc contre les
outrages faïts au Père des nations par des enfants rebelles indignes de
vivre sous le'Sceptre si doux du meilleur des souverains.
Jamais un pareil mouvement religieux ne s'était vu dans les siècles passés. (C’est qu’aujourd'hui plus que jamais l’on voit la nécessité de s'attacher à la Papauté, qui est la grande j'uissance du monde, à l’ombre de laquelle toutes les autres puissances de la terre doivent s’abriter, si elles ne veulent pas se briser. Qui, tous les peuples comprennent au-
jourd’hui que la Papauté, qui dans le principe n’était qu'un grain de
sénevé, est devenu un grand arbre dont le tronc sacré est plein de cette sève vigoureuse qui donné la vie au monde et dont les branches souples ‘et fortes portent les rois, et les sujets, qui viennent.s’y dppuyer pour échapper aux désastres de la révolution qui a entrepris de ruiner tous les empires, de mettre en pièce tous les sceptres, de pulvériser toules les couronnes, et d’envahir sous leurs mains toutes les tribus de la terre.
Il n’est donc plus étonnant qu’il y ait partout un mouvement si merveilleux et‘qui ne s’explique que par l’action divine, qui fait pressentir au monde entier qu’il va périr, sila Papauté s’écroule. C’est donc un besoin, dans ces jours mauvais, pour tous les vrais catholiques, d’épancher leur cœur dans celui du Père commun, commg c’en est un pour ce bon Père, d’épancher le sien dans celui de sés enfants chéris. Qu’elles sont sublimes ces intimes communications de la grande famille ! Qu’ils sont significatifs ces regards du Père si tendrement. fixés sur les enfants ; et ces regards des enfants si affectueusement fixés sur le Père! Qu'’elles sont délicieuses ces jouissances de la’famille catholique, qui aime son père, et qui en est aimée ! Qu’ils sont forts cés liens sacrés qui unissent indissolublement toutes les parties de get immense corps catholique !
Aujourd’hui, N. F:. C. £, te né sont plus seulement deux grands Evêques de France, Bossuet et Fénélon;.mais.tous les Evêques, Prêtres et laïques du monde entier quiy dank/l’ardeur de leur foi et de leur amour pour le St, Siége, s'écrient : Site Eglise Roniaine, Eglise mère, Nour- “ rice et maîtresse de toutesles Eglises, Eglise choisie de Dieu, pour unir “ ses enfants daris la même foïfet dans la:même charité, nous tiendrons “ toujours à ton unité parle fond de nos-entrailles! Sinous t’ouL'ions, “ Eglise Romaine, puissionsénous nous oublisr nous-mêmes! que notre ‘“ langue se sèche et demeure immobile dans notre bouche, si tu n’es pas “ la première dans notre souvenir, si nous nete mettons pas au com- ““ mencement de tous nos cantiques:'de réjouissance, lorsque ces jours “ d’amères épreuves auront fait place à des ‘jours sereins et joyeux ! “ Adhaereat lingua mea faucibus mets, sinon meminero lui, si non proposuero Jerusalem in principio laætitiæ mec.” } :
Pour nous, N. T. C. F., nous avons fait écho, du meilleur cœur possible, aux protestations paisibles mais énergiques, faites par nos frères de tout pays, de toute langue, de tout-rang/et de toute condition, de la catholicité enfin toute entière... Nous. sommes entrés cordialement dans ces rangs catholiques qui, de toutes les parties du monde, se pressent et se serrent autour de cette Papauté, que la plus injuste des persécutions a rendue plus majestueuse, plus vénérable, plus aimable que jamais. Nos voix, qui sont encore jeunes, parce qu’elles partent d’un pays encore nouveau, mêlées aux voix de la vieille Europe, n’en seront que plus mélodieuses, dans ce grand concert de sympathies, qu’une même foi rend si harmonieuses, parce qu’elle les fait mouvoir, chez tous ceux qui ne font vraiment qu’un cœur el qu’une âme, dans cette grande cause, qui est pour tous du plus haut intérêt.
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Oh ! oui, il nous a été impossible, devons-nous nous écrier tous, avec lPhéroïque courage de l’Evêque d’Orléans, de nous taire, et de ne pas protester contre les attentats que Notre Saint Père le Pape a à r. Quel cœur, en effet,. aurions-nous, si nous souffrions en silence lant d'indignités! Se peut-il, lorsqu'on prépare, au ‘mésris des droits les plus sacrés, des spoliations odieuses, qu'un cri ne s'échappe de nos poitrines, et que nous ne protestions autrement.que par nos douleurs comprimées el des. larmes silencieuses? Et qüi croirait à la liberté de la conscience catholique, si lès organes légitimes de la publicité, en tout pays, ne disaient pas hautement ce’ quel justice, Fhonneur, la religion
roclament au fond de toutes les ch 2 N'est-il pas évident que la révotion fait ici son œuvre ?.:.Ne. se, montre-t-ellé*pas au monde une fois de plus telle qu’elle est, avec son’ Scandaléux excés ? ; Au nom de ces manifestations révolutionnaires, n’a-t-on: pas' assez profané de grandes et saintes choses? N'a--on pas ussez .outragé le‘blus magnanime des Pontifes ? A Pie IX, n’a-t-on pas voulu :jetér:la responsabilité du’ sang qu’on a fait. couler. soi-méme ?— Où parle de respecter le vœu des peuples. Eh bien, nous, catholiques, nous sommes un-peuple aussi, nous sommes deux cent millions, répandus sur la surface dé la terre;'et il importe à nos intéréts les plus chers et les plus sacrés que‘la Souvétaineté du Pape, intimement liée à la dignité, à l'indépendance, à la libre action de l'Eglise, ne subisse aucune alteinte.— Nous ne permettrons pas, la conscience catholique ne peut permettre, sans une énergique proteslation, qu’on entame la Papauté, et qu’on la détrone moralement par la flétr'isqure des contraintes.
Tels sont, N. T. C. F.;'les détaÿls-dans lesquels Nous avons cru devoir entrer, en développant la grave‘question de l’indépendance et de l’inviolabilité des Etats Pontificaux.' Il Nous reste à vous faire, en termi-
‘ nant, quelques observations sur %e profit. que.vôus devez tirer de cette
Instruction Pastorale. ÿ
1° Vous y voyez l’aveuglé füreur avec laquelle les ennemis de la Religion s’attaquent à la Papauté ; les indignes calomnies qu’ils emploient pour noircir son gouvernement, et les excès horribles auxquels ils se portent pour renverser sa-puissance. Pénétrés d’une sainte indignation, prenez la ferme résolution de ne jamais vous laisser ébranler dans le respect filial que vous devez porter toujours à la personne sacrée du Pontife Romain et à la divine autorité dont il est revêtu. Pour cela, conservez avec soin parmi vos livres de famille cette Instruction, qui vous est adressée, pour vous donner des armes avec lesquels vous puissiez sortir victorieux du combat, chaque fois que vous aurez occasion de défendre le gouvernement paternel du St. Père. Afin d’être toujours prêts à soutenir ce généreux combat, lisez et relisez cette Instruction, qui està la portée de tous ; et expliquez-la, pères et mères, à vos chers enfants, afin qu’ils sucent avec le lait, la piété la plus filiale pour le Père commun. Il y va, n’en doutez pas, du plus grand intérêt de vos familles. (Car
n'est-il pas évident que plus ils respecteront le Père de toute l’Eglise, et «plus ils vous respecteront et honoreront vous-mêmes ?
2° Une raison de conserver soigneusement cette brochure, pour la
relire souvent, et avec un profit toujours nouveaü, c’est que vous y trou-
verez les deux, admirables: Lettres que N. S..P. le Pape vient d’écrire,
l’une à toute l’Eglise, ‘et l’autre à l’Empéreur des Français. Car ces
deux monuments impérissables de la magnanimité et de la bonté de sa de et belle âme doivent traverser tous.les siècles.
8° Une auire-raison de,vous procurer ce petit livre, pour en faire le sujet de vos plus doux souvenirs, c’ést'que vous y lirez l’Adresse àu St. Père que voys aurez signée, pour protéster avec l’univers catholique tout entier, en faveur de $es droits sacrés, contre tous ceux qui travaillent à le dépouillér de ce bien de famille. Car vos enfants et vos petits-enfants, qui se transmettront, d’âge en âge, la bénédiction attachée à cet acte de dévouement au Père commun,,comme un très-précieux héritage, ne cesseront de se répéter :— Comme nos pères aimañent el vénéraient le Vicaire de Jésus-Christ, le premier des Evêques, le Chef de toute l'Eglise, le Centre de l'Unité catholique! Qu'il füt grand leur empressement à se déclarer hautement pour la cause sacrée de ioute l'Eglise qu’il défendait si bien! Qu'ils étaient touchants et élôquents ces discours que prononçaient les orateurs, dans ces grandes et paisibles assemblées, qui se tenaient dans les campagnes comme à la:vüle, à l'honneur du Pape! Que de grandes et belles choses se passaient dans ces jours de foi et de piété :
4° Il est encore beaucoup d’autres motifs pressants pour vous, N. T. C. F., Ge bien graver dans vos cœurs cette Instruction Pastorale. Car vous y verrez un effrayant tableau d’une révolution populaire et. des maux terribles qu’entraïnent nécessairement de telles commotions politiques. Instruits par l'exemple de,vos frères, vous ne vous laisserez jamais tromper par ceux qui, bourse faire un chemin au pouvoir, affecteraient de prendre vos intérêts, sans $e soucierde vous précipiter dans l’affreux abîme dans lequel'se trouve aujourd’hui l’infortuné peuple italien.
Ah ! puissiez-Vous, N.T. C.F., profiter du terribie exemple qui vous est donné, et sentir si bien laffreux malheur d’un peuple en révolution, que, ni vous, ni vos enfants, n'ayez jamais à gémir sous le poids d’une telle calamité! Que si, par un secret jugement de Dieu, ce fléau, mille fois plus à craindre que le choléra et le typhus, doit faire le tour du monde, que du moins il ne vienne jamais exercer ses épouvantables ravages dans notre chère patrie. Que l’Immaculée Vierge Marie, qui est
pour l'enfer, plus terrible qu’une armée rangéeen bataille, écrase la tête du monstre affreux de la révolution! Tels sont nos vœux detousles jours; et puissent-ils être exaucés ! et ils le seront, nousen avons la douce confiance, si vous vous rendez toujours dignes des abondantes bénédictions, que répand sur toute la terre N. S. P. le Pape, dans ces jours mauvais où ses vénérables mains sont toujours levées au ciel, pour bénir toute sa grande famille, à laquelle nous avons tous le bonheur d’appartenir.
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RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES DE Mgr. l’EHvêque de Montréal